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| X-No-Archive: Yes Editorial d'Eric Le Boucher dans Le Monde, sur http://www.lemonde.fr/opinions/artic...3391_3232.html > La campagne pour l'élection présidentielle américaine est décevante. > [...] La déception est à la mesure de l'espoir, qui est grand : voir > l'Amérique réinventer un modèle de société unie pour le XXIe siècle. "Les > Américains veulent reconstruire la nation, résume Thomas Friedman, > éditorialiste du New York Times. Nous avons perdu de notre puissance ces > dernières décennies, et les valeurs de nos parents, le travail dur, > l'étude, l'épargne, l'investissement, la vie selon ses moyens, ont été > adoptées par les Asiatiques, tandis qu'ici, elles cédaient le pas devant > les valeurs des subprimes." LES AMERICAINS REVENT QU'UN TERME SOIT MIS A > LA LONGUE DERIVE VERS L'EGOISME, L'INJUSTICE SOCIALE, LA MAUVAISE QUALITE > DES INFRASTRUCTURES ET LA RESTRICTION DES DROITS CIVIQUES, DONT L'ERE BUSH > AURA ETE LE PAROXYSME. "Les Américains rêvent qu'un terme soit mis à la longue dérive vers l'égoïsme, l'injustice sociale, la mauvaise qualité des infrastructures et la restriction des droits civiques, dont l'ère Bush aura été le paroxysme". 1/ Les Américains ? Vraiment ? Quels Américains ? Ceux qui ont élu Bush par deux fois ? Avec 62 millions de voix et une majorité de plus de 50 % (Clinton : 44 millions pour 43 % des suffrages) ! La carte électorale : http://www.usatoday.com/news/politic.../countymap.htm ! Ou peut-être ceux qui ont élu des majorités républicaines en 2004, 2002, 2000, 1998, 1996, 1994 ? Pas "Les Américains" mais "des" Américains. De gauche. En fait, il faudrait dire "la Gauche américaine rêve...". Mais cela, on ne le dit point. On dit "les Américains". C'est comme si je disais "les Français" quand il faudrait dire "les rédacteurs du Monde". 2/ Quant au contenu... Si la dérive vient de loin et dure depuis longtemps, ne faut-il y inclure l'ère Clinton (parce que si Clinton n'est pas inclus, la dérive ne date que d'il y a sept ans). Autant dire alors : courte dérive, et non "longue dérive". 3/ Et la "restriction des droits civiques": mais de quelles restrictions parle-t-il ? Des faits ! Par pitié, dites-nous quels droits civiques ont été restreints ? Les droits inscrits dans le Bill of Rights, la liberté de parole, de la presse, le droit d'assemblée, de pétitionner, de religion, de porter des armes, ont-ils été violés ? Les cours de justice chargées de les protéger ont-elles été abolies, les lois qui les encadrent abrogées ? La presse est-elle muselée, muette, écrasée ? Quels droits ont-ils disparu, Le Boucher ? Ceux des tueurs incarcérés à Guantanamo ? Mais, par définition, les droits civiques sont ceux des citoyens et, par extension, des résidents légaux des Etats-Unis, et, à l'extrême rigueur, les droits (pas "civiques") des résidents illégaux à être traités humainement, mais cela se discute devant les tribunaux. Les autres n'ont pas de "droits civiques" à faire valoir. Ils n'ont aucun droit, si ce n'est d'être satisfaits de n'avoir pas été exécutés sur le champ comme combattants illégaux sans uniforme, hors conventions internationales (c'est ce qu'ailleurs qu'au Monde on appelle des "terroristes"). Aucun "droit" n'a été restreint et Le Boucher est un commentateur qui passe ses opinions en contrebande, en les cachant sous des ballots intitulés "analyse". 4/ Ce n'est pas tout. La "longue dérive", qui devrait donc être estampillée Clinton-Bush (mais cela aurait autre allure que le "paroxysme Bush") semble, dans l'esprit le bouchérien, être curieusement contemporaine d'un autre paragraphe de son oeuvre de fiction : "Il y a trente ans, [l'Amérique] engageait la révolution libérale reaganienne, et elle a bénéficié, depuis, d'une économie brillante, tirant les meilleurs profits de la technologie, de l'immigration et de la mondialisation." Allons, camarade, il faudrait choisir : longue dérive ou économie brillante ? "Egoïsme, injustice sociale" ou immigration de haut calibre, avec formidable intégration, avec intégration plutôt rapide, comme je le lis dans le Washington Post, établi par une intéressante étude de l'Université Duke (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn...051202575.html) ? Quand on raconte n'importe quoi, il n'est pas trop malaisé de faire coexister tout et son contraire. Si la révolution reaganienne a lancé trente glorieuses, avec, à la suite, on le subodore, les années Clinton, puis les années Bush (II), qui n'en diffèrent pas de grand-chose, il n'y a pas eu de "longue dérive", si ce n'est dans la logique non aristotélicienne (tout ; son contraire ; le reste) d'un rédacteur du Monde. 5/ Lequel, notons-le, nous balance, en bonus, le chiffre inventé de toutes pièces, quoique pas par lui, de "47 millions d'Américains sans assurance maladie", qui a été lancé par l'équivalent U.S. du grand statisticien-démographe que fut l'Abbé Pierre, histoire de faire choc. Il n'y a pas la moindre confirmation ni la moindre étude sérieuse établissant ni ce chiffre, ni quoi que ce soit qui s'en rapproche. 6/ Quant à la "classe moyenne, poussée hors de l'ascenseur social", c'est une fiction de plus : les pertes statistiques enregistrées depuis 10 à 15 ans par cette catégorie d'Américains viennent du passage vers le haut de toute une partie de ladite classe moyenne. Mais ça impressionne, quand on n'est pas au courant : le lecteur hoche tristement la tête : "pauvre classe moyenne américaine..." L'Amérique, au Monde, c'est l'occasion de raconter n'importe quoi à peu de frais. -- http://extremecentre.org/ http://www.sardanapale.com/ http://leblogdrzz.over-blog.com/ |
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| <lisztnet***aliceadsl.fr> a écrit dans le message de news: b6f9a66a-353a-4b30-ae12-5fb72ffb6a25...oglegroups.com... On 19 mai, 03:42, "Yoki" <yokinospamt...***hotmail.com> wrote: > > 5/ Lequel, notons-le, nous balance, en bonus, le chiffre inventé de toutes > pièces, quoique pas par lui, de "47 millions d'Américains sans assurance > maladie", qui a été lancé par l'équivalent U.S. > > Il ne faut pas mentir, on ne vous l'apprend pas dans la Thora ? > > Vous produisez une contre enquête, comme preuve ? même pas, vous affirmez > et l'on doit vous croire sur parole. C'est à Eric Le Bouché de prouver ce qu'il avance. On remarquera que notre petit propagandiste stalinien, Krebs, répète tel un perroquet les chiffres du Census Bureau, lequel inclut les étrangers présents aux USA (on peut donc déjà retirer 10-15 millions de personnes à ces "47 millions d'*Américains* qui en sont privés") ainsi que les personnes qui choisissent volontairement de ne pas prendre d'assurance (là encore, les chiffres de l'USCB incluent des groupes de personnes gagnant plus de $50.000 et $75.000). Dans son bouquin " Le monopole de la santé au banc des accusés" (mais qui date de 2001 / http://www.quebecoislibre.org/010707-9.htm ), Jean-Luc Migué rappelait que : - 60 % de ces "exclus" ont moins de 35 ans (on peut émettre l'hypothèse que la santé n'est pas un investissement prioritaire pour eux) ; - 60 % sont sans couverture depuis moins de deux ans ; - une partie de la population ne s'assure pas devant le coût des couvertures souvent poussées vers le haut par des exigences légales inutiles (chirurgie esthétique) ; - 6 millions d'Américains sont en droit d'être couverts par Medicaid et Medicare mais s'y refusent sans qu'on en sache pourquoi (convictions religieuses ?) ; - 48% des personnes sans couverture sont des universitaires, dont près du tiers jouissent de revenus supérieurs à $50.000 par an. Le chiffre des exclus réels avoisinerait les 8 millions, soit 2,6 % de la population. 8 millions. Paf! On est loin des "47 millions d'Américains". Et encore, puisque ce chiffre n'a strictement aucune importance concrète (être non-assuré ne signifie pas que l'on y sera privé de soins). La vraie question serait donc plutôt : combien de gens, aux Etats-Unis, n'ont pas accès aux soins médicaux. Réponse : zéro. Si vous tenez à parler de "scandale", attaquez-vous au VRAI problème du système de santé américain, à savoir son coût exorbitant (16,5 % du P.I.B.). Pour un résultat excellent, mais qui n'est pas beaucoup meilleur que celui des systèmes européens. Et ce coût, vous en trouverez l'explication dans cet excellent papier de Jeff Jacoby(*) : "Insurance raises healthcare's price", http://www.boston.com/news/globe/edi...thcares_price/ Dans le système américain, les gens ne paient de leur poche que 14 % des dépenses de santé. Le reste est financé par un tiers (des assurances payées par l'employeur). Donc l'Américain n'a aucune raison de faire des efforts en matière de maîtrise des coûts. C'est pas lui qui paie. En Europe aussi, me rétorquerez-vous ? Oui, sauf qu'en Europe l'assureur c'est l'Etat. Et l'Etat est quasiment en faillite, d'où les politiques publiques tentant de boucher (hum...) tant bien que mal le "trou" de la S.S. (franchises médicales etc.). Aux Etats-Unis, et c'est hallucinant, l'Etat encourage les gaspillages puisque ces polices souscrites par les employeurs pour le compte de leurs travailleurs sont défiscalisées. Autrement dit, le problème du système américain n'est pas son prétendu "ultra-libéralisme", mais l'interventionnisme exagéré de l'Etat en matière de santé. Il va sans dire que le "plan" du futur président Obama ( http://www.barackobama.com/issues/pd...reFullPlan.pdf ) n'arrangera rien... --- (*) "Why is health insurance so expensive? [...] Health care costs so much because most of us pay so little for it. And we pay so little -- out-of-pocket expenses amount to just 14 cents of every health dollar spent in this country -- because a third party nearly always picks up the tab. For most working Americans, that third party is an insurance company paid by their employers. [...] Under the present setup, most Americans have little incentive to be economical consumers of healthcare. As a result, health care expenditures -- and insurance premiums -- have been racing upward at three and four times the rate of inflation. "All of this is due to a quirk in tax policy dating to World War II, when employers looking for a way to enhance workers' salaries without running afoul of federal wage controls hit on the idea of providing medical benefits. When the IRS agreed not to treat such benefits as taxable income, it triggered a far-reaching change in the way Americans paid for health care. "What had been a relatively free market in medical services, with patients transacting directly with doctors and hospitals, gave way to a third-party system, in which employers paid the insurance companies, and insurance companies paid the bills. Americans increasingly used insurance to cover routine medical expenses, not just major unexpected costs like hospitalization or surgery. "To disentangle this snarl, Congress ought to end the tax exclusion that causes it. Employers don't generally provide workers with homeowner's or auto insurance, or for that matter with food, clothing, or housing. Ideally, medical treatment would be handled no differently, and Americans would benefit from a far more robust and competitive healthcare market than they do now. "But after 60 years, it's probably infeasible to eliminate the tax deduction altogether, so the president has proposed a second-best alternative: eliminating the bias for employer-provided health insurance by giving every family with health insurance a $15,000 deduction ($7,500 for individuals) -- no matter where their insurance comes from or how little it costs. Employer-sponsored insurance would become taxable income -- but since most insurance policies cost less than $15,000, those employees would get a significant break. "Under the Bush plan, the tax code would no longer penalize Americans who don't get health insurance through their employers, since they too would be eligible for the $15,000 tax deduction. Millions of others would have an incentive to shop around for a health plan less pricey than the one available through work, since cheaper insurance would end up meaning a bigger tax break. That would put pressure on insurers to develop more high-deductible, low-premium plans -- and on healthcare consumers to start paying attention to prices. "Bush's prescription won't cure everything that ails American health care. But there's no question it would make an excellent start." |
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| Tags: americains, boucher, derivequot, eric, longue, mis, monde, quotles, quun, revent, soit, terme |
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| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Eric Le Boucher, Le Monde : "Les Americains revent qu'un terme soit mis a la longue derive..." | Yoki | Newsgroup fr.soc.economie | 2 | 25/05/2008 23h23 |
| "Francis" et "Birdie" = 2 gugusses qui ne sont en fait qu'un seul et même MONGOLIEN | Nomen Nescio | Newsgroup alt.fr.soc.politique | 27 | 01/02/2008 10h19 |
| Re: "Est-ce qu'un fil intitulé "le pouvoir de la parole " est en charte sur ce forum dédié à la psychanalyse ?" | Christelle | Newsgroup fr.sci.psychanalyse | 1 | 31/01/2008 23h55 |
| Re: [HS] Re: "Est-ce qu'un fil intitulé "le pouvoir de la parole " est en charte sur ce forum dédié à la psychanalyse ?" | Christelle | Newsgroup fr.sci.psychanalyse | 0 | 31/01/2008 15h05 |
| ["eric" <eric-lannoy@orange.fr>] troyen yayawvw.dll | fff | Newsgroup alt.fr.comp.securite | 0 | 04/07/2007 20h55 |