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Vieux 17/05/2008, 06h48
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Messages: n/a
Par défaut Ce qui s'est reellement passé au liban la semaine derniere...et que Georges W BUSH ne veut surtout pas que nous sachions! (que son but est de pousser le hezbollah a la faute pour justifier une intervention onusienne au Liban....)

Intifada à Beyrouth
Le États-Unis parviendront-ils à pousser le Hezbollah à la faute ?
par Thierry Meyssan*

Les émeutes de Beyrouth sont un trompe l’œil. Elles ont été
volontairement facilitées par les États-Unis qui espéraient pousser le
Hezbollah à tuer les principaux leaders du gouvernement. Car seul un
carnage aurait pu justifier une intervention de l’OTAN. Cependant
l’Alliance nationale a fait preuve d’une grande retenue et n’a pas
attaqué le palais du gouvernement. Cherchant à relancer les
affrontements, le Premier ministre de facto a dénoncé les deux seules
personnalités consensuelles aptes à entreprendre une médiation et a
appelé à une contre-grève générale pour créer les conditions de
débordements.
--------------------------------------------------------------------------------
http://www.voltairenet.org/article156980.html


10 mai 2008

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Pays
Liban

Le siège de Futur TV (télévision privée de la famille Hariri)
saccagé par les manifestants.
En trois jours (7, 8, 9 mai 2008), les cartes ont été entièrement
redistribuées au Liban. Si l’on s’en tient à la propagande de l’OTAN
déversée par les agences de presse occidentale, le Hezbollah aurait
organisé un coup d’État et pris le contrôle de Beyrouth-Ouest. Or,
cette version ne tient pas une minute au regard des informations
transmises par ces mêmes agences de presse. Premièrement, le Hezbollah
a livré de brefs combats contre des intérêts de la famille Hariri à
Beyrout-Ouest, mais s’est immédiatement retiré en passant le relais à
l’armée, il n’y a donc pas eu de prise de contrôle de la ville.
Deuxièmement, un « coup d’État » est une prise du pouvoir par
surprise, mais jamais le Hezbollah n’a tenté de s’emparer du palais du
gouvernement ou de liquider l’équipe gouvernementale. Au contraire, le
Hezbollah, comme d’aileurs toute l’Alliance nationale, continue à
ignorer le gouvernement de facto dont il ne reconnaît pas la
légitimité parce que dénué de base constitutionnelle.

4 ans de crise, dont 18 mois de blocage
Les événements de ces trois jours sont un épisode supplémentaire du
feuilleton ouvert depuis le vote par le Congrès des États-Unis du
Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restauration Act, le 15
octobre 2003. Cette loi, adoptée dans la foulée de l’invasion de
l’Irak, donnait au président Bush un blanc-seing pour lancer une
nouvelle guerre contre le Liban et la Syrie lorsqu’il le jugerait
utile.

J’ai décrit en détail dans L’Effroyable imposture 2 et sur
Voltairenet.org, les plans successifs élaborés par Washington pour
parvenir à ses fins et les nombreux rebondissements politiques et
militaires de ce projet : l’assassinat de l’ancien Premier ministre
Rafic Hariri au moment où il se rapprochait du Hezbollah, la campagne
médiatique pour rendre mensongèrement la Syrie responsable de ce
crime, les élections législatives truquées, le retrait de l’armée
syrienne hors du Liban, la sous-traitance de la guerre par le
Pentagone à Tsahal, l’attaque israélienne et la destruction du Sud du
Liban, la victoire militaire du Hezbollah, enfin le maintien illégal
au pouvoir du gouvernement Siniora et le blocage de l’élection
présidentielle.

Récapitulons un instant les épisodes précédents. Le 11 novembre 2006,
la démission de cinq ministres entraîne la chute du gouvernement au
regard de l’article 95A de la Constitution. Mais le Premier ministre
Fouad Siniora décide de se maintenir au pouvoir. Le putsch est avalisé
par la « communauté internationale » qui y voit la seule solution pour
barrer la route à la coalition conduite par le Hezbollah. Il s’agit en
effet d’un enjeu vital pour l’Empire anglo-saxon : un gouvernement
dominé par le Hezbollah donnerait le signal de révolutions dans le
monde arabe et marquerait la fin inéluctable non pas de l’État
d’Israël, mais du régime sioniste au pouvoir à Tel-Aviv.

Bien que seule légitime à exercer le pouvoir au vu de sa résistance
victorieuse face à l’invasion israélienne d’une part et de son soutien
populaire massif d’autre part, l’Alliance nationale conduite par le
Hezbollah et le Courant patriotique libre s’abstient de marcher sur le
palais du gouvernement. Au contraire, Hassan Nasrallah et Michel Aoun
s’appliquent à faire la démonstration qu’ils feront passer l’unité du
pays avant les intérêts partisans, fussent-ils majoritaires. Cette
extrême retenue s’explique par la crainte d’une nouvelle intervention
militaire directe ou indirecte des États-Unis qui ne manqueraient pas
de s’appuyer sur certains partis politiques minoritaires.

La situation politique s’est inscrite dans la géographie de Beyrouth.
Alors que la famille Hariri avait installé deux grandes tentes sur la
place des Martyrs lors de la « révolution du cèdre » (éphémèreversion
locale des « révolutions oranges » orchestrées par la CIA), l’Alliance
nationale a planté un vaste campement couvrant l’ensemble du centre
ville et manifestant visuellement le rapport de force. Du coup, les
putschistes se sont retranchés dans le palais du gouvernement, le
Sérail, transformé en forteresse derrière des plots de béton, des murs
de barbelés et des blindés.

Le face à face entre les putschistes et l’Alliance nationale
s’éternise depuis 18 mois, chacun mettant le temps à profit.
Le gouvernement de facto, soutenu non pas par l’Occident comme aime à
le dire la presse anglo-saxonne, mais par les États-Unis, Israël et
l’Arabie saoudite, s’est doté d’un appareil de sécurité. Une police
spéciale a été constituée en salariant les miliciens des Forces
libanaises (parti d’extrême droite du criminel de guerre Samir Geagea)
et en les envoyant se former auprès d’instructeurs US en Jordanie. En
outre, la famille Hariri a créé diverses sociétés de gardiennage, qui
sont autant de milices privées.
L’Alliance nationale a reconstitué l’arsenal de la Résistance avec
l’aide officielle de l’Iran et officieuse de la Syrie comme le
souligne la presse européenne, mais aussi l’aide discrète et continue
de deux membres du Conseil de sécurité, la Russie et la Chine. Le
Hezbollah a envoyé de jeunes volontaires se former en Iran auprès des
Gardiens de la Révolution et a construit un vaste réseau de lignes de
défense au Sud du pays. Simultanément, le Hezbollah a aidé les autres
composantes de l’Alliance nationale à se militariser et à se
coordonner de manière à pouvoir exercer une résistance commune lors de
la prochaine agression étrangère. Le groupe qui, après le Hezbollah,
dispose des combattants les plus aguérris est aujourd’hui le Parti
social nationaliste pansyrien (PSNS) d’Ali Qanso, dont la presse
occidentale feint d’ignorer l’existence car il se définit comme laïque
et n’entre pas dans l’analyse confessionnelle chère à la pensée
coloniale.

Le mandat du président de la République, Émile Lahoud (proche de
l’Alliance nationale), est arrivé à son terme le 23 novembre 2007.
Refusant de suivre l’exemple de Fouad Siniora et de s’accrocher au
pouvoir, M. Lahoud a quitté ses fonctions à l’heure dite en respectant
les procédures démocratiques.
L’élection de son successeur par le Parlement suppose une majorité
qualifiée, donc un accord entre les deux camps. En réalité, le
gouvernement de facto s’en moque car la fonction présidentielle est
largement honorifique. Son unique préoccupation est de se maintenir
indéfiniment en place. L’Alliance nationale, quant à elle, envisage
cette élection dans le cadre d’un équilibre global qui comprend un
accord sur la représentativité du prochain gouvernement et sur le
découpage des circonscriptions législatives.

À Washington, on estime que vu la faiblesse du soutien populaire au
gouvernement de facto, toute évolution politique ne pourra se faire
qu’à son détriment. Les États-Unis ont donc incité leurs relais locaux
à geler la situation. Le blocage s’est étendu à tous les organes
constitutionnels. Désormais le pays est sans gouvernement légitime,
sans cour constitutionnelle, sans président et sans assemblée
législative (le Parlement n’ayant plus de mandat que pour procéder à
l’élection présidentielle).

Les administrations ne peuvent plus fonctionner. La crise politique a
engendré une crise économique. La misère s’étend. Les gens ne peuvent
survivre qu’avec l’aide de leur famille à l’étranger ou des subsides
des partis politiques. Dans ce contexte, les œuvres sociales du
Hezbollah ont rempli l’espace laissé vacant par un État défaillant.

3 jours de combats sporadiques
Cette situation aurait pu durer encore longtemps, malgré les
souffrances qu’endure la population. Mais la victoire du Hezbollah sur
Israël continue de propager ses effets dans le monde arabe. Ainsi, une
nouvelle génération de résistants palestiniens comme l’Armée irakienne
du Mahdi s’inspirent de son exemple. Washington a donc planifié un
moyen d’en finir.

Comme je l’ai indiqué sur Al-Manar le 18 avril dernier, l’objectif
principal n’est pas d’écraser le Hezbollah (ce qui supposerait une
guerre à plus vaste échelle qu’en 2006), mais de le discréditer en le
forçant à retourner ses armes contre d’autres arabes. Pour ce faire,
Washington a prévu cyniquement de sacrifier ses principaux alliés
politiques au Liban.

Pour s’assurer que cette opération ne dégénère pas en guerre
régionale, la CIA a préalablement éliminé les deux chefs militaires du
Courant patriotique libre et du Hezbollah : François el-Hajj
(assassiné à Beyrouth le 12 décembre 2007) et Imad Mugniyeh (assassiné
le 12 février 2008 à Damas).

Voici le détail de l’opération : dans la nuit du 25 au 26 avril 2008,
des commandos US auraient dû débarquer à l’aéroport de Beyrouth et
tenter d’éliminer Hassan Nasrallah. Qu’ils réussissent ou non, leur
brève action aurait plongé la capitale dans le chaos et poussé les
militants du Hezbollah à prendre à partie le gouvernement de facto et
la famille Hariri. Plus le sang aurait coulé et plus il aurait
justifié une intervention de l’OTAN. L’amiral Ruggiero di Biase,
commandant de la FINUL maritime (la force des Nations Unies) aurait
soudain changé les drapeaux des navires italiens, français et
espagnols de l’Euromarfor et aurait débarqué ses hommes au port de
Beyrouth sous les auspices de l’Alliance atlantique, prétendument pour
secourir les survivants de l’équipe gouvernementale. Tout cela aurait
été accompagné d’une ample propagande dénonçant la violence des
chiites contre les sunnites et faisant perdre son aura au Hezbollah
parmi les masses arabes. George W. Bush serait alors arrivé à Tel-Aviv
pour fêter les 60 ans d’Israël et inviter les « États arabes modérés »
sunnites à s’unir avec l’État juif face au péril chiite.

Washington avait prévu de laisser massacrer ses alliés politiques au
Liban et de ne garder que ses agents opératifs sur l’échiquier. Ce qui
revient à dire, sacrifier le Premier ministre de facto (Fouad Siniora)
et le chef de la famille Hariri (Saad), mais conserver les hommes
orchestres de la CIA : le leader druze Walid Jumblatt, (vice-président
de l’Internationale socialiste) et son bras droit, le très volubile
Marwan Hamade (le ministre de facto des Télécoms).
C’est dans ce cadre que le Hezbollah a arrêté le 26 avril le
représentant du Parti socialiste français à l’Internationale
socialiste dans le quartier Sud de Beyrouth. Le franco-afghan Karim
Pakzad prenait des photos juste à côté du lieu où se trouve le bunker
d’Hassan Nasrallah. Selon le Hezbollah, qui le suspectait d’être un
agent de renseignement participant au soutien logistique de
l’opération US visant à assassiner cheik Nasrallah, il avait sur lui
un appareil d’interception des communications téléphoniques.

L’opération commando ayant été annulée après la découverte de caméras
de surveillance placées à l’aéroport par le Hezbollah, Walid Joumblatt
renversa la situation en accusant Hassan Nasrallah d’avoir préparé une
action militaire pour détruire un avion sur la piste 17 de l’aéroport
utilisée par des personnalités gouvernementales (ce qui n’est pas tout
à fait faux, mais il s’agissait de piéger les commandos US, pas les
membres du gouvernement de facto). Se croyant visé, le Premier
ministre de facto révoqua le commandant de la sécurité de l’aéroport
et annonça qu’il allait démanteler le réseau de communication du
Hezbollah, outil indispensable de la Résistance.

Simultanément, les syndicats ont appelé à la grève générale pourune
revalorisation du salaire minimum, le mercredi 7 mai. Ils ont été
rejoints par les partis de l’Alliance nationale qui ont donné un tour
politique à la grève en réclamant le départ des putschistes.
Sans que l’on sache de quelle manière, des affrontements armés ont
opposé les membres d’Amal (le parti du président chiite de l’Assemblée
nationale) à ceux du Courant du futur (le parti de la famille sunnite
Hariri).
Les troubles se sont étendus dans la capitale, les 8 et 9 mai, à
l’issue de la conférence de presse d’Hassan Nasrallah. L’armée s’est
retirée des quartiers Ouest, qui ont été investis par des militants de
l’Alliance nationale. Ceux-ci ont détruit les bureaux des médias de la
famille Hariri sans que leurs sociétés de gardiennage ne les
défendent, puis ils ont appelé l’armée à revenir assurer la sécurité
publique. Utile précaution, car en vertu de la résolution 1701, la
FINUL ne peut intervenir qu’à la requête de l’armée (donc uniquement
après que celle-ci ait été mise en difficulté).
Les affrontements ont fait 18 morts et de nombreux blessés. Il ne
s’agissait pas de combat en formations rangées, mais plutôt d’une
sorte d’Intifada populaire encadrée par le Hezbollah.
Pendant cette action, les syndicats ont fermé l’aéroport et le port
pour empêcher un éventuel débarquement des forces de l’OTAN.

Le bilan de ces trois jours est mitigé. D’un côté, le Hezbollah n’est
pas tombé dans le piège qui lui était tendu, mais il a mis son doigt
dans l’engrenage. De l’autre, le Courant du futur (famille Hariri) est
apparu pour ce qu’il est : une coquille presque vide.

Samedi 10 mai, le Premier ministre de facto, Fouad Siniora, s’est
adressé à la nation. Comme prévu, il a affirmé avec aplomb avoir
toujours soutenu l’action du Hezbollah contre l’enemi israélien (ce
dont personne ne se souvient), mais ne pas pouvoir accepter qu’il
utilise les armes de la Résistance contre d’autres Libanais. Il a
déclaré ne plus reconnaître à Nabih Berri, le président chiite de
l’Assemblée nationale, la neutralité nécessaire pour servir de
médiateur. Faisant le reproche inverse à l’armée, il l’a réprimandée
pour son non-interventionnisme, ce qui met un terme au caractère
consensuel de la candidature du chef d’état-major, Michel Sleimane.
Enfin, ayant ainsi fermé toutes les portes, il a appelé ses
concitoyens à manifester en silence leur refus de la violence,
dimanche à 10h, dans toutes les rues du pays. Il s’agit évidemment
d’une sorte de contre-grève générale visant à créer les conditions
pour relancer les affrontements et justifier l’internationalisation de
la crise.

Contre toute attente, l’armée a immédiatement répondu au Premier
ministre de facto en refusant de limoger le commandant de la sécurité
de l’aéroport et en s’opposant au démantèlement du réseau de
communication du Hezbollah, considéré comme une arme indispensable à
la défense nationale.

Dans les prochains épisodes, Washington va essayer de faire pression
sur l’armée pour qu’elle sorte de sa neutralité et requière l’aide de
la FINUL contre le Hezbollah. Cela passera probablement par
l’élimination physique de certains officiers récalcitrants. De son
côté, l’Alliance nationale va chercher à pousser son avantage sans se
faire happer par l’engrenage. Elle devrait choisir de faire une pause
pour remodeler une scène politique sur laquelle la famille Hariri est
la grande perdante. Michel Aoun devrait s’attacher à mettre en avant
la composante chrétienne pour invalider la rhétorique du clash chiite-
sunnite et par là même désamorcer le piège états-unien.

Le 19 mai se tiendra la 19e session du Parlement pour l’élection du
président de la République. Plus que jamais, il sera impossible de
dégager une majorité qualifiée.

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage
paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la
guerre israélienne contre le Liban).


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  #2 (permalink)  
Vieux 17/05/2008, 08h25
AndreH
 
Messages: n/a
Par défaut Re: Ce qui s'est reellement passé au liban la semaine derniere...et que Georges W BUSH ne veut surtout pas que nous sachions! (que son but est de pousser le hezbollah a la faute pour justifier une intervention onusienne au Liban....)

On 17 mai, 07:48, level-sta...***caramail.com wrote:
> Intifada à Beyrouth
> Le États-Unis parviendront-ils à pousser le Hezbollah à la faute ?
> par Thierry Meyssan*
>
> Les émeutes de Beyrouth sont un trompe l’œil. Elles ont été
> volontairement facilitées par les États-Unis qui espéraient pousser le
> Hezbollah à tuer les principaux leaders du gouvernement. Car seul un
> carnage aurait pu justifier une intervention de l’OTAN. Cependant
> l’Alliance nationale a fait preuve d’une grande retenue et n’a pas
> attaqué le palais du gouvernement. Cherchant à relancer les
> affrontements, le Premier ministre de facto a dénoncé les deux seules
> personnalités consensuelles aptes à entreprendre une médiation et a
> appelé à une contre-grève générale pour créer les conditions de
> débordements.
> ---------------------------------------------------------------------------***-----
> ***http://www.voltairenet.org/article156980.html
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> 10 mai 2008
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>
> *** ***Le siège de Futur TV (télévision privée de la famille Hariri)
> saccagé par les manifestants.
> En trois jours (7, 8, 9 mai 2008), les cartes ont été entièrement
> redistribuées au Liban. Si l’on s’en tient à la propagande de l’OTAN
> déversée par les agences de presse occidentale, le Hezbollah aurait
> organisé un coup d’État et pris le contrôle de Beyrouth-Ouest. Or,
> cette version ne tient pas une minute au regard des informations
> transmises par ces mêmes agences de presse. Premièrement, le Hezbollah
> a livré de brefs combats contre des intérêts de la famille Hariri à
> Beyrout-Ouest, mais s’est immédiatement retiré en passant le relais à
> l’armée, il n’y a donc pas eu de prise de contrôle de la ville.
> Deuxièmement, un « coup d’État » est une prise du pouvoir par
> surprise, mais jamais le Hezbollah n’a tenté de s’emparer du palais du
> gouvernement ou de liquider l’équipe gouvernementale. Au contraire, le
> Hezbollah, comme d’aileurs toute l’Alliance nationale, continue à
> ignorer le gouvernement de facto dont il ne reconnaît pas la
> légitimité parce que dénué de base constitutionnelle.
>
> 4 ans de crise, dont 18 mois de blocage
> Les événements de ces trois jours sont un épisode supplémentaire du
> feuilleton ouvert depuis le vote par le Congrès des États-Unis du
> Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restauration Act, le 15
> octobre 2003. Cette loi, adoptée dans la foulée de l’invasion de
> l’Irak, donnait au président Bush un blanc-seing pour lancer une
> nouvelle guerre contre le Liban et la Syrie lorsqu’il le jugerait
> utile.
>
> J’ai décrit en détail dans L’Effroyable imposture 2 et sur
> Voltairenet.org, les plans successifs élaborés par Washington pour
> parvenir à ses fins et les nombreux rebondissements politiques et
> militaires de ce projet : l’assassinat de l’ancien Premier ministre
> Rafic Hariri au moment où il se rapprochait du Hezbollah, la campagne
> médiatique pour rendre mensongèrement la Syrie responsable de ce
> crime, les élections législatives truquées, le retrait de l’armée
> syrienne hors du Liban, la sous-traitance de la guerre par le
> Pentagone à Tsahal, l’attaque israélienne et la destruction du Sud du
> Liban, la victoire militaire du Hezbollah, enfin le maintien illégal
> au pouvoir du gouvernement Siniora et le blocage de l’élection
> présidentielle.
>
> Récapitulons un instant les épisodes précédents. Le 11 novembre 2006,
> la démission de cinq ministres entraîne la chute du gouvernement au
> regard de l’article 95A de la Constitution. Mais le Premier ministre
> Fouad Siniora décide de se maintenir au pouvoir. Le putsch est avalisé
> par la « communauté internationale » qui y voit la seule solution pour
> barrer la route à la coalition conduite par le Hezbollah. Il s’agit en
> effet d’un enjeu vital pour l’Empire anglo-saxon : un gouvernement
> dominé par le Hezbollah donnerait le signal de révolutions dans le
> monde arabe et marquerait la fin inéluctable non pas de l’État
> d’Israël, mais du régime sioniste au pouvoir à Tel-Aviv.
>
> Bien que seule légitime à exercer le pouvoir au vu de sa résistance
> victorieuse face à l’invasion israélienne d’une part et de son soutien
> populaire massif d’autre part, l’Alliance nationale conduite par le
> Hezbollah et le Courant patriotique libre s’abstient de marcher sur le
> palais du gouvernement. Au contraire, Hassan Nasrallah et Michel Aoun
> s’appliquent à faire la démonstration qu’ils feront passer l’unité du
> pays avant les intérêts partisans, fussent-ils majoritaires. Cette
> extrême retenue s’explique par la crainte d’une nouvelle intervention
> militaire directe ou indirecte des États-Unis qui ne manqueraient pas
> de s’appuyer sur certains partis politiques minoritaires.
>
> La situation politique s’est inscrite dans la géographie de Beyrouth.
> Alors que la famille Hariri avait installé deux grandes tentes sur la
> place des Martyrs lors de la « révolution du cèdre » (éphémère version
> locale des « révolutions oranges » orchestrées par la CIA), l’Alliance
> nationale a planté un vaste campement couvrant l’ensemble du centre
> ville et manifestant visuellement le rapport de force. Du coup, les
> putschistes se sont retranchés dans le palais du gouvernement, le
> Sérail, transformé en forteresse derrière des plots de béton, des murs
> de barbelés et des blindés.
>
> Le face à face entre les putschistes et l’Alliance nationale
> s’éternise depuis 18 mois, chacun mettant le temps à profit.
> Le gouvernement de facto, soutenu non pas par l’Occident comme aime à
> le dire la presse anglo-saxonne, mais par les États-Unis, Israël et
> l’Arabie saoudite, s’est doté d’un appareil de sécurité. Une police
> spéciale a été constituée en salariant les miliciens des Forces
> libanaises (parti d’extrême droite du criminel de guerre Samir Geagea)
> et en les envoyant se former auprès d’instructeurs US en Jordanie. En
> outre, la famille Hariri a créé diverses sociétés de gardiennage, qui
> sont autant de milices privées.
> L’Alliance nationale a reconstitué l’arsenal de la Résistance avec
> l’aide officielle de l’Iran et officieuse de la Syrie comme le
> souligne la presse européenne, mais aussi l’aide discrète et continue
> de deux membres du Conseil de sécurité, la Russie et la Chine. Le
> Hezbollah a envoyé de jeunes volontaires se former en Iran auprès des
> Gardiens de la Révolution et a construit un vaste réseau de lignes de
> défense au Sud du pays. Simultanément, le Hezbollah a aidé les autres
> composantes de l’Alliance nationale à se militariser et à se
> coordonner de manière à pouvoir exercer une résistance commune lors de
> la prochaine agression étrangère. Le groupe qui, après le Hezbollah,
> dispose des combattants les plus aguérris est aujourd’hui le Parti
> social nationaliste pansyrien (PSNS) d’Ali Qanso, dont la presse
> occidentale feint d’ignorer l’existence car il se définit comme laïque
> et n’entre pas dans l’analyse confessionnelle chère à la pensée
> coloniale.
>
> Le mandat du président de la République, Émile Lahoud (proche de
> l’Alliance nationale), est arrivé à son terme le 23 novembre 2007.
> Refusant de suivre l’exemple de Fouad Siniora et de s’accrocher au
> pouvoir, M. Lahoud a quitté ses fonctions à l’heure dite en respectant
> les procédures démocratiques.
> L’élection de son successeur par le Parlement suppose une majorité
> qualifiée, donc un accord entre les deux camps. En réalité, le
> gouvernement de facto s’en moque car la fonction présidentielle est
> largement honorifique. Son unique préoccupation est de se maintenir
> indéfiniment en place. L’Alliance nationale, quant à elle, envisage
> cette élection dans le cadre d’un équilibre global qui comprend un
> accord sur la représentativité du prochain gouvernement et sur le
> découpage des circonscriptions législatives.
>
> À Washington, on estime que vu la faiblesse du soutien populaire au
> gouvernement de facto, toute évolution politique ne pourra se faire
> qu’à son détriment. Les États-Unis ont donc incité leurs relais locaux
> à geler la situation. Le blocage s’est étendu à tous les organes
> constitutionnels. Désormais le pays est sans gouvernement légitime,
> sans cour constitutionnelle, sans président et sans assemblée
> législative (le Parlement n’ayant plus de mandat que pour procéder à
> l’élection présidentielle).
>
> Les administrations ne peuvent plus fonctionner. La crise politique a
> engendré une crise économique. La misère s’étend. Les gens ne peuvent
> survivre qu’avec l’aide de leur famille à l’étranger ou des subsides
> des partis politiques. Dans ce contexte, les œuvres sociales du
> Hezbollah ont rempli l’espace laissé vacant par un État défaillant..
>
> 3 jours de combats sporadiques
> Cette situation aurait pu durer encore longtemps, malgré les
> souffrances qu’endure la population. Mais la victoire du Hezbollah sur
> Israël continue de propager ses effets dans le monde arabe. Ainsi, une
> nouvelle génération de résistants palestiniens comme l’Armée irakienne
> du Mahdi s’inspirent de son exemple. Washington a donc planifié un
> moyen d’en finir.
>
> Comme je l’ai indiqué sur Al-Manar le 18 avril dernier, l’objectif
> principal n’est pas d’écraser le Hezbollah (ce qui supposerait une
> guerre à plus vaste échelle qu’en 2006), mais de le discréditer enle
> forçant à retourner ses armes contre d’autres arabes. Pour ce faire,
> Washington a prévu cyniquement de sacrifier ses principaux alliés
> politiques au Liban.
>
> Pour s’assurer que cette opération ne dégénère pas en guerre
> régionale, la CIA a préalablement éliminé les deux chefs militaires du
> Courant patriotique libre et du Hezbollah : François el-Hajj
> (assassiné à Beyrouth le 12 décembre 2007) et Imad Mugniyeh (assassiné
> le 12 février 2008 à Damas).
>
> Voici le détail de l’opération : dans la nuit du 25 au 26 avril 2008,
> des commandos US auraient dû débarquer à l’aéroport de Beyrouth et
> tenter d’éliminer Hassan Nasrallah. Qu’ils réussissent ou non, leur
> brève action aurait plongé la capitale dans le chaos et poussé les
> militants du Hezbollah à prendre à partie le gouvernement de facto et
> la famille Hariri. Plus le sang aurait coulé et plus il aurait
> justifié une intervention de l’OTAN. L’amiral Ruggiero di Biase,
> commandant de la FINUL maritime (la force des Nations Unies) aurait
> soudain changé les drapeaux des navires italiens, français et
> espagnols de l’Euromarfor et aurait débarqué ses hommes au port de
> Beyrouth sous les auspices de l’Alliance atlantique, prétendument pour
> secourir les survivants de l’équipe gouvernementale. Tout cela aurait
> été accompagné d’une ample propagande dénonçant la violence des
> chiites contre les sunnites et faisant perdre son aura au Hezbollah
> parmi les masses arabes. George W. Bush serait alors arrivé à Tel-Aviv
> pour fêter les 60 ans d’Israël et inviter les « États arabes modérés »
> sunnites à s’unir avec l’État juif face au péril chiite.
>
> Washington avait prévu de laisser massacrer ses alliés politiques au
> Liban et de ne garder que ses agents opératifs sur l’échiquier. Ce qui
> revient à dire, sacrifier le Premier ministre de facto (Fouad Siniora)
> et le chef de la famille Hariri (Saad), mais conserver les hommes
> orchestres de la CIA : le leader druze Walid Jumblatt, (vice-président
> de l’Internationale socialiste) et son bras droit, le très volubile
> Marwan Hamade (le ministre de facto des Télécoms).
> C’est dans ce cadre que le Hezbollah a arrêté le 26 avril le
> représentant du Parti socialiste français à l’Internationale
> socialiste dans le quartier Sud de Beyrouth. Le franco-afghan Karim
> Pakzad prenait des photos juste à côté du lieu où se trouve le bunker
> d’Hassan Nasrallah. Selon le Hezbollah, qui le suspectait d’être un
> agent de renseignement participant au soutien logistique de
> l’opération US visant à assassiner cheik Nasrallah, il avait sur lui
> un appareil d’interception des communications téléphoniques.
>
> L’opération commando ayant été annulée après la découverte de caméras
> de surveillance placées à l’aéroport par le Hezbollah, Walid Joumblatt
> renversa la situation en accusant Hassan Nasrallah d’avoir préparé une
> action militaire pour détruire un avion sur la piste 17 de l’aéroport
> utilisée par des personnalités gouvernementales (ce qui n’est pas tout
> à fait faux, mais il s’agissait de piéger les commandos US, pas les
> membres du gouvernement de facto). Se croyant visé, le Premier
> ministre de facto révoqua le commandant de la sécurité de l’aéroport
> et annonça qu’il allait démanteler le réseau de communication du
> Hezbollah, outil indispensable de la Résistance.
>
> Simultanément, les syndicats ont appelé à la grève générale pour une
> revalorisation du salaire minimum, le mercredi 7 mai. Ils ont été
> rejoints par les partis de l’Alliance nationale qui ont donné un tour
> politique à la grève en réclamant le départ des putschistes.
> Sans que l’on sache de quelle manière, des affrontements armés ont
> opposé les membres d’Amal (le parti du président chiite de l’Assemblée
> nationale) à ceux du Courant du futur (le parti de la famille sunnite
> Hariri).
> Les troubles se sont étendus dans la capitale, les 8 et 9 mai, à
> l’issue de la conférence de presse d’Hassan Nasrallah. L’armée s’est
> retirée des quartiers Ouest, qui ont été investis par des militants de
> l’Alliance nationale. Ceux-ci ont détruit les bureaux des médias de la
> famille Hariri sans que leurs sociétés de gardiennage ne les
> défendent, puis ils ont appelé l’armée à revenir assurer la sécurité
> publique. Utile précaution, car en vertu de la résolution 1701, la
> FINUL ne peut intervenir qu’à la requête de l’armée (donc uniquement
> après que celle-ci ait été mise en difficulté).
> Les affrontements ont fait 18 morts et de nombreux blessés. Il ne
> s’agissait pas de combat en formations rangées, mais plutôt d’une
> sorte d’Intifada populaire encadrée par le Hezbollah.
> Pendant cette action, les syndicats ont fermé l’aéroport et le port
> pour empêcher un éventuel débarquement des forces de l’OTAN.
>
> Le bilan de ces trois jours est mitigé. D’un côté, le Hezbollah n’est
> pas tombé dans le piège qui lui était tendu, mais il a mis son doigt
> dans l’engrenage. De l’autre, le Courant du futur (famille Hariri) est
> apparu pour ce qu’il est : une coquille presque vide.
>
> Samedi 10 mai, le Premier ministre de facto, Fouad Siniora, s’est
> adressé à la nation. Comme prévu, il a affirmé avec aplomb avoir
> toujours soutenu l’action du Hezbollah contre l’enemi israélien (ce
> dont personne ne se souvient), mais ne pas pouvoir accepter qu’il
> utilise les armes de la Résistance contre d’autres Libanais. Il a
> déclaré ne plus reconnaître à Nabih Berri, le président chiite de
> l’Assemblée nationale, la neutralité nécessaire pour servir de
> médiateur. Faisant le reproche inverse à l’armée, il l’a réprimandée
> pour son non-interventionnisme, ce qui met un terme au caractère
> consensuel de la candidature du chef d’état-major, Michel Sleimane.
> Enfin, ayant ainsi fermé toutes les portes, il a appelé ses
> concitoyens à manifester en silence leur refus de la violence,
> dimanche à 10h, dans toutes les rues du pays. Il s’agit évidemment
> d’une sorte de contre-grève générale visant à créer les conditions
> pour relancer les affrontements et justifier l’internationalisation de
> la crise.
>
> Contre toute attente, l’armée a immédiatement répondu au Premier
> ministre de facto en refusant de limoger le commandant de la sécurité
> de l’aéroport et en s’opposant au démantèlement du réseau de
> communication du Hezbollah, considéré comme une arme indispensable à
> la défense nationale.
>
> Dans les prochains épisodes, Washington va essayer de faire pression
> sur l’armée pour qu’elle sorte de sa neutralité et requière l’aide de
> la FINUL contre le Hezbollah. Cela passera probablement par
> l’élimination physique de certains officiers récalcitrants. De son
> côté, l’Alliance nationale va chercher à pousser son avantage sansse
> faire happer par l’engrenage. Elle devrait choisir de faire une pause
> pour remodeler une scène politique sur laquelle la famille Hariri est
> la grande perdante. Michel Aoun devrait s’attacher à mettre en avant
> la composante chrétienne pour invalider la rhétorique du clash chiite-
> sunnite et par là même désamorcer le piège états-unien.
>
> Le 19 mai se tiendra la 19e session du Parlement pour l’élection du
> président de la République. Plus que jamais, il sera impossible de
> dégager une majorité qualifiée.
>
> ***Thierry Meyssan
> Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage
> paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la
> guerre israélienne contre le Liban).



Ils n'ont qu'à crever les Libanais, ni Israel ni les Usa
n'interviendront pour les sauver.
Ils deviendront islamisés et puis c'est tout.
C'est lorsqu'ils provoqueront les USA ou Israel que la dense
commencera.

A.H.
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