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| Telle est l'hypothèse envisagée en guise de conclusion au séquençage de l'ADN nucléaire de SN. On remarquera la mention au gène MCPH1 (microcephalin) qui dirige le développement cérébral. http://www.edk.fr/reserve/print/e-do...ent_article.md Neanderthal, la vallée de l’Autre En 1856, quand des ouvriers d’une carrière découvrirent pour la première fois en Allemagne, près de Düsseldorf, les restes fossilisés d’un « Homme de Neanderthal », la communauté scientifique n’imaginait guère les rebondissements à distance de cette découverte et de celle des autres sites qui suivirent, en Russie, Croatie, Belgique, Italie, à Rochers de Villeneuve [1], et à la Chapelle-aux-Saints en France. Ces révélations venaient à point pour consolider le concept d’évolution du monde vivant qui commençait à s’imposer, malgré de sérieuses résistances des tenants du créationnisme. Puis au cours du XXe siècle, à l’étude morphologique comparative des paléontologues se substitua peu à peu la démarche analytique des biologistes moléculaires : l’analyse de l’ADN de deux espèces vivant aujourd’hui pouvait aider à établir leurs liens de parenté et à les situer sur l’arbre phylogénétique. Elle pouvait mesurer les changements survenus au cours de l’évolution, et proposer une reconstitution des chromosomes et de l’ADN de leur ancêtre commun. Mais, à l’aube de la génétique moléculaire, l’analyse de l’ADN ancien provenant d’ossements ou de dents semblait inaccessible du fait des ravages du temps : la fragmentation, les réactions d’hydrolyse et de dégradation que peuvent subir ces molécules rendaient apparemment leur séquençage impossible. Pourtant, dès la mise au point de la technique PCR (polymerase chain reaction), l’éventualité d’amplifier des séquences fragmentées d’ADN ancien fut envisagée. Les études de paléogénétique devinrent possibles et commencèrent à se multiplier. Elles ont permis de définir les positions phylogénétiques d’espèces disparues, comme par exemple le couagga [2, 3], ce bel équidé, entre le cheval et le zèbre, qui faisait la fierté des Écuries Royales de Versailles sous Louis XIV. Cette étude avait été faite à partir d’un animal taxidermisé et dans ce cas, comme dans celui de la momie égyptienne étudiée peu après [4], les conditions de conservation avaient été favorables et les spécimens ne dataient que de quelques centaines ou quelques milliers d’années. Ensuite, la remontée dans le temps devint vertigineuse : une séquence d’ADN de chloroplaste fut isolée à partir de feuilles de magnoliacée fossile datant du miocène (17 millions d’années), sédimentées en anaérobiose dans le gisement de Clarkia en Idaho (États-Unis). Il sembla même ne plus y avoir de limites à cette ascension dans le temps, puisque furent publiées d’autres analyses de séquences remontant à des dizaines de millions d’années : celles d’un charançon conservé dans l’ambre et même d’un dinosaure juste au moment où le premier Jurassic Park sortait sur les écrans ! Faut pas rêver L’annonce fut accueillie avec scepticisme. Le paléogénéticien suédois Svante Pääbo jugeait nécessaire une confirmation par d’autres laboratoires. Très vite, il s’avéra que la séquence du charançon n’était autre que celle d’un banal champignon moderne, et celle de l’animal préhistorique un (presque inévitable) contaminant humain. Ce qui fut appelé « la débâcle des dinosaures » eut au moins le mérite d’attirer l’attention sur un problème majeur avec la PCR, surtout en paléontologie : le danger de contamination. Apparut alors la nécessité de prendre les plus extrêmes précautions, surtout s’agissant de séquences proches de l’homme moderne, puisqu’on ne pouvait s’affranchir de la principale source de contamination, par la présence des archéologues, biologistes ou tout autre humain s’approchant du fossile, depuis son exhumation sur le site des fouilles jusqu’au laboratoire. Des règles très strictes furent établies pour limiter toute contamination dans des codes de bonne pratique. C’est pourquoi le spectacle que donnent désormais les paléontologues en action évoque un peu les cosmonautes ou les chirurgiens en train d’opérer (blouses, masques, gants, matériel stérile...), les « pièces opératoires » étant immédiatement congelées. Pourtant, avant toutes ces recommandations, S. Pääbo réussit en 1997 à décoder 379 bases d’ADN mitochondrial (ADNmt) à partir de 11 spécimens d’Homo neanderthalensis [5, 6]. Travaillant avec son équipe à Münich (Allemagne), il montrait que ce dernier était une espèce distincte d’Homo sapiens et que la séparation entre les deux espèces pouvait remonter à un demi million d’années. Ces conclusions ont été confirmées et enrichies ensuite par d’autres chercheurs, en particulier tout récemment par l’équipe de Catherine Hänni, du laboratoire Paléogénétique et Évolution moléculaire de Lyon, à partir d’une dent d’un juvénile néandertalien, datant de 100 000 ans [7]. Une longue marche Séquencer de l’ADN nucléaire d’Homo neanderthalensis était encore plus délicat. La taphonomie1 nous apprend beaucoup sur la dégradation des tissus au cours de la diagenèse. À travers les siècles et les variations climatiques, l’état de préservation de l’ADN dépend de nombreux facteurs : température, humidité, pH, agents oxydants… Et aucun spécimen de Néandertal n’a eu la chance d’être conservé dans un permafrost, - comme Ötzi, ce chasseur des glaces autrichien momifié, d’il y a 5 000 ans, retrouvé en 2003 [8], le permafrost ou permagel (sol gelé en profondeur et en permanence) étant idéal pour une bonne conservation. De surcroît, les spécimens ne sont pas nombreux, et les conservateurs de muséums sont peu enclins à autoriser des prélèvements sur du matériel aussi exceptionnel. Aussi, S. Pääbo procéda par étapes : d’abord s’assurer sur 150 mg de l’intégrité des protéines, puis qu’il s’agissait bien d’ADN d’Homo neanderthalensis. Les résultats étant concluants, un prélèvement plus important fut réalisé sur un os appartenant à un spécimen de Néandertal datant de 38 000 ans, et provenant de Vindjia, en Croatie. Afin de pouvoir tirer un maximum de conclusions, deux techniques furent utilisées en parallèle dans deux laboratoires : • L’équipe de S. Pääbo au Max Planck Institute for evolutionary anthropology, à Leipzig (Allemagne) a utilisé, grâce à l’emploi de la plate-forme 454 de la société de biotechnologie Life Sciences une technique de séquençage à très haut débit évitant le clonage des segments d’ADN à analyser [9]. Le séquenceur GS 20 (Genome Sequencer 20 mégabases) est capable de séquencer jusqu’à 20 mégabases par run de 4-5 heures. • L’équipe de E.M. Rubin [10] utilise les techniques de clonage et de séquençage classiques, suivies d’une méthode sophistiquée d’analyse des séquences (par voie expérimentale et bio-informatique) mise au point sur des communautés microbiennes [11, 12] au Joint Genome Institute à Walnut Creek (CA, États-Unis), et adapté à l’ADN ancien par une analyse réussie d’ADN d’un ours des cavernes [13]. Un début de décryptage Qu’en est-il des premiers résultats ? • S. Pääbo et al. réussissent à lire 1 million de paires de bases du génome d’Homo neanderthalensis. Comparé au génome du chimpanzé et de l’homme, quelques conclusions peuvent déjà être tirées. Il existe environ 99,5 % d’identité entre les deux génomes. En admettant l’hypothèse d’une divergence homme-chimpanzé il y a 6,5 millions d’années, et en utilisant pour faire le calcul de la datation une combinaison de divergence des temps et de vraisemblance, S. Pääbo et al. émettent, prudemment, quelques propositions : Homo sapiens et Homo neanderthalensis auraient divergé il y a environ entre 465 000 à 569 000 ans, la date la plus probable étant aux alentours de 516 000 ans. Il apparaîtrait que les Néandertaliens proviendraient d’une très petite population d’environ 3 000 individus. Cette estimation correspond à celle de la population ancestrale humaine permettant d’expliquer la quantité de diversité génétique observée dans les populations vivant de nos jours. • E.M. Rubin et al. n’ont recueilli qu’une faible quantité d’ADN : 65 000 pb seulement. Mais ils ont réussi à obtenir 29 des 35 gènes qu’ils escomptaient, ce qui montre l’avantage de la « métagénomique » à recueillir des régions d’intérêt. Leur estimation de la divergence entre les deux espèces est grossièrement la même : entre 120 000 et 670 000 ans, le plus probable étant vers 370 000 ans. Ces séquences du passé sont désormais déposées au EBI (European Bioinformatics Institute) et à GenBank. Des traces de leurs amours ? Savoir que l’homme de Néandertal n’était pas notre ancêtre fut en son temps une surprise. Puis on s’habitua à faire la différence entre les hommes de Cro-Magnon et ceux de Néandertal, ces imposants chasseurs, gros mangeurs de viande [14]2. Sans oublier qu’ils semblaient avoir des rites funéraires (y compris l’incinération) [15], alors qu’on croyait le culte des morts spécifique des sociétés humaines et du sentiment qu’ont les hommes modernes de leur présence au monde. Mais apprendre que ces deux Homo avaient coexisté pendant 5000 ans (en Europe) à 10 000 ans (en Afrique) [16, 17] fut une révélation plutôt dérangeante! Aussitôt, elle donna lieu à des spéculations. Au cours de cette cohabitation millénaire, ont-ils confronté leurs coutumes et échangé leur savoir-faire ? Ont-ils laissé des traces dans le pool génique de l’homme moderne ? En d’autres termes : Did they mate ? [18]. Si rien ne transparaît dans les résultats de E.M. Rubin, pour le groupe de Leipzig, la réponse serait positive. En utilisant HapMap et d’autres banques humaines de SNP (single nucleotide polymorphism), S. Pääbo et al. ont constaté que dans 30 % des cas, Néandertal avait l’allèle humain, et non pas l’allèle ancestral (à savoir celui du chimpanzé). Or, l’ancienneté de la séparation des deux taxons est trop importante pour trouver un tel pourcentage. Le fait que le chromosome X de Néandertal ait un degré de divergence plus important que celui des autosomes tendrait à montrer que les croisements auraient eu lieu de façon unilatérale : les humains mâles auraient engendré des enfants avec des femmes néandertaliennes. À l’inverse, dans un récent article [19], B.T. Lahn et al. semblent suggérer le contraire : le gène de la microcéphaline (MCPH1), supposé réguler la taille du cerveau chez l’homme, posséderait de nombreux haplogroupes ; parmi ceux-ci, l’haplogroupe D, très ancien, aurait été réintroduit récemment (il y a environ 37 000 ans) chez les humains modernes par… qui sait ? : Néandertal. Restons prudents Ces travaux, au demeurant passionnants, n’en sont encore qu’à leurs balbutiements. La séparation des deux taxons ne vaut que si l’on tient pour acquis la datation de la divergence avec le chimpanzé (6,5 millions d’années). Or celle-ci est controversée. L’ADN de Néandertal a pu subir des dénaturations. Et des contaminations avec l’ADN humain sont toujours à craindre. De plus, les séquences retrouvées ne le sont que par référence aux séquences humaines qui, seules, permettent de les assembler. Il y a loin de cet ouvrage de patchwork - qui commence à peine - à la véritable « mise en lettres » d’un génome à partir d’un ADN intact d’un sujet vivant. Qui plus est, afin de poursuivre le travail, les autres spécimens éventuellement disponibles ne sont pas en aussi bon état de conservation. En effectuant une reconstruction paléoclimatique, des chercheurs britanniques considèrent qu’en Europe, dans 9 sites seulement sur 39, les fossiles ont pu conserver un ADN analysable, les autres étant inutilisables [20]. Quant à l’héritage que nous aurions laissé à nos cousins avant qu’ils disparaissent corps et biens (ou inversement), il fera les délices d’une certaine presse « à sensation » bien avant que nous en ayons confirmation (ou infirmation). Mais l’impatience est grande de connaître la séquence de certains gènes, comme celle de MCPH1 déjà cité, ou de FOXP2, qui diffère chez l’homme des autres espèces et semblerait impliqué chez lui dans la parole et le langage [21]. Les techniques vont encore progresser. Svante Pääbo - qui a eu le prix Louis-Jeantet de médecine l’an passé - désire poursuivre dans cette voie. Souhaitons-lui bonne chance ! ‡ Remerciements À Bertrand Jordan pour son aide et ses conseils. Références 1. Beauval C. Difficile cohabitation entre hyènes des cavernes et hommes de Neandertal il y a 40 000 ans. Med Sci (Paris) 2005 ; 11 : 901-2. 2. Orlando L, Hänni C. Du nouveau pour l’ADN ancien. Med Sci (Paris) 2000 ; 16 : I-XVI. 3. Higuchi RC, Wrischnik LA, Oakes E, et al. Mitochondrial DNA of the extinct quagga: relatedness and extend of post-mortem change. J Mol Evol 1987 ; 25 : 283-7. 4. Rogan P, Salvo JJ. Studies of nucleic acids from ancient remains. Yearbook Phys Anthropol 1990 ; 33 : 195-214. 5. Krings M, Stone A, Schmitz RW, et al. Neanderthal DNA sequence and origin of modern humans. Cell 1997 ; 90 : 19-30. 6. Krings M, Geisert H, Schmitz RW, et al. DNA sequence of the mitochondrial hypervariable region II from the neanderthal type specimen. Proc Natl Acad Sci USA 1999 ; 96 : 5581-5. 7. Orlando L , Darlu P, Toussaint M, et al. Revisiting Neandertal diversity with a 100,000 year old mtDNA sequence. Curr Biol 2006 ;16 : R400-2. 8. Gilgenkrantz S. Le dernier repas d’Ötzi. Med Sci (Paris) 2003 ; 19 : 30. 9. Green RE, Kranse J, Ptak SE, et al. Analysis of one million base pairs of Neanderthal DNA. Nature 2006 ; 444 : 330-6. 10. Noonan JP, Coop G, Kudaravalli D, et al. Sequencing and analysis of Neanderthal genomic DNA. Science 2006 ; 314 : 1113-8. 11. Marguelies M, Egholm M, Altman WE, et al. Genome sequencing in microfabricated high-density picolitre reactors. Nature 2005 ; 437 : 376-80. 12. Tringe SG, Von Mering C, Kobayashi A, et al. Comparative metagenomics of microbial communities. Science 2005 ; 308 : 554-7. 13. Noonan JP, Hofreiter M, Smith D, et al. Genomic sequencing of Pleistocene cave bears. Science 2005 ; 309 : 597-9. 14. Culotta E. Calories count reveals Neandertals out-ate hardiest modern hunters. Science 2005 ; 307 : 840-1. 15. Pettitt PB. The Neanderthal dead: exploring mortuary variability in middle palaeolithic Eurasia. Before Farming 2002 ; 1 : 1-19. 16. Gravina B, Mellars P, Ramsey CB. Radiocarbon dating of interstratified Neanderthal and early modern human occupations at the Chatelperronian type-site. Nature 2005 ; 438 : 51-6. 17. Labie D. Jusqu’à quand l’homme de Neandertal a-t-il vécu sur terre ? Med Sci (Paris) 2006 ; 22 : 1046. 18. Pennisi E. The dawn of stone age genomics. Science 2006 ; 314 : 1068-70. 19. Evans P, Mekel-Bobrov N, Vallender EJ, et al. Evidence that adaptative allele of the brain size gene microcephalin introgressed into Homo sapiens from archaic homo lineage. Proc Natl Acad Sci USA 2006 ; 103 : 18178-83. 20. Smith CI, Chamberlain AT, Riley MS, et al. Not just old but old and cold. Nature 2006 : 410 : 771-2. 21. White SA, Fisher SE, Geschwind DH, et al. Singing mice, songbirds, and more: models for FOXP2 function and dysfunction in human speech and language. J Neurosci 2006 ; 26 : 10376-9. |
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| Bonjour, "abourick" <bourrique_ane***yahoo.br> a écrit dans le message de news:VsudnQgH1rI35Q7V4p2dnAA***giganews.com... > Telle est l'hypothèse envisagée en guise de conclusion au séquençage de > l'ADN nucléaire de SN. On remarquera la mention au gène MCPH1 > (microcephalin) qui dirige le développement cérébral. > http://www.edk.fr/reserve/print/e-do...ent_article.md Comme ils le disent eux-même, à manier avec prudence ! Même pour des espèces actuelles, et a fortiori quand il y a des fossiles, la notion d'espèce, fondée sur l'interfécondité spontanée, est très utile, mais ses limites précises sont floues. A peut être interfécond avec B donc même espèce, B avec C donc même espèce... mais pas A avec C, donc ?? En plus, ça évolue, c'est le mot, dans le temps, ce qui est même espèce à un moment peut ne plus l'être un peu plus tard ou quelques kilomètres plus loin. Pour Néanderthal, les différences ne concernent pas que la tête (on ne voit en général que ça, et encore pas tout), et sont plus importantes que ne le laissent supposer les reconstitutions. On lui colle toujours notre nez à nous mais c'est faux. Nous considérons notre nez comme normal mais il est très anormal par rapport aux autres primates et même mammifères. Celui de Néanderthal, d'après la structure osseuse, est bien plus proche du standard (chimpanzés...) en plus épais toutefois (adaptation au froid comme d'ailleurs certains singes), mais certainement pas avec ces narines monstrueusement tournées vers le bas que nous avons... Plusieurs études sérieuses, mais qu'on a préféré oublier (dont Fraipont, Boulle, Pycraft) montrent que son genou était aussi assez différent pour supposer une façon un peu différente de marcher. Alors séparation d'espèce, voire de genre, ou pas ? Ce qui était vrai à un moment et un endroit donné pouvait ne plus l'être à un autre moment (pas forcément postérieur) et un autre endroit... à+ (crossposté, je n'aime pas les FU, sur fr.sci.paleontologie où c'est plus en charte) J http://pagesperso-orange |
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| Jean a écrit : > Bonjour, > > "abourick" <bourrique_ane***yahoo.br> a écrit dans le message de > news:VsudnQgH1rI35Q7V4p2dnAA***giganews.com... >> Telle est l'hypothèse envisagée en guise de conclusion au séquençage >> de l'ADN nucléaire de SN. On remarquera la mention au gène MCPH1 >> (microcephalin) qui dirige le développement cérébral. >> http://www.edk.fr/reserve/print/e-do...ent_article.md > > Comme ils le disent eux-même, à manier avec prudence ! Même pour des > espèces actuelles, et a fortiori quand il y a des fossiles, la notion > d'espèce, fondée sur l'interfécondité spontanée, est très utile, mais > ses limites précises sont floues. A peut être interfécond avec B donc > même espèce, B avec C donc même espèce... mais pas A avec C, donc ?? En > plus, ça évolue, c'est le mot, dans le temps, ce qui est même espèce à > un moment peut ne plus l'être un peu plus tard ou quelques kilomètres > plus loin. > > Pour Néanderthal, les différences ne concernent pas que la tête (on ne > voit en général que ça, et encore pas tout), et sont plus importantes > que ne le laissent supposer les reconstitutions. On lui colle toujours > notre nez à nous mais c'est faux. Nous considérons notre nez comme > normal mais il est très anormal par rapport aux autres primates et même > mammifères. Celui de Néanderthal, d'après la structure osseuse, est bien > plus proche du standard (chimpanzés...) en plus épais toutefois > (adaptation au froid comme d'ailleurs certains singes), mais > certainement pas avec ces narines monstrueusement tournées vers le bas > que nous avons... > > Plusieurs études sérieuses, mais qu'on a préféré oublier (dont Fraipont, > Boulle, Pycraft) montrent que son genou était aussi assez différent pour > supposer une façon un peu différente de marcher. > > Alors séparation d'espèce, voire de genre, ou pas ? Ce qui était vrai à > un moment et un endroit donné pouvait ne plus l'être à un autre moment > (pas forcément postérieur) et un autre endroit... > > à+ (crossposté, je n'aime pas les FU, sur fr.sci.paleontologie où c'est > plus en charte) > > J > http://pagesperso-orange Avec un peu de chance on finira par en trouver un conservé dans le permafrost ou dans un glacier. Le paradis pour les paléontologues, les biologistes et les généticiens. Dommage qu'il n'existe pas de forum dédié à la génétique pour discuter de ce fameux gène microcephalin et des similitudes entre l'ADN nucléaire de S.N. et S.S. |
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| Bonjour ..... et quelques pistes de reflexion que je vous soumets = Les paleoanthropologues "modernes" classent de nos jours ces 2 hominidés dans 2 espèces différentes (Homo neandertalensis et Homo sapiens) alors que dans les années 60 - 70, ils les mettaient majoritairement dans la même espèce (Homo sapiens) et les séparaient seulement au niveau de la sous-espèce (Homo sapiens neandertalensis pour l'un et Homo sapiens sapiens pour l'autre). La notion d'espèce est en effet très fluctuante en paleoanthropologie et va très rapidement d'un extrême à l'autre. Il y a 40 ans tout était très simple = on passait d'Australopithecus à Homo habilis puis à Homo erectus puis à Homo sapiens, c-à-d "du Singe à l'Homme en 4 étapes". Aujourd'hui nous avons un buisson d'une vingtaine de préhumains répartis dans 6 genres connus (Australopithèques, Paranthropes, Ardipithèques, Sahelanthropes, Kenyanthropes et Orrorins) et de 20 à 40 types d'humains suivants les auteurs, tous classés dans un genre unique (Homo). Certains scientifiques (dont Yves Coppens) semblent penser maintenant, qu'on est allé beaucoup trop loin dans les distinctions et qu'il faudrait revenir, pour le genre Homo, à quelques espèces tout au plus. Il parle par exemple de l'Homme Premier (Habilis + Rudolfensis + ...), de l'Homme Second (Ergaster + Georgicus + Erectus + Floresensis + ........) et enfin de l'Homme Troisième (Heidelbergensis + Néandertalensis + Helmei + Sapiens + .....). On reviendrait donc aux 3 grades initiaux des années 60. Donc Néandertal et Sapiens, même espèce ou espèce différente ? Le débat ne sera surement pas tranché avant longtemps, car il n'est pas uniquement scientifique mais aussi fortement affectif, car nous sommes les représentants de l'un des 2 acteurs ...... A noter toutefois que le crâne de Néandertal ressemble plus à celui d'Erectus qu'à celui de Sapiens. Mêmes arcades sourcillières proéminentes, même prognatisme du museau avec les dents inclinées vers l'avant ...... Mais vous me direz que ce n'est pas un argument pour ne pas ranger Neandertal et Sapiens dans la même espèce. En effet on classe bien le Doberman et le Chihuaha dans la même espèce "Canis canis", alors qu'ils n'ont vraiment aucune ressemblance physique. Des paleontologues qui découvriraient les squelettes de ces 2 chiens dans 50 millions d'années, et qui utiliseraient les mêmes règles de taxinomie que nos paleoanthropologues actuels, les classeraient très certainement dans 2 espèces, voire dans 2 genres différents. Le classement des espèces n'est vraiment pas une science exacte !! Ceci dit, nos 2 "espèces" (Néandertal et Sapiens) ont cohabité pendant environ 50.000 ans, une durée très grande par rapport aux maigres 2.000 ans de notre civilisation occidentale. Donc, même si la Terre de l'époque n'était pas très densément peuplée (on parle de 20.000 habitants environ pour ce qui correspond à la future France et d'1 million pour la planète entière), ces 2 peuples ne peuvent pas ne s'être jamais rencontrés. Et même si la règle n°1 lorsqu'on rencontrait des étrangers était à l'époque "on se fait la guerre", il a dû exister des circonstances particulières qui ont fait qu'en quelques (rares ?) occasions, la haine a pu faire place à des sentiments plus amicaux. Il y a en effet quelques indices de "commerce" ou d'échanges culturels entre les 2 protagonistes .... Alors, interféconds ou non ? Ce n'est pas simple non plus, car la fécondité ne se fossilise pas. Mais si nous avions découverts des fossiles de leurs enfants "hybrides", les aurions nous reconnus ? Pas si sûr ! Et d'autant moins avec ce buisson de quelques 40 espèces Homo différentes de notre phylogénie actuelle. Néanmoins, certains auteurs de romans d'anticipation ou de fiction, franchissement aisément le Rubicon. Parmi ceux-ci, Stephen Baxter (Evolution - 2 tomes) et Pierre Pelot (Sous le vent du Monde - 5 tomes) nous racontent volontiers des amours entre Neandertal et Sapiens et leurs donnent même des enfants ....... mais ils ne nous disent pas si ces enfants sont eux-même féconds ou s'ils sont stériles à l'instar des Ligres et des Tigrons, les enfants hybrides des Lions et des Tigres .... -- Gandalf_le_Gris Pour me joindre = le 1er -nopub n'existe pas le 2nd est orange "abourick" <bourrique_ane***yahoo.br> a écrit dans le message de news:ZNednZ25BPaSvAnV4p2dnAA***giganews.com... > Jean a écrit : >> Bonjour, >> >> "abourick" <bourrique_ane***yahoo.br> a écrit dans le message de >> news:VsudnQgH1rI35Q7V4p2dnAA***giganews.com... >>> Telle est l'hypothèse envisagée en guise de conclusion au séquençage de >>> l'ADN nucléaire de SN. On remarquera la mention au gène MCPH1 >>> (microcephalin) qui dirige le développement cérébral. >>> http://www.edk.fr/reserve/print/e-do...ent_article.md >> >> Comme ils le disent eux-même, à manier avec prudence ! Même pour des >> espèces actuelles, et a fortiori quand il y a des fossiles, la notion >> d'espèce, fondée sur l'interfécondité spontanée, est très utile, mais ses >> limites précises sont floues. A peut être interfécond avec B donc même >> espèce, B avec C donc même espèce... mais pas A avec C, donc ?? En plus, >> ça évolue, c'est le mot, dans le temps, ce qui est même espèce à un >> moment peut ne plus l'être un peu plus tard ou quelques kilomètres plus >> loin. >> >> Pour Néanderthal, les différences ne concernent pas que la tête (on ne >> voit en général que ça, et encore pas tout), et sont plus importantes que >> ne le laissent supposer les reconstitutions. On lui colle toujours notre >> nez à nous mais c'est faux. Nous considérons notre nez comme normal mais >> il est très anormal par rapport aux autres primates et même mammifères. >> Celui de Néanderthal, d'après la structure osseuse, est bien plus proche >> du standard (chimpanzés...) en plus épais toutefois (adaptation au froid >> comme d'ailleurs certains singes), mais certainement pas avec ces narines >> monstrueusement tournées vers le bas que nous avons... >> >> Plusieurs études sérieuses, mais qu'on a préféré oublier (dont Fraipont, >> Boulle, Pycraft) montrent que son genou était aussi assez différent pour >> supposer une façon un peu différente de marcher. >> >> Alors séparation d'espèce, voire de genre, ou pas ? Ce qui était vrai à >> un moment et un endroit donné pouvait ne plus l'être à un autre moment >> (pas forcément postérieur) et un autre endroit... >> >> à+ (crossposté, je n'aime pas les FU, sur fr.sci.paleontologie où c'est >> plus en charte) >> >> J >> http://pagesperso-orange > > > Avec un peu de chance on finira par en trouver un conservé dans le > permafrost ou dans un glacier. Le paradis pour les paléontologues, les > biologistes et les généticiens. > > Dommage qu'il n'existe pas de forum dédié à la génétique pour discuter de > ce fameux gène microcephalin et des similitudes entre l'ADN nucléaire de > S.N. et S.S. > > > > |
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| Gandalf_le_Gris a écrit : > Bonjour ..... et quelques pistes de reflexion que je vous soumets = > > Les paleoanthropologues "modernes" classent de nos jours ces 2 hominidés > dans 2 espèces différentes (Homo neandertalensis et Homo sapiens) alors > que dans les années 60 - 70, ils les mettaient majoritairement dans la > même espèce (Homo sapiens) et les séparaient seulement au niveau de la > sous-espèce (Homo sapiens neandertalensis pour l'un et Homo sapiens > sapiens pour l'autre). > > La notion d'espèce est en effet très fluctuante en paleoanthropologie et > va très rapidement d'un extrême à l'autre. Il y a 40 ans tout était très > simple = on passait d'Australopithecus à Homo habilis puis à Homo > erectus puis à Homo sapiens, c-à-d "du Singe à l'Homme en 4 étapes". > Aujourd'hui nous avons un buisson d'une vingtaine de préhumains répartis > dans 6 genres connus (Australopithèques, Paranthropes, Ardipithèques, > Sahelanthropes, Kenyanthropes et Orrorins) et de 20 à 40 types d'humains > suivants les auteurs, tous classés dans un genre unique (Homo). Certains > scientifiques (dont Yves Coppens) semblent penser maintenant, qu'on est > allé beaucoup trop loin dans les distinctions et qu'il faudrait revenir, > pour le genre Homo, à quelques espèces tout au plus. Il parle par > exemple de l'Homme Premier (Habilis + Rudolfensis + ...), de l'Homme > Second (Ergaster + Georgicus + Erectus + Floresensis + ........) et > enfin de l'Homme Troisième (Heidelbergensis + Néandertalensis + Helmei + > Sapiens + .....). On reviendrait donc aux 3 grades initiaux des années 60. > > Donc Néandertal et Sapiens, même espèce ou espèce différente ? Le débat > ne sera surement pas tranché avant longtemps, car il n'est pas > uniquement scientifique mais aussi fortement affectif, car nous sommes > les représentants de l'un des 2 acteurs ...... A noter toutefois que le > crâne de Néandertal ressemble plus à celui d'Erectus qu'à celui de > Sapiens. Mêmes arcades sourcillières proéminentes, même prognatisme du > museau avec les dents inclinées vers l'avant ...... Mais vous me direz > que ce n'est pas un argument pour ne pas ranger Neandertal et Sapiens > dans la même espèce. En effet on classe bien le Doberman et le Chihuaha > dans la même espèce "Canis canis", alors qu'ils n'ont vraiment aucune > ressemblance physique. Des paleontologues qui découvriraient les > squelettes de ces 2 chiens dans 50 millions d'années, et qui > utiliseraient les mêmes règles de taxinomie que nos paleoanthropologues > actuels, les classeraient très certainement dans 2 espèces, voire dans 2 > genres différents. Le classement des espèces n'est vraiment pas une > science exacte !! > > Ceci dit, nos 2 "espèces" (Néandertal et Sapiens) ont cohabité pendant > environ 50.000 ans, une durée très grande par rapport aux maigres 2.000 > ans de notre civilisation occidentale. Donc, même si la Terre de > l'époque n'était pas très densément peuplée (on parle de 20.000 > habitants environ pour ce qui correspond à la future France et d'1 > million pour la planète entière), ces 2 peuples ne peuvent pas ne s'être > jamais rencontrés. Et même si la règle n°1 lorsqu'on rencontrait des > étrangers était à l'époque "on se fait la guerre", il a dû exister des > circonstances particulières qui ont fait qu'en quelques (rares ?) > occasions, la haine a pu faire place à des sentiments plus amicaux. Il y > a en effet quelques indices de "commerce" ou d'échanges culturels entre > les 2 protagonistes .... > > Alors, interféconds ou non ? Ce n'est pas simple non plus, car la > fécondité ne se fossilise pas. Mais si nous avions découverts des > fossiles de leurs enfants "hybrides", les aurions nous reconnus ? Pas si > sûr ! Et d'autant moins avec ce buisson de quelques 40 espèces Homo > différentes de notre phylogénie actuelle. > > Néanmoins, certains auteurs de romans d'anticipation ou de fiction, > franchissement aisément le Rubicon. Parmi ceux-ci, Stephen Baxter > (Evolution - 2 tomes) et Pierre Pelot (Sous le vent du Monde - 5 tomes) > nous racontent volontiers des amours entre Neandertal et Sapiens et > leurs donnent même des enfants ....... mais ils ne nous disent pas si > ces enfants sont eux-même féconds ou s'ils sont stériles à l'instar des > Ligres et des Tigrons, les enfants hybrides des Lions et des Tigres .... Merci pour cette passionnante mise au point sur les conceptions les plus récentes de l'espèce humaine et de son évolution. Je note la prudence des scientifiques sur le problème de l'hybridation entre les différentes populations humaines de notre lointain passé et leur lucidité sur les aspects affectifs qui entourent la recherche sur nos origines. Il semblerait cependant que l'on ait trouvé dans l'ADN nucléaire de S.N. (je n'arrive pas à me débarrasser de cette appellation aujourd'hui périmée) des traces d'hybridation avec S.S. Certains généticiens vont même plus loin et soutiennent que c'est de S.N. que S.S. a acquis le variant du gène microcephalin qui confèrerait au cerveau humain une plus grande taille et complexité. Une question connexe : serait-il possible que pour des raisons non scientifiques, qui relève de cet affectif qui entoure tout ce qui touche à l'espèce humaine, des études - je pense en particulier à certaines analyses sur l'ADN mitochondrial de S.N. - soient biaisées pour ne pas dire franchement bidonnées ? Les princes qui nous gouvernent n'ont-ils pas commis l'erreur de fonder la lutte contre le racisme sur l'affirmation d'une origine commune proche (-60.000 ans) de notre espèce? La remise en cause de ce dogme qui fonde l'antiracisme officiel ne risque-t-elle pas de faire naître la crainte d'une légitimation de la pensée raciste ? Ne vaudrait-il pas mieux disjoindre le problème éthique de la lutte contre le racisme du problème scientifique que constitue la recherche sur l'évolution de l'espèce humaine ? La science ne risque-t-elle pas le ridicule lorsqu'elle permet que l'on fonde la lutte antiraciste en pratiquant une sorte de racisme paléontologique à l'encontre de Sapiens Neanderthalensis ? Bien sûr il est moins grave d'exclure de l'humanité quelques vieux fossiles que des hommes vivants. Mais ne serait-il pas possible de fonder autrement l'anti-racisme, en s'appuyant par exemple sur les travaux de René Girard sur le sacrifice humain et les mécanismes d'exclusion ? L'espèce humaine ne gagne rien à maintenir un mensonge, fut-ce pour les meilleurs raisons du monde. |
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| "Gandalf_le_Gris" <francis.humbert-nopub***nopub.fr> a écrit dans le message de news:4894b5e7$0$895$ba4acef3***news.orange.fr... > En effet on classe bien le Doberman et le Chihuaha dans la même espèce > "Canis canis", alors qu'ils n'ont vraiment aucune ressemblance physique. > Des paleontologues qui découvriraient les squelettes de ces 2 chiens dans > 50 millions d'années, et qui utiliseraient les mêmes règles de taxinomie > que nos paleoanthropologues actuels, les classeraient très certainement > dans 2 espèces, voire dans 2 genres différents. Le classement des espèces > n'est vraiment pas une science exacte !! C'est un peu beaucoup par tradition qu'on range le Doberman et le Chihuahua dans la même espèce (Canis lupus familiaris et non Canis canis aux dernières nouvelles). Il n'y a pas d'interfécondité spontanée possible pour des raisons évidentes, et si c'étaient les seuls chiens connus personne n'aurait cette idée saugrenue, et probablement personne ne penserait à comparer les ADN qui confirment effectivement une très proche parenté (mais qui sait combien il y a d'aussi proches parentés qu'on ignore dans le reste du monde animal ?). Mais l'interfécondité, critère de base, n'est pas toujours simple à vérifier et n'est pas transitive, et ça complique tout, et le pifomètre est l'instrument le plus utilisé dans les cas un peu limites. |
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| > "abourick" <bourrique_ane***yahoo.br> a écrit dans le message de > news:Yp-dnfJE9JbBvgjVRVn_vwA***giganews.com... > Merci pour cette passionnante mise au point sur les conceptions les plus > récentes de l'espèce humaine et de son évolution. Je note la prudence des > scientifiques sur le problème de l'hybridation entre les différentes > populations humaines de notre lointain passé et leur lucidité sur les > aspects affectifs qui entourent la recherche sur nos origines. Il > semblerait cependant que l'on ait trouvé dans l'ADN nucléaire de S.N. (je > n'arrive pas à me débarrasser de cette appellation aujourd'hui périmée) > des traces d'hybridation avec S.S. Certains généticiens vont même plus > loin et soutiennent que c'est de S.N. que S.S. a acquis le variant du gène > microcephalin qui confèrerait au cerveau humain une plus grande taille et > complexité. > > Une question connexe : serait-il possible que pour des raisons non > scientifiques, qui relève de cet affectif qui entoure tout ce qui touche à > l'espèce humaine, des études - je pense en particulier à certaines > analyses sur l'ADN mitochondrial de S.N. - soient biaisées pour ne pas > dire franchement bidonnées ? Les princes qui nous gouvernent n'ont-ils pas > commis l'erreur de fonder la lutte contre le racisme sur l'affirmation > d'une origine commune proche (-60.000 ans) de notre espèce? La remise en > cause de ce dogme qui fonde l'antiracisme officiel ne risque-t-elle pas de > faire naître la crainte d'une légitimation de la pensée raciste ? Ne > vaudrait-il pas mieux disjoindre le problème éthique de la lutte contre le > racisme du problème scientifique que constitue la recherche sur > l'évolution de l'espèce humaine ? La science ne risque-t-elle pas le > ridicule lorsqu'elle permet que l'on fonde la lutte antiraciste en > pratiquant une sorte de racisme paléontologique à l'encontre de Sapiens > Neanderthalensis ? Bien sûr il est moins grave d'exclure de l'humanité > quelques vieux fossiles que des hommes vivants. Mais ne serait-il pas > possible de fonder autrement l'anti-racisme, en s'appuyant par exemple sur > les travaux de René Girard sur le sacrifice humain et les mécanismes > d'exclusion ? L'espèce humaine ne gagne rien à maintenir un mensonge, > fut-ce pour les meilleurs raisons du monde. > Il faut en effet se méfier des annonces de type médiatique qui ont pollué la paleoanthropologie tout au long de ses 2 siècles d'existence. Se rappeler à ce sujet l'affaire de Piltdown qui en fut un cas extrème. Voir aussi les recherches sur l'ADN humain et simiesque des années 80 qui concluaient médiatiquement et surtout intempestivement sur un dernier ancêtre commun à l'homme et au chimpanzé qui ne serait vieux que de 5 millions d'années. Depuis cette annonce, on a trouvé cependant plusieurs fossiles préhumains (et donc postsimiesques) dans le créneau 5-7 millions d'années, dont les fameux Orrorin et Toumaï, ceci repoussant donc d'autant la fameuse bifurcation ! Je pense qu'il faut, dans le même ordre d'idées, se méfier des annonces qui ont été faites dans les années 90 sur l'Eve Mitochondriale ou sur l'Adam Y-Chromosomal qui postulent que les 6 milliards d'êtres humains actuels descendent d'une part d'une femme africaine très récente et d'un unique homme qui le serait tout autant (environ 100 à 150 milliers d'années). C'est le modèle connu sous le nom "Out of Africa". L'un des modèles concurents (le modèle du "candélabre") préconise lui une descendance régionale = Homo ergaster serait l'ancêtre des Occidentaux (y.c. Néandertalis) et des Africains actuels, et Homo erectus serait l'ancêtre des Asiatiques (et peut-^tre des Aborigènes) actuels. Je ne comprends pas très bien d'ailleurs comment une espèce unique (Sapiens) peut descendre de 2 espèces parallèles et complètement isolées géographiquement (Ergaster et Erectus). La solution est peut être dans un troisieme modèle (le modèle réticulaire) qui supprime les barrières géographiques et permet aux Ergaster et aux Erectus de batifoler joyeusement ensemble. Sapiens serait alors le fruit de leur descendance hybride ..... des hybrides interféconds cette fois-ci, puisque nous sommes là pour en parler. Le racisme et son apogée du 20ème siècle, le nazisme, empêchent donc maintenant,comme vous le suggérez, de considérer que l'humanité actuelle est multiple. Il n'y a plus, non pour des raisons purement scientifiques, mais plutôt pour des raisons philosophiques, qu'une seule espèce humaine : Homo sapiens, et même pour certains une seule sous-espèce : Homo sapiens sapiens. Le Pygmée, l'Occidental, le Chinois, l'Africain et l'Aborigène sont "un". Même si le paléoanthropologue des millions d'années futures, dont j'avais parlé dans mon précédent post, aura peut-être un tout autre avis, si à cette lointaine époque, l'homme aura réussi à se débarraser de ses vieux démons. ....... La question est donc pour moi beaucoup plus vaste que l'hypothèse de départ (Néandertal + Sapiens = mystère). Nous avons maintenant à la place Ergaster + Erectus = Sapiens (monde entier) mais aussi Ergaster + Erectus = Néandertalensis (Europe ancienne). Sans compter que => Sapiens = Africain + Occidental + Asiatique + Pygmée + Aborigène. De jolies résolutions d'équations en perspective ..... PS = les usages autorisent les 2 écritures Neandertalensis et Neanderthalensis, mais la vallée allemande d'origine du 1er fossile rapporté à cette espèce s'appelle Neander. D'où Neandertal (sans H) car TAL signifie "vallée" ..... ---------------- Gandalf_le_Gris Pour me joindre = le 1er -nopub n'existe pas le 2nd est orange |
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| > "Jean" <roche.jean***orange.fr> a écrit dans le message de > news:489545c6$0$889$ba4acef3***news.orange.fr... > C'est un peu beaucoup par tradition qu'on range le Doberman et le > Chihuahua dans la même espèce (Canis lupus familiaris et non Canis canis > aux dernières nouvelles). Il n'y a pas d'interfécondité spontanée possible > pour des raisons évidentes, et si c'étaient les seuls chiens connus > personne n'aurait cette idée saugrenue, et probablement personne ne > penserait à comparer les ADN qui confirment effectivement une très proche > parenté (mais qui sait combien il y a d'aussi proches parentés qu'on > ignore dans le reste du monde animal ?). Mais l'interfécondité, critère de > base, n'est pas toujours simple à vérifier et n'est pas transitive, et ça > complique tout, et le pifomètre est l'instrument le plus utilisé dans les > cas un peu limites. Mais oui !! Exact !! Où avais je donc la tête ? Canis canis ! Quelle invention !?! Vous avez parfaitement raison, il s'agit de Canis lupus familiaris. Ce qui signifie tout simplement que les chiens ne forment même pas une espèce à part entière. Du moins depuis 1993, date de création de ce taxon. Et avant, si je ne me trompe pas (une fois de plus ?), ils avaient droit à leur espèce propre (Canis familiarus). Je pustule que la raison est purement philosophique. On interdit pour le moment à Sapiens de créer de nouvelles espèces à part entière. Le chien n'est donc plus qu'une sous-espèce du loup. Le même sort a été reservé au chat domestique qui n'est donc plus qu'une sous-espece du chat sauvage = Felis sylvestris pour ce dernier et Felis sylestris catus pour l'autre (et même chez certains auteurs "Felis sylvestris forma catus")..... adieu donc à Felis catus ...... Cordialement. -- Gandalf_le_Gris Pour me joindre = le 1er -nopub n'existe pas le 2nd est orange |
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| Gandalf_le_Gris a écrit : > Il faut en effet se méfier des annonces de type médiatique qui ont > pollué la paleoanthropologie tout au long de ses 2 siècles d'existence. > Se rappeler à ce sujet l'affaire de Piltdown qui en fut un cas extrème. > Voir aussi les recherches sur l'ADN humain et simiesque des années 80 > qui concluaient médiatiquement et surtout intempestivement sur un > dernier ancêtre commun à l'homme et au chimpanzé qui ne serait vieux que > de 5 millions d'années. Depuis cette annonce, on a trouvé cependant > plusieurs fossiles préhumains (et donc postsimiesques) dans le créneau > 5-7 millions d'années, dont les fameux Orrorin et Toumaï, ceci > repoussant donc d'autant la fameuse bifurcation ! Je pense qu'il faut, > dans le même ordre d'idées, se méfier des annonces qui ont été faites > dans les années 90 sur l'Eve Mitochondriale ou sur l'Adam Y-Chromosomal > qui postulent que les 6 milliards d'êtres humains actuels descendent > d'une part d'une femme africaine très récente et d'un unique homme qui > le serait tout autant (environ 100 à 150 milliers d'années). C'est le > modèle connu sous le nom "Out of Africa". L'un des modèles concurents > (le modèle du "candélabre") préconise lui une descendance régionale = > Homo ergaster serait l'ancêtre des Occidentaux (y.c. Néandertalis) et > des Africains actuels, et Homo erectus serait l'ancêtre des Asiatiques > (et peut-^tre des Aborigènes) actuels. Je ne comprends pas très bien > d'ailleurs comment une espèce unique (Sapiens) peut descendre de 2 > espèces parallèles et complètement isolées géographiquement (Ergaster et > Erectus). La solution est peut être dans un troisieme modèle (le modèle > réticulaire) qui supprime les barrières géographiques et permet aux > Ergaster et aux Erectus de batifoler joyeusement ensemble. Sapiens > serait alors le fruit de leur descendance hybride ..... des hybrides > interféconds cette fois-ci, puisque nous sommes là pour en parler. > > Le racisme et son apogée du 20ème siècle, le nazisme, empêchent donc > maintenant,comme vous le suggérez, de considérer que l'humanité actuelle > est multiple. Il n'y a plus, non pour des raisons purement > scientifiques, mais plutôt pour des raisons philosophiques, qu'une seule > espèce humaine : Homo sapiens, et même pour certains une seule > sous-espèce : Homo sapiens sapiens. Le Pygmée, l'Occidental, le Chinois, > l'Africain et l'Aborigène sont "un". Même si le paléoanthropologue des > millions d'années futures, dont j'avais parlé dans mon précédent post, > aura peut-être un tout autre avis, si à cette lointaine époque, l'homme > aura réussi à se débarraser de ses vieux démons. ...... > > La question est donc pour moi beaucoup plus vaste que l'hypothèse de > départ (Néandertal + Sapiens = mystère). Nous avons maintenant à la > place Ergaster + Erectus = Sapiens (monde entier) mais aussi Ergaster + > Erectus = Néandertalensis (Europe ancienne). Sans compter que => Sapiens > = Africain + Occidental + Asiatique + Pygmée + Aborigène. De jolies > résolutions d'équations en perspective ..... C'est aussi la conclusion de ce court article sur Homo Floresiensis. <http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/vie-1/d/homo-floresiensis-espece-unique-pour-des-capacites-cognitives-developpees_5941/> Homo Floresiensis, espèce unique pour des capacités cognitives développées Par Céline Sivault, Futura-Sciences Une publication parue dans la revue Science au début de mois de mars présente le résultat des analyses du crâne de homo floresiensis, le petit homme découvert sur l'île de Flore en Indonésie. Elles semblent montrer qu'il s'agirait d'une espèce unique, dotée de capacités cognitives développées. Le 28 octobre 2004, une équipe de scientifiques australiens et indonésiens annonçaient la mise à jour, l'année précédente, d'ossements de sept hominidés, parmi lesquels se trouvait le squelette d'une femme presque complet, LB1. Elle mesure environ un mètre, la taille de son crâne, comparable aux chimpanzés ou aux australopithèques, représente environ un tiers de celle des hommes actuels. La communauté scientifique s'interroge alors : s'agit il d'un individu souffrant de microcéphalie, une maladie réduisant la taille du crâne, de pygmées, ou d'une nouvelle espèce d'hominidés aujourd'hui éteinte ? Les analyses du crâne de homo floresiensis menées par Dean Falk, expert de l'évolution du cerveau à l'université de Floride, apportent un éclairage. Le cerveau de LB1, dont la mort remonte à 18 000 ans, a bien sûr disparu de la cavité crânienne, mais il a laissé des empreintes à l'intérieur de la boîte crânienne traduisant la présence de certaines zones. A partir des données issues d'une technique d'imagerie médicale, la tomographie, consistant en un balayage du crâne avec un rayonnement électromagnétique, l'équipe de Falk, en collaboration avec des scientifiques de l'université de Washington, a reconstitué une image tridimensionnelle de la cavité crânienne. Les résultats indiquent que l'homo floresiensis aurait été doté d'un cerveau évolué, présentant un lobe frontal, impliqué dans la résolution de problèmes, et un lobe temporal, important dans les mécanismes liés à la mémoire, développés. Cette découverte est cohérente avec la découverte sur le site de crânes d'animaux carbonisés indiquant la maîtrise du feu et la pratique de la chasse, et de divers outils, et semble montrer qu'il n'y a pas toujours de lien direct entre la taille du cerveau et l'intelligence. La taille du crâne de Homo Floresiensis représente 1/3 de celle des humains actuels. La comparaison du modèle réalisé par les scientifiques et le cerveau d'un malade atteint de microcéphalie a montré peu de ressemblance, et a conduit à rejeter cette hypothèse. La comparaison avec d'autres modèles a montré qu'il se rapproche plus du cerveau d'hominidés anciens, notamment celui d'Homo erectus. Il s'en distingue néanmoins par certaines caractéristiques, comme la position d'une zone impliquée dans l'analyse des informations sensorielles, qui sépare le cortex visuel primaire du reste du cerveau, placée chez homo floresiensis à l'arrière du cerveau, signe d'un développement cérébral avancé. L'équipe de recherche pense plus que jamais que les individus dont les os ont été découverts appartiennent à une nouvelle espèce, intelligente de surcroît, qui aurait évolué vers une réduction de taille pour s'adapter à son environnement restreint. Ce point de vue n'est pas partagé par l'ensemble de la communauté scientifique. S'il s'avérait exact, cela montrerait que l'évolution n'est pas si linéaire que ce que l'on pensait, et que plusieurs espèces du genre homo auraient coexisté il y a peu de temps. > PS = les usages autorisent les 2 écritures Neandertalensis et > Neanderthalensis, mais la vallée allemande d'origine du 1er fossile > rapporté à cette espèce s'appelle Neander. D'où Neandertal (sans H) car > TAL signifie "vallée" ..... > > > ---------------- Gandalf_le_Gris > > Pour me joindre = > le 1er -nopub n'existe pas > le 2nd est orange > |
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| Bonjour, "Gandalf_le_Gris" <francis.humbert-nopub***nopub.fr> a écrit dans le message de news:48961a6c$0$940$ba4acef3***news.orange.fr... > Je pustule que la raison est purement philosophique. On interdit pour le > moment à Sapiens de créer de nouvelles espèces à part entière. Le chien > n'est donc plus qu'une sous-espèce du loup. Le même sort a été reservé au > chat domestique qui n'est donc plus qu'une sous-espece du chat sauvage = > Felis sylvestris pour ce dernier et Felis sylestris catus pour l'autre (et > même chez certains auteurs "Felis sylvestris forma catus")..... adieu donc > à Felis catus ...... Et si les présupposés philosophiques ont un tel poids pour des espèces actuelles archi-répandues où on ne peut quand même pas trop tricher avec la réalité, qu'en sera-t-il pour des homidés et homininés fossiles ? Comme je l'ai déjà indiqué, les reconstitutions actuelles de Neanderthal ne tiennent pas vraiment compte de sa morphologie réelle, notamment pour le nez. Quant à Homo floresiensis, nonobstant l'accumulation des données et le fait qu'il se soit maintenu sur des milliers d'années, certains ne renoncent pas à l'envoyer à la trappe en le supposant atteint d'une pathologie. à+ J |
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| > "Jean" <roche.jean***orange.fr> a écrit dans le message de > news:4897d7cc$0$935$ba4acef3***news.orange.fr... > Et si les présupposés philosophiques ont un tel poids pour des espèces > actuelles archi-répandues où on ne peut quand même pas trop tricher avec > la réalité, qu'en sera-t-il pour des homidés et homininés fossiles ? Comme > je l'ai déjà indiqué, les reconstitutions actuelles de Neanderthal ne > tiennent pas vraiment compte de sa morphologie réelle, notamment pour le > nez. > > Quant à Homo floresiensis, nonobstant l'accumulation des données et le > fait qu'il se soit maintenu sur des milliers d'années, certains ne > renoncent pas à l'envoyer à la trappe en le supposant atteint d'une > pathologie. Bonsoir Vous avez parfaitement raison, il y a souvent dans ces sciences dites humaines 2 poids 2 mesures. Il est à noter par exemple la différence de traitement de ce petit homme de Flores par rapport à nos pygmées qui vivent actuellement au plus profond de la forêt congolaise. Ils sont très similaires physiquement. La seule différence est que l'un est à Erectus ce que l'autre est à Sapiens. Hé bien "on" (les paleoanthropologues) crée une espèce ad-hoc pour le 1er. Et toujours "on" (les ethnologues cette fois ci) refusent de considérer les seconds autrement que comme des Sapiens tout à fait classiques et ordinaires. Les pygmées congolais sont ils interféconds avec les autres Sapiens ? Assurément. Floresiensis était il interfécond avec Erectus ? C'est tout à fait possible .... Cordialement ------------ Gandalf_le_Gris Pour me joindre = le 1er -nopub n'existe pas le 2nd est orange |
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| Tags: entre, hybridation, neanderthalensis, sapiens |
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| Re: Hybridation entre Sapiens Neanderthalensis et Sapiens Sapiens ? | Jean | Newsgroup fr.sci.paleontologie | 36 | 05/08/2008 19h51 |
| Re: Le legs génétique de Sapiens Neanderthalensis | ricazerty | Newsgroup fr.soc.politique | 0 | 20/07/2008 09h45 |