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| Le projet eugéniste capitaliste pour éradiquer les pauvres de tous les pays présenté au Club de Rome et soutenu par le GRECE (groupe d'intellectuels du FN , néo-nazis , et de divers droites dont l'UMP et d'autres ralliés mais pas seulement , d'autres opportunistes de la classe économique et politique s'y sont rallié (cela fera l'objetd'un prochain post ; VI- La question démographique L’empreinte écologique de l’humanité sur la biosphère étant le produit du niveau de vie (c’est-Ã***-dire la quantité, la qualité et la nature de la consommation, d’un côté ; la technologie employée, de l’autre) par le nombre d’habitants, le problème démographique revêt aussi une grande importance. Même s’il est difficile de déterminer les « responsabilités » respectives : par exemple, l’essentiel du doublement de la consommation de bois de chauffage est dû Ã*** la croissance de la population, alors que la surconsommation du papier est surtout imputable Ã*** la hausse des niveaux de vie. A- Une explosion lourde de menaces Pendant longtemps, l’espèce humaine s'est développéeÃ*** un rythme lent (depuis le néolithique, on estime que la population doublait, en moyenne, tous les mille six cents ou mille sept cents ans). En l’an 1000, il y a environ 250 millions d’hommes. Entre 1200 et 1500, le cap des 400 millions est franchi. En 1600, on estime l’effectif de l’humanité Ã*** 580 millions ; en 1700, Ã*** 770 millions ; en 1800, Ã*** 900 millions. Le premier milliard est dépassé aux environs de 1820 ; le deuxième un siècle plus tard, vers 1925. C’est après que le phénomène va s’accélérer, Ã*** tel point qu’au cours du dernier demi-siècle, la population du globe va plus que doubler, passant de 2,5 milliards en 1950 Ã*** six milliards en 2000 (ce cap aurait été franchi officiellement le 12 octobre 1999). C’est-Ã***-dire que la population mondiale a davantage augmenté depuis 50 ans que pendant les quatre millions d’années qui se sont écoulés depuis l’apparition de l’homme. Par ailleurs, l’inégale répartition de cette population aggrave le phénomène : 38 % de la population du globe vit dans deux pays : la Chine et l’Inde. 1- Des perspectives plus rassurantes ? Par rapport aux hypothèses envisagées vers le milieu du XXe siècle, qui prévoyaient une augmentation galopante de la population, la situation semble moins dramatique. Le rythme de croissance de cette population mondiale diminue depuis les années 60 (2,3 % en 1963 contre 1,3 % en 1998), avec d’importantes disparités. Ce qui laisse espérer une estimation Ã*** neuf milliards plutôt qu’Ã*** douze milliards vers 2050 (9,322 milliards selon les Nations Unies). Et même une stabilisation, peut-être pour la fin du siècle, puisque vers 2020-2030, le taux de fécondité (qui s'obtient en divisant le nombre d'enfants nés vivants au cours d'une période par le nombre de femmes en âge de procréer) serait de 2,2 enfants par femme, c’est-Ã***- dire très proche du taux de remplacement. Dans une trentaine de pays, représentant 12 % des habitants du globe, la population est pratiquement stabilisée. A l’exception du Japon, ces pays sonttous situés en Europe. Certains (Russie, Allemagne) s’orientent même vers une diminution de leur population au cours du demisiècle Ã*** venir. A l’opposé, d’autres pays sont d’ores et déjÃ*** promis Ã*** un doublement ou Ã*** un triplement de leur population au cours de la même période (Ethiopie, Nigeria, Congo, Tanzanie, Pakistan…) 2- Le problème demeure « La prévision est un art difficile, surtout lorsqu’elle porte sur l’avenir », disait un économiste. Même si les prévisions sont moins alarmantes, lanécessité de stabiliser la population mondiale reste une urgence et n’éloigne pas définitivement les craintes. Ne serait-ce que parce qu’une partie des baisses enregistrées est davantage due Ã*** une hausse de la mortalité qu’Ã*** une baisse des taux de fertilité (multiples conflits armés meurtriers, extension rapide du SIDA _jusqu’Ã*** présent, plus de 12 millions de morts ; 30 millions de personnes étant infectées _, réapparition de maladies plus anciennes comme la malaria ou la tuberculose). Hervé Le Bras rappelle Ã*** juste titre dans « Les limites de la planète » (Flammarion, 1994) que les « grandes cicatrices » historiques ont été laissées, non pas par l’hostilité de la nature, mais par de grands événements politiques (la guerre de Trente ans en ce qui concerne l’Europe centrale, la conquête espagnole pour l’Amérique centrale et du Sud, la traite des esclaves quant Ã*** l’Afrique). Il n’empêche que le lien entre les limitesnaturelles et l’augmentation de la population devient de plus en plus perceptible. En premier lieu, dans le domaine alimentaire. Certains pays ont su conjuguer une augmentation des récoltes de céréales (base de l’alimentation partout dans le monde) et une croissance ralentie de leur population. Cependant, les chiffres sont lÃ***. Tout d’abord, les surfaces cultivables par personne se sont réduites de moitié depuis 1950, passant de 0,24 Ã*** 0,12 ha. En supposant que la surface globale reste constante, ce chiffre tombera Ã*** 0,08 ha en 2050, posant le problème grave de la capacité de certains paysÃ*** s’auto-alimenter. Par ailleurs si, de 1950 Ã*** 1984, l’augmentation de la récolte de céréales a largement dépassé celle de la population (la production par personne est passée de 247 Ã*** 362 kilos), entre 1984 et 1998, le phénomène s’est inversé, et la production par personne est redescendue Ã*** 312 kilos. Ce ralentissement de la production mondiale est dû Ã*** la pénurie de nouvelles terres (l’urbanisation grignote chaque année des millions d’hectares), Ã*** une expansion moins rapide de l’irrigation (concurrence des usages industriel et domestique) et de l’emploi des engrais (rendements décroissants). Même s’il est vrai, par ailleurs, que l’amélioration des conditions de stockage des aliments (silos étanches et secs empêchant les pertes dues aux mulots, aux rats ou aux charançons) pourrait augmenter sensiblement les réserves disponibles. Aujourd’hui, les limites des superficies cultivables sont atteintes: toute augmentation future de la production de céréales ne peut provenir que de nouveaux gains de productivité de la terre. Or la hausse de la productivité des terres Ã*** céréales est tombée Ã*** moins de 1 % par an entre 1990 et 1997. Parce que les océans sont surexploités, la pêche maritime subit le même sort. De 1950 Ã*** 1988, elle s’est considérablement accrue, et surtout plus viteque la population (passant de 8 Ã*** 17 kilos par personne). Mais depuis, la situation s'est dégradée : entre 1988 et 1997, le volume des prises par personne a chuté de 4 % environ. Les prochaines décennies verront se confirmer les tendances actuelles : disparition de certaines espèces, baisse de la qualité des produits, prix en hausse, aggravation des conflits pour l’accès aux zones de pêche. Problème sous-estimé aujourd’hui, la pénurie d’eau est pourtant annoncée depuis longtemps par certains spécialistes. En raison de la croissance de la population, le volume d’eau disponible par personne diminuera de 73 % entre 1950 et 2050, entraînant des répercussions dont personne ne peut soupçonner l’ampleur. Selon les projections faites parDavid Seckler (de l’International Water Management Institute), un milliard de personnes vivront en 2025 dans des pays souffrant d’une pénurie totale d’eau. Dans le contexte d’un système capitaliste qui n’a cessé de provoquer le gaspillage, la « prospérité » engendre une utilisation plus forte de matières premières. Entre 1963 et 1995, l’emploi des matières premières dans le monde a beaucoup progressé (de 141 %) alors que la population mondiale n’augmentait que de 77 %. Sachant que les pays industrialisés rejettent beaucoup plus de déchets, et surtout de déchets dangereux, la croissance de la population mondiale dans son ensemble (environ trois milliards d’ici 2050) ne peut qu’aggraver les problèmes déjÃ*** sérieux d’élimination de ces déchets, avec tous les risques sanitaires qui en découlent. Si les incidences négatives d’un fort accroissement de la population affectent de manière de plus en plus évidente les capacités biologiques de la planète, les phénomènes sociaux n’échappent pas Ã*** l’emprise de la surpopulation. Le niveau de l’emploi notamment souffre d’une augmentation importante de la population. Les enfants d’aujourd’hui étant les travailleurs potentiels de demain, la relation entre croissance de la population et nombre d’emplois Ã*** créer est plus cruciale dans les pays où la population jeune est nombreuse. La main-d’oeuvre au Moyen-Orient et en Afriquedu Nord doublera dans les 50 prochaines années. En Asie, les préoccupations sont identiques: au Pakistan, la main-d’oeuvre disponible passera de 70 millions en 1998 Ã*** 199 millions en 2050 ; en Inde, au cours des 25 prochaines années, elle augmentera de près de dix millions chaque année. Or l’augmentation du nombre de chômeurs est toujours synonyme de pauvreté, souvent de famine. Un volant important de chômage constituant toujours une arme du patronat en lui permettant d’imposer ses conditions. De nombreux autres problèmes sociaux résulteront pendant longtemps encore de choix budgétaires prisonniers du contexte démographique. ô€‚¾ L’enseignement : même si le rythme de croissance démographique ralentit, la population d’âge scolaire continuera Ã*** augmenter sensiblement dans de nombreux pays. Avec 900 millions d’adultes illettrés dans le monde, la mise en oeuvre d’un enseignement primaire, puis secondaire, représente un défi déjÃ*** trop lourd. ô€‚¾ Le logement : parce qu’un nombre croissant d’individus n’a pas les moyens d’accéder Ã*** un logement décent, 600 millions au moins d’habitants des villes et plus d’un milliard de zones rurales en Afrique, en Asie et en Amérique latine vivent dans des logements insalubres et des taudis, mettant parfois leur santé et leur vie en danger. Or, selon les prévisions de l’ONU, les besoins mondiaux en logement devraient presque doubler pendant les cinquante années Ã*** venir. ô€‚¾ Les tensions sociales et conflits : même si la croissance démographique n’est pas Ã*** elle seule facteur de violence, lorsqu’elle conjugue ses effets Ã*** la pauvreté, aux inégalités, aux « fractures » sociales, elle rend la « paix sociale » beaucoup plus fragile. Principalement dans les pays du tiers monde, les conflits sont fréquents lorsqu’une croissance rapide de la population engendre ou accentue une pénurie de terres, de produits alimentaires, d’eau, de logements, d’emplois. La guerre elle-même devient une « nécessité », une« soupape de sûreté » par rapport au phénomène de surpopulation. Nelly Roussel écrit, dans «La Voix des Femmes » : « Il reste évident qu’un peuple trop nombreux, qui a besoin d’expansion, est poussé Ã*** la conquête, Ã*** la colonisation, Ã*** l’impérialisme sous toutes ses formes… » Maurice Laisant, lui, écrit dans « La Rue » : « Lorsque les gouvernements ne peuvent plus satisfaire aux besoins élémentaires des populations excessives qu’ils ont appelé de leurs voeux et de leurs encouragements, lorsqu’ils ne peuvent plus dénouer les crises engendrées par ce surnombre d’humains, ils n’ont plus que le recours de lancer leurs peuples dans des expéditions guerrières, tant pour écouler le trop-plein des populations que pour créer de nouveaux emplois en raison des ruines accumulées. » B- Une régulation au service de qui ? Longtemps, la régulation numérique de l’espèce humaine fut synonyme de fléau : les famines, les grandes épidémies (souvent dues aux guerres d’ailleurs, plus qu’Ã*** l’insuffisance des récoltes) décimaient les populations. Ce sont ensuite les religions, les institutions obscurantistes qui imposèrent leurs valeurs Ã*** ceux qui prétendaient maîtriser leur fécondité. Le bonheur et l’épanouissement individuel de tous n’a jamais constitué un objectif pour les classes dirigeantes. Il faut souligner la responsabilité de ceux qui, sous les prétextes les plus fallacieux, se sont acharnés Ã*** orienter, Ã*** contrôler les comportements (notamment par l’instrumentalisation desfemmes), le plus souvent en favorisant des politiques natalistes : la conquête de nouveaux territoires, le désir de colonisation constituaient souvent le mobile principal. Sans tomber dans la paranoïa d’un Mao qui voyait dans une population nombreuse unearme décisive dans la lutte contre le capitalisme, plusieurs Etats (France de l’entre-deux guerres, Allemagne et Italie de la même époque, Europe de l’Est dans les années 1960-1970…) ont favorisé l’accroissement démographique, conçu comme un facteur de puissance, en combinant des mesures coercitives comme la répression de l’avortement et des mesures incitatives, telles que les allocations familiales. Une affiche française de propagande nataliste, parue en 1926, indiquait : « Les grandes familles assurent la paix. Les petites familles préparent la guerre », et « L’Allemagne ne nous aurait pas attaqués en 1914 si nous avions été dix millions de Français de plus » ! ! A ceux (celles) qui dramatisent le phénomène du déclin et du vieillissement pour justifier, entre autres, les attaques contre les retraites, il convient de rappeler, premièrement, que les enfants constituent une charge économique pendant vingt ans (voire plus) avant de fournir un rapport pour la communauté, deuxièmement, que tout jeune est un vieillarden potentialité, et donc que réclamer un surnombre de jeunes aujourd’hui, c’est alourdir l’avenir d’un surnombre de vieillards. Toujours cette terrifiante fuite en avant ! Plus rarement dans l’histoire, les politiques démographiques ont oeuvré en sens contraire. En France, après 1789 par exemple, les dirigeants politiques considéraient qu’une population relativement importante pouvait devenir dangereuse pour le maintien de leur pouvoir. Ce n’est que vers le milieu des années 70 que l’intervention de l’Etat vise Ã*** réduire la fécondité lÃ*** où elle est jugée trop forte. Entre le cas de la Chine (et également de l’Inde) où la chute de la fécondité a été obtenue par la coercition (retard des mariages, séparation des conjoints, stérilisations et avortements forcés, système de sanctions et de récompenses, pression sociale…) et celui de Hong-Kong ou de Taïwan où la baisse importante provient essentiellement de l’accès Ã*** la prospérité, les stratégies les plus diverses ont été appliquées. Aujourd’hui, compte tenu des risques écologiques et sociaux (et de l’instabilité politique qui pourrait en découler), que représente l’accroissement démographique (même ralenti), surtout dans les pays du tiers monde, la menace la plus lourde qui pèse sur les pauvres, c’est-Ã***-dire les plus nombreux, c’est leur élimination physique dont rêvent, sur la planète, un certain nombre de détenteurs du pouvoir, économique ou politique. 1- L’eugénisme, instrument de contrôle social Bien entendu, le problème n’est pas nouveau. « Nous sommes en train d’inventer un eugénisme soft » : cet avertissement est de J. Testart, directeurde recherches Ã*** l’INSERM. On a souvent tendance Ã*** assimiler eugénisme et nazisme. Or l’eugénisme, dont le terme a été créé en 1883, n’est pas du tout un phénomène marginal mais massifet très répandu dans la première moitié du XXe siècle ; ces thèses étant défendues par de nombreux biologistes, médecins, élus, d’opinions politiques et philosophiques variées. L’eugénisme est lié Ã*** des idées de déclin et de dégénérescence : on voit en lui le substitut Ã*** une sélection naturelle qui ne joue plus dans les sociétés humaines. Invoquer la dégénérescence des classes pauvres dédouanait le capitalisme industriel de ses responsabilités en la matière. Or ce sont bien les terribles conditions de vie et de travail imposées par la révolution industrielle dans la seconde moitié du XIXe siècle qui ont créé des difficultés sociales et une dégradation de la santé publique (maladies contagieuses, alcoolisme, prostitution, maladies mentales, criminalité), phénomène rendu beaucoup plus visible du fait de la concentration dans les villes. C’est aux Etats-Unis qu’apparaît d’abord l'eugénisme, Ã*** une période où l’élite craint de perdre les commandes du système économique et politique face Ã*** la pauvreté et Ã*** l’agitation sociale. L’eugénisme fournissait Ã*** la fois une explication « scientifique » aux problèmeséconomiques et sociaux, l’hérédité, et une méthode non moins « scientifique » pour les résoudre, la stérilisation. L’Indiana fut le premier Etat Ã*** promulguer une loi en 1907 qui rendait obligatoire la stérilisation des criminels avérés, des imbéciles, des idiots et d’autres catégories de citoyens accueillis par les établissements correctionnels ou sanitaires, après approbation par un jury d’experts. En 1931, trente Etats avaient voté des lois sur la stérilisation, et des milliers de citoyens américains avaient fait l’objet d’une « solution chirurgicale ». Par ailleurs, le test de mesure de certaines aptitudes mis au point par Alfred Binet, et introduit aux Etats-Unis en 1916, est détourné de ses objectifs initiaux : il devient un moyen d’identifier les individus génétiquement « défectueux » et est utilisé en Angleterre et aux Etats- Unis pour détourner le plus grand nombre des enfants issus de la classe ouvrière vers des filières scolaires courtes. L’eugénisme se développera plus tard dans d’autres pays : la Suisse et le Canada avaient des lois eugénistes depuis 1928, le Danemark depuis 1929, l’Allemagne depuis 1933, la Norvège depuis 1934, la Suède depuis 1935 (on estime qu’il y a eu, dans ce pays, entre 1935 et 1976, environ 60 000 stérilisations, alors qu’en Allemagne, ce sont plusieurs centaines de milliers de malades mentaux et de vieillards qui ont été exterminés). Si ces pratiques semblent révolues, on voit aujourd’hui resurgir, parallèlement aux progrès du génie génétique, une sociobiologie qui contribue Ã*** préparer un climat culturel favorable Ã*** l’avènement d’une société eugénique. Lasociobiologie fait la part belle Ã*** l’inné au détriment de l’acquis. Certains chercheurs affirment même que pratiquement toutes les activités humaines sont, d’une façon ou d’une autre, conditionnées par notre bagage génétique. Ils estiment que les tentatives de réformer le système économique et social constituent au mieux un simple palliatif et au pis une perte de temps. Les causes des inégalités sociales, dela pauvreté, de l’exclusion se trouvent dans les gènes. L’objectif n’est pas d’améliorer l’humanité, préoccupation populationnelle, mais d’empêcher la naissance d’êtres dont la vie ne mériterait pas d’être vécue, préoccupation individuelle. Il faut savoir que F. Crick (prix Nobel en 1962, avec Watson, pour sa découverte de la structure de l’ADN) a pu déclarer : « Aucun enfant nouveau-né ne devrait être reconnu humain avant d’avoir passé un certain nombre de tests portant sur sa dotation génétique (…) S’il ne réussit pas ces tests, il perd son droit Ã*** la vie. » Cette conception progresse de manière tellement sensible que des scientifiques eux-mêmes sont tentés de mettre en garde l’ensemble de l’opinion.. Ruth Hubbard, professeur de biologie Ã*** l’université de Harvard, écrit : « Il s’agiten partie d’une réaction conservatrice contre les acquis du mouvement pour les droits civiques et du mouvement féministe. Ces mouvements ont insisté sur l’importance du milieu dans la formation de notre identitéen défendant l’idée que, si les femmes, les Noirs et d’autres groupes jouissent d’un statutinférieur dans la société américaine, c’est Ã*** cause des préjugés dont ils sont victimes, et non de leur infériorité naturelle. Les conservateurs n’ont pas manqué d’acclamer les découvertes scientifiques qui semblent démontrer l’existence de différences innées dont ils peuvent se servir pour expliquer l’ordre social existant. » Pour sa part, le docteur Jonathan Beckwith, de Harvard également, écrit : « L’insistance sur la seule génétique comme facteur explicatif des maladies et des problèmes sociaux tend Ã*** détourner l’attention de l’opinion des autres approches de ce type de problème (…) L’explication génétique de l’intelligence, de la différenciation des rôles sexuels ou de l’agressivité tend Ã*** absoudre la société de toute responsabilité Ã*** l’égard des inégalités qu’elle nourrit, au plus grand bénéfice de tous ceux qui ont un intérêt au maintien des inégalités. » 2- Le contrôle des populations Le moyen le plus sûr de contrôler un individu, et Ã*** plus forte raison, une population, c’est de l’anéantir ! Il faut E-LI-MI-NER ! On connaît Ã*** peu près la pratique nazie d’élimination des prisonniers de guerre soviétiques et des populations juives d’Europe, qui consistait Ã*** affamer ces populations civiles : ce sont plus de trois millions d’hommes et de femmes qui ont été assassiné(e)s. On connaît les pratiques criminelles Ã*** l’encontre de ceux dont l’hérédité constitue un « fardeau » pour la société. On connaît beaucoup moins les théories de réduction massive des populations, qui peuvent prendre des visages très différents. Et pourtant, la faim est aujourd’hui devenue une arme de guerre redoutable dans de nombreux pays. Sylvie Brunel écrit, dans « La faim dans le monde » : « Plus de 100 millions d’êtres humains sont morts de faim au cours des cent dernières années, lors de famines particulièrement meurtrières, dues Ã*** des choix politiques délibérés, Ã*** une volonté de contrôle total de la société, ou Ã*** la décision d’éliminerdes minorités. » « Le militantisme eugéniste a trouvé Ã*** s’occuper en s’orientant vers une nouvelle forme de malthusianisme », écrit André Pichot, directeur de rechercheau CNRS, dans « La société pure : de Darwin Ã*** Hitler » : le contrôle de la population mondiale, notamment grâce Ã*** Frederick Osborn (un ancien compagnon de Laughlin), et avec le soutien de la Fondation Rockefeller ». Fondation Rockefeller dont l’objectif est de développer les outils de connaissance et d’action sur le vivant permettant le contrôle biologique de l’humanité, qui s’est faite le promoteur principal des programmes de réduction des populations auprès des Nations Unies, qui s’implique dans de nombreux domaines médicaux (psychiatrie, génétique), et dontJ.-P. Berlan, chercheur Ã*** l’INRA, a pu dire qu’elle développe depuis maintenant soixante ans « l’instrumentalisation réductionniste du vivant ». Un auteur américain, William Vogt, dans « La faim du monde », popularise ces thèses dans les années 1950. Ce bon apôtre se livre Ã*** une description apocalyptique de la situation écologique et de la surpopulation (même si ces problèmes sont effectivement d’une extrême gravité), en regrettant que, par la protection des faibles, la société et la médecine multiplient la population audelÃ*** des capacités nourricières du sol. Dans cet ouvrage qui prône le « contrôle écologique des naissances », on peut lire : « Une guerre bactériologique Ã*** grande échelle serait un moyen efficace, si elle était énergiquement menée, de rendre Ã*** la terre ses forêts et ses pâturages », et plus loin : «L’un des biens essentiels du Chili, le plus grand peut-être, est le taux élevé de sa mortalité ». 3- L’éradication des pauvres Si ces élucubrations n’étaient l’oeuvre que de quelques illuminé(e)s, l’inquiétude ne serait pas justifiée. Mais ce n’est pas le cas. Dans le sillage des théories de Malthus, le Club de Rome, fondé en 1968, popularise les notions de limites de la planète. Groupe multinational, « non politique », réunissant des scientifiques, des économistes, des universitaires, des fonctionnaires, des industriels, il se fixe pour but de trouver et proposer aux décideurs politiques des solutions pratiques aux problèmes planétaires. A partir de phénomènes constatés (épuisement des sols, gaspillage des ressources énergétiques, accumulation des déchets, raréfaction de l’eau potable), des questions sont posées : notre planète est-elle trop peuplée ? Les équilibres environnementaux sont-ils en péril ? Dans cette mouvance, certains s’interrogent sincèrement, sans arrière- pensée, sur le problème effectivement grave de l’interaction entre l’homme et son milieu. Mais d’autres n’utilisent ce discours catastrophiste sur les limites physiques dela biosphère que pour légitimer l’extermination des populations les plus pauvres, les plus démunies, en jouant perfidement sur les peurs collectives.Un mémoire de Henri Kissinger (une des plus sinistres crapules de la fin du siècle dernier), intitulé « Incidences de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des Etats-Unis et sur ses intérêts outre-mer », daté du 10 décembre 1974, est resté secret jusqu’au 31 décembre 1990, date Ã*** laquelle il a été mis Ã*** la disposition de ceux qui le demandaient. C’est la peur d’une explosion démographique dans un tiers monde « socialiste-communiste » et la menace qu’elle représentait pour la suprématie blanche, son idéologie et son expansion capitaliste Ã*** l’étranger qui a constitué le détonateur. L’idée de base de ce mémoire est que « pour perpétuer l’hégémonie américaine du monde et assurer aux américains un libre accès vers les minéraux stratégiques de l’ensemble de la planète, il est nécessaire de contenir, voire de réduire, la population des treize pays du tiers monde (Inde, Bangladesh, Nigeria…) dont le poids démographique Ã*** lui seul les condamne, pour ainsi dire, Ã*** jouer un rôle de premier plan en politique internationale ». Pour atteindre ce but, il faut faire accepter les méthodes de contrôle des naissances par les leaders du tiers monde, grâce Ã*** l’insinuation politique (en prenant garde que de telles pressions n’apparaissent comme une « forme d’impérialisme économique ou racial » !!). Et si ce plan s’avère inefficace, il faudra recourir Ã*** des méthodes plus coercitives. Le Département d’Etat de l’administration Carter _une administration traumatisée par tout ce qui relevait de la « sécurité nationale » _ publiaitun rapport où on pouvait lire : « Depuis des siècles, des millions de pauvres ont accepté leur sort avec résignation dans la plus complète apathie politique. La situation est en train de changer. A mesure que les moyens de communication se développent, l’idée qu’une vie meilleure est envisageable fait son chemin. Il faut s’attendre Ã*** ce que certains, dans la hâte d’un changement radical, aient recours Ã*** la violence, au terrorisme même. Il existe un réel danger de voir la violence monter et s’étendre tant qu’on n’aura pas trouvé des moyens plus efficaces pour améliorer les conditions de vie des masses » ! ! ! Il faut savoir que Mme Margaret Sanger, fondatrice du Family Planning, grande admiratrice de Hitler, a pu écrire : « Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l’on permet aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que nous ayons aucune maîtrise sur leur fécondité » ! ! et aussi : « Le prolétariat n’a que lui-même Ã*** blâmer pour sa déchéance : il cesserait d’être prolétaire s’il cessait de se multiplier » ! ! ! Et le Dr M. King, un des responsables des stratégies démographiques, a pour sa part, tenu les propos suivants : « essayez le planning familial, mais si cela ne marche pas, laissez mourir les pauvres parce qu’ils constituent une menace écologique » ! ! ! Après un demi-siècle de croissance fulgurante, le capitalisme a créé le chaos économique et social dans les pays du tiers monde, marginalisant ou même condamnant Ã*** mort, Ã*** l’aide des plans d’ajustement structurel du FMI (dévaluation des monnaies, gel des salaires, privatisation des industries, augmentation des prix des denrées alimentaires, réduction des budgets sociaux…), un nombre croissant d’individus. Aujourd’hui, la ruine économique, l’extrême pauvreté, le désoeuvrement, le désespoir ont créé une situation explosive. L’impasse dans laquelle les pays pauvres se trouvent enfermés, ce sont des millions de personnes qui n’ont plus rien Ã*** perdre, ce sont les tentations de céder aux pires extrémités de la haine et du fanatisme, c’est le développement rapide des clans mafieux. Le pauvre est perçu commeun facteur de risque (immigration, terrorisme…) ; ce potentiel d’explosion servant, Ã*** travers tous les amalgames possibles, Ã*** justifier la montée de l’idéologie sécuritaire. Ce contexte de tensions redoutables menace le capitalisme dans ses fondements. Un capitalisme de plus en plus incertain de pouvoir encadrer et gérer une misère qu’il a luimême engendrée, de contenir les débordements possibles de quatre milliards d’individus qui pourraient aspirer légitimement au train de vie américain, alors que les ressources de la planète ne le permettent pas ! ! Le Nord doit tout mettre en oeuvre pour éviter que le Sud ne l’entraîne avec lui dans sa chute ! C’est le thème abordé par Suzan George dans « Le rapport Lugano ». Pour sa seule survie, le capitalisme ne peut continuer Ã*** tolérer la présence de milliards d’humains « superflus ». Puisqu’il ne peut fonctionner de manière optimale selon les conditions démographiques prévisibles, alors ce sont ces conditions qu’il lui faut modifier. Ramener la population Ã*** deux, trois ou quatre milliards ? C’est selon la fiabilité des modèles mathématiques ou le degré d’optimisme de leurs concepteurs ! Puisqu’il ne peut plus combattre la pauvreté, le capitalisme éliminera les pauvres ! Les fractions de populations « non solvables », se situant hors marché, les individus non productifs qui ne participent pas Ã*** l’ « effort global », n’intéressent plus les multinationales, notamment agroalimentaires. D’où les stratégies criminelles des grandes firmes, les réponses cyniques des technocrates, les méthodes barbares envisagées, et déjÃ***utilisées : famines provoquées, épidémies, génocides, stérilisations forcées, eugénisme… Il faut savoir que pour certains, refuser de combattre la faim ou laisser se développer le SIDA constitue une noble tâche d’ordre écologique : « permettre Ã*** la nature de retrouver son équilibre » ! Malheureusement pour ces assassins, il n’est pas sûr que la multitude des pauvres, des exclus, des « morts vivants » se laisse tranquillement mourir de faim. Le problème posé n’est donc plus de s’interroger sur l’aspect mathématique des variations de l’effectif de l’espèce humaine : celle-ci doit impérativement parvenir dans le siècle présent Ã*** une stabilisation de sa population. La question centrale est de savoir si ce mouvement sera imposé par les événements, par des politiques autoritaires, par des méthodes fondées sur la coercition, voire sur la barbarie, ou s’il résultera d’un choix volontaire, refusant que le désir de procréation ne devienne programmable par une prétendue élite éclairée. Le cheminement de l’homme, notamment par l’évolution technique, ayant causé la disparition de tous ses prédateurs naturels, l’espèce humaine a couvert l’ensemble de la planète et se trouve désormais confrontée Ã*** son propre envahissement. Il s’agit de répondre Ã*** un défi biologique, de porter un regard lucide sur les problèmes que pose la survie de l’humanité. La maîtrise démographique n’est évidemment pas le seul élément déterminant dans la construction de l’avenir. Les limites de la planète pourraient être atteintes par une population stationnaire qui persisterait dans la voie productiviste. Mais cette maîtrise constitue un préalable Ã*** la résolution de problèmes aussi graves que la pollution, la pauvreté, l’urbanisation sauvage… Pour que cette maîtrise soit le résultat du libre arbitre d’adultes responsables, il importe de généraliser rapidement le débat crucial sur les relations complexes entre environnement et population. On 30 juil, 14:04, "Franck jam" <333boxo...***laposte.net> wrote: > "jmB" <j...***lion.org> a écrit dans le message news: > 488fce6a$0$968$ba4ac...***news.orange.fr... > > > > > > > Franck jam a écrit : > > >>> Evidemment que son texte n'est pas crédible. Ca saute au yeux. > > > >> Â*** ta gueule pôv pomme, j'te cause pas Ã*** toi... > > >> retourne dans ta niche, apprendre Ã*** lire > > >> et fait pas de commentaire merdeux sur mes textes. > > >> tout le monde sait lire...sauf toi. > > > >> Malatesta.c'est mon frère de classe, alors pas touche > > > > Tiens ? C'est vrai que t'abonde. J'avais pas bien saisi :-) > > > > A la relecture, j'aime bien la tournure de celle-ci : > > > "par ce que Ã*** l'intèrieur des USA il y a une grande variabilité entre > les > > > états riches et pauvres" T'a pas inventé le fil Ã*** couper le beurre toi > :-) > > > Ta culture des USA est epoustouflante. > > > T'as remarqué...! > > Oui. Toi qui ne t'ai même pas aperçu des incohérence formelles du texte de > ton copain Malatesta. Il est Ã*** peu près certain que la citationqu'il a > donné n'a pas été écrite par un Â***américain - Ou alors, qu'il donne ses > sources - En tout cas, il émane de plusieurs sources différentes. Cependant > le coeur y est (bien que tu confondes marxisme et anarchisme). > > Les inégalités sont flagrantes, je suis d'accord sur ce point. Mais de lÃ*** a > sortir des lieux communs du genre : "par ce que Ã*** l'intèrieur des USA il y a > une grande variabilité entre les > Â***états riches et pauvres". > > Le problème avec les placardistes multiposteurs tels que Wen Kroy le > lambertiste ou Malatesta l'anarchiste, c'est qu'ils se foutent royalementde > la philosophie (ce ne sont pas les seuls). Ils se contentent d'utiliser ce > groupe comme tribune politique et sous la mince couche de leur militantisme > de doux rêveur se dissimule un totalitarisme de fait. C'est justement ce > totalitarisme que je combats - sur ce groupe et dans n'importe quel autre > contexte citoyen - Â***quelques soient les formes qu'il prenne - Capitalisme, > marxisme ou anarchisme. Mais cela va plus loin. Ne serait-ce que concernant > la définition d'un "système" politique qui se doit d'être mouvant selon les > époques et les lieux et aucunement statique. Car c'est dans la nature même > de l'humanité et des peuples que de n'être pas réductible Ã*** un système > social figé. Dans ce sens et malgré les apparences, je serais bien plus > anarchiste que Malatesta, meilleur marxiste que Wen Kroy et capitaliste plus > prudent que Guillet. > > Un proverbe dit : "Si tu ne peux devenir roue, devient un rayon de la > roue" - Oui mais non. Encore faudrait-il que la roue ne soit pas bancale.Il > y a donc Ã*** réfléchir sur le problème d'individuation en regard d'un > quelconque système politique. Si ce dernier devient inséparablede > l'expression de la personne - indissociable de son regard sur le monde et > sur lui-même et, par cela, objet de névrose, de manque Ã*** combler - alors > oui, il y a perversion. Car tous systèmes politiques sont, par définition, > imparfaits, contextuels. Le corpus des lois n'échappe pas Ã*** cette > contrainte - Il y a les lois et l'esprit des lois - ce qui se pratique > communément sous le nom de jurisprudence. Les lois ne sont rien d'autre par > elles-mêmes que l'expression de l'imperfection de l'homme - Sans cela, elles > sont un container vide. > > Dernier point : > > Prenez une feuille de papier pliée dans le mauvais sens. Pour la remettre > plane, vous allez forcer la pliure dans le sens contraire. Cela ne signifie > nullement que la pliure dans le sens contraire soit LA loi. Malatesta et Wen > Kroy sont des gens qui font cette erreur. > > > > > >> bourgeois de mes deux... > > > > Ca, ça, c'est rhétorique. > > > Â*** Â*** La raie torique....fais voir, j'veux visiter! > > Jeu de mot débile et vide de sens. > > Max- Masquer le texte des messages précédents - > > - Afficher le texte des messages précédents - |
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| LA P E S T E : Le G.R.E.C.E : La Nouvelle droite Juliette Pierre 17-09-2003 Source: Etudes Marxistes n°25, 1er trimestre 1995 • www.marx.be 1. Existe-t-il une « Nouvelle Droite » purgée de l’anticommunisme et du racisme ? Je dois vous dire, tout d’abord, que le sujet dont nous allons traiter ce soir apparaît, à première vue - je souligne « à première vue» - extrêmement complexe, difficile à démêler. La « Nouvelle Droite » fait, de temps à autre, l’objet d’une campagne de presse comme ce fut le cas fin des années 70 ou encore cet été, ce dont je vous parlerai plus tard dans cet exposé. La « Nouvelle Droite » fait aussi l’objet d’études universitaires, de livres qui tentent de chiffrer sa combi-natoire idéologique et son impact politique. De la bonne volonté évidente des auteurs de démon-ter le fatras d’idées avancées par la Nouvelle Droite, une certitude émerge: le confusionnisme dans les théo-ries que celle-ci avance répond à un but précis et la tactique consiste pour elle à camoufler ce but par un détournement du langage, un glissement des mots chargés d’endormir la vigilance de l’interlocuteur et, ainsi que nous le verrons, il arrive que cela réussisse. Toutefois, il est un élément qui, souvent, n’est pas repris en compte par les analystes de la « Nouvelle Droite ». Ces démocrates, sincères, situent le phénomène soit au niveau d’une mode, soit au niveau d’un cou-rant de pensées d’extrême droite à coloration nouvelle, permettant un élargissement de son influence. Or, ce n’est là que voir la superficialité des choses, car s’il est exact que ce qu’on appelle la « Nouvelle Droite » forme un substrat politique, organisationnel et culturel qui influence des réalités beaucoup plus vastes que 1’extrémisme de droite que l’on pourrait appeler traditionnel, courant, il est essentiel de voir que la « Nouvelle Droite » cache sous ses habits neufs – c’est-à-dire sous sa tactique - rien de neuf. Il n’y a pas de « Nouvelle Droite ». Cette soi-disant « Nouvelle Droite » n’est rien d’autre que le nazisme teinté, sous certains aspects, de fascisme musso-linien. La « Nouvelle Droite », c’est le nazisme en lut-te d’abord contre le communisme et pour la pureté de la race. Si, dans cet exposé, je continuerai à me servir par commodité du vocable « Nouvelle Droite », sachez que ce terme est mis entre guillemets. Pour bien comprendre ce qui précède, il faut partir de plusieurs éléments: Les racines de la Nouvelle Droite Ses cibles Sa tactique. 1.1. Les racines de la Nouvelle Droite La Nouvelle Droite n’a pas surgi du néant. Si, en jan-vier 1969, six mois après mai 1968, son outil, le GRECE (le Groupement de Recherches et d’Etudes sur la Civilisation Européenne) a été constitué en France, ce n’est pas dû au hasard ni à la génération spontanée. Depuis la chute du fascisme jusqu’en 1968, globale-ment, partout l’extrême droite traîne les pieds: les sou-venirs sont encore trop vivaces. L’indépendance conquise par l’Algérie constitue un choc, une plaie béante pour toute la droite, pas seule-ment française, a fortiori pour son extrême. En mai 1968, l’extrême droite montre ses dents et ses muscles mais la victoire n’est pas de son côté. Après la perte de l’Algérie et du Congo, un homme a compris qu’il fallait tirer de ce rapport de forces des conclusions: c’est un Belge qui va avoir un impact international. Ce Belge, c’est Jean Thiriart. Ouvrons la parenthèse pour situer brièvement le per-sonnage. Membre, avant-guerre, de l’organisation fas-ciste belge La Légion Nationale, condamné à la libéra-tion pour avoir été sous I’occupation un agent de l’AGRA (les Amis du Grand Reich Allemand). Dès sa libération, il anime en Belgique et en Allemagne un réseau de soutien logistique à l’OAS. En 1960, dispo-sant à nouveau de ses droits politiques, il met sur pied le CADBA, le Comité d’action et de Défense des Belges d’Afrique, qui devient la même année le MAC, le Mouvement d’Action Civique, qui, à son tour, deviendra plus tard Jeune Europe, connu actuellement sous le sigle P.C.N, Parti Communautaire National-Européen et qui sévit surtout à Charleroi. Thiriart, qui est mort fin 1992, a élaboré une doctrine fasciste, anticommuniste, antisyndicale, antidémocratique, antitiersmondiste, placée sous le concept « ni gauche ni droite » (slogan auquel on pourrait ajouter sans se tromper « mais extrême droite... »). Il a aussi théorisé le concept impérialiste de la Grande Nation Européenne « de Dublin à Vladivostok ». Mais si la doctrine de Thiriart est fondamentale pour la Nouvelle Droite, sa tactique reste traditionnelle et n’est pas en mesure de mener à la conquête d’espaces nouveaux. Or, c’est bien à la conquête d’espaces nouveaux que ces vieux et jeunes militants d’extrême droite français rêvent. Issus d’Europe Action, de Jeune Nation, de la Fédération des Etudiants Nationalistes, des cadres universitaires, de Défense de l’Occident, de tout le gratin de 1’extrême droite et forts du renfort de la fraction anticommuniste du monde universitaire exaspéré par Mai 68, de celle des vieux routiers intel-lectuels de l’anticommunisme tels les écrivains Jean Mabire, Saint-Loup, Raymond Abellio, les Thierry Maulnier, les René Huyghe, le renégat Boris Jouvarire, les Jean Raspail, Anthony Burgess (rappelez-vous Orange Mécanique, hymne à la violence fasciste), Pierre Gaxote, Jean Cau et autres célébrités, la Nouvelle Droite s’installe et fonde le GRECE. Parmi ces intellectuels qui viennent à la rescousse du GRECE à ses débuts, nous retrouvons quatre Belges. Dans la liste établie en 1979 dans sa thèse de docto-rat, Anne-Marie Duranton-Crabol cite Hubert Winfried, professeur, Jean Piron, professeur de biologie, et Piet Tommissen, professeur de sociologie, qui tous trois sont membres du Comité de Patronage de Nouvelle Ecole, une des revues les plus importantes du GRECE. Ce comité de Patronage comporte 129 noms de professeurs, écrivains, journalistes, savants européens et américains. Figure également dans la thèse en question le nom de Georges Hupin, directeur de la revue Pour une renaissance européenne, qui est le délégué belge aux premiers colloques du GRECE. De la Nouvelle Droite française une figure de proue va émerger. Le gourou en question s’appelle Alain de Benoist. Le maître à penser, jeune figure intellectuelle séduisante, a vu, en 1978, un de ses livres (Vu de droite) couronné par l’Académie Française, s’est vu invité à Apostrophes par Bernard Pivot, écrit de longs pamphlets dans la page consacrée aux Débats du journal Le Monde, et dans feu Le Matin, journal du P.S. français. L’honorable monsieur de Benoist, et personne ne l’ignore, avant d’être le porte-parole de la Nouvelle Droite, avant de diriger ses éditions Copernic, avant d’être un des chroniqueurs les plus éminents du Figaro et ensuite du Figaro Magazine de Robert Hersant et de Louis Pauwels, cet honorable personnage fut cependant un membre influent de l’organisation fasciste Jeune Nation, fut responsable national de la Fédération des Etudiants nationalistes, membre du comité de rédaction des Cahiers Universitaires, membre d’Europe-Action, etc, etc... la liste est longue. J’ignore s’il fit personnel-lement la castagne contre les gauchistes en mai 68, peut-être a-t-il eu peur de se casser les doigts, mais ce qui est certain, c’est qu’il fut une des têtes pensantes des fachos castagneux. Telles sont les composantes de la soi-disant Nouvel-le Droite, telles sont ses racines. 1.2. Les cibles de la Nouvelle Droite Elles sont au nombre de trois, mais dans la chronolo-gie des événements, nous devons distinguer deux étapes. Première cible. Elle vise évidemment A l’unification de tous les frères disséminés dans tous les groupuscules d’extrême droite. Mais, comme nous le verrons à travers le cas belge, il n’y a pas de volonté absolue d’unifier 1’ensemble sur base des thèses de la Nouvelle Droite car, après tout, les divergences sont choses secondaires, le fond étant commun, il s’agit d’agir sur la tactique déployée par tous ses groupuscules, afin qu’ils adoptent un style nouveau susceptible d’élargir au maximum leur audience. Le second secteur que vise la Nouvelle Droite, c’est l’Etat et l’armée. Ayant tiré les leçons de l’activisme OAS et des groupuscules d’extrême droite, Dominique Venner, qui fut le responsable national de Jeune Nation, est un des fondateurs du GRECE qui sera, je cite Venner en 1967. « Une centrale idéologique diffusant un enseignement doctrinal et permanent... Cela signifie que chacun de ses membres aura l’obligation de militer dans une acti-vité civique et culturelle qui lui donnera une influence sur d’autres hommes » - fin de citation. En clair, cela signifie que le mot d’ordre est: infiltration. C’est d’une stratégie d’entrisme à haut niveau qu’il s’agit, correspondant d’ailleurs à la qualité du recrute-ment du GRECE ou ne sont admis que des intellectuels de haut vol pouvant apporter leur caution aux thèses du GRECE et capables d’influence. Julien Brunn, dans le livre qu’il consacra à la Nouvelle Droite en 1979, cite Jacques Bruyas, ancien responsable d’Europe-Action et de la Fédération des Etudiants Nationalistes passé an GRECE, qui déclare en 1973 dans la revue Nouvelle Ecole n°9: « Nous incitons nos membres à se mêler, à aller au monde, à s’engager n’importe où, où les possibilités sont grandes... Ce dont nous avons besoin, c’est d’hommes influents ayant leur place dans les sphères de décision d’aujourd’hui et plus encore dans celles de demain ». Et cela marche. Le GRECE fourait des nègres au RPR, A I’UDF, tant à Michel Poniatowski, ministre de Giscard, qu’au maire de Nice, ami de Le Pen, Jacques Médecin. Dans les revues du GRECE écrivent aussi bien Roger Garaudy que Jean-François Kahn ou Domenach, ancien directeur de la revue Esprit. Fin des années 70, le GRECE investit le Figaro Magazine. Son investissement ne s’arrête pas là. Il couvre I’Université, la science et déborde les frontières de l’hexagone. Ainsi, les envois des correspondants étrangers à la revue Nouvelle Ecole sont centralisés en 1979 en Belgique au n°3 de la rue de la Venelle, à 1150 Bruxelles, adresse d’un certain Jean-Pierre Vangeit. Les correspondants en question couvrent l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, la Grande--Bretagne, la Scandinavie, l’Argentine et, par elle, 1’ensemble de l’Amérique latine. Une vraie inter-nationale, en somme! D’autre part, pour conquérir la haute administration, le GRECE en 1974 soutiendra le Club de l’Horloge qui rassemble de nombreux hauts fonctionnaires et élèves des grandes écoles et dont la doctrine est bien celle propagée par le GRECE. Comme le Club de l’Horloge dans les milieux admi-nistratifs c’est-à- dire politiques, « Nation armée » affiche un objet social impeccable. Il s’agit d’une revue autour de laquelle s’est constituée une association. Son but - je cite la revue n°1 de février 1976: « Montrer que la Défense n’est pas l’affaire des seuls milieux mili-taires et que la Nation se doit elle-même d’être armée ne serait-ce qu’au niveau de l’esprit critique et des valeurs morales indispensables à la survie de toute société. » Les valeurs morales en question puisent largement dans les concepts du GRECE qui est le créateur de Nation Armée et on retrouve dans sa direction comme dans son comité de Patronage des cadres du GRECE. Quelques mois auparavant, en avril 1975, le GRECE avait déjà mis sur pied sa courroie de transmission dans les milieux militaires en lançant un Comité de Liaison des Militaires et Sous-Officiers de Réserve. La tâche de ce CLOSOR, qui se présente comme une association, est de « promouvoir l’idée de la Défense et apporter son soutien actif aux associations déjà existantes ayant pour but de défendre les forces armées. » Vous remar-querez qu’avec Nation Armée et le CLOSOR, le GRECE veut couvrir de haut en bas l’ensemble des milieux militaires. La troisième cible constitue la seconde étape. Au milieu des années 70, Robert Steuckers, animateur et représentant du courant GRECE en Belgique, inspiré par les thèses du Belge Thiriart, suivi en cela par l’équipe OGNIOS, la librairie révisionniste et fasciste française, par les groupes néo-nazis qui se proclament « nationalistes-révolutionnaires », cherche à agir en di- rection de milieux apparemment fort éloignés: des élites et des sommets du pouvoir auxquels s’intéressaient par-ticulièrement jusque là GRECE France. Cette nouvelle orientation que Steuckers va appliquer bientôt en Belgique, l’est également en Espagne sous l’égide du théoricien Ernesto Mila Rodriguez et elle est suivie par des Allemands, des Italiens et par des tenants du Nouvel Ordre Européen. Quelle est cette orientation? Pour Steuckers et les autres, la cible prioritaire (les autres n’étant pas pour autant abandonnées), la cible prioritaire est devenue l’extrême gauche, la gauche, les tiers- mondistes, les chrétiens, les syndicalistes et tous ceux qui participent à des mouvements sociaux. GRECE France, sans toutefois abandonner son entrisme dans l’élite et les milieux du pouvoir, adhère à ce tournant et, preuve de l’importance qu’il lui accorde, Alain de Benoist, le leader incontesté, s’attribue le rôle de mener l’offensive de séduction vers l’intelligentsia de gauche sous l’étiquette « Ni gauche ni droite ». Lors du colloque de mai 92 0ù il se retrouve avec des membres du PCF - rencontre dont nous reparlerons - A. de Benoist déclare: « Il faut abandonner le clivage droite-gauche et lui préférer l’image d’un centre et d’une périphérie. Le premier (le centre) étant constitué par l’idéologie dominante, la seconde (la périphérie) regroupant tous ceux qui n’acceptent pas cette idéo-logie. Je crois profondément, ajoute-t- il, qu’un débat peut s’instaurer entre tous. Si cela est encore difficile sur le plan politique, c’est sur le plan des idées que cela peut se faire. » Il faut dire que l’attrape-mouche « idées » a déjà porté ses fruits. Donnons-en un exemple frappant. L’appel à la déculpabilisation de l’homme blanc vis-à-vis du colonialisme, lancé dans un livre intitulé Le sanglot de l’homme blanc par Pascal Bruchner en 1985 et célébré par tous les médias, n’est pas tombé du ciel. Inspiré par les thèses anti- tiersmondistes de la Nouvelle Droite, cet appel va gangrener Médecins Sans Frontières, lui inspirer la création de Liberté Sans Frontières, chargé d’occulter le pillage du tiers monde par le capitalisme mondial, donner naissance à Médecins du Monde que dirige Kouchner. L’idéologie qui sous-tend l’action du cénacle qui se prétend « d’aide humanitaire » est l’apologie de l’Occi-dent, plus particulièrement européen, contre un « soi-disant tiers monde » incapable de gestion économique et démocratique saines qui n’est globalement qu’une zonede conflits interethniques primaires et d’actions armées contre les intérêts de l’Occident. Ce qui justifie le droit d’ingérence làoù les positions néo-colonialistes de l’Occident sont mises en danger et dont l’ancien gau-chiste Kouchner et ses disciples se sont faits les cham- pions. Cet aspect de l’infiltration de la Nouvelle Droite dans un domaine ouvert aujourd’hui à « la mission civilisa-trice de 1’homme blanc » mériterait un plus long exposé. Faute de temps, je vous invite à faire vôtre la lecture du numéro de Solidarité Internationale n°22 et d’Etudes Marxistes n°10 qui traitent de l’anti-tiersmondisme et du rôle des organisations qui se proclament « d’aide humanitaire ». 1.3. La tactique de la Nouvelle Droite Dans ce long préambule, nécessaire pour bien situer la Nouvelle Droite, nous avons vu que 1’infiltration, l’en-trisme, constitue l’outil permettant de forer des trous, mais pour y arriver, il faut enrober l’outil de manière telle que les cibles, et particulièrement la troisième, ne découvrent pas trop tôt le poignard. Le miel va prendre deux aspects, le prétexte culturel et le détournement du langage. La Nouvelle Droite se définit donc comme étant une école de pensée qui a entrepris une réflexion en pro-fondeur excédant largement les frontières partisanes. Il s’agit pour elle d’opposer à la doctrine égalitariste ju-déo-chrétienne, d’où seraient issus à la fois les principes dont s’est réclamée la Révolution française et le marxis-me, un cadre idéologique complet, une solution de rechange à caractère scientifique. II s’en suit un embrouillamini doctrinal apparemment anarchique qui est en réalité d’une redoutable cohérence. « Il n’y a pas de renouveau des affaires publiques sans une doctrine ». Cette citation est du vieux fasciste français Maurras. Il serait mal venu pour ceux qui veu-lent qu’on les démarque du passé de reprendre à leur compte cette signature. Il faut en trouver une à gauche et le communiste italien Gramsci va faire l’affaire. On va tronquer son œuvre, l’amputer de sa dimension de classe et la retourner en faveur de la stratégie inaugurée par la Nouvelle Droite pour, comme le dit très justement Duranton-Cabrol dans sa thèse, « en tirer profit afin de trouver sa légitimité le plus a gauche possible ». En résumé, de l’œuvre de Gramsci, la Nouvelle Droite tirera le concept que, « dans les sociétés développées, la conquête du pouvoir politique passe par celle du pouvoir culturel » et, dans tous les pays où elle est implantée, la Nouvelle Droite va répandre « la nou-velle culture » par livres, articles de journaux, inter-views, colloques, etc. Dans son étude sur Les néo-nazis, Jean-Marc Tolleyre relève une déclaration du nazi français Roland Gaucher: « Après la Libération, nombre de PC occiden-taux ont fait du ‘gramscisme’ sans le dire. L’idée d’Alain de Benoist fut d’effectuer le même travail de pénétration cette fois au bénéfice des hommes et des idées de droite ». Et il ajoute: « la pénétration a surtout été remarquable dans les médias, les maisons d’édition et les milieux politiques ». « La lettre du club du Beffroi » - ce club, petit grou-puscule, a été mis sur pied par le belge Steuckers. Il s’agit d’un club élitiste, à l’instar du Club de l’Horloge français, qui soutient à la fois Agiret le Vlaams Blok. La lettre du Club du Beffroi reprend l’« idée culturelle » à son compte. On peut lire dans son éditorial de février 1993: « La culture tant esthétique que politique a été abîmée, dégradée par la gauche caviar, le centre mou et la droite traditionnelle amorphe. Or la culture est synonyme de totalité de vie, une vie qui compte une in-finité d’aspects. Le Beffroi les explorera jusqu’au jour proche du grand Renouveau » (Renouveau étant sou-ligné dans le texte). Si le vocabulaire de la Nouvelle Droite est souvent teinté de mots inaccessibles au commun des mortels, ne croyez pas que dans son offensive culturelle, elle ne vise que la soi-disant intelligentsia, elle sait aussi adap-ter son langage au lecteur moyen. Mais, ce qui est prin-cipal, c’est que pour accréditer ses thèses aussi bien dans l’intelligentsia que dans les autres milieux, la Nou-velle Droite va s’affubler d’un manteau épais, en d’autres termes, elle va pratiquer avec art le détournement de langage. Nous allons prendre à cet égard trois exemples primordiaux et significatifs et vous verrez que les habits neufs craquent et montrent les coutures. 2. Trois thèses fondamentales Dans le fatras philosophique et politique de la Nouvelle Droite, deux thèmes émergent: race, élite d’une part et ordre d’autre part. L’égalité des hommes, inégalité des peuples et, pour y aboutir, mise en place d’un ordre social. 2.1. Le premier postulat: l’inégalité des hommes 2.1.1. La différenciation « Nous ne sommes pas racistes car nous avons le respect des différences ». Dans Le petit lexique du Partisan Européen, écrit en collaboration par le français Guillaume Faye de la Nouvelle Droite, le belge Pierre Freson d’Agir et Ro-bert Steuckers, on peut lire sous le titre ronflant d’ethnopluralisme (traduisez: racisme) ce qui suit: « (L’ethnopluralisme), c’est la reconnaissance de la diversité ethnique de l’espèce humaine, de la nécessité biologique et culturelle de préserver des groupes ethniques différents en accordant à chacun d’entre eux sa valeur propre et spécifique. L’ethnopluralisme est la réponse au racisme ». Qu’est-ce que le racisme? Je cite ce que nous apprend Le petit lexique: « Le racisme est un produit de l’égali-tarisme... En prônant un mélange ethnique universel... on dénie implicitement aux hommes et aux peuples leur spécificité biologique et culturelle ». Et voilà le tour de passe-passe joué! Nous, droite ex-trême, nous sommes pour la différence, nous avons raison de proclamer que l’antiracisme, c’est la politique d’apartheid et vous qui proclamez l’égalité des hom-mes, vous êtes les racistes! C’est ce qu’on appelle le détournement du langage. Que cache cc souci de la différenciation? Pour y voir clair, référons- nous au géniteur. Hitler écrit dans Mein Kampf: « La conception raciste fait place à la valeur des différentes races primitives de l’humanité. Elle ne croit nullement à leur égalité mais reconnaît, au con-traire, leur diversité et leur valeur plus ou moins élevée. Cette connaissance lui confère l’obligation, sui-vant la volonté éternelle qui gouverne le monde, de favoriser la victoire du meilleur et du plus fort, d’exiger la subordination des mauvais et des plus faibles. Elle rend aussi hommage au principe aristocratique de la nature »... On pourrait croire, dire que faire l’analogie entre Hitler et la Nouvelle Droite participe du procès d’intention. Laissons donc s’exprimer la Nouvelle Droite. Hitler parle 1) de la diversité et de sa valeur plus ou moins élevée; 2) de favoriser la victoire du meilleur ; 3) d’exiger la subordination des mauvais et des plus faibles. Sur chacun de ces points, je pourrais vous faire part de dix déclarations de la Nouvelle Droite. Nous sommes tenus par le temps, ce qui me force à être plus modeste. Que dit-elle sur la diversité et sa valeur plus ou moins élevée? Jean-Claude Valla, autre gourou de la Nouvelle Droite française, a écrit un livre au titre évocateur: « Dix ans de combat pour une Renaissance culturelle ». On peut y lire: « Le monde est divers. Il n’est même que cela, diversité. Et toute diversité est génératrice d’inégalités ». Dominique Venner, membre fondateur de la Nouvelle Droite, dans un document interne rendu public en 1989, déclare: « Seule la race européenne - blanche, cauca-soïde - a continué à progresser sur la voie montante de l’évolution du vivant, au contraire des races stagnantes dans leur développement donc en régression virtuelle ». On peut lire dans un manifeste de la Nouvelle Droite publié en 1986 sous le titre « Humanisme et sur-humanisme » ce qui suit: « Si 1’appareil nerveux central de 1’espèce est encore grossièrement semblable d’une population à l’autre, les psychismes conditionnés par le néo-cortex, c’est-à-dire par ce qu’il y a de plus récent dans le cerveau, apparaissent très profondément différents ». Ce racisme, à masque scientifique, on le retrouve dans le second thème commun à Hitler et à la Nouvelle Droite: « Favoriser la victoire du meilleur ». Les textes suivants sont clairs. On peut lire dans Nouvelle Ecole n °19, où Alain de Benoist reprend à son compte les propos du professeur Hofmeyer, ancien directeur du département de génétique de l’université de Pretoria, ce qui suit: « D’après ce qu’on sait aujourd’hui, l’homo sapiens a succédé à l’homo erectus il y a 4 peine 40.000 ans en Afrique contre au moins 250.000 ans dans l’hémisphère nord. L’évolution de la race noire a donc duré beau-coup moins longtemps que l’évolution de la race blanche... ce qui laisse à supposer que les mêmes stades de développement n’ont pas été atteints ». Eléments, autre revue de la Nouvelle Droite, dans son numéro 4 et 5, reproduit sans commentaires un article d’un journaliste anglais Philip Howard, faisant état des travaux d’un certain docteur Baker selon lequel « certaines races sont génétiquement supérieu-res à d’autres, dans la mesure où on prend comme cri-tère de supériorité l’aptitude à créer une civilisation et à manifester un nombre plus élevé d’individus supérieu-rement doués ... Si l’on devait classer les races, les Europoïdes viendraient en tête ». Et la conclusion, nous la trouvons dans l’éditorial de Nouvelle Ecole n °18: « ... Bien loin d’être un progrès, la convergence, les mélanges, la fusion universelle équivalent à une véritable régression par rapport à la vie... Nous mesurons maintenant la menace que font planer sur le monde les mortelles idéologies égalitaires, tant métaphysiques (traduisez judéo-chrétiennes) que laïques (traduisez marxistes) ». Ilne faut pas s’y tromper, ajoute l’auteur, « en s’en prenant à la différenciation, qui est un principe de vie, et à la sélection, qui est le moteur de l’évolution, c’est l’espèce entière qu’ils mettent en danger dans son ave-nir et ses possibilités de renouvellement ». En d’autres termes, le métissage, voilà le danger pour l’humanité; la différenciation, la pureté de la race, voilà la seule sauvegarde pour l’humanité. Maintenir la pureté de la race, cela signifie deux cho-ses: Il faut qu’il y ait des surhommes d’une part, il faut éli-miner les tarés d’autres part. Et nous en arrivons à deux concepts de la Nouvelle Droite où l’analogie avec le nazisme ne peut susciter aucun doute. 2.1.2. Le concept du surhomme Dans leur lexique, Faye, Fréson, Steuckers écrivent sous la rubrique « aristocratie », terme repris par Hitler dans la citation extraite de Mein Kampf énoncée ci--dessus, ce qui suit: « La civilisation égalitaire n’a pas tué les aristocraties, elles sont virtuelles puisqu’un peuple biologiquement (je souligne le mot) en génère toujours. Il nous appartient de créer les conditions de réalisation de ce potentiel ». Hitler écrivait dans Mein Kampf: « Un Etat qui, à une époque de contamination des races, veille jalousement à la conservation des meilleurs élément de la sienne doit devenir un jour maître de la terre ». « Les meilleurs éléments » pour Hitler sont faits de « surhommes ». Hitler et la Nouvelle Droite ont le même inspirateur: Nietzsche. Quand Louis Pauwels veut marquer ses affinités et flatter A. de Benoist, il écrit à son propos en 1978 dans Le journal du Dimanche: « Cet anti-marxiste pourrait bien être un Nietzsche actuel ». J. Brunn dans son livre sur la Nouvelle Droite signale un autre écrit du même Louis Pauwels paru dans le Figaro: « Les sciences de la vie révèlent la nécessité d’une hiérar-chie des individus dans toutes les sociétés animales avan-cées, comme dans les sociétés humaines ».. Louis Pauwels a résumé ainsi en quelques mots les concepts fascistes de la Nouvelle Droite de darwinisme social et de nietzschéisme. Le 1er avril 1972, le GRECE consacre son sixième séminaire national à Nietzsche, dont rend compte Nouvelle Ecole n°16. A. de Benoist y a la bonne idée de situer pour nous qui est Nietzsche, référence, je le rappelle, commune à la Nouvelle Droite et A Hitler . « On parlait, dit de Benoist, au XIXème siècle, d’abolir l’exploitation de l’homme par l’homme, pour Nietzsche, c’est du pur verbiage ». Voilà qui est à nouveau proclamé haut et fort au-jourd’hui: Marx, Engels, pur verbiage. Nietzsche a bien ses héritiers! Je continue de citer de Benoist: « L’éthique nietzschéenne préserve l’individu parce qu’elle recherche ses richesses, ses promesses et son avenir. Elle avan-tage les hommes de valeur, parce qu’elle considère que lorsque ces hommes sont avantagés, c’est toute la col-lectivité qui en bénéficie. Elle dégage de la société une véritable élite. Surtout, parce que Nietzsche s’est tou-jours placé dans la perspective biologique, elle favorise les mutations bénéfiques et améliore l’espèce en vue d’une surhumanité. » 2.1.3. L’eugénisme Le but de la Nouvelle Droite est annoncé, revendiqué. Comme Hitler, ce qu’elle veut, ce à quoi elle tend, c’est à la création d’une aristocratie biologique, d’une surhumanité, par l’application de l’eugénisme. Qui a dit: « Il ne s’agit pas de supprimer l’inégalité parmi les hommes, mais au contraire de l’approfondir et, comme dans toutes les grandes cultures, d’en faire une loi par des barrières infranchissables. Le même droit ne vaut pas pour tous ». C’est Hitler qui prononça ces paroles A Munich en 1932. Qui a dit le 1er avril 1972 en conclusion du séminaire sur Nietzsche: « Il faut des esclaves pour que surgisse une nouvelle aristocratie ». C’est le GRECE par la voix de Michel Norey. En d’autres termes, comme le proclamait Hitler, il faut exiger la subordination des mauvais et des plus faibles. Mais cela ne suffit pas. C’est au nom du « réalisme biologique » et d’une psychose de la dégénération génétique que la Nouvelle Droite prône l’importance de mettre en œuvre d’ur-gence un ensemble de mesures eugénistes. L’eugénisme, c’est ce qu’Hitler a mis en pratique contre tous les déviants politiques, contre tous les sous--hommes juifs, tziganes, slaves, malades, homosexuels... En 1933, le philosophe allemand Oswald Spengler définissait en quelques mots la nécessité de l’eugénisme et mettait au pilori ses adversaires parmi lesquels le principal: la médecine. Il écrivait: « (La médecine) entrave la sélection naturelle et, ce faisant, elle contri-bue à la décadence de la race ». Le 14 juillet 1933, l’Allemagne nazie adopte une « loi pour la prévention d’une descendance héréditairement malade ». Cette loi entre en vigueur le 1er janvier 1934. Son premier paragraphe en résume clairement l’objectif et la portée: « Celui qui est malade héréditairement peut être stérilisé par opération chirurgicale ». Dans la liste qui suit ce paragraphe, on trouve entre autres appelés, ceux qui sont atteints de « cécité héréditairee », de « surdité héréditaire », de « malformations corporelles », d’« alcoolisme invétéré ». « L’Etat raciste doit veiller à ce que seuls les indivi-dus sains puissent procréer », avait écrit Hitler dans Mein Kampf. Bien sûr, la Nouvelle Droite ne peut pas se référer ouvertement à Hitler. Cc serait contraire à sa tactique. C’est là qu’intervient la manipulation de la science et la diffusion sous prétexte culturel des pensées ‘scientistes’ » qui partagent avec les héritiers d’Hitler la même volonté d’appartenance à la race des Seigneurs. J’aurais voulu vous parler de manière approfondie des alibis pseudo- scientifiques que fournissent à la Nou-velle Droite les Lorentz, les Alexis Carell, etc.... de la campagne menée par la droite extrême contre le bio-logiste Albert Jacquard et je regrette que nous soyons tenus par le temps. Nous nous contenterons donc des écrits qui fleurissent à tous vents dans toutes les publications de la Nouvelle Droite. Epinglons parmi eux le n°14 de Nouvelle Ecole, où on peut lire dans ce numéro consacré à l’eugénisme, sous la plume de Jean-Jacques Mouvrau: « Ne serait-il point temps, vu le développement auquel est arrivé le type de l’homme en Europe, de tenter une sélection méthodique, artificielle et consciente... » Et l’auteur continue: « Qui sait si on ne pourrait pas élever au niveau supérieur une partie de l’humanité aux dépens de l’autre partie ». Et plus loin, l’auteur conclut: « Ne pas intervenir devant le péril de dégradation génétique serait d’autant plus impardonnable que les moyens dont nous disposons sont considérables ». Dans ce même numéro de Nouvelle Ecole, Yves Christen écrit: « Il faut continuer le modelage de la na-ture aussi longtemps qu’il le faudra, car la vie dégradée est une atteinte à la vie ». Et plus loin, on lit: « L’eugénique négative n’est pas, loin de là, la seule issue envisageable. Elle ne vise somme toute que l’élimi-nation des cas pathologiques les plus flagrants. Ce premier travail accompli, une seconde étape plus constructive doit être franchie... dès lors que les per-spectives eugéniques laisseront envisager la program-mation de types souhaités ». En d’autres termes, après la purification de la race par stérilisation et fours crématoires, viendra la race pure des seigneurs, des surhommes. 2.2. Le deuxième postulat: l’inégalité des peuples Pour la Nouvelle Droite, l’Europe et la race ne font qu’un. Dans leur Lexique du Partisan européen, Faye, Freson et Steuckers s’en expliquent: « L’Europe est notre patrie, c’est-à-dire le sol, l’espace de notre enracinement, l’entité dont nous devons faire un sujet de l’histoire et de la culture que nous voulons défendre et poursuivre. L’Europe est la valeur centrale de notre conception du monde... L’Europe, disent ensuite les auteurs, sera impériale ou ne sera pas. L’Empire est la forme et l’essence de notre devenir historique. Ce concept est à la fois spirituel et organique... » « Ce dynamisme est aujourd’hui entravé par une civilisation mondialiste... Nous entendons ... faire pren-dre conscience de l’existence d’une communauté des peuples européens qui peuvent se retrouver dans un passé commun et se donner un destin historique ». Et quel est le nœud de ce « destin historique » ? Là, pas de mystère. C’est de l’Allemagne qu’il s’agit. L’Allemagne, berceau de la civilisation européenne. Ce n’est pas pour rien qu’imitant les SS, tous les fidèles de la droite extrême célèbrent A chaque solstice ce qu’ils appellent « la religion traditionnelle de l’Europe, le culte des fôrets et des dieux germaniques », tentant ainsi de donner vie aux mythes celtiques, aux Ni-belurgen pour que l’Europe se souvienne de sa vocation et de ce qu’elle doit à l’Allemagne, berceau de sa culture. Mais l’Allemagne est bien plus qu’un berceau culturel. Je cite La Bourrasque, où Steuckers écrit au printemps 1990: « Face au danger réel que représentent les Etats-Unis et le Japon, puissances non- européennes, l’Allemagne réunifiée va être la garante d’un ancrage européen de notre économie. Seule une Allemagne puissante, avec Berlin comme capitale, aura le poids nécessaire pour tenir tête à Washington et à Tokyo... La peur de la réunification allemande ne peut troubler que des esprits petits et bornés. L’Europe n’est pas menacée par l’Allemagne qui est européenne mais bien écono-miquement par les Etats- Unis et le Japon et ethnique-ment par l’afflux d’immigrés du tiers monde ». Cet empire européen, sous tutelle allemande, la Nou-velle Droite reprenant à son compte 1’ancienne idée de Thiriart la voit d’Ouest en Est. En 1987, du temps de Gorbatchev, Volonti Euro-péenne, la revue de Steuckers, proclamait: « Les natio-nalistes-révolutionnaires europ~ens ne peuvent pas rester indifférents aux problèmes de l’autre Europe. Nous devons au contraire favoriser la détente et le rapprochement entre les deux Europe pour arriver à la réunion de tous les Européens ». Hitler aussi, dans son rêve d’hégémonie, n’est pas resté indifférent à l’Est européen... D’autre part, dans sa cartouche de présentation, Vo-lonté Européenne proclame en caractères gras: « Volonté Européenne lutte contre l’anti- culture américaine qui détruit 1’âme des peuples et cancérise les cultures et les civilisations de tous les peuples du monde ». Mais au-delà de la lutte qu’entend mener la Nou-velle Droite contre 1’envahissement culturel de l’Amé-rique, clin d’œil aux progressistes excédés pair les Dis-neyland, les séries TV made in USA, les films de Stalone, progressistes qui n’en apprécient pas moins les Walt Whitman, les Jack London, les John Reed ou les Horace MacCoy, les grands films américains tels Spartacus, Le sel de la Terre ou Music Box, au-delà de ce que déclare la revue Nationalisme et République n°4: « Toutes sortes de ripostes se trouvent légitimées par les exactions américaines », appel à tous ceux qui ne peuvent accepter le Nouvel Ordre Mondial imposé par les Américains, au-delà de la lutte proclamée contre l’OTAN, contre l’ONU, je continue de citer la Nouvelle Droite: « L’OTAN telle qu’elle est organisée est totalement aux mains des Américains... ». « L’ONU est à la botte des Américains », au-delà de cette tentative de séduction à l’adresse des démocrates, des révolutionnaires, au-delà de tout ce discours fait pour brouiller les pistes, se cachent non la dénonciation des méfaits de l’impéria-lisme américain, mais bien: 1. 1’antisémitisme et la haine du brassage des races; 2. 2. le concept de I’Europe impérialiste. Pour la Nouvelle Droite, l’Amérique a été fondée par un pot-pourri de peuples et les Juifs la dominent; Na-tionalisme et République n°4 parle « du clone bêtifiant et déraciné made un USA ». Là est le danger puisque selon Nationalisme et Répu-blique: « le risque est grand qu’une vieille société iden-titaire (comprenez 1’Europe) devienne un conglomérat cosmopolite selon le modèle standard déposé aux USA ». C’est contre cette Amérique multiraciale que la Nou-velle Droite se dresse et s’allie à son K.K.K., ses antisémites et ses savants qui prônent suprématie de la race blanche et eugénisme. Par ailleurs, la Nouvelle Droite ne pardonne pas à l’Amérique ni son intervention contre l’Allemagne na-zie ni sa mainmise sur les richesses des anciennes colonies européennes. Je vais vous citer Thiriart qui, à l’image des Faye, Freson et Steuckers, fit lui aussi une sorte de lexique de ses pensées: « La guerre civile européenne de 1939-1945 (remarquez comment se définit la lutte contre Hitler!) a été mise à profit... pour réduire l’Europe toute entière... et s’emparer de tous ses empires d’outre-mer... Exploitant sans perdre de temps notre faiblesse à la sortie d’une guerre civile, ‘ nos libérateurs’ (ces mots sont mis entre guillemets par l’auteur) sont devenus nos spoliateurs. Non seulement Russes et Américains se sont appropriés chacun une moitié de l’Europe mais de plus les USA ont évincé l’Europe du monde pays par pays: l’Italie d’Afrique, les Pays-Bas d’Indonésie, l’Angleterre et la France d’Asie et d’Afrique, la Belgique d’Afri-que... » Et plus loin, Thiriart écrit: « L’indépendance écono-mique (comprenez de l’Europe contre les USA) dépend en premier lieu du libre accès (de l’Europe) aux matières premières... partout dans le monde ». Ce « partout dans le monde » est souligné par l’auteur qui ajoute: « C’est seulement lorsque nous (européens) auront réalisé cet objectif que nous seront vraiment indépendants ». Et on peut lire dans Nationalisme et République de mai 1992: « Les limites territoriales (rappelez-vous « l’espace vital d’Hitler ») vitales de 1’Europe... vont ou passent à l’ouest de l’Islande jusqu’à V1adivostock, de Stockolm jusqu’au Sahara Sud, des Canaries au Kamtchatka, de l’Écosse au Béloutchistan. Une démographie dépassant les 800 millions au moment où la Chine (entendez 1’ennemi communiste) dépassera les 1.200 millions. Il nous faut les matières premières de Sibérie. La Sibérie est notre Ouest... Il nous faut des rivages faciles à défendre: Océan glacial arctique, Atlantique, Sahara, accès aux détroits indispensables: Gibraltar, Suez, Istanbul, Aden-Djibouti, Ormuz. II nous faut les pieds dans l’eau au Béloutchistan. Notre frontière, c’est le fleuve Indus, Alexandre l’avait pressenti et vécu... » Et I’auteur ajoute: « Toute notre stratégie doit, pour parler poétiquement à la Mao, être celle des Quatre Mers: avoir les pieds dans l’eau en Atlantique, en mer d’Oman, en mer du Japon, en mer de Kara ». Les commentaires me paraissent superflus! D’un autre côté, contrairement à Thiriart qui prêche pour une nation Europe d’où est exclu tout natio-nalisme, la Nouvelle Droite prône quant à elle l’Europe des Ethnies. « L’Empire européen, écrivent Faye, Freson et Steuckers, est composé de régions ethniques qui, à1 leur niveau, sont des éléments essentiels de son existence. Dans cette optique, les nationalismes européens sont des mouvements positifs puisqu’ils donnent à chaque peuple d’Europe le sens de son enracinement. Ces luttes, telles qu’elles ont été menées par... les Basques, les Corses, les Bretons (les Flamands, les Wallons) etc... sont des tentatives de destruction des Etats-Nations conjuguées avec une idéologie impériale européenne, elles sont les avant-gardes de notre unité. La lettre du Club du Beffroi de janvier 1993 est claire à plusieurs niveaux: « La Belgique n’est plus viable dans sa forme ac-tuelle... Les régions... se passeront de l’Etat-Nation, imposé jadis dans les esprits par les canons et les baïonnettes des sans-culottes, recrutés dans les bas--fonds de Paris pour précipiter l’Europe dans le désas- tre. Sans-culottes dont les héritiers spirituels font encore la pluie et le beau temps à nos portes, à 300 km d’ici, à Paris. Mais il faudra aussi que cela change et que ces gens-là se retrouvent dans la même poubelle de l’Histoire que les Honecker et Ceaucescu. Espérons que les Corses, les Bretons, les Alsaciens, les Occitans auront la force qu’ont eue les foules de Leipzig, de Prague et de Bucarest: biffer de la carte, effacer de la statolâtrie jacobine, de la médiocrité idéologique qu’elle a véhiculée (c’est) une nécessité ... A 1’instar des Tchèques et des Slovaques, arrachons .... notre vieille tunique usée belgiciste... » Que voilà, n’est-ce pas, un bel appel où, au nom de l’Europe des Ethnies, haine de la Révolution française et du communisme se rejoignent! 2.3. L’inégalité des hommes, l’inégalité des peuples à son aboutissement: l’Ordre social Ce nouvel ordre social auquel aspire la Nouvelle Droite est la copie conforme de l’Ordre Nouveau d’Hitler. Dans la revue Etudes et Recherches n°1, Michel Norey de la Nouvelle Droite écrit: « L’égalitarisme social ne peut, d’un point de vue scientifique, qu’être une régres-sion. Plus une société est évoluée, plus elle est hiérar- chisée ». Rappelez-vous qu’Hitler exigeait dans Mein Kampf la « subordination des mauvais et des plus faibles ». Rappelez-vous que c’est le même Norey qui proclamait, à l’instar d’Hitler, « il faut des esclaves pour que surgisse une nouvelle aristocratie ». Volonté Européenne n°26 de 1989 fixe le modèle à suivre: « Le IIIème Reich est social. Le 2 mai 1933, les syndicats traditionnels sont dissous et remplacés par le Front allemand du travail, émanation du Parti. De nombreuses lois sociales protègent le travailleur allemand face au patronat. En cas de conflit patron--travailleurs, les curateurs du travail, fonctionnaires dépendant du Ministre du Travail (donc de l’Etat nazi) ont le pouvoir de trancher, en tenant compte des intérêts en présence et de l’intérêt supérieur du Reich ». Et on retrouve dans Nationalisme et République n°8 de mai 1992 cette phrase qui se passe de tout commentaire: « Ce qui relève de l’Imperium nécessite un pouvoir poli-tique total, implacable, jamais effleuri par 1’hésitation ou la faiblesse. On ne gouverne pas sans potences. Le pouvoir doit être sûr de lui, fécond pour construire, organiser, agrandir. Parfois, il doit être sourd ». Et dans la même revue de juin 1992, on trouve: « Les idéologies de contestation doivent être inlassablement dénoncées, elles rendent les masses encore plus bêtes ». Et plus loin, on peut lire: « La dégénérescence de notre système politique occi-dental bourgeois et du système économique communiste réside dans la pratique de la fuite des responsabilités par l’artifice de la décision majoritaire ». Contre qui ces potences? La droite extrême est claire: contre ceux qui attisent, je cite une phrase qui revient inlassablement dans ses écrits, contre ceux qui attisent « la lutte stérile des classes », c’est-à-dire d’a-bord les communistes et les syndicats et ensuite contre tous ceux qui contestent un aspect quelconque de l’« or-dre nouveau ». Il y a 60 ans, cela aboutissait aux tortures, aux camps de concentration, à la mort pour que soit maintenus au bénéfice du capital le plus féroce l’ignoble exploitation de l’homme par l’homme, l’idéologie et la « morale pure » des aryens, des surhommes et du chef suprême. Comme je vous l’ai dit an cours de cet exposé, j’au-rais souhaité vous parler de manière plus approfondie des alibis pseudo-scientifiques dont s’affuble la Nou-velle Droite, vous citer ces savants déviants et vous décrire leurs thèses. J’aurais voulu vous parler de la doctrine de Thiriart, sans doute la première depuis la chute du nazisme à être structurée de manière telle qu’elle a inspiré aussi bien tous les groupes de la droite extrême belges et internationaux que tous les groupes terroristes soi--disant d’extrême gauche, tels les CCC ou Action Directe, pour ne citer qu’eux, auxquels Thiriart appor-tait son soutien. J’aurais voulu vous décrire tous les éléments qui forment le corpus doctrinal de la soi-disant Nouvelle Droite et notamment son paganisme. Mais cela exigerait des heures et des heures que nous n’avons pas. Je tiens cependant à développer encore brièvement deux thèmes: l’impact en Belgique de la Nouvelle Droite et vous dire quelques mots sur l’événement qui a fait les choux gras de la presse cet été: la Nouvelle Droite et le PCF. 3. L’impact de la Nouvelle Droite en Belgique Depuis 1973, Robert Steuckers a repris en Belgique la tâche que s’est assignée la Nouvelle Droite en France. 1. Unifier tactiquement et si possible programmati-quement sur les positions de la Nouvelle Droite tous les groupuscules Wextréme droite francophones et néer-landophones. 2. Infiltrer la droite dite classique et les élites intel-lectuelles et politiques. 3. Infiltrer la gauche au maximum. II faut d’abord dire que si Steuckers participe A la rédaction de toute une série de publications interna-tionales et nationales, il en édite trois en Belgique: à parution régulière: Vouloir et Orientation à parution irrégulière: La Bourrasque. On lui doit aussi la mise sur pied de Cercles d’Etu-des (voyez ici l’analogie avec le GRECE français) tels que EROE (c’est-à-dire Etudes, Recherches et Orien-tations Européennes), l’Anneau, le cercle Copernic, les amis de Céline, les amis de Brasillach (comme chacun le sait, Céline et Brasillach sont deux écrivains collaborateurs des nazis. Si Brasillach fut fusillé à la libération, Céline est aujourd’hui honoré dans les médias, dans l’édition, au théâtre, etc ... ), Altaïr et le Club du Beffroi. Steuckers a une participation active dans une multi-tude de groupes, mais il faut distinguer entre impact total et impact partiel. Je m’explique: Steuckers est l’éminence grise qui se cache derrière les prises de positions et la tactique d’AGIR, à qui le sondage effectué durant cet été promet 10% des voix, du PCN et cela dès avant la mort de Thiriart fin 1992. Steuckers est le maître à penser du Vlaams Blok où il dispense aux militants la formation théorique. Steuckers a participé personnellement par ses conseils à l’élaboration de la tactique suivie par le MSP (Mouvement Socialiste Populaire) ex APON (Asso-ciation pour un Ordre Nouveau), à l’infiltration de ce groupuscule dans le Comité Afghanistan et à sa tenta-tive d’infiltration dans le PTB. Par ailleurs, Steuckers infiltre des mouvements d’ex-trême droite où son influence joue mais qui maintien-nent certains préceptes qui ne correspondent pas à la ligne que défend Steuckers. Il en est ainsi du Front National unitariste et du PSC 2000 (nouveau CEPIC), unitariste lui aussi et où le paganisme n’est pas la tasse de thé. Il en est de même de Pro Vita anti-avortement qui n’est certes pas adepte de l’eugénisme. Steuckers, dans son prosélytisme visant à donner à l’extrême droite belge un visage honorable, ne gagne certes pas à tous les coups. Exemple récent: le 4 sep-tembre de cette année, à Renaix, au cours d’un rassem-blement du Vlaams Blok contre les immigrés et les facilités, ses nervis ont respecté leurs traditions en ta-bassant les contre-manifestants et en blessant griève-ment le preneur de son de la TV allemande parce que celle-ci tentait de fixer sur la pellicule la bestialité du Vlaams Blok. Le lendemain, soucieux de cet accroc à la respec-tabilité que lui enseigne Steuckers, le Vlaams Blok rejetait la responsabilité de la violence déchaînée sur le groupe d’Assaut qui sert pourtant en Wallonie de marchepied à l’idéologie du Blok. Or, parmi les donneurs de coups de poing, sans les gants de boxe chers au Blok, figure un de ses cadres bien connus, Patrick Spinnewijn, qui a d’ailleurs de qui tenir, son père et un de ses frères militants du VMO ayant été condamnés pour appartenance à une milice privée. Quand à Patrick Spinnewijn, il compte déjà un lourd passé, à 18 ans, il était membre du groupement fasciste étudiant NJS à Bruges, dont le dirigeant était Filip Dewinter. Par contre, Steuckers réussit son œuvre quand Agir dans son programme électoral, a le culot d’écrire: « Le point de vue d’Agir est que l’immigration est un pro-blème redoutable qui ne pourra se résoudre sans déchirements et sans douleurs. Il faut y réfléchir et empêcher que l’extrême droite la plus obtuse ne fasse ses choux gras d’une situation qui va en se dégradant »! Il faut le faire... « Au contraire, ajoute Agir, c’est bien pour offrir une alternative démocratique aux électeurs rebutés par l’immobilisme clientélistedes partis traditionnels et déçus par la pantalonnade pro--immigrés des écologistes qu’Agir participe aux élec-tions à venir. Agir défendra d cette occasion (je cite en respectant l’ordre du texte): - (la) reconnaissance de la diversité culturelle comme essence d’un humanisme véritable ( ... ) - (la) volonté d’assumer sans concessions l’héritage culturel de l’Europe ( ... ) - (le) respect des différences ethno-culturelles - (la) préférence systématiquement donnée, sur le terri-toire national, aux intérêts des Belges, de leur culture et à leurs traditions. » Steuckers réussit ainsi son oeuvre lorsque le Front National inonde Bruxelles d’autocollants sur lesquels on peut lire: « Gardez vos foulards et mettez les voiles » en d’autres termes: gardez votre culture et ne conta-minez pas la nôtre. Avant de clore ce chapitre, trop bref, sur la nébuleuse Steuckers, je veux attirer votre attention sur l’organi-sation Europa nouvellement créée. Europa se veut le lien entre la droite extrême européenne de l’Ouest et celle de l’Est. Il y a quelques années déjà que la revue Vouloir de Steuckers suit de fort près I’évolution des pays de l’ex- bloc de l’Est. Elle dispose d’un correspon-dant à Moscou, Alexandre Dougine, leader du bloc Artogaïa, une société ésotérique russe. En mars 1990, à l’invitation de la revue Dyeen (Le Jour), Robert Steuckers se rend à Moscou avec Alain de Benoist pour, je cite Nationalisme et République de juin 1990: « entamer le dialogue avec les nouvelles forces politiques (ce qui) prouve que les cartes sont en train d’être redistribuées et que les clivages gauche/droite qui ont dominé le monde après 1945 cessent d’être pertinents ». Parmi ces forces nouvelles dont parle Nationalisme et République, il y a notamment Soyouz, Pamiat, Artogaïa (déja cité), l’Union des Écrivains russes et le Mouve-ment Patriotique russe. En mars 1992, à Moscou, Steuckers et Douguine jettent les bases du voyage qu’effectueront Thiriart et Michel Schneider, de Nationalisme et République en Russie. Ils y rencontreront Yegor Ligatchev, le colonel Victor Alksis du groupe Soyouz qui accordera d’ailleurs un long entretien à la revue de Steuckers, Vouloir. Nationalisme et République fait paraître quant à lui des articles que lui adressent Serge Babourine, chef du FSNR (Front du Salut National Russe) et Alexandre Prokhanov, directeur de l’hebdomadaire Dyeen, com- posante du Front du Salut National Russe. En mars 1993 a lieu à Moscou le premier congrès des Peuples Opprimés par le Nouvel Ordre mondial, organisé par le FSNR, auquel participent le PCN, Steuckers et ses amis européens. Le congrès se donne principalement trois buts: 1. La défense de l’identité des peuples contre le Nouvel Ordre mondial; 2. La création d’un véritable Ordre Nouveau car « le Nouvel Ordre mondial (actuel) est une version moderne de la tour de Babel »; 3. La restauration de I’Empire soviétique (qui) est une phase décisive de la guerre contre le Nouvel Ordre mondial. La rencontre met au point l’organisation des services de presse du FSNR en direction de I’Italie, de la Bel-gique et de la France et l’échange régulier d’infor-mations. C’est à la suite de ce congrès qu’est créé Europa, dont le siège est en Belgique, plus précisément à Beersel. Robert Steuckers, comme l’écrit Philippe Brewaeys dans le Soir Illustré du 26 mai 1990, y joue le rôle central. L’association veut notamment « aider a la réinsertion des Européens dans leur histoire » et est ou-verte aux ressortissants de la Communauté Européenne, de l’AELE et de l’ex-Comecon. Pour mener à bien ce programme, Steuckers est aidé par Ralf Vandenhaute, une des chevilles ouvrières de la Vlaamse Jeugd, l’organisation de jeunesse de Hertog Jan van Brabant, une amicale d’anciens SS belges, combattants du front de I’Est, et par Marc Mormont, bruxellois et animateur du Cercle Copernic qui, après avoir flirté avec le Parti des Forces Nouvelles a rejoint le Front National du docteur Feret dont il est devenu un des responsables. Il ne fait aucun doute, comme le dit Philippe Bre-waeys, qu’Europa doit servir de toile d’araignée cou-vrant l’Est et l’Ouest, coordonnant les activités de la droite extrême aux quatre coins du vieux continent. 4. Le PCF et la droite extrême Je vais terminer cet exposé par le feuilleton de l’été 1993 dont vous avez certainement entendu parler: il s’agit de 1’affaire PCF - Nouvelle Droite. Résumons: le 12 mai 1992, l’Institut des Recherches Marxistes, dirigé par Francette Lazard, membre du Bu-reau Politique du PCF et, à son initiative, invite Alain de Benoist à participer à un colloque qui a pour thème « le réveil de la pensée critique ». Une semaine plus tard, Marc Cohen, membre du PCF, responsable du Collectif Communiste des Tra-vailleurs des médias et rédacteur de L’Idiot Inter-national du provocateur Jean-Edern Hallier, participe et dialogue avec la Nouvelle Droite lors d’une rencontre organisée par Eléments, revue de la Nouvelle Droite. En octobre 1992, Alain de Benoist, dans sa revue Kri-sis, public un « face à face » ayant pour thème l’argent, auquel participe Jean-Paul Jouary, rédacteur en chef de Révolution et membre du CC du PCF. En mai 1993, Jean-Paul Cruse, membre du PCF et responsable CGT à Libération où il travaille, publie un article dans L’Idiot International où il plaide pour un front national, pour un redressement du pays dans « une alliance des communistes et de la droite catholique, nationale et maurassienne ». Cruse dénonce dans l’article « le racisme antiraciste » comme un des maux du jour et qui est: « effectivement lié aux problèmes de l’immi-gration ». Il se prononce pour une politique d’aide aux jeunes Etats forts du tiers monde. Il faut, dit-il, « les aider ou les contraindre à fixer leur sol, leur foi, leur langue et leurs peuples ». En d’autres termes, le credo de Cruse, c’est le « que chacun reste chez soi » cher à la Nouvelle Droite. Tout cela écrit sous la houlette de Jean-Edern Hallier qui déclarait au journal Le Monde en 1991: « Je rencontre Le Pen comme Leroy ou Marchais... Le Pen représente beaucoup de Français de la France profonde. Il faut réconcilier Doriot et Thorez ». Je vous rappelle que Doriot, avant-guerre, était un des responsables du PCF. Exclu du Parti, il va être à la tête de la collaboration française avec l’occupant nazi. Thorez était le secrétaire général du PCF avant Waldeck Rochet et Georges Marchais. Ainsi se sont retrouvés à L’Idiot International le com-muniste Marc Cohen, le communiste Cruse, Jean-Edern Hallier et Alain Sanders, à la fois rédacteur à I’Idiot et au quotidien lepéniste Présent. Avant 1’affaire Cruse et Jouary, en 1992, Didier Daeninckx, ancien membre du PCF, établit un dossier et va trouver Marchais qui promet une enquête. Mar-chais, dans une lettre adressée à l’écrivain en octobre 1992, confirme comme étant « avérés » les faits relevéspar Daeninckx. En juin 1993, le Canard Enchaîné s’empare de toute l’affaire et la rend donc publique, suivi en cela par Le Monde qui y consacre une série impressionnante d’articles. Libération, Globe, Charlie Hebdo, le Quotidien de Pa-ris, le Nouvel Observateur, Le Soir, Rouge et La Gauche qui voient évidemment dans tout cela la main de Staline, etc, etc, toute la presse bourgeoise se met alors de la partie... Ilfaut bien voir que tout ce déchaînement sert essen-tiellement, fondamentalement, à la presse bourgeoise et aux trotskistes à corroborer la thèse du fascisme rouge, du creuset commun du nazisme et du communisme, en un mot presse bourgeoise et trotskistes profitent de l’occasion pour déclencher une violente campagne anticommuniste. Le 1er juillet 1993, donc neuf mois après que Mar-chais ait reconnu les faits qui vont perdurer, le bureau du PCF condamne comme étant inacceptable « les rencontres contre-nature entre quelques communistes et des partisans de l’extrême droite ». Le PCF considère « que la lutte contre l’extrême droite ne peut souffrir aucune ambiguïté »et il menace d’exclusion les mili-tants qui font preuve de complaisance envers l’extrême droite. Tandis que l’Humanité-Dimanche du 15 juillet 1993 indique qu’écrire dans L’Idiot International est contraire à l’éthique communiste, que Jouary reconnaît avoir « une attitude inopportune en étant publié dans Krisis », que Cruse tente de justifier ses positions, Fran-cette Lazard, membre du BP, déclare, dans l’Humanité du 7 juillet « assumer la responsabilité de l’erreur ». Quant à Marc Cohen, je dois bien dire que j’ignore quelle est son attitude présente. En tous cas, la menace d’exclusion ne semble pas avoir été exécutée et de sanctions, pas le moindre signe. Cette sombre histoire nous apprend comment un grand parti antifasciste tel que le fut le PCF, qui fut à la tête de la résistance antinazie, dont les meilleurs fils tombèrent, furent torturés durant cette lutte héroïque, comme ce fut le cas quelques années auparavant lorsqu’ilsse dressèrent contre le franquisme, comment ce parti-là a dégénéré jusqu’à accepter dans ses rangs un maire qui se sert de bulldozers pour chasser les immigrés de sa commune, jusqu’à devenir un parti dont la déliquescence se couvre du nationalisme le plus vulgaire après avoir renié pas à pas tous ses principes fondamentaux et dont des cadres, des militants, en arrivent au compromis avec l’inacceptable. A l’initiative de Marchais et compagnie, le congrès du PCF qui doit se tenir en janvier 1994 a, à son ordre du jour, la suppression de son mode de fonctionnement: le centralisme démocratique. Que veut-il donc sup-primer? N’est-ce pas chose faite depuis longtemps dans un Parti dont la direction ignore - ou parait ignorer - ce que font ses cadres séduits par un détournement du langage qui cache si mal le but de la droite extrême? Dès à présent, cet exemple doit nous appeler à la vigilance, à une vigilance mille fois redoublée et à rester fidèles au serment que prononcèrent les rescapés des camps de 1’horreur, quand, nus et décharnés mais enfin délivrés de leurs bourreaux nazis, ils jurèrent « Plus jamais cela ». La nébuleuse Steuckers Commis-voyageur de la « nouvelle » droite en Belgique Influence idéologique philosophique on partici-pation directe dans groupe belges AGIR ALTAIR LES AMIS DE BRASILLACH LES AMIS DE L’AFRIQUE DU SUD L’ANNEAU, L’ASSAUT, BEB (BELGIQUE-EUROPE--BELGIE) LE BULLETIN CELINIEN CERCLE COPERNIC (1986) CLUB DU BEFFROI (1990) CLUBS NOLS, COMBAT PAIEN CONSORTIUM EUROPEEN (EX-W.N.P.) 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