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| http://www.altermonde-sans-frontiere...hp?article5530 La MILDT : entre abstinence et complaisance (5/8) lundi 28 janvier 2008 par Augustin Milano popularité : 24% Au début des années 80, devant l'échec du sevrage simple, certains médecins ont saisi le gouvernement français afin que celui-ci développe une réelle prévention et prise en charge des toxicomanes. Il s'agissait d'aller plus loin que la proposition du simple sevrage (en milieu hospitalier ou en ambulatoire). En effet beaucoup de toxicomanes rechutaient rapidement après leur cure de sevrage de seulement quelques jours voire semaines. L'idée a alors été de créer des structures prenant en charge les toxicomanes après leur sevrage pour une durée de plusieurs mois (de 3 à 6) afin qu'ils puissent consolider leur sevrage. Autre élément de poids, seul l'association « Le Patriarche », fondée en 1972 par Lucien Engelmajer et comptant près de 234 centres à travers le monde, semblait proposer aux toxicomanes une prise en charge de longue durée. Or cette « association » avait des allures de secte (enrichissement et mours douteuses du fondateur). Mr. Engelmajer s'est retiré de l'association en 1998. Il est poursuivi par la justice pour détournement de fonds et abus sexuels. Démantelée, l'association le « Patriarche » devient le réseau « Dianova ». Condamné en janvier 2007 à cinq ans de prison pour avoir détourné des fonds de l'organisme, Lucien Engelmajer serait décédé à l'âge de 86 ans à Belize d'un arrêt cardiaque dans une clinique de ce petit État d'Amérique centrale en septembre 2007. Il était donc extrêmement urgent pour l'Etat français de proposer aux toxicomanes quelque chose de plus sérieux qu'un simple sevrage et de plus honnête que le « Patriarche ». C'est alors qu'en 1982 la M.I.L.D.T. a été créée. La Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie a pour objectif de coordonner l'action du Gouvernement dans les domaines de la prévention, de la prise en charge sanitaire et sociale, de la répression, de la formation, de la communication, de la recherche et des échanges internationaux sur les questions de drogues et de conduites addictives. Elle a ainsi permis la création de tout un réseau de post-cures. La quasi-totalité de ces centres subventionnés par l'Etat ont, pendant les années 90, sur le conseil de la M.I.L.D.T., accepté et mis en place le programme de traitement de substitution. Apparus sur le marché français ces traitements se présentaient comme le remède « miracle » contre la drogue, comme le « médicament » de la drogue qui permettrait de l'éradiquer complètement. Avec le recul des années nous savons aujourd'hui que ce n'est pas si simple. Ces traitements présentent des effets secondaires très nocifs, le premier et le plus grave étant de remplacer la dépendance à l'héroïne par la dépendance à un « médicament » jumeau de l'héroïne. En fait on ne sort pas le toxicomane de sa toxicomanie, on le lui fait simplement croire. Il a l'illusion de guérir, en fait il ne fait que prolonger sa toxicomanie. Les traitements de substitution ont cependant eu cet effet positif sur la santé publique de diminuer le risque d'overdose et donc le nombre de décès par overdose. Mais beaucoup d'usagers de substitution se l'injectent comme ils s'injectent de l'héroïne. D'ailleurs dès que leurs revenus le leur permettent ils retournent à l'héroïne. Or s'injecter un substitut peut entraîner des abcès plus graves. La substitution alimente aussi le marché noir : tout un marché « underground » de la substitution, en « plein air » ou en prison ou encore en hôpital, s'est développé. C'est bien connu : celui qui réussit à avoir du substitut en cachet en prison est tranquille : il a un produit d'échange recherché ! Enfin, et ce n'est pas le moindre de ses désavantages, il est plus difficile d'arrêter la substitution que l'héroïne par exemple. La durée du sevrage est plus longue, le syndrome de sevrage plus important. C'est pourquoi le système médical français propose des cures de sevrage de la substitution ! On croyait guérir de la drogue, et voilà qu'on se retrouve encore plus dépendant d'un produit, qui, même s'il ne présente pas de risque de mort par overdose, n'en reste pas moins une véritable drogue. En fait la substitution semble, dans le meilleur des cas, avoir « domestiqué » la drogue, en tout cas l'héroïne. Celle-ci semble avoir changé le pagne du sauvage pour revêtir le costume de la légalité. Elle se présente sous le masque d'un médicament inoffensif, censé guérir, et largement remboursé par la sécurité sociale. Le redoutable piège de la substitution c'est de faire croire qu'on est guéri, qu'on n'est plus toxicomane. Du coup, le toxicomane se satisfait de cette situation officiel et légale et peut perdre de vue la suppression totale et définitive de toute drogue. A moins que la prescription se fasse dans un cadre très surveillé où on est attentif à la diminution rapide des doses, pour atteindre un sevrage complet en quelques semaines, véritable but, à l'origine, des traitements de substitution. En effet la substitution a normalement pour objectif d'accompagner le toxicomane vers l'abstinence totale, afin de lui éviter un syndrome de sevrage trop douloureux. Ce n'est que dans des cas extrêmes, pour des toxicomanes ayant échoué et replongé de multiples fois et commençant à prendre de l'âge, que la substitution peut prétendre être un moindre mal durable. Mais, il faut le reconnaître, ce but légitime et efficace d'intermédiaire entre une toxicomanie « sauvage » et l'abstinence est dans bien des cas oublié et le toxicomane s'enlise dans la substitution, perdant complètement de vue l'abstinence totale de drogues. Les facteurs de cette dérive sont tout autant la manipulation du toxicomane que la complaisance de certains et l'incompétence des autres. On se trouve donc face à une sorte d'impasse. D'une part les tentatives de sevrage, même rallongées par des post-cures, aboutissent le plus souvent à des rechutes, si tant est que le toxicomane est réellement arrêté toute drogue pendant cette période de sevrage. On sait malheureusement que le cannabis, par exemple, « tourne » dans les hôpitaux et nombre de post-cures, qu'il n'est pas rare que des médicaments soient introduits frauduleusement dans les centres par des pensionnaires ayant eu la permission de sortir, que les éducateurs eux-mêmes peuvent être consommateurs de cannabis. A moins de dire que le cannabis n'est pas une drogue, mais c'est là un autre débat, et une opinion qui n'est pas la nôtre. D'autre part la substitution, comme accompagnement en douceur vers une abstinence réelle, s'enlise et se mord la queue. On a alors, par moment, par désespoir, lâcheté, dépit ou fausse résignation, diminué l'exigence. L'objectif ne serait pas de ne plus se droguer du tout, mais de se droguer sans risque. C'est la politique de la réduction des risques, qui, pendant les années 90, fut celle de la M.I.L.D.T. et de nombreuses autres associations militantes. On alors vu les gendarmes encercler les rave-party pour éviter des débordements dangereux sur le voisinage (mais sans trop intervenir sur ce qu'il se passait réellement à l'intérieur : vente libre de produits illicites en tous genres) et des médecins vérifier la « bonne » qualité des drogues vendues pour éviter des conséquences parfois irréversibles sur la santé des consommateurs. Comme si on pouvait prendre de la drogue sans danger pour sa santé ! Là encore cette politique a eu ses bons côtés. Des morts ont été évitées, la propagation du SIDA endigué. Le problème c'est qu'on s'en est limité à cela. Il aurait fallu aller beaucoup plus loin et continuer à réfléchir à comment proposer l'abstinence, comme seule solution réelle et durable pour se sortir de la drogue. Un doute, une ambiguïté s'est alors peu à peu installée et on a fini par penser que se droguer pourrait être légitime, à condition de ne nuire ni à sa santé, ni à celle des autres. Bref, il fallait gérer le risque. L'abstinence, l'arrêt total des drogues (même des drogues de substitution), est et reste l'étape nécessaire de « guérison » du toxicomane. Durant ces trente dernières années, en France, nous avons quand même marqué des points contre la drogue. D'innombrables personnes se sont attelées à ce combat terrible. La France a fait preuve d'un grand dynamisme, d'une grande générosité. Beaucoup d'idées ont émergées, beaucoup de pistes explorées, de la répression, à la prévention, en passant par le soin. De nombreuses associations se sont créées, pour accompagner et prévenir. Nous avons fait de grands progrès dans la propagation du SIDA chez les héroïnomanes en leur fournissant par exemple des seringues neuves gratuites, ou dans la réduction des overdoses grâce à la substitution. Cependant nous avons peut-être laissé trop vite de côté l'essentiel, le pivot central de toute ce combat contre la drogue, ce pilier incontournable sans lequel rien de tout le reste n'a de sens, en dehors duquel la substitution et autres traitements peuvent conduire à des impasses. Il s'agit, vous l'avez compris, de l'abstinence. Certes, pendant des années, on a cherché à l'exiger des toxicomanes, en vain semble-t-il. Est-ce une raison pour abandonner la partie, pour délaisser le combat et se rabattre sur des solutions de rattrapage ? Certes non ! Ayons un peu plus d'espoir, d'enthousiasme et de foi ! Croyons en ces jeunes : ils sont capables de beaucoup plus qu'on ne peut imaginer. Et même si nous avons connu de nombreux échecs, et bien, retroussons nos manches, pour explorer de nouvelles voies et faire de l'abstinence une réalité possible et envisageable. Ne nous résignons pas trop vite à une société où la drogue serait un mode de vie parmi d'autres. Ma foi, si on n'y peut rien, acceptons-là. Mais justement, on y peut quelque chose. De nombreux toxicomanes, ayant fait le pari de l'abstinence, en témoignent : l'abstinence c'est possible. Alors écoutons-les et allons chercher plus loin que ce que nous avons fait actuellement. Aller chercher plus loin c'est sans doute comprendre qu'on a réduit la toxicomanie à la prise de drogue. Dans cette vue là, sortir de la toxicomanie se résumerait à s'éloigner un moment dans un endroit tranquille et protéger (une cure ou une post-cure par exemple) afin de ne pas prendre de produit pendant un certain temps. Cela paraît sensé, mais est largement insuffisant. Car la toxicomanie ne peut se résumer à la simple prise de produits. La toxicomanie est plus large que cela : elle est une attitude intérieure, une certaine manière d'être par rapport à soi, au monde, à la société, aux autres et au transcendant. Sortir de la drogue c'est donc, in fine, sortir de cette attitude intérieure, c'est opérer cette conversion intérieure. Aller en cure ou en post-cure, oui, mais si c'est simplement pour se mettre au vert afin d'arrêter la consommation, s'il n'y a rien qui va plus loin, c'est normal que cela ne marche pas. Se mettre au vert et arrêter la consommation de toute drogue, oui, c'est nécessaire, bien sûr, mais il faut en profiter pour faire tout un travail sur soi, sur cette culture du toxicomane, ses valeurs, son mode d'être, sa manière de voir et de raisonner. C'est à tout un travail de restructuration qu'il faut s'atteler. Alors l'abstinence à toutes les chances de se prolonger et d'être victorieuse de toutes les tentations. Car ce travail sur soi c'est tout simplement se permettre de découvrir un sens à sa vie. Pour cela il faut bien voir quels sont les fondements de la toxicomanie. Ils sont au nombre de trois : l'hédonisme, c'est-à-dire le plaisir comme souverain bien, clé du bonheur, but de la vie. l'individualisme, où la personne cède le pas à l'individu égoïste qui ne regarde que son nombril, son petit ou grand plaisir. Le matérialisme qui nie la dimension de l'esprit en l'homme pour le réduire à un rassemblement savamment organisé de molécules. Seul le corps existe, seul ce qui est matière existe. Ce que l'on ne voie pas, ce que l'on ne touche pas n'existe pas. L'intelligence, l'amour, la prière ne sont que de simples réactions chimiques. La combinaisons de ces trois attitudes de vie débouche sur celle de le consumérisme, marque de fabrique éminente de nos sociétés occidentales ! Ces trois termes caractérisent très bien la personnalité du toxicomane, sa physionomie. Le toxicomane est en effet quelqu'un qui recherche son propre plaisir, et le plaisir maximum, le plus enivrant, le plus exaltant. Et il le cherche pour lui seul, finissant par tomber dans un égoïsme sans fond, qu'une solitude amère et destructrice vient signer. De plus le toxicomane éteint son esprit, il vit pour son corps, pour la drogue, ne sachant plus poser de choix raisonnable, oubliant père et mère, trahissant ses amis pour un peu de came. Nous sommes donc persuadés que finalement le toxicomane fait sienne les valeurs de nos sociétés occidentales (et qu'en fait il en est le produit, en quelque sorte) et qu'on ne peut combattre légitimement certaines déviances graves et dangereuses de nos sociétés sans proposer l'abstinence totale face à l'épidémie silencieuse de la drogue. Répondre à cet article Messages de forum : La MILDT : entre abstinence et complaisance (5/8) lundi 28 janvier 2008 par rufus Il faut surtout prendre en compte un facteur très important : nous n'avons pas tous les mêmes idées, les mêmes envies, la même conception de la vie. Dès lors pourquoi vouloir tout normaliser (p.ex. : interdire), sous prétexte que certaines personnes ont une "déviance" (comprenez par là : ils ne boivent pas du vin, mais fument de l'herbe). Qu'on le veuille ou non, le cannabis est traditionnellement ancré dans notre société. Tout comme le vin, qui lui l'est depuis plus longtemps encore, certes. Il faut protéger la jeunesse et la population en général contre les abus, mais aussi contre la désinformation. A ce titre, vos articles ne vont pas dans le bon sens parce qu'ils sont "à charge". La cause pourrait en être, à ce que j'ai compris, la déformation professionnelle. Mais cela n'explique pas tout. Selon moi, cette série d'articles aurait plus sa place dans les rubriques "La France de Sarko" ou dans "Délires scientifiques". Répondre à ce message Fil de discussion La MILDT : entre abstinence et complaisance (5/8) lundi 28 janvier 2008 par Jean Dornac Bonjour Rufus, La contribution précédente est-elle également de vous ? Pour y répondre très rapidement, je signalerai que nous ne faisons aucune pub pour l'alcool sur altermonde. Concernant votre réaction Rufus, j'aimerais que vous compreniez une chose : J'ai accepté, et avec joie, cette série d'articles parce que j'ai vu de mes yeux, un proche et plusieurs jeunes, des ados, se détruire peu à peu à cause de la prise de plus en plus importante de cannabis souvent ajouté à l'alcool. Alors, qu'un adulte se détruise s'il en a envie, certes je ne peux pas y faire grand chose, mais mettez-vous donc un instant à la place des parents, si nombreux aujourd'hui, qui voient leurs filles et leurs fils partir en dérive, au jour le jour ! Je ne sais si vous êtes père, Rufus. Moi je l'ai été de trois fils ; je peux vous assurer que j'aurais tout fait pour sortir mes fils de la drogue si tel avait été le cas. On ne peut rester insensible à l'auto-destruction de ceux qu'on aime et qu'on a mis au monde. Alors non, ces articles n'ont pas leur place dans la France de Sarko, mais bien dans le produits qui nous veulent du mal ! Je persiste et signe ! Je soutiens totalement Augustin et le remercie de ses textes qui pourront, peut-être, aider quelques parents angoissés par l'auto-destruction de leurs enfants. Répondre à ce message Fil de discussion La MILDT : entre abstinence et complaisance (5/8) lundi 28 janvier 2008 Pourquoi l'abstinence serait-elle la solution concernant le cannabis ? Pourquoi l'alcool qui tue fait-il le bonheur de, par exemple, M. Ricard avec des profits nets en hausse de 30%, et le malheur de 5 000 000 de français ? Pourquoi stigmatiser toujours plus les consommateurs de cannabis et faire la pub de l'alcool ? A quoi sert-il de se prendre la tête sur la moindre consommation illicite alors que l'alcool est mis en avant de toutes les façons possibles ? Un buveur de vin modéré est possiblement heureux alors qu'il taquine un produit éminemment dangereux. Pourquoi le consommateur modéré de cannabis ne jouirait-il pas de la même tranquilité ? A quand des lois aussi sévères, mais pas plus, pour le cannabis et pour l'alcool ? Répondre à ce message Fil de discussion |
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| Re: dans" l'affaire" de l"exib. "fou" , fernand Naudin ou la complaisance d'un nain de jardin................... | Fernand Naudin | Newsgroup fr.sci.philo | 10 | 23/06/2008 20h14 |
| Nulle de complaisance | Stahp | Newsgroup fr.rec.jeux.echecs | 15 | 10/02/2008 10h29 |
| 1/1/47 Alors, sans complaisance ? | bc92 | Newsgroup fr.rec.philatelie | 18 | 27/01/2008 07h23 |
| HTTPs entre le client Web et ISA puis HTTP entre ISA et le serveur web | exploit | Newsgroup microsoft.public.fr.isaserver | 1 | 04/01/2008 07h06 |
| Revue de presse MILDT | Alonso | Newsgroup fr.soc.drogues | 0 | 09/02/2006 17h21 |