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| Cette généralisation de la libéralisation du commerce international ne rendait que plus urgente la recherche d’alternatives. C’est en ce sens que la Charte de La Havane présente autant d’intérêt puisqu’elle envisageait les relations commerciales internationales d’un tout autre point de vue. Sa lecture est un véritable bain de jouvence ! Elle devrait fournir aux militants altermondialistes, aux organisations syndicales et politiques, aux élus et fonctionnaires concernés par ces questions une matière particulièrement riche pour renouveler leurs conceptions du commerce international et du développement. Ils devraient donc lire cette Charte toutes affaires cessantes ! *L’Organisation internationale du commerce que voulait créer la Charte de La Havane était partie intégrante de l’ONU* Seule l'ONU donne, ou plus exactement devrait donner au système international sa légitimité. Elle est, ou elle devrait être la pierre angulaire du système des organisations internationales. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale c'est donc logiquement dans le cadre politique et juridique de l'ONU que s'est engagée la réflexion sur l’Organisation internationale du commerce. La Charte de La Havane a été élaborée et négociée dans un comité de l'ONU. Même si l'OIC n'a jamais vu le jour, il faut rappeler que c'est l'ONU qui a convoqué la Conférence de La Havane, a aidé à la préparer, puis a ultérieurement fourni le personnel du premier secrétariat du GATT. Une des revendications de la mouvance altermondialiste, d’ailleurs, est l’intégration de l’OMC dans le cadre onusien. Dans cette perspective le texte de la Charte de La Havane montre comment le FMI, la BIRD, l’OIC, l’OIT pouvaient collaborer. *La Charte de La Havane est probablement le premier texte international à évoquer le développement* La question des liens entre commerce et développement a été évoquée pour la première fois à la Conférence de La Havane par les pays d'Amérique latine. Plus tard, l'accession à l'indépendance des pays en développement d'Afrique et d'Asie, à la suite de la Conférence de Bandung de 1955, a relancé une dynamique mondiale visant à créer un système commercial international qui favorise le développement économique et social. C'est pour réaliser cet objectif que la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) a été créée en 1964. La Charte de La Havane propose une approche qui se situe aux antipodes des conceptions actuelles du commerce international. Pour elle ce commerce ne peut avoir qu’un seul objet : le développement de chaque pays considéré individuellement, dans un cadre de relations internationales fondées sur la coopération et non sur la concurrence. *La Charte de La Havane ne sépare pas le commerce international et emploi* La Conférence de La Havane a tenté de traiter une question essentielle : l’articulation entre le commerce et l'emploi. C’est pourquoi elle s’intitulait « Conférence internationale sur le commerce et l'emploi ». A l’époque, tout le monde croyait au plein emploi. Aujourd'hui, cet objectif a non seulement été abandonné, mais le chômage est devenu la « variable d’ajustement » de l’économie. On ne trouvera jamais, d’ailleurs, dans la littérature de l’OMC, l’objectif du plein emploi comme raison du commerce international. L’article 1 de la Charte de La Havane, qui en fixe l’objet, est particulièrement clair : « Atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement. » On croit rêver ! L’article 2 précise que « les Etats membres reconnaissent qu'il n'est pas uniquement de leur intérêt national de prévenir le chômage et le sous-emploi […] mais que la prévention du chômage et du sous-emploi est également une condition nécessaire pour […] le développement des échanges internationaux, et, par conséquent, pour assurer le bien-être de tous les autres pays. » Ainsi « les Etats membres reconnaissent que, si la prévention du chômage et du sous-emploi dépend, au premier chef, de mesures intérieures, prises individuellement par chaque pays, ces mesures devraient être complétées par une action concertée, entreprise sous les auspices du Conseil économique et social des Nations Unies et avec la collaboration des organisations intergouvernementales qualifiées... » A quand une réunion sur le plein emploi organisée par l’OMC ? -- "Spéculation et crises : ça suffit !" Déjà plus de 30 000 signatures. http://www.stop-finance.org |
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| Tags: charte, contre, havane, libreechange |
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| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Re: Contre le libre-Echange, la Charte de La Havane | quetzaco | Newsgroup fr.soc.economie | 3 | 19/07/2008 11h41 |
| Re: Contre le libre-Echange, la Charte de La Havane | gdm | Newsgroup fr.soc.economie | 6 | 16/07/2008 10h43 |
| Re: Contre le libre-Echange, la Charte de La Havane | SRV | Newsgroup fr.misc.finance | 10 | 14/07/2008 21h59 |
| Contre le libre-Echange, la Charte de La Havane (7) | o.gehaime | Newsgroup fr.soc.economie | 0 | 14/07/2008 13h26 |
| Contre le libre-Echange, la Charte de La Havane (6) | o.gehaime | Newsgroup fr.soc.economie | 0 | 14/07/2008 13h26 |