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  #1 (permalink)  
Vieux 27/08/2008, 00h32
Yoki
 
Messages: n/a
Par défaut Pie XII, un Juste et un antifasciste acharne [Re: La carotte et le Patton.]

X-No-Archive: Yes
"dominique rocheteau" <a.dominique2***free.fr> a écrit dans le message de
news: 48b47970$0$17213$426a74cc***news.free.fr...
>
> "RVG" <rvg***bluebubbleconspiracy.org> a écrit dans le message de
> news:g8kjsg$42r$1***registered.motzarella.org...
>>
>>
>> "MOUHOUBI" <kmouhoubi***hotmail.com> a écrit dans le message de groupe de
>> discussion : 00jra4tdut15v1i51hfhq6c4vm5tjpgs8l***4ax.com...
>>> Le Thu, 21 Aug 2008 20:45:35 +0200, "Fernand Naudin"
>>> <bu.jean-pierre***neuf.fr> a écrit :
>>>
>>>>Patton
>>>
>>> J'ai jamais compris ce qui fascinait chez ce type répugnant.
>>>

>>
>> Il a juste libéré les prisonniers de guerre français pendant que ton
>> mufti taillait des pipes à Hitler.

>
> Et ton pape, il taillait pas des pipes à Mussolini ?



Non. Légendes, calomnies et balivernes...
En réalité, Pie XII fut une personnalité admirable, un résistant, un Juste
salué comme tel par Golda Meir, Einstein etc., qui commit cependant une
faute impardonnable aux yeux de l'intelligentsia de gauche : il combattit à
la fois le fascisme *et* le socialisme soviétique. Il est avec Sir Winston
Churchill et le Général Charles de Gaulle l'une des plus honorable figure
européenne de l'antifascisme authentique durant la Seconde Guerre Mondiale :
et je vous ferais remarquer que, à l'inverse de ceux-là, Pie XII fut le SEUL
chef d'Etat en exercice à dénoncer les persécutions raciales (même a
posteriori, dans leurs mémoires, Churchill et De Gaulle ne s'étendent guère
sur cette question). En 1967, dans son livre Three popes and the Jews, le
diplomate Pinchas Lapide, qui fut consul d'Israël à Milan et qui interviewa
des survivants italiens de l'Holocauste, écrit que Pie XII "a sauvé d'une
mort certaine entre les mains des nazis au moins 700.000, voire 860.000
juifs". Son action fut telle qu'à l'issue de la guerre, le Grand Rabbin de
Rome se convertit au catholicisme.

Je reproduis ci-dessous une de de mes interventions sur ce forum, (rédigée
d'après David Dalin, The Weekly Standard, 26 février 2001).


---
* Déclarations de Pie XII déclare avant la guerre :

1. Des quarante-quatre discours prononcés lorsqu'il est Nonce
apostolique en Allemagne entre 1917 et 1929, quarante dénoncent un aspect ou
un autre de l'idéologie nazie.
2. En mars 1935 il écrit une lettre ouverte à l'évêque de Cologne,
traitant les nazis de « faux prophètes, orgueilleux tel Lucifer ».
3. Cette même année, il accable les idéologies « possédées par la
superstition de la race et du sang » devant des milliers de pèlerins à
Lourdes. Deux ans plus tard, à Notre-Dame de Paris, il qualifie l'Allemagne
de « nation puissante et noble que de mauvais bergers fourvoient vers une
idéologie de la race ».
4. Il affirme en privé que les nazis sont « diaboliques », et à Soeur
Pascaline, sa secrétaire pendant de longues années, que « Hitler est tout à
fait obsédé. Il détruit tout ce dont il n'a pas besoin et est capable de
piétiner des cadavres ». En 1935, lors d'une réunion avec ce héros de
l'anti-nazisme qu'était Dietrich von Hildebrand, il déclare que la
réconciliation entre la chrétienté et le racisme nazi est impossible
puisqu'ils sont aussi différents que le feu et l'eau.
5. Un an après sa nomination au poste de Secrétaire d'État en 1930,
Radio Vatican commence à émettre, en partie sous son impulsion. Le journal
du Vatican l'Osservatore Romano, moribond avant son arrivée, retrouve des
couleurs grâce à Pacelli, avec par exemple le récit in extenso de « La nuit
de Cristal » en 1938. Mais la radio fut toujours à la hauteur, diffusant des
sujets aussi controversés que des demandes de prières pour les juifs
persécutés en Allemagne après l'adoption des Lois de Nuremberg en 1935.
6. Alors que Pacelli est encore son conseiller, Pie XI proclame devant
un groupe de pèlerins Belges en 1938 que « l'antisémitisme est inadmissible
; spirituellement, nous sommes tous des Sémites ». C'est Paccelli qui écrit
l'Encyclique de Pie XI intitulée Mit brennender Sorge, (« C'est avec une vie
inquiétude »), l'une des condamnations les plus virulentes du Saint-Siège
contre l'Allemagne. À vrai dire et tout au long des années 30, la presse
nazie ne cesse de brocarder Pacelli, le cardinal « pro-juif » : en effet, au
cours de son mandat de Secrétaire d'État, il envoie cinquante-cinq lettres
de protestation aux Allemands.

* Actions de Pie XII :

1. Sa première Encyclique, publiée dans l'urgence en 1939 et intitulée
Summi Pontificatus est un plaidoyer pour la paix. On peut également y lire
que le rôle du Pape n'est pas de rejeter la responsabilité de la guerre sur
telle ou telle partie mais plutôt d'intercéder auprès des deux parties au
conflit. Mais il cite explicitement saint Paul - « il n'y a ni païen ni
juif » - et utilise le terme « juif » dans le contexte du rejet de
l'idéologie raciale. Le New York Times salue l'Encyclique en première page
de son numéro du 28 octobre 1939 par ce titre : « Le Pape condamne le
racisme, les dictateurs et ceux qui violent les traités ». Les avions alliés
larguent des milliers de copies sur le sol allemand afin de réveiller le
sentiment anti-nazi.
2. En 1939 et 1940, il joue les intermédiaires secrets entre les
conspirateurs anti-Hitler et les Britanniques. Il prend également des
risques en avertissant les Alliés que l'Allemagne est sur le point d'envahir
les Pays-Bas, la Belgique et la France.
3. En mars 1940, Pie XII reçoit Joachim von Ribbentrop en audience. Il
s'agit du ministre allemand des Affaires étrangères et seul haut-responsable
nazi à se déplacer au Vatican. Les Allemands comprennent au moins la
position du Pape puisque Ribbentrop critique le fait que le Saint-Siège se
soit rangé aux côtés des Alliés. Sur quoi Pie XII répond par une longue
liste d'atrocités commises par les Allemands. Dans son édition du 14 mars,
le New York Times informe que « face à Herr Ribbentrop, le Pape a pris la
défense des juifs allemands et polonais ».
4. Lorsqu'en 1942 les évêques de France publient des lettres pastorales
s'insurgeant contre les déportations, Pie XII envoie son Nonce protester
auprès du gouvernement de Vichy contre « les arrestations inhumaines et les
déportations de juifs depuis la France occupée vers la Silésie et certaines
régions de Russie ». Pendant six jours, Radio Vatican reprendra ces lettres
alors qu'en Allemagne et en Pologne le fait même d'écouter cette radio est
passible de la peine capitale. Le 6 août 1942, le New York Times titre « On
dit que le Pape prend la défense des juifs déportés de France ». Trois
semaines plus tard, c'est au Times d'écrire « Vichy arrête des juifs ; le
Pape est ignoré ». La riposte ne se fait pas attendre : à l'automne 1942, le
bureau de Goebbels distribue dix millions d'exemplaires d'un pamphlet
décrivant Pie XII comme le « Pape pro-juif » et décrivant précisément ses
diverses interventions auprès des autorités françaises.
5. À l'été 1944, après la libération de Rome mais avant la fin de la
guerre, Pie XII dit à un groupe de juifs romains venus le remercier de les
avoir protégés : « Pendant des siècles les juifs ont été traités injustement
et méprisés. L'heure est venue de les traiter avec justice et humanité. Dieu
le veut et l'Église le veut. Saint Paul nous dit que les juifs sont nos
frères. Qu'ils soient également nos amis ». Les livres attaquant Pie XII
dénigrent un par un ces exemples pour que le lecteur oublie combien ils sont
nombreux alors qu'ils témoignent devant tous, et notamment devant les nazis,
de la position du Pape. Allons plus loin dans la démonstration. Pour
Cornwell et Zuccotti, le discours de Noël 1942 n'est pas assez virulent
alors que pour ses contemporains, Pie XII est plutôt explicite. Le lendemain
de ce discours, on peut lire dans l'éditorial du New York Times : « La voix
de Pie XII est un cri dans le silence et la nuit qui enveloppent l'Europe
cet hiver... En appelant de ses voeux un "véritable nouvel ordre" fondé sur
la "liberté, la justice et l'amour", [...] le Pape se place à l'opposé de
Hitler ». Il réitère l'année suivante en parlant de « ces centaines de
milliers de personnes marquées du sceau de la mort ou de l'extinction du
seul fait de leur nationalité ou de leur race ». À l'époque, cette diatribe
est considérée comme une condamnation publique de l'extermination des juifs
par les nazis. De fait, les Allemands eux-mêmes le comprennent comme tel. En
effet, une note interne du parti indique que « son discours est une attaque
à tout ce que nous défendons... Il parle clairement au nom des juifs... Il
accuse le peuple allemand d'injustice envers les juifs et se fait le
porte-parole des criminels de guerre juifs ».

Les nazis connaissant parfaitement la position du Pape à leur égard,
cela pouvait avoir des conséquences dramatiques pour le Vatican : en effet,
ce dernier avait déjà été le théâtre d'affrontements. En 1809, Pie VII avait
été obligé de se livrer aux armées de Napoléon ; Léon IX avait dû fuir Rome
après l'assassinat de son chancelier et enfin Léon XIII avait été poussé à
l'exil à la fin du XIXe siècle. Cependant, le ministre des Affaires
étrangères de Mussolini rapporte que Pie XII est « prêt à être déporté dans
un camp de concentration plutôt que de renier ses convictions ». Hitler a
clairement exprimé son intention d'investir le Vatican, afin de « coffrer ce
ramassis d'agitateurs ». Pie XII est d'ailleurs au courant des divers plans
visant à le kidnapper. Ernst von Weizsäcker conseille plusieurs fois au
Vatican de ne pas provoquer Berlin et l'ambassadeur nazi en Italie, Rudolf
Rahn, décrit lui aussi l'un des projet d'enlèvement fomenté par Hitler et
les efforts des diplomates allemands pour l'en dissuader. Le général Carlo
Wolff déclara plus tard que Hitler lui avait demandé, en 1943, « d'occuper
le Vatican et la Cité du Vatican au plus vite, de s'assurer des archives
ainsi que du trésor dont la valeur est inestimable et de transférer le Pape
et la Curie, pour les protéger, afin qu'ils ne tombent pas dans les mains
des Alliés et n'exercent une quelconque influence politique ». Au début du
mois de décembre 1943, Wolff réussit à convaincre Hitler de renoncer à son
plan.

* S'il avait été plus explicite

Lorsqu'on se penche sur les décisions que Pie XII aurait pu prendre, on
aurait aimé (moi en premier) qu'un plus grand nombre d'excommunications
aient été prononcées. Les nazis nés catholiques ont été automatiquement
excommuniés soit parce qu'ils n'allaient plus à la messe, soit parce qu'ils
ne se confessaient pas de leurs crimes ou bien parce qu'ils avaient
publiquement renié le christianisme. Comme le montrent clairement ses écrits
et ses propos, Hitler ne se considère plus comme un chrétien - il se dit
même anti-catholique -, et ce, bien avant d'accéder au pouvoir. Une
excommunication papale aurait peut-être eu du bon. Peut-être, peut-être pas.
Don Luigi Sturzo, fondateur du Mouvement chrétien démocrate pendant la
guerre, dit que les dernières « excommunications nominatives prononcées
contre un chef d'état », qu'il s'agisse d'Elisabeth Ire ou de Napoléon,
n'ont en rien changé leur politique. Margherita Marchione va même plus loin
en disant que la provocation aurait « entraîné d'une part une riposte
violente des nazis qui auraient certainement tué bien plus de juifs, et
surtout ceux qui se trouvaient sous la protection de l'Église, d'autre part
une persécution accrue des catholiques ». Certains survivants de
l'Holocauste tels que Marcus Melchior, Grand Rabbin du Danemark, disent que
« ...si le Pape avait été plus explicite, Hitler aurait sans doute massacré
plus de six millions de juifs et peut-être cent millions de catholiques s'il
en avait eu le pouvoir ». Dans un courrier des lecteurs envoyé à Commentary
suite à la publication d'un extrait de Guenter Lewy en 1964, Richard M.W.
Kempner se souvient de son expérience à Nuremberg pour dire : « Tout
mouvement de propagande de l'Église catholique à l'encontre de Hitler et du
Troisième Reich n'aurait pas seulement été pur "suicide", mais aurait
accéléré l'exécution d'encore plus de juifs et de prêtres ». Une lettre
pastorale des évêques des Pays-Bas condamnant « le traitement injuste et
sans merci réservé aux juifs », a été lue dans les églises catholiques
hollandaises en juillet 1942. Cette lettre qui partait d'un bon sentiment,
et que l'on disait inspirée de Pie XII, connut un revers. Comme l'écrit
Pinchas Lapide : « Le plus triste et alarmant c'est que plus le clergé
hollandais protestait haut, fort et fréquemment - plus que la hiérarchie
catholique et que tous les autres pays occupés - plus les nazis déportaient
de juifs. 110 000 juifs, soit 79 % de la communauté de ce pays, partiront
vers les camps de la mort ». L'évêque Jean Bernard du Luxembourg, qui
séjourna à Dachau de 1941 à 1942, déclare au Vatican que : « À chaque fois
que des voix s'élevaient pour protester, les conditions de détention des
prisonniers empiraient ». Fin 1942, l'archevêque Sapieha de Cracovie ainsi
que deux autres évêques polonais ayant fait l'expérience de la férocité des
représailles nazies, demandent à Pie XII de ne pas publier de lettres sur ce
qui se passe en Pologne. Suzan Zuccotti elle-même admet que dans le cas des
juifs de Rome, le Pape « ait pu agir en fonction des juifs cachés et de
leurs protecteurs catholiques ».

* Les juifs d'Italie

On peut bien sûr se demander ce qui peut être pire que l'assassinat de
six millions de juifs. La réponse est simple : le meurtre de centaines de
milliers de personnes en plus. Et le Vatican a fait ce qu'il a pu pour
sauver ces victimes potentielles. Le sort des juifs italiens est devenu le
sujet de prédilection des opposants au Pape, l'échec du catholicisme
démontrant soi-disant l'hypocrisie des prétentions du Pape en matière de
morale aujourd'hui (c'est ce qu'affirme Zuccotti rien que par le titre de
son livre : Under his very Window). Mais le fait est : 80 % des juifs
européens sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale alors que, dans le
même temps, 80 % des juifs italiens ont été sauvés. Pendant les quelques
mois au cours desquels Rome est occupée par les Allemands, Pie XII demande
au clergé italien de sauver des vies par tous les moyens. Il existe
d'ailleurs un document datant de 1965 - et auquel on néglige de se référer -
relatant les actions du Pape pendant cette période ; il s'agit de But for
the Grace of God, mémoire de Monseigneur J. Patrick Caroll-Abbing qui, sous
Pie XII, a contribué à sauver des vies. À partir du mois d'octobre 1943, Pie
XII demande aux églises et aux couvents d'Italie de recueillir des juifs.
Ceci entraîne bon nombre de catholiques italiens à braver les ordres
allemands. Et ce malgré le fait que Mussolini et les fascistes cèdent aux
demandes de déportations émanant d'Hitler. À Rome, cent cinquante-cinq
couvents et monastères abritent quelques cinq mille juifs. Au moins trois
mille se réfugient dans la résidence d'été du Pape à Castel Gandolfo.
Soixante juifs vivent pendant neuf mois à l'Université grégorienne, et
nombreux sont ceux qui se cachent dans la cave de l'Institut biblique
pontifical. Des centaines de juifs trouvent asile au Vatican même. Sur des
instructions de Pie XII, des prêtres, des moines et des religieuses, des
cardinaux et des évêques sauvent des milliers de vies. Le cardinal Boetto de
Gênes en sauve au moins huit cents ; l'évêque d'Assise en cache trois cents
pendant plus de deux ans ; l'évêque de Campanie et deux membres de sa
famille en sauvent 961 à Fiume. Le cardinal Pietro Palazzini, alors Recteur
adjoint du Séminaire romain, cache Michael Tagliacozzo ainsi que d'autres
juifs italiens au séminaire (propriété du Vatican) pendant plusieurs mois
dans les années 43-44. En 1985, Yad Vashem, le mémorial israélien de
l'Holocauste, rendit hommage au cardinal, Juste parmi les Nations. Acceptant
cet honneur, Palazzini dit : « Tout le mérite revient à Pie XII qui nous a
demandé de faire tout notre possible pour sauver les juifs de la
persécution ». Des laïcs ont également aidé et en ont toujours attribué
l'idée au Pape.
Mais le témoignage le plus éloquent reste celui des nazis eux-mêmes. Des
documents fascistes publiés en 1998 et résumés dans le livre de Marchione
Pope Pius XII parlent d'un certain complot allemand appelé « Rabat-Fohn »
devant être exécuté en janvier 1944 : huit divisions de SS déguisés en
Italiens devaient s'introduire au Vatican et « massacrer Pie XII et le
reste ». Raison spécifiquement invoquée : « la position pro-juive du Pape ».

* Un fervent opposant aux thèses hitlériennes

L'Europe entière est jalonnée de ce genre de témoignages. Bien sûr,
l'Église aurait pu faire plus. Les faits sont irréfutables : Hitler a bien
pris le pouvoir, le guerre a bien eu lieu et six millions de Juifs ont bien
été exterminés. Mais il faut une bonne fois pour toute se mettre dans l'idée
qu'à l'époque, nazis et juifs savent que Pie XII est le plus fervent
opposant aux thèses hitlériennes.

1. Dès décembre 1940, dans un article de Time Magazine, Albert Einstein
rend hommage au Pape : « Seule l'Église s'est dressée sur le chemin de
Hitler qui voulait supprimer la vérité. Auparavant, l'Église ne m'avait
jamais passionné. Aujourd'hui je ressens beaucoup d'affection et
d'admiration car elle seule a eu le courage et la ténacité de se battre pour
la vérité intellectuelle et la liberté morale. Je suis donc forcé d'admettre
qu'à présent je loue sans réserve ce qu'avant je méprisais ».
2. En 1943 Chaim Weizmann, qui deviendra plus tard le premier président
israélien, écrit que « le Saint-Siège prête son puissant soutien afin
d'améliorer le sort de mes frères persécutés ».
3. Lors d'une rencontre avec le Pape à la fin de la guerre, Moshe
Sharett, le second Premier ministre israélien, dit « mon devoir était de
leur dire merci à lui et à l'Église catholique au nom de tous les juifs pour
tout ce qu'ils avaient fait dans les pays occupés ».
4. Le Grand Rabbin d'Israël Isaac Herzog envoie un message en 1944 où il
déclare que « le peuple israélien n'oubliera jamais ce que le Pape et ses
délégués font pour nos malheureux frères et soeurs dans les heures les plus
sombres de notre histoire. Ils sont inspirés par les principes de la
religion qui sont les fondements de la vraie civilisation. C'est la preuve
de l'existence de la Providence divine dans ce monde ».
5. En septembre 1945 Léon Kubowitzy, Secrétaire général du Congrès juif
mondial, remercie personnellement le Pape pour ses diverses interventions et
fait don, au nom du Congrès, de 20 000 $ aux oeuvres du Vatican « en
reconnaissance de l'aide apportée par le Saint-Siège aux juifs persécutés
par le fascisme et le nazisme ». Lorsqu'en 1955 l'Italie fête le dixième
anniversaire de sa libération, l'Union des Communautés juives italiennes
déclare que le 17 avril sera la « Journée de la Reconnaissance » pour
l'aideapportée par le Pape pendant la guerre. Le 26 mai 1955 l'Orchestre
philharmonique d'Israël se rend au Vatican pour y interpréter la Septième
Symphonie de Beethoven et exprimer ainsi la reconnaissance éternelle
d'Israël envers le Pape pour l'aide apportée aux juifs pendant l'Holocauste.
L'Orchestre philharmonique d'Israël n'a jamais joué la musique de Richard
Wagner (et ce pour des raisons politiques) car dans les années cinquante le
public israélien considère encore Wagner comme l'un des symboles du régime
nazi. Ceci pour une raison simple : les survivants de l'Holocauste formaient
encore une frange importante de la population israélienne. Il est impossible
de penser que le gouvernement israélien ait pu payer le voyage de
l'orchestre pour rendre hommage au « Pape de Hitler ». Au contraire, le
concert sans précédent de l'Orchestre philharmonique israélien est un geste
unique de gratitude collective envers un grand ami du peuple juif.

John S. Conway, le grand spécialiste des onze volumes des Actes et
documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, écrit dans
Yad Vashem Studies en 1983 : « Une lecture approfondie des milliers de
documents compilés dans ces documents ne permet pas de dire que les
diplomates du Vatican ont été guidés par le besoin de se protéger. Au
contraire, on peut y voir un groupe d'hommes consciencieux et intelligents
recherchant la paix et la justice à un moment où la "guerre totale" foulait
aux pieds ces idéaux ». Ces documents auxquels on ne prend pas la peine de
se référer et dont on peut lire un résumé dans le livre de Pierre Blet Pie
XII et la Deuxième Guerre mondiale, « vont clairement prouver et convaincre
combien Pie XII a vécu la tragédie du peuple juif dans sa chair et combien
il a fait tout son possible pour les aider » selon les propres paroles de
Jean-Paul II devant un groupe de chefs religieux juifs à Miami en 1987.

On peut lire dans le Talmud que « celui qui sauve une seule vie sauve
l'humanité ». Pie XII, plus qu'aucun autre homme d'État du XXe siècle, a
accompli cela à l'heure où le destin des Juifs européens était menacé. Aucun
autre Pape n'avait été autant loué par les juifs avant lui, et ils ne se
sont pas trompés. Leur gratitude ainsi que celle de tous les survivants de
l'Holocauste prouve que Pie XII fut véritablement et profondément un Juste
parmi les Nations.


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