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| "dodgy" <dodgy***orange.fr> a écrit dans le message de news: f9d18552-70a2-4c16-a317-da09f8fdf751...oglegroups.com... Ce qui est assez fascinant, c'est la capacité de travail intellectuel que peuvent fournir certaines personnes..On dirait que le fait d'être inquiets du monde ne les perturbe pas dans leur étude, comme si la pensée pouvait se couper du monde tout en y réfléchissant et c'est là que cela m'a toujours posé un problème au niveau de leur crédibilité. Si je me coupe du monde, c'est pour ne plus y penser.On ne peut continuer d'y penser et continuer d'exister.On ne peut continuer d'exister que pour des raisons prioritaires, comme exister pour ne pas laisser seul(s) un ou des êtres dont les conditions de vie dépendent de nous. L'existence est un piège, on peut disparaître volontairement pour son confort intellectuel personnel, mais - à froid - et si on a un peu de respect pour ce qui nous entoure de manière très proche, on ne peut pas. Et en même temps, se couper du monde artificiellement, c'est ne pas respecter les êtres. * Oui, c'est un sujet qui me pose problème depuis longtemps, aussi bien pour moi-même que pour les autres. Je vais prendre un exemple concret. Ceux qui aiment philosopher sont d'abord ceux qui se posent des questions d'ordre métaphysique, du genre "pourquoi j'existe?", "quel est le sens de notre existence ?" "ce que je vois est-il réel ?" etc. Ces questions auxquelles nous nous intéressons sont pour nous quelque chose de quasi viscéral, sinon, comme disent les autres, on "ne se prendrait pas la tête avec".. Et les gens qui se les posent peuvent être n'importe qui, y compris des gens illettrés ou analphabètes. A côté de ça, nous avons les profs de philosophie. Ils raisonnent mieux, exposent avec clarté, mettent sur la table toutes les références possibles sur le sujet, et finalement en arrivent même à tirer des conclusions. Mais on a pourtant l'impression qu'on ne parle pas de la même chose : d'un côté, c'est monsieur tout le monde qui s'interroge sur son existence et sa façon de vivre, ce qui peut l'angoisser ou le porter à agir d'une manière ou d'une autre, c'est viscéral comme je l'ai dit, même s'il ne fait pas le tour complet de la question, c'est lié fortement à sa vie réelle. De l'autre, on a quelqu'un qui traite un "sujet", une "matière", les questions ne semblant avoir d'intérêt qu'en tant qu'acquisition de connaissances ou pour avoir une bonne note à un examen, jamais en tant qu'enseignement d'une manière de vivre plus consciente ou plus réfléchie, en prise avec la réalité, et qui par conséquent élimine toute implication personnelle. Troisième volet : nous-mêmes. En tant qu'animateur du Café-Débat de St Quentin en Yvelines (http://quentinphilo.over-blog.com), je vais introduire samedi 13 septembre la discussion sur le thème : "La vie a t-elle un sens ?". C'est moi qui ai choisi le sujet, justement parce qu'il me "parle", ainsi que je viens de le dire ci-dessus. Et pourtant, alors que je suis en train de le préparer, je me surprends à me comporter comme un prof de philo, à chercher des références, à ne rien oublier des différentes facettes de la question, bref à traiter le sujet "de l'extérieur", comme s'il ne me concernait pas. Y aurait-il donc deux personnes en moi, l'une qui se pose des questions, et l'autre qui se regarde les poser, en se maintenant "hors jeu", avec un regard quasiment désincarné ? |
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| Tags: capacit, dtre, monde |
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