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Vieux 22/07/2008, 01h58
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Par défaut La religion du réchauffement climatique

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La religion du réchauffement climatique

« Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaiement que quand on le
fait par conscience » Blaise Pascal

• • • • •

C’est Michael Crichton qui a, le premier, identifié de façon claire
l’écologisme comme une religion. Il l’a montré lors d’un exposé en 2003,
mais le monde a évolué rapidement depuis, et les adeptes de cette
croyance ont désormais une ferme emprise sur notre monde.

Le réchauffement climatique est devenu le point de repère de cette
nouvelle « éco-théologie ». On l’utilise comme raccourci pour évoquer le
réchauffement climatique anthropique, c’est-à-dire d’origine humaine. Il
est étroitement lié à d’autres systèmes modernes de croyances, comme le
politiquement correct, la peur de tout ce qui est chimique et diverses
autres formes d’alarmismes, avec ceci de particulier qu’il représente
l’avant-garde dans le combat contre les hommes de science.
Les activistes préfèrent désormais parler de « changements climatiques
». Cela leur donne deux avantages :

1. Ils peuvent exploiter comme « preuves » les inévitables
événements météorologiques inhabituels, les vagues de froid aussi bien
que les canicules.
2. Le climat est intrinsèquement changeant, donc ils ne peuvent
qu’avoir raison.

Seuls ceux d’entre nous relativement âgés peuvent se souvenir de la
cynique précipitation avec laquelle les activistes de la peur
abandonnèrent l’annonce de « l’arrivée du nouvel âge glaciaire » pour se
tourner vers la prophétie exactement inverse, tout en désignant toujours
le même coupable : l’industrie. Cela se passa en Grande Bretagne,
berceau de la nouvelle croyance, et servit de réponse aux moqueries
suscitées par l’été caniculaire de 1976. Le père de la nouvelle religion
était Sir Crispin Tickell, qui avait l’oreille du Premier Ministre,
Margaret Thatcher, alors engagée dans un bras de fer contre les mineurs
aussi bien que contre les magnats du pétrole. Cette religion fit ainsi
son entrée en politique internationale grâce à l’autorité de la seule
dirigeante politique majeure disposant de compétences scientifiques.
Ironie de l’histoire, cette entrée se produisit précisément durant les
bouleversements politiques qui virent un vaste rassemblement de forces
s’opérer entre des organisations de gauche, autour des valeurs
environnementales. Le résultat fut l’apparition d’une nouvelle forme de
religion sans dieu.

Le culte du réchauffement climatique a les caractéristiques de la
religion, et non de la science. Voici pourquoi.

Foi et scepticisme

La foi est une croyance sans preuve. La méthode scientifique, ensemble
mouvant de procédures extrêmement variées, se fonde sur un modèle très
exactement inverse, comme le disait Thomas Henry Huxley :

« Celui qui accroît notre connaissance de la nature refuse
absolument de se fier à l’autorité en tant que telle. Pour lui, le
scepticisme est le devoir le plus cardinal, la foi aveugle le seul péché
impardonnable. »

Huxley s’inscrivait dans une longue tradition de philosophes
britanniques sceptiques. À partir des Bacon, grâce aux idées de Locke,
Hume ou encore Russell, et jusqu’à la sublime apogée qu’a été le
principe de réfutabilité de Popper, la méthode scientifique s’est
laborieusement mise en place, pour être jetée aux oubliettes en l’espace
de seulement quelques décennies. C’est l’une des plus cruelles ironies
de l’histoire que de voir le pays qui fut le berceau de la méthode
scientifique être aussi celui qui s’est placé à l’avant-garde du combat
pour son abandon. La religion exige la conviction, tandis que la science
demande de l’incrédulité : là est la grande différence. Il y a beaucoup
de manières d’avoir la foi. L’athéisme est tout autant une foi que son
contraire, parce qu’aucune preuve ne vient à l’appui d’une thèse ou de
l’autre. Il ne saurait y avoir d’opposition frontale entre foi et
science, parce que les deux n’ont rien n’en commun. Les problèmes
surgissent quand l’une se prétend l’autre.

Dans le droit fil de la tradition passée florissante, la Royal Society
britannique a été fondée sur les principes du scepticisme. Sa devise, «
On the word of no one » [« Nullius in verba », soit « Jamais sur parole
», NdT], était une affirmation forte de ce principe. À présent, après
avoir réussi leur coup, les membres de la Royal Society ont brutalement
changé cette devise séculaire au profit d’une nouvelle, qui réussit à
être à la fois banale et sinistre : « Respect the facts » [« Respecter
les faits », NdT]. Lorsqu’on commence à parler des « faits », il est
temps de commencer à chercher où se niche la fiction. La science
authentique ne parle pas de faits ; elle parle d’observations, qui
peuvent toujours se révéler inexactes, voire non pertinentes.

Les tenants du réchauffement climatique aiment invoquer la science, mais
n’apprécient pas ses méthodes. Ils promeuvent des slogans comme « la
science est établie », alors que les scientifiques véritables savent que
la science n’est jamais établie. Il est vrai qu’il n’en a pas toujours
été ainsi. En 1900, par exemple, le grand Lord Kelvin eut ces mots
devenus fameux : « Il n’y a plus rien de nouveau à découvrir en
physique. Tout ce qui reste à faire, c’est d’effectuer des mesures de
plus en plus précises. » Quelques années plus tard, la physique
classique était balayée par Einstein et ses contemporains. Depuis lors,
en science, le débat n’est jamais clos.

Le monde s’est peut-être (ou peut-être pas) échauffé d’une fraction de
degré. C’est peut-être (ou pas) entièrement (ou pour une part) dû aux
activités humaines. Tout cela dépend de la qualité de nos observations
et de la validité d’hypothèses variées. La science est à l’aise dans une
telle situation. Elle accepte diverses théories, comme celle de la
gravitation ou celle de l’évolution, en tant que théories les moins
mauvaises du moment, et les plus pratiques à utiliser, mais elle ne
croit pas. La religion a une autre attitude.

Péché et absolution

Il est dans la nature de la religion d’être autoritaire et prescriptive.
Pour cela, le concept essentiel est celui de péché – une transgression
en pensée ou en actes de principes théologiques.

Dans les religions anciennes, le péché originel est attaché à l’un des
fondements de la vie sur terre : le sexe. La nouvelle religion descend
encore plus profondément, pour atteindre la structure même de toute vie
: le carbone. Il est possible que la peur humaine la plus fondamentale
soit la peur de la vie elle-même. C’est cette incroyable propension du
carbone à former des composés d’une complexité illimitée qui a rendu la
vie possible, tandis que son dioxyde en est l’aliment premier, le tout
début de la chaîne alimentaire. Chaque élément de nourriture que vous
consommez provient du dioxyde de carbone atmosphérique. C’est donc un
candidat idéal pour un péché originel, puisque nul ne peut se défaire de
sa dépendance vis-à-vis de lui. Cette manne qui nous a donné la vie est
à présent régulièrement présentée par les gros titres des médias comme «
polluante » et « toxique », dans ce qui est sûrement l’un des plus
pervers dysphémismes de l’histoire du langage.

Dans la religion, on ne se libère du péché que par l’absolution, et le
pouvoir de la plupart des religions provient de ce qu’elles affirment en
avoir le monopole. Il en va de même pour cette nouvelle religion sans
dieu. Il est aussi dans la nature de la religion de créer des faux
marchés. Au temps de Chaucer [l’auteur des Contes de Canterbury, au XIVe
siècle, NdT], les prêtres vendaient des indulgences pontificales, qui
permettaient d’éviter aux plus fortunés d’avoir à subir les conséquences
de leurs péchés. De la même manière, les nouveaux prêtres vendent des
compensations de carbone. Dans les sociétés anciennes comme dans les
modernes, une telle activité détourne les efforts de création de
richesses et agit comme un frein sur nos économies. Elle garantit aussi
aux riches un confort qui n’est pas pour les pauvres – une route
certaine vers le succès.

Prosélytes et évangélistes

La plupart des religions cherchent à croître par le biais du
prosélytisme. La science, elle, ne cherche pas à convertir, elle n’en a
pas besoin. Elle s’enseigne à ceux qui désirent apprendre, mais ne
s’impose pas à ceux qui lui sont indifférents. Les religions (du moins
celles qui connaissent le succès) ont des impératifs tout autres. Si la
cohorte des croyants s’étoffe, cela renforce la croyance des adeptes ;
participer à une mission de conversion aide à apaiser les inévitables
doutes qui peuvent surgir dans l’esprit du croyant. Les religions à
succès sont structurées autour de ce processus d’expansion. Aussi, ceux
qui se montrent capables de rallier de nouvelles recrues à la cause
sont-ils parmi les plus considérés.

Démagogues et hypocrites

La démagogie est donc aussi une caractéristique de la religion.
Certaines personnes ont la capacité de capter les foules et de les
attirer dans leurs filets. Il s’agit là d’une aptitude mystérieuse, dans
la mesure où leur talent oratoire se soumet rarement à un examen
critique. Ces personnes sont les idoles du moment ; ce sont souvent des
colosses aux pieds d’argile, à l’image de ce que l’on observe si
souvent, semble-t-il, avec ces charismatiques prédicateurs télévisés.

L’un des plus célèbres démagogues de cette religion sans dieu est Al
Gore. Il n’est certainement pas un grand orateur, mais il compense ce
défaut par un culot sans bornes. Son mépris de la vérité se lit dans sa
manière de poser devant une photo satellite de l’ouragan Katrina. Même
parmi les plus véhéments « scientifiques » du climat, l’on se garde de
faire un lien entre cet événement isolé, tragique et monstrueux, et le
réchauffement climatique. On lit aussi ce mépris de Gore pour la vérité
dans sa manière, inspirée de l’Ancien Testament, de prophétiser d’autres
catastrophes, par exemple des inondations causées par l’élévation du
niveau des mers, dépassant de beaucoup en alarmisme les affirmations
plus modestes des « professionnels ». À l’instar des prophéties
bibliques annonçant l’anéantissement de cités entières, Gore nous promet
un déluge de pluie et de soufre si nous ne changeons pas nos comportements.

Gore réunit aussi toutes les caractéristiques les plus classiques du
religieux hypocrite. C’est avec ostentation qu’il ignore superbement ses
propres prescriptions. Selon ses propres normes (l’empreinte de
carbone), ses péchés sont colossaux : au moins vingt fois ceux de
l’Américain moyen. Mais tout est pour le mieux, puisqu’il achète son
absolution (par des compensations de carbone) à sa propre entreprise.
Comme il est une personne privée, l’on ignore s’il profite directement
de cette situation ; du moins est-on assuré du fait qu’elle lui permet
de diminuer son revenu imposable. Surtout, Gore démontre par son
attitude que les riches sont à l’abri de toutes les privations que
requiert la nouvelle religion, privations qui ne concernent en
définitive que les plus pauvres de ses adeptes. Une telle situation n’a
rien d’inconnu dans les religions traditionnelles, si souvent brocardées
par les satiristes au fil des siècles pour cette raison.

Infidèles et apostats

Les religions ne réservent pas toutes le même traitement aux incroyants
: cela va du mépris au massacre. La nouvelle religion s’appuie
aujourd’hui sur l’agression verbale et la diffamation, mais il en est
qui voudraient aller plus loin. Ils qualifient les infidèles de «
négationnistes », une référence commode et méprisable à la Shoah. Il y a
actuellement une campagne soutenue pour que soit refusée à ces «
négationnistes » toute espèce d’espace public où ils pourraient
présenter leurs idées.

Les apostats sont universellement haïs plus encore que les infidèles.
Ils ont tourné le dos à la vraie foi, d’une manière ou d’une autre. Les
apostats partiels, ou hérétiques, sont encore plus détestés, et ont été
victimes à travers les âges des pires punitions et des morts les plus
atroces. Par exemple, l’« écologiste sceptique » Bjorn Lomborg a la foi.
Il est même un « serial croyant » : il admet, par exemple, que la
consommation du céleri est la cause directe de 2% des cancers, et aussi,
bien sûr, que le réchauffement climatique est d’origine humaine, mais il
s’oppose au sacrifice de l’humanité sur l’autel de cette croyance. Voilà
qui est inacceptable ! Que sont donc quelques millions de morts causés
par la consommation d’eau non potable, les piqûres de moustiques et tant
d’autres dangers devant la possibilité de voir les gens se conformer au
dogme ? Pour l’instant, insultes et tartes à la crème ont été ses seules
punitions. Patrick Moore, co-fondateur de Greenpeace, a rompu avec le
mouvement lorsque celui-ci est devenu de plus en plus résolument
anti-humain, avec des dérives anti-scientifiques et extrémistes. Pour
lui, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la campagne
contre le chlore, lequel n’est pas seulement un composant essentiel de
la vie humaine mais aussi ce qui fut l’arme d’une campagne d’hygiène
public qui s’est révélée l’une des plus extraordinairement efficaces
pour sauver des vies. Moore a par conséquent été la victime d’une
intense campagne de dénigrement qui l’a dépeint comme un éco-Judas,
traître et renégat. N’importe quel commentateur ou blogueur, même
mineur, qui manifeste du scepticisme peut devenir la cible de ce genre
d’abus de la part de ces protecteurs de la croyance autoproclamés.

Sacrifices et rituels

Il est dans la nature humaine de ne pas aimer reconnaître ses erreurs,
même à nos propres yeux. Ainsi, par exemple, si nous achetons un objet
soi-disant magique qui, par un moyen mystérieux, est censé diminuer la
consommation de notre voiture en carburant, nous conduisons légèrement
plus prudemment, pour prouver que nous avons eu raison dans notre achat.
Les religions exploitent cette faiblesse comme un moyen de créer et de
renforcer l’engagement. Une fois que quelqu’un a été conduit ou forcé à
faire un sacrifice, il considère qu’il a misé pour la cause.

Les éoliennes, par exemple, sont un symbole du pouvoir, non pas du
pouvoir physique (dans ce domaine, elles en sont bien loin), mais du
pouvoir politique et religieux. Elles sont comme les dômes des temples,
les statues de Saddam Hussein ou encore le grand « M » de McDonald’s.
Les éoliennes sont laides : elles détruisent les paysages aussi bien du
point de vue visuel que sonore, car tel est leur but. Elles sont une
part du sacrifice. Ce ne serait pas très grave si elles étaient
simplement inutiles, mais c’est malheureusement pire que cela. Des
systèmes conventionnels de puissance équivalente doivent fonctionner
pendant 80% du temps, c’est-à-dire durant tout le temps où le vent
souffle trop fort ou pas assez, puis être mis en veille lorsque le vent
souffle comme il faut, un procédé coûteux qui génère bien des
gaspillages. Les éoliennes sont là pour nous rappeler notre engagement à
la cause, volontaire ou non, à la fois par un coût exorbitant et par la
dégradation de notre espace visuel et sonore.

Comme dans d’autres formes de conditionnement mental, le renforcement
continuel est un élément essentiel du processus. C’est là
qu’interviennent les rituels. Un rituel est un ensemble de sacrifices
minuscules indéfiniment répétés. Faire le tour de la maison pour
éteindre les appareils électriques en mode veille remplit la même
fonction que de répéter un mantra. Le fait qu’il s’agisse de quelque
chose de complètement inutile est précisément le point important.

L’une des idées les plus précieuses de l’ingénierie moderne, ne pas se
perdre dans le bruit, s’est précisément perdue dans le bruit. La plupart
du temps, une modification de, disons, une partie sur dix mille est trop
faible pour être mesurée, et n’est donc pas digne d’intérêt. Si la
position « veille » de nos appareils domestiques avaient jamais été un
problème, c’en serait un dont l’importance serait aujourd’hui rapidement
déclinante. Aux temps anciens des dispositifs sensibles à la chaleur
(valves, tubes), il était nécessaire de garder les cathodes chaudes,
pour éviter des périodes de réchauffement trop longues, mais les
transistors et les écrans LCD n’ont pas de cathode et sont donc
instantanément disponibles. La consommation d’un appareil en mode veille
est de l’ordre de cinq watts, à peine de quoi garder votre gros orteil
au chaud. Il serait en fait assez facile de réduire cette consommation à
quelques microwatts, soit juste assez pour faire fonctionner un
détecteur et décodeur optique, bien que jusqu’à présent personne n’ait
jugé nécessaire d’effectuer un si inutile exercice.

Prophétie et divination

Dans le monde réel, les tentatives de prophéties échouent
invariablement. Il n’y a que dans les textes religieux et les histoires
fantastiques populaires que les prophéties se réalisent. Herbert Welles,
dans Une Histoire des Temps à Venir, prédit certes avec succès la guerre
mécanisée, comme le fit aussi Winston Churchill, mais pas beaucoup plus,
et le film que Welles supervisa de près est pour nous de l’ordre du
divertissement comique (avec tout de même une musique magnifique). Même
ceux d’entre nous qui ont été les plus impliqués dans l’électronique
n’ont pas anticipé qu’un développement de l’art ancien de l’écriture sur
pierres, la lithographie, aurait pour prolongement ces millions de
transistors disponibles sur une simple puce, changeant ainsi le monde à
jamais, y compris dans l’octroi de nouveaux et inquiétants moyens de
contrôle à ceux qui sont au pouvoir.

De la même manière, la divination a toujours été tenue en haute estime,
dans toutes les cultures, anciennes comme modernes : observation des
étoiles, abattage des poulets et autres animaux pour examiner leurs
entrailles et prédire l’avenir, pratique de la cartomancie, lecture dans
la boule de cristal… Relativement récemment, le dirigeant du plus
puissant des pays du monde se fiait à ce que lui disaient des astrologues.

Aujourd’hui, la divination est de retour, avec par exemple l’examen des
entrailles de vieux arbres. Bien que les méthodes employées soient
incorrectes (parce que fondées à tort sur la linéarité) et qu’il ait été
clairement établi qu’elles étaient trompeuses et impossibles à
reproduire, leurs résultats ont défilé dans le monde entier, au nom de
draconiennes politiques sacrificielles.

La forme principale que revêt aujourd’hui la divination moderne est
toutefois la modélisation informatique. Il y a quarante ans, une
instruction circula dans la Faculté d’Ingénierie de l’Université de
Londres, qui stipulait qu’aucune thèse de doctorat ne serait délivrée si
elle ne se fondait que sur la modélisation informatique, sans avoir subi
l’épreuve de mesures réelles. Comme Thomas Eliot se le demandait dans
ses Choruses from the Rocks [Choeurs des Rochers, NdT] :

Où est la sagesse que nous avons perdu dans la connaissance ?
Où est la connaissance que nous avons perdu dans l’information ?

À présent, universités et ministères énormément et généreusement
financés ne font plus rien d’autre que d’élaborer des modèles
informatiques, qui impliquent des hypothèses sur certaines interactions
physiques qui ne sont pas encore comprises par la science. Leurs douteux
(pour ne pas dire plus) résultats sont utilisés pour effrayer la
population et la soumettre au nouveau sacerdoce international.

Puritains et rabat-joie

Personne n’a jamais fait mieux que Mencken pour définir le puritanisme :
la hantise à l’idée que quelqu’un, quelque part, puisse être heureux.
C’est une regrettable caractéristique de nombreuses religions que de
mettre le puritanisme en avant, et le réchauffement climatique est loin
d’être une exception. Rien de ce que ses partisans nous offrent
n’implique une amélioration, ou même un maintien de la satisfaction
humaine - en fait, c’est tout le contraire. Vous pourriez penser que
n’importe quelle philosophie de la vie implique avancées, reculs et
chemins détournés, choses bonnes et choses mauvaises, mais
détrompez-vous. Virtuellement tout ce dont vous profitez aujourd’hui est
maintenant frappé du sceau du péché : prendre des vacances, conduire
votre voiture, vivre dans un appartement convenablement chauffé, ne plus
avoir à subir la puanteur de pourriture des ordures, et ainsi de suite.

Comme ceux qui pratiquaient autrefois l’autoflagellation, un sentiment
moralisateur non seulement transcende tous les désagréments, mais en
sont directement issus. Le reste d’entre nous doit être contraint à se
soumettre.

C’est un bien malheureux phénomène de l’existence qui fait qu’il est des
personnes dont le principal plaisir est de bousculer ceux qui les
entourent. Les petits plaisirs de la vie, comme savourer un vin fin ou
un bon cigare (ou, plus encore, leurs équivalents plus populaires), leur
sont intolérables. Ils exploitent n’importe quel moyen pour parvenir à
éliminer ces pratiques honnies : distorsion de la science, subornation
d’hommes politiques trop faibles, inlassable répétition de leur
propagande mensongère. Le onzième commandement des rabat-joie : « Tu ne
prendras nul plaisir. » Le réchauffement climatique leur fournit un
magnifique terrain de jeu.

Censures et détournements

La liberté de parole et de publication est au cœur de la science. Même
les hypothèses les plus folles y ont droit à un examen. Le plus souvent,
dans le domaine de la religion, c’est le contraire qui est vrai ;
contester le dogme établi est hérésie, un crime dont la punition a varié
du simple ostracisme à l’horrible torture et à la mort. L’une des plus
cruelles ironies du succès de l’entrisme éco-théologique : c’est la
Royal Society elle-même qui a orchestré le tentative de censurer toute
déviance par rapport aux croyances institutionnalisées. Des politiciens
autoritaires, comme le député Brad Miller, rêvent de donner force de loi
à cette répression.

Étrange répétition de l’histoire : ceux qui avancent l’hypothèse que
c’est le soleil qui est le moteur principal des changements climatiques
sont vilipendés tout comme Galilée le fut lorsqu’il soutint la
description héliocentrique de Copernic du système solaire. Pourtant, le
soleil est clairement le pilote du climat - s’il cessait de briller, la
température de la terre chuterait tout près du zéro absolu. Mais dans le
dogme institutionnel, le soleil est à peine mentionné, tandis que les
dérisoires activités humaines sont arbitrairement magnifiées hors de
toute proportion. Dans une approche scientifique du climat, une pleine
compréhension du comportement de notre étoile serait la première des
nécessités, mais une telle considération n’a pas sa place dans la piété
actuelle ; les meilleurs spécialistes du soleil ont ainsi été privés de
financement.
L’une des manières les plus utilisées de détournement des actualités
consiste à utiliser la méthode du cliquet : on ne parle que de ce qui va
dans le sens voulu. Une chaleur inhabituelle quelque part, par exemple,
bénéficiera d’une copieuse couverture médiatique, tandis que les
épisodes de froid seront soigneusement ignorés. C’est ainsi que le
printemps 2007 a été dramatiquement froid dans certaines parties de
l’Amérique du Nord, qui a vu des navires pris dans la glace et des
matchs de base-ball annulés pour cause de neige ; mais tout cela a été
caché aux Britanniques, à qui le magnifique mois d’avril a été présenté
comme s’il s’agissait d’une mauvaise nouvelle (au pays des rhumatismes
et de la bronchite !). Le fait que la Grande Bretagne n’a pas connu de
printemps en 2006 a été opportunément oublié lorsqu’il s’est agit de
choisir une base de comparaison pour affirmer que 2007 avait été
sensiblement plus chaud.

Que les médias savent qu’ils propagent ainsi des contrevérités, c’est là
un fait que démontrent tous ces trucs qu’ils utilisent. S’ils étaient
convaincus de la véracité de leur cause, ils n’auraient pas besoin de
fausser leurs unes. Ils ont fréquemment été pris en flagrant délit de
manipulation de leurs chiffres et de leurs courbes, mais seuls quelques
internautes le savent. Or si vous pensez que votre avis est le bon, vous
pouvez vous permettre de présenter les deux points de vue ; mais ils ne
le font pas. La grande majorité de la population n’a aucune idée qu’il y
a un autre point de vue. Ce n’est pas là de la science, c’est de la
religion.

Contrôle et taxation

La religion a toujours joué un rôle important dans l’imposition de
l’autorité. Pendant de nombreux siècles, cela prit la forme de la «
monarchie de droit divin » ou du « mandat céleste ». Une fois que vous
êtes parvenus à faire en sorte que le peuple croie, vous pouvez vous
permettre tous les abus. L’alliance du chamane et du législateur a
depuis longtemps été le fondement véritable de l’autoritarisme. Même
lorsque le dogme est un dogme sans dieu, comme dans le marxisme, il est
imposé avec une ferveur toute religieuse, qui est le bon moyen d’obtenir
la soumission.

À présent, les gens acceptent des lois qui restreignent leurs libertés
et leur niveau de vie ; des lois qui, en d’autres temps auraient
provoqué des émeutes, mais qui sont aujourd’hui camouflées dans cette
formule quasi-religieuse de « protection de l’environnement ». Les
soi-disant pressions environnementales, par exemple, l’emportent
désormais largement sur l’effet de l’augmentation des impôts locaux qui
avaient autrefois rencontré tant d’opposition en Angleterre, à présent
docilement acceptés, comme la présence parasite de diverses formes de
mouchards qui vont jusqu’à faire nos poubelles.

Contradictions et irrationalité

Les religions traditionnelles non seulement tolèrent la contradiction et
l’irrationalité, mais elles les accueillent comme faisant partie
d’elles. Des mots et des phrases y sont répétés ad nauseam, dans des
contextes bizarres, jusqu’à en perdre leur sens et à devenir des mantras
autonomes.

Contradictions et irrationalité abondent aussi dans le monde
théocratique moderne. L’Union Européenne, par exemple, a arbitrairement
détruit une petite industrie de fabrication de baromètres traditionnels
sur la base d’une peur irrationnelle du mercure, puis a imposé l’usage
de lampes fluorescentes qui répandent cette même substance redoutable en
grande quantité à travers le continent, en raison de la menace du
réchauffement climatique.

Ceux qui n’ont jamais entendu parler de Wien ou de Planck affirment en
confiance qu’il est « évident » que le CO2 produit par l’homme va
provoquer un emballement du réchauffement, alors qu’une telle
affirmation ne va pas du tout de soi pour ceux qui sont familiers des
travaux de ces messieurs. L’« évidence » en question est une évidence au
même titre que celle selon laquelle les croyants connaîtront la vie
éternelle, ou celle qui affirme qu’un acte suicidaire insensé est une
garantie pour disposer de l’attention éternelle de 72 vierges au
paradis. De fantaisiste, l’aptitude à gober six choses impossibles avant
son petit-déjeuner est devenue normalité acceptée.

Richesse et pouvoir

Certains organismes développent les ingrédients leur permettant de
survivre et de se reproduire : il en est ainsi des entreprises et des
religions. C’est une caractéristique des entreprises que de disposer des
entrepreneurs qui les ont créées, pour les remplacer par d’autres types
de dirigeants lorsque c’est nécessaire. Il en va de même pour les
religions. Les premiers chrétiens de Rome et leurs églises troglodytes
étaient bien différents des cardinaux, évêques et abbés de l’Europe
médiévale qui vivaient une vie opulente. Il y avait aussi, bien sûr, les
humbles et saints frères mendiants. Toutes ces variétés se retrouvent
dans le nouveau mouvement.

L’argent est la base de la nouvelle religion. Il afflue de fondations
diverses (comme « l’argent du ketchup ») [les subventions de la
Fondation Heinz, NdT] comme de donateurs naïfs. Les activistes ont
compris qu’ils devaient maintenir mais aussi innover dans leur produit
(l’anxiété) pour continuer à augmenter leurs revenus, ce qui les a
conduit à aller de plus en plus loin dans les menaces imaginaires, à la
fois en quantité et en intensité. Et avec l’argent vient le pouvoir. Au
Royaume-Uni, tous les partis politiques sont en banqueroute : la
tentation de capter un mouvement si puissant était irrésistible. Même le
Parti Conservateur s’est soumis à ce putsch, pourtant contraire à tout
ce en quoi il a toujours cru.

L’autre chemin vers le pouvoir a été la méthode trotskyste de l’entrisme
: une fois qu’un militant de la cause est parvenu dans une position
dominante, il peut en recruter d’autres. Un par un, les bastions des
médias, et même de la science elle-même, sont tombés aux mains des
envahisseurs. Une nouvelle espèce d’éditorialistes environnementaux a
acquis le monopole des reportages sur les sujets liés à leurs
convictions. Avec de puissantes organisations médiatiques derrière eux,
ils se sont également assurés de la protection de la loi pour intimider
leurs adversaires. L’opposition au mouvement est largement confinée à
internet, et à quelques individus déterminés de quelques institutions
périphériques, ou à la Chambre des Lords.

Avec le pouvoir vient le mécénat. Celui-ci a à son actif des splendeurs
de l’art et de l’architecture. À son passif, il a produit d’immenses
terrains de laideur, pires encore que les inutiles éoliennes et la
recherche strictement contrôlée. Ce qui était il y a un quart de siècle
considéré comme de la recherche scientifique n’existe désormais plus
guère. Pour obtenir des fonds, votre projet doit se conformer à un
mantra, comme par exemple celui du « développement durable ». Les
sceptiques n’osent plus s’exprimer. Leurs institutions sont tributaires
des millions qu’elles perçoivent en subvention délivrées par les «
fonctionnaires verts » dont le but est d’obtenir des résultats «
appropriés » pour ce qui touche au réchauffement de la planète et aux
alertes qui en découlent. Lorsque votre institution lutte pour sa
survie, vous ne sciez pas la branche sur laquelle vous êtes assis.

La prodigalité des prêcheurs du réchauffement de la planète, financée
sur fonds publics et grande consommatrice de kérosène pour leurs voyages
internationaux, contraste avec la frugalité de leurs opposants
scientifiques en comparaison bien impuissants. Voilà bien la matière
d’une satire médiévale. Tout comme Rabelais dût se cacher de la colère
des prêtres de son temps, les adversaires de la nouvelle religion sont,
pour l’essentiel, confinés à n’exister que par internet. Comme toujours,
la richesse et le pouvoir sont déterminant dans la capacité à diffuser
son point de vue. C’est une petite consolation pour les membres de la
résistance qui ont pris le maquis électronique que de savoir que
l’Histoire a retenu le nom de Rabelais, tandis que ceux de ses
persécuteurs sont bien oubliés.

Confession et salut

L’un des derniers bastions de la science à être tombé est la Royal
Society britannique. Son directeur en chef était auparavant l’un des
fonctionnaires verts les plus puissants. La Royal Society offre
désormais à ses membres l’opportunité de faire leur confession publique
de leurs pêchés, sous la forme de leur « empreinte carbone ». Ils ont
même conçu un programme de « contrôle carbone » pour exhorter les
enfants de 7 à 14 ans à prendre conscience de leurs émissions de
carbone. Les jeunes enfants font maintenant des cauchemars de planète
brûlante, exactement comme certains de nous faisaient autrefois des
cauchemars dans lesquels nous nous consumions en enfer à défaut d’être
de bons croyants, avant de ne plus dormir du tout, nous demandant si
nous croyions ou non et ce que signifie effectivement « croire ».
L’exploitation impitoyable de la réceptivité des enfants, leur
inlassable endoctrinement, est l’une des caractéristiques les plus
détestables de beaucoup de religions. Comme le disent les jésuites : «
Confiez-moi un enfant jusqu’à ses sept ans, et je vous rendrai un homme. »

Le feu de l’enfer est le bâton, le salut la carotte. Le mieux que nous
puissions dire au sujet de la nouvelle religion est peut-être que
l’objet du salut est « la planète », et pas seulement nous-mêmes. Mais
c’est aussi le pire, car cet objet est essentiellement inhumain, et il
met sur le bûcher un hérétique comme Lomborg. La science, bien sûr, est
aussi inhumaine. Mais la science, elle, ne fait pas de politique. Elle
peut fournir de l’information aux décideurs, comme par exemple : « Si
vous faites ceci, il est probable que des millions d’Africains en
mourront », mais elle ne dit pas « Vous devez faire ceci ou ne pas faire
cela. » La religion, selon la forme qu’elle prend, dira « Ils doivent
être sauvés » ou, lorsqu’il n’est plus trop difficile de le mettre en
mots : « Laissez-les mourir ». L’une des manifestations les plus
agressives de la nouvelle religion a eu lieu lorsque des centaines de
ses prêtres ont organisé un luxueux voyage en Afrique, tandis que tout
autour d’eux régnaient la souffrance et la mort.

Coup de grâce

L’esprit humain est malade. Il a éclos lors des Lumières du dix-huitième
siècle. Il a fleuri au cours du dix-neuvième. Il a vaincu les tyrans du
vingtième. À présent, c’est à un rythme alarmant qu’il renonce à ses
libertés fondamentales au profit d’une religion fondée sur une science
frauduleuse. Bien sûr, ce n’est pas seulement la science qui souffre de
cet écrasant ralentissement culturel. Notre grande tradition artistique
a laissé la place à l’affichage d’animaux morts et de lits souillés.
Dans une grande partie de la littérature et du théâtre, les jurons
l’emportent sur les plus hautes aspirations humaines. Les
divertissements se dévalorisent par l’affichage de la banalité, de la
cruauté, de la vacuité et de la célébrité improvisée. Mais c’est la
science, cependant, qui nous a donné une si longue vie, le confort, la
santé, que personne n’avait imaginé. Un don qui, de sang froid mais en
toute discrétion, est refusé à des millions de personnes des régions les
plus pauvres du monde. Les extrémistes de la nouvelle religion voient
l’humanité comme un inconvénient, comme une peste que l’on peut éliminer
(sauf eux-mêmes, bien sûr).

Par-dessus tout, la science a représenté le triomphe de l’humanité sur
les superstitions primitives qui ont hanté nos ancêtres. Une création de
la raison pure. Un monument au miracle de l’évolution du cerveau humain
(ou un don de Dieu, si vous voulez). Quelque chose de trop précieux pour
être simplement jeté au loin comme un vieil habit. Mais qui défendra
encore la science, alors que les barbares sont déjà dans la place ?

Source : John Brignell, NumberWatch, traduction par Ben
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  #2 (permalink)  
Vieux 22/07/2008, 17h06
Bosco
 
Messages: n/a
Par défaut Re: La religion du réchauffement climatique

abourick a écrit :

> La religion du réchauffement climatique


> comme une religion.


> nouvelle « éco-théologie ».


> d’autres systèmes modernes de croyances


> nouvelle croyance


> Cette religion


> Le résultat fut l’apparition d’une nouvelle forme de
> religion sans dieu.


> Le culte du réchauffement climatique


> Foi et scepticisme


> La foi est une croyance sans preuve


(Note bien que celle-là, je l'aime bien... parce qu'on attend tes preuves !)

> La religion exige la conviction


> avoir la foi


> Péché et absolution


> Il est dans la nature de la religion d’être autoritaire et prescriptive.


Je ne te le fais pas dire !!!

> nouvelle religion sans dieu


> La démagogie est donc aussi une caractéristique de la religion.


Il y a quand même des phrases sensées dans ce merdier...

> Les religions ne réservent pas toutes le même traitement aux incroyants
> : cela va du mépris au massacre.


Eh oui... les morts du christianisme...!

Enfin bref, j'ai laissé tomber la suite tellement c'est con...

Tout ça pour dire qu'il serait temps que tu te fasses soigner, tu es
victime de troubles obsessionnels, tu vois de la religion partout...!

Alain
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