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| Il y a tout de même un problème concernant les statistiques de probabilités "faibles". Dans le C&E de ce mois-ci (10/08), Christian Magnan nous livre un article parallélisant les tirages du loto et ceux, potentiels, d'apparition de la vie. Son canasson de bataille est la petitesse de nombres paraissant certes au premier abord riches de toutes sortes de possibilités, mais qui au plan des statistique pures, sont finalement dérisoires : mille milliards de fois mille milliards étant l'ordre d'idée du nombre de planètes disponibles sur le marché universel. C'est à dire 1 suivi de 24 zéros. Admettons qu'en effet, si nous parlons d'euros (pour quelques jours encore, après on verra) sur un compte en banque, de kilos de bananes ou de population terrestre en l'an 3000, ça impressionne derechef. En grains de sable sur terre, ça va tout de suite être moins imposant. Rien que le nombre de cellules humaines chez tous les habitants réunis de la planète va chercher dans ces eaux-là. Le nombre d'animaux (y compris les unicellulaires) le dépasse évidemment allègrement. Mais assez vite, on atteint une sorte de seuil, et ces grands chiffres se tarissent lorsqu'ils sont sensés comptabiliser, comme je le fais depuis le début, des quantités matérielles. Pour la double raison que jusqu'à preuve de l'infinité de *notre* univers - et on n'est pas du tout parti dans cette direction, le nombre d'atome est donc fini et que les choses sont ainsi faites que les concentrations majoritaires de matière se trouvent au sein des étoiles. L'univers fini contient (ordre d'idée) 10 puissance 80 atomes. 1 suivi de 80 zéros atomes. Or il n'y a que 10 puissance 23 étoiles dans notre Univers (10^23 masses solaires, je simplifie, parce que les choses s'équilibrent environ au niveau de la /médiocrité/, la "moyenneté" de notre soleil). La soustraction 80-23 nous donne 57. Pour chaque étoile, il y a 10 puissance 57 atomes. Alors les choses ne sont pas aussi simples : Il y a les planètes (qui ne représentent d'après les connaissances actuelles que moins de 10% d'un système stellaire). Il y a les plus ou moins grandes concentrations de gaz, éléments divers qui sont nombreuses dans une bonne partie des galaxies. Il y a aussi parmi ces concentrations de véritables monstres d'hydrogène qui dérivent entre les galaxies. sans compter matière et énergie noires. Mais cela ne change pas l'ordre d'idée* de ce ratio. Magnan n'a pas totalement tort de nous emmener dans ces contrées, où nous avons tant entendu dire que ces nombres "énormes" de milliards de milliards sont la garantie justement statistique d'une présence quasi automatique de tous les possibles, et forcément de la vie : rappelons nous de Carl Sagan et de son roman Contact, avec dans son adaptation cinématographique la belle Jodie Foster (Space's IQ) sur fond de VLA seriner à ses jeunes élèves l'argument métaphysique enthousiasmant mais conditionnel du "Beau Gâchis d'Espace". Or ces nombres sont effectivement tout à fait réduits, du moins au regard de ce que produire le plus petit souffle arithmétique : En quelques secondes, je décris ici un de ces nombres, puissance de 36543516846513006865, dont l'exposant ne prends, pour l'écrire, que 27 ans d'une main humaine à raison d'un chiffre toutes les cinq secondes. Après tout, ce forçat a bien le droit de dormir, et par la même occasion de manger et de prendre quelques vacances. Il a par contre tort lorsqu'il oublie de préciser - et pour cause, il en sait rien, comme tout un chacun en cette jolie planète - que les conditions préalables favorables à la vie, comme par exemple les vertus de la stabilité d'un axe planétaire, sont strictement inconnues parce que presque toutes scientifiquement non seulement irréalisables dans le cadre d'une expérience, mais encore moins reproductibles, tout ceci dans un cadre qui verse petit à petit, au long de l'article, vers l'intuition pure et dure ("Le Hasard et la Nécessité" et la déclaration religieuse de Monod). Magnan assène à ce propos une contre-vérité étonnante pour un statisticien : "La vraie question est de savoir si en rejouant, vous auriez une chance de gagner une seconde fois". C'est tout d'abord ignorer la loi des séries, mais plus encore, la logique sensée tuer (vous vous doutez bien que ce n'est pas possible de gagner deux fois, il est tellement difficile de gagner une fois : les nombres deviennent si grands qu'ils vous en empêchent, par la simple et bonne raison de bon sens statistique : Au-delà d'une certaine limite, ces nombres équivalent à zéro statistiques, zéro chances. On peut les ignorer.) est mise à mal par le réel : Plusieurs gagnants du loto ont gagné deux fois six bons numéros, et ce malgré l'étrange édifice brandi en clôture par C. Magnan et ce malgré la qualité, disons de nécessaire recentrage, de son article, malheureusement constellé de traits à la limite du pamphlet. Nous pouvons alors nous amuser, jouer avec des stats qui nous concernent encore de plus près, si cela est possible : Nous, vivants, sommes là, en ce moment, à vivre, lire cet article etc.. Pourtant, à examiner de plus près les statistiques prises sous l'aspect décrit plus haut, nous avons peu de probabilités d'être là. Non, je ne parlerai pas des poncifs : se faire un nom chez les spermatos, puis être leur César, juste au moment où c'est le bon ovule, pas un autre et toutes sortes de conditions qui réclament déjà de drôles de monstres arithmétiques à dizaines de chiffres. Mais ce n'est pas ça qui interpelle, comme /on/ dit. C'est déjà le seul fait de notre présence temporelle, en ce moment-même, alors que les statistiques hurlent que nous devrions être déjà morts, ou ne pas être encore vivants. 14 000 000 000 d'années avant ? 1 000 000 000 000 d'années après ? Au sein d'un temps que d'autres disent en fait infini, et non des moindres ? Bon, déjà quant au début de la fête, on le manque d'un bon ratio de 1 sur 200 millions. Et c'est bien parce que je place haut notre espérance de vie humaine moyenne. mais c'est encore une fois un ordre d'idée. La fin ? 1 sur 10 milliards, peut-être davantage. Déjà le loto peut aller se rhabiller : Nous n'avons rien à foutre ici, c'est simple comme Christian. Mais en interrogeant de plus près notre physique, on se rend vite compte que ces "années" ne signifient pas grand-chose lorsqu'on se rapproche du Bing-Bang (pas du Bling-Gang, hein, Bernard L. ).Le temps en fait se fait infiniment fuyant, il n'a pas de début autre qu'un horizon, et cela s'appelle l'infini, puisqu'il n'est alors contenu dans rien, c'est comme une planète de mercure dont on ferait à jamais le tour, tentant de toucher cette ligne séparant le ciel du miroir dans lequel il se reflète. Et là, nos probabilités d'être ici, en train d'échanger des banalités sur notre bain moussant, changent drastiquement. Si le temps est infini dans un sens comme dans l'autre, alors que nous vivions 100 ans ou 100000000000000 (je pourrais continuer toute ma vie à aligner ces zéros, mais je vous fais grâce) ne change le calcul en rien. Si une probabilité de 1/10^24 est égale à zéro, que dire d'une probabilité de 1/l'infini *. Résultat statistique, déjà dans un premier cas, mais surtout dans le dernier (!), nous ne sommes pas là, je n'écris pas, et ainsi de suite. Drôlement pointu, les stats, non ? Sachance Suivi sur fr.sci.astrophysique , en l'absence de lieu dédié (franchement, je ne sais trop où placer ce fi) * Au sujet des "ordres d'idées", je dirais que si les chiffres exacts sont une absolument et évident nécessite pour les calculs, la culture de l'ordre d'idée n'est pas assez implantée dans l'enseignement - je vais dire /premier/ - des matières scientifiques. 150 millions de kms est bien plus parlant que 9 chiffres de téléphone. Ainsi l'homme le plus rapide au monde court hors amphétamines ou anabolisants le 100 mètres en un peu moins de 10 secondes est plus probant que le record mouvant des derniers meetings. Et tutti quanti. ** Désolé je n'ai pas encore couché mon 8. C'est samedi, hein... |
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| In news : 48e7bfb3$0$22391$426a34cc***news.free.fr, void <void***void.void> Publia : > Enfin, pour résumer, en l'absence de toute base cohérente pour un > quelconque calcul, les probabilités de l'existence de l'univers plutôt > que son inexistance sont de l'ordre de 0/infini. A partir de cette > simple constatation, je ne vois pas bien pourquoi l'humanité > s'embarasse avec des probabilités, puisque la réalité ultime de son > univers exclue purement et simplement ce facteur pour "faire ce qui > lui chante". Je me garde bien d'ajouter des commentaires, le texte a suffit ![]() Sacha |
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| In news : 48ea4340$0$12242$426a74cc***news.free.fr, Sacha Martinetti-Lévy <sacha.martin***freesurf.fr> Publia : > In news : 48e7bfb3$0$22391$426a34cc***news.free.fr, void > <void***void.void> Publia : > >> Enfin, pour résumer, en l'absence de toute base cohérente pour un >> quelconque calcul, les probabilités de l'existence de l'univers >> plutôt que son inexistance sont de l'ordre de 0/infini. A partir de >> cette simple constatation, je ne vois pas bien pourquoi l'humanité >> s'embarasse avec des probabilités, puisque la réalité ultime de son >> univers exclue purement et simplement ce facteur pour "faire ce qui >> lui chante". > > Je me garde bien d'ajouter des commentaires, le texte a suffit ![]() iiiiihhh !!!!!! |
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