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  #13 (permalink)  
Vieux 30/07/2008, 14h54
Malatesta
 
Messages: n/a
Par défaut Re: Lettre *au peuple de France* :



Le projet eugéniste capitaliste pour éradiquer les pauvres de tous les
pays présenté au Club de Rome et soutenu par le GRECE (groupe
d'intellectuels du FN , néo-nazis , et de divers droites dont l'UMP et
d'autres ralliés mais pas seulement , d'autres opportunistes de la
classe économique et politique s'y sont rallié (cela fera l'objetd'un
prochain post ;

VI- La question démographique
L’empreinte écologique de l’humanité sur la biosphère étant le produit
du niveau de vie
(c’est-Ã***-dire la quantité, la qualité et la nature de la consommation,
d’un côté ; la technologie
employée, de l’autre) par le nombre d’habitants, le problème
démographique revêt aussi une
grande importance. Même s’il est difficile de déterminer les «
responsabilités » respectives : par
exemple, l’essentiel du doublement de la consommation de bois de
chauffage est dû Ã*** la
croissance de la population, alors que la surconsommation du papier
est surtout imputable Ã*** la
hausse des niveaux de vie.
A- Une explosion lourde de menaces
Pendant longtemps, l’espèce humaine s'est développéeÃ*** un rythme lent
(depuis le
néolithique, on estime que la population doublait, en moyenne, tous
les mille six cents ou mille
sept cents ans). En l’an 1000, il y a environ 250 millions d’hommes.
Entre 1200 et 1500, le cap
des 400 millions est franchi. En 1600, on estime l’effectif de
l’humanité Ã*** 580 millions ; en 1700,
Ã*** 770 millions ; en 1800, Ã*** 900 millions. Le premier milliard est
dépassé aux environs de 1820 ;
le deuxième un siècle plus tard, vers 1925. C’est après que le
phénomène va s’accélérer, Ã*** tel
point qu’au cours du dernier demi-siècle, la population du globe va
plus que doubler, passant de
2,5 milliards en 1950 Ã*** six milliards en 2000 (ce cap aurait été
franchi officiellement le 12 octobre
1999). C’est-Ã***-dire que la population mondiale a davantage augmenté
depuis 50 ans que pendant
les quatre millions d’années qui se sont écoulés depuis l’apparition
de l’homme. Par ailleurs,
l’inégale répartition de cette population aggrave le phénomène : 38 %
de la population du globe
vit dans deux pays : la Chine et l’Inde.
1- Des perspectives plus rassurantes ?
Par rapport aux hypothèses envisagées vers le milieu du XXe siècle,
qui prévoyaient une
augmentation galopante de la population, la situation semble moins
dramatique. Le rythme de
croissance de cette population mondiale diminue depuis les années 60
(2,3 % en 1963 contre 1,3
% en 1998), avec d’importantes disparités. Ce qui laisse espérer une
estimation Ã*** neuf milliards
plutôt qu’Ã*** douze milliards vers 2050 (9,322 milliards selon les
Nations Unies). Et même une
stabilisation, peut-être pour la fin du siècle, puisque vers
2020-2030, le taux de fécondité (qui
s'obtient en divisant le nombre d'enfants nés vivants au cours d'une
période par le nombre de
femmes en âge de procréer) serait de 2,2 enfants par femme, c’est-Ã***-
dire très proche du taux de
remplacement.
Dans une trentaine de pays, représentant 12 % des habitants du globe,
la population est
pratiquement stabilisée. A l’exception du Japon, ces pays sonttous
situés en Europe. Certains
(Russie, Allemagne) s’orientent même vers une diminution de leur
population au cours du demisiècle
Ã*** venir. A l’opposé, d’autres pays sont d’ores et déjÃ*** promis Ã*** un
doublement ou Ã*** un
triplement de leur population au cours de la même période (Ethiopie,
Nigeria, Congo, Tanzanie,
Pakistan…)
2- Le problème demeure
« La prévision est un art difficile, surtout lorsqu’elle porte sur
l’avenir », disait un
économiste. Même si les prévisions sont moins alarmantes, lanécessité
de stabiliser la population
mondiale reste une urgence et n’éloigne pas définitivement les
craintes. Ne serait-ce que parce
qu’une partie des baisses enregistrées est davantage due Ã*** une hausse
de la mortalité qu’Ã*** une
baisse des taux de fertilité (multiples conflits armés meurtriers,
extension rapide du SIDA _jusqu’Ã*** présent, plus de 12 millions de
morts ; 30 millions de personnes étant infectées _,
réapparition de maladies plus anciennes comme la malaria ou la
tuberculose).
Hervé Le Bras rappelle Ã*** juste titre dans « Les limites de la planète
» (Flammarion, 1994)
que les « grandes cicatrices » historiques ont été laissées, non pas
par l’hostilité de la nature, mais
par de grands événements politiques (la guerre de Trente ans en ce qui
concerne l’Europe
centrale, la conquête espagnole pour l’Amérique centrale et du Sud, la
traite des esclaves quant Ã***
l’Afrique). Il n’empêche que le lien entre les limitesnaturelles et
l’augmentation de la population
devient de plus en plus perceptible. En premier lieu, dans le domaine
alimentaire. Certains pays
ont su conjuguer une augmentation des récoltes de céréales (base de
l’alimentation partout dans le
monde) et une croissance ralentie de leur population. Cependant, les
chiffres sont lÃ***. Tout
d’abord, les surfaces cultivables par personne se sont réduites de
moitié depuis 1950, passant de
0,24 Ã*** 0,12 ha. En supposant que la surface globale reste constante,
ce chiffre tombera Ã*** 0,08 ha
en 2050, posant le problème grave de la capacité de certains paysÃ***
s’auto-alimenter. Par ailleurs
si, de 1950 Ã*** 1984, l’augmentation de la récolte de céréales a
largement dépassé celle de la
population (la production par personne est passée de 247 Ã*** 362 kilos),
entre 1984 et 1998, le
phénomène s’est inversé, et la production par personne est redescendue
Ã*** 312 kilos.
Ce ralentissement de la production mondiale est dû Ã*** la pénurie de
nouvelles terres
(l’urbanisation grignote chaque année des millions d’hectares), Ã*** une
expansion moins rapide de
l’irrigation (concurrence des usages industriel et domestique) et de
l’emploi des engrais
(rendements décroissants). Même s’il est vrai, par ailleurs, que
l’amélioration des conditions de
stockage des aliments (silos étanches et secs empêchant les pertes
dues aux mulots, aux rats ou
aux charançons) pourrait augmenter sensiblement les réserves
disponibles.
Aujourd’hui, les limites des superficies cultivables sont atteintes:
toute augmentation future
de la production de céréales ne peut provenir que de nouveaux gains de
productivité de la terre.
Or la hausse de la productivité des terres Ã*** céréales est tombée Ã***
moins de 1 % par an entre 1990
et 1997.
Parce que les océans sont surexploités, la pêche maritime subit le
même sort. De 1950 Ã***
1988, elle s’est considérablement accrue, et surtout plus viteque la
population (passant de 8 Ã*** 17
kilos par personne). Mais depuis, la situation s'est dégradée : entre
1988 et 1997, le volume des
prises par personne a chuté de 4 % environ. Les prochaines décennies
verront se confirmer les
tendances actuelles : disparition de certaines espèces, baisse de la
qualité des produits, prix en
hausse, aggravation des conflits pour l’accès aux zones de pêche.
Problème sous-estimé aujourd’hui, la pénurie d’eau est pourtant
annoncée depuis longtemps
par certains spécialistes. En raison de la croissance de la
population, le volume d’eau disponible
par personne diminuera de 73 % entre 1950 et 2050, entraînant des
répercussions dont personne
ne peut soupçonner l’ampleur. Selon les projections faites parDavid
Seckler (de l’International
Water Management Institute), un milliard de personnes vivront en 2025
dans des pays souffrant
d’une pénurie totale d’eau.
Dans le contexte d’un système capitaliste qui n’a cessé de provoquer
le gaspillage, la
« prospérité » engendre une utilisation plus forte de matières
premières. Entre 1963 et 1995,
l’emploi des matières premières dans le monde a beaucoup progressé (de
141 %) alors que la
population mondiale n’augmentait que de 77 %.
Sachant que les pays industrialisés rejettent beaucoup plus de
déchets, et surtout de déchets
dangereux, la croissance de la population mondiale dans son ensemble
(environ trois milliards
d’ici 2050) ne peut qu’aggraver les problèmes déjÃ*** sérieux
d’élimination de ces déchets, avec
tous les risques sanitaires qui en découlent.

Si les incidences négatives d’un fort accroissement de la population
affectent de manière de
plus en plus évidente les capacités biologiques de la planète, les
phénomènes sociaux n’échappent
pas Ã*** l’emprise de la surpopulation.
Le niveau de l’emploi notamment souffre d’une augmentation importante
de la population.
Les enfants d’aujourd’hui étant les travailleurs potentiels de demain,
la relation entre croissance
de la population et nombre d’emplois Ã*** créer est plus cruciale dans
les pays où la population
jeune est nombreuse. La main-d’oeuvre au Moyen-Orient et en Afriquedu
Nord doublera dans les
50 prochaines années. En Asie, les préoccupations sont identiques: au
Pakistan, la main-d’oeuvre
disponible passera de 70 millions en 1998 Ã*** 199 millions en 2050 ; en
Inde, au cours des 25
prochaines années, elle augmentera de près de dix millions chaque
année. Or l’augmentation du
nombre de chômeurs est toujours synonyme de pauvreté, souvent de
famine. Un volant important
de chômage constituant toujours une arme du patronat en lui permettant
d’imposer ses conditions.
De nombreux autres problèmes sociaux résulteront pendant longtemps
encore de choix
budgétaires prisonniers du contexte démographique.
􀂾 L’enseignement : même si le rythme de croissance démographique
ralentit, la
population d’âge scolaire continuera Ã*** augmenter sensiblement dans de
nombreux pays. Avec
900 millions d’adultes illettrés dans le monde, la mise en oeuvre d’un
enseignement primaire, puis
secondaire, représente un défi déjÃ*** trop lourd.
􀂾 Le logement : parce qu’un nombre croissant d’individus n’a pas les
moyens d’accéder Ã***
un logement décent, 600 millions au moins d’habitants des villes et
plus d’un milliard de zones
rurales en Afrique, en Asie et en Amérique latine vivent dans des
logements insalubres et des
taudis, mettant parfois leur santé et leur vie en danger. Or, selon
les prévisions de l’ONU, les
besoins mondiaux en logement devraient presque doubler pendant les
cinquante années Ã*** venir.
􀂾 Les tensions sociales et conflits : même si la croissance
démographique n’est pas Ã*** elle
seule facteur de violence, lorsqu’elle conjugue ses effets Ã*** la
pauvreté, aux inégalités, aux
« fractures » sociales, elle rend la « paix sociale » beaucoup plus
fragile. Principalement dans les
pays du tiers monde, les conflits sont fréquents lorsqu’une croissance
rapide de la population
engendre ou accentue une pénurie de terres, de produits alimentaires,
d’eau, de logements,
d’emplois.
La guerre elle-même devient une « nécessité », une« soupape de sûreté
» par rapport au
phénomène de surpopulation. Nelly Roussel écrit, dans «La Voix des
Femmes » : « Il reste
évident qu’un peuple trop nombreux, qui a besoin d’expansion, est
poussé Ã*** la conquête, Ã*** la
colonisation, Ã*** l’impérialisme sous toutes ses formes… » Maurice
Laisant, lui, écrit dans « La
Rue » : « Lorsque les gouvernements ne peuvent plus satisfaire aux
besoins élémentaires des
populations excessives qu’ils ont appelé de leurs voeux et de leurs
encouragements, lorsqu’ils ne
peuvent plus dénouer les crises engendrées par ce surnombre d’humains,
ils n’ont plus que le
recours de lancer leurs peuples dans des expéditions guerrières, tant
pour écouler le trop-plein des
populations que pour créer de nouveaux emplois en raison des ruines
accumulées. »
B- Une régulation au service de qui ?
Longtemps, la régulation numérique de l’espèce humaine fut synonyme de
fléau : les
famines, les grandes épidémies (souvent dues aux guerres d’ailleurs,
plus qu’Ã*** l’insuffisance des
récoltes) décimaient les populations. Ce sont ensuite les religions,
les institutions obscurantistes
qui imposèrent leurs valeurs Ã*** ceux qui prétendaient maîtriser leur
fécondité. Le bonheur et
l’épanouissement individuel de tous n’a jamais constitué un objectif
pour les classes dirigeantes.
Il faut souligner la responsabilité de ceux qui, sous les prétextes
les plus fallacieux, se sont
acharnés Ã*** orienter, Ã*** contrôler les comportements (notamment par
l’instrumentalisation desfemmes), le plus souvent en favorisant des
politiques natalistes : la conquête de nouveaux
territoires, le désir de colonisation constituaient souvent le mobile
principal. Sans tomber dans la
paranoïa d’un Mao qui voyait dans une population nombreuse unearme
décisive dans la lutte
contre le capitalisme, plusieurs Etats (France de l’entre-deux
guerres, Allemagne et Italie de la
même époque, Europe de l’Est dans les années 1960-1970…) ont favorisé
l’accroissement
démographique, conçu comme un facteur de puissance, en combinant des
mesures coercitives
comme la répression de l’avortement et des mesures incitatives, telles
que les allocations
familiales. Une affiche française de propagande nataliste, parue en
1926, indiquait : « Les grandes
familles assurent la paix. Les petites familles préparent la guerre »,
et « L’Allemagne ne nous
aurait pas attaqués en 1914 si nous avions été dix millions de
Français de plus » ! !
A ceux (celles) qui dramatisent le phénomène du déclin et du
vieillissement pour justifier,
entre autres, les attaques contre les retraites, il convient de
rappeler, premièrement, que les enfants
constituent une charge économique pendant vingt ans (voire plus) avant
de fournir un rapport
pour la communauté, deuxièmement, que tout jeune est un vieillarden
potentialité, et donc que
réclamer un surnombre de jeunes aujourd’hui, c’est alourdir l’avenir
d’un surnombre de
vieillards. Toujours cette terrifiante fuite en avant !
Plus rarement dans l’histoire, les politiques démographiques ont
oeuvré en sens contraire. En
France, après 1789 par exemple, les dirigeants politiques
considéraient qu’une population
relativement importante pouvait devenir dangereuse pour le maintien de
leur pouvoir.
Ce n’est que vers le milieu des années 70 que l’intervention de l’Etat
vise Ã*** réduire la
fécondité lÃ*** où elle est jugée trop forte. Entre le cas de la Chine
(et également de l’Inde) où la
chute de la fécondité a été obtenue par la coercition (retard des
mariages, séparation des conjoints,
stérilisations et avortements forcés, système de sanctions et de
récompenses, pression sociale…)
et celui de Hong-Kong ou de Taïwan où la baisse importante provient
essentiellement de l’accès Ã***
la prospérité, les stratégies les plus diverses ont été appliquées.
Aujourd’hui, compte tenu des risques écologiques et sociaux (et de
l’instabilité politique qui
pourrait en découler), que représente l’accroissement démographique
(même ralenti), surtout
dans les pays du tiers monde, la menace la plus lourde qui pèse sur
les pauvres, c’est-Ã***-dire les
plus nombreux, c’est leur élimination physique dont rêvent, sur la
planète, un certain nombre de
détenteurs du pouvoir, économique ou politique.
1- L’eugénisme, instrument de contrôle social
Bien entendu, le problème n’est pas nouveau. « Nous sommes en train
d’inventer un
eugénisme soft » : cet avertissement est de J. Testart, directeurde
recherches Ã*** l’INSERM. On a
souvent tendance Ã*** assimiler eugénisme et nazisme. Or l’eugénisme,
dont le terme a été créé en
1883, n’est pas du tout un phénomène marginal mais massifet très
répandu dans la première
moitié du XXe siècle ; ces thèses étant défendues par de nombreux
biologistes, médecins, élus,
d’opinions politiques et philosophiques variées. L’eugénisme est lié Ã***
des idées de déclin et de
dégénérescence : on voit en lui le substitut Ã*** une sélection naturelle
qui ne joue plus dans les
sociétés humaines. Invoquer la dégénérescence des classes pauvres
dédouanait le capitalisme
industriel de ses responsabilités en la matière. Or ce sont bien les
terribles conditions de vie et de
travail imposées par la révolution industrielle dans la seconde moitié
du XIXe siècle qui ont créé
des difficultés sociales et une dégradation de la santé publique
(maladies contagieuses,
alcoolisme, prostitution, maladies mentales, criminalité), phénomène
rendu beaucoup plus visible
du fait de la concentration dans les villes.
C’est aux Etats-Unis qu’apparaît d’abord l'eugénisme, Ã*** une période où
l’élite craint de
perdre les commandes du système économique et politique face Ã*** la
pauvreté et Ã*** l’agitation
sociale. L’eugénisme fournissait Ã*** la fois une explication «
scientifique » aux problèmeséconomiques et sociaux, l’hérédité, et une
méthode non moins « scientifique » pour les résoudre,
la stérilisation. L’Indiana fut le premier Etat Ã*** promulguer une loi
en 1907 qui rendait obligatoire
la stérilisation des criminels avérés, des imbéciles, des idiots et
d’autres catégories de citoyens
accueillis par les établissements correctionnels ou sanitaires, après
approbation par un jury
d’experts. En 1931, trente Etats avaient voté des lois sur la
stérilisation, et des milliers de citoyens
américains avaient fait l’objet d’une « solution chirurgicale ».
Par ailleurs, le test de mesure de certaines aptitudes mis au point
par Alfred Binet, et
introduit aux Etats-Unis en 1916, est détourné de ses objectifs
initiaux : il devient un moyen
d’identifier les individus génétiquement « défectueux » et est utilisé
en Angleterre et aux Etats-
Unis pour détourner le plus grand nombre des enfants issus de la
classe ouvrière vers des filières
scolaires courtes.
L’eugénisme se développera plus tard dans d’autres pays : la Suisse et
le Canada avaient des
lois eugénistes depuis 1928, le Danemark depuis 1929, l’Allemagne
depuis 1933, la Norvège
depuis 1934, la Suède depuis 1935 (on estime qu’il y a eu, dans ce
pays, entre 1935 et 1976,
environ 60 000 stérilisations, alors qu’en Allemagne, ce sont
plusieurs centaines de milliers de
malades mentaux et de vieillards qui ont été exterminés).
Si ces pratiques semblent révolues, on voit aujourd’hui resurgir,
parallèlement aux progrès
du génie génétique, une sociobiologie qui contribue Ã*** préparer un
climat culturel favorable Ã***
l’avènement d’une société eugénique. Lasociobiologie fait la part
belle Ã*** l’inné au détriment de
l’acquis. Certains chercheurs affirment même que pratiquement toutes
les activités humaines
sont, d’une façon ou d’une autre, conditionnées par notre bagage
génétique. Ils estiment que les
tentatives de réformer le système économique et social constituent au
mieux un simple palliatif et
au pis une perte de temps. Les causes des inégalités sociales, dela
pauvreté, de l’exclusion se
trouvent dans les gènes.
L’objectif n’est pas d’améliorer l’humanité, préoccupation
populationnelle, mais
d’empêcher la naissance d’êtres dont la vie ne mériterait pas d’être
vécue, préoccupation
individuelle. Il faut savoir que F. Crick (prix Nobel en 1962, avec
Watson, pour sa découverte de
la structure de l’ADN) a pu déclarer : « Aucun enfant nouveau-né ne
devrait être reconnu humain
avant d’avoir passé un certain nombre de tests portant sur sa dotation
génétique (…) S’il ne
réussit pas ces tests, il perd son droit Ã*** la vie. »
Cette conception progresse de manière tellement sensible que des
scientifiques eux-mêmes
sont tentés de mettre en garde l’ensemble de l’opinion.. Ruth Hubbard,
professeur de biologie Ã***
l’université de Harvard, écrit : « Il s’agiten partie d’une réaction
conservatrice contre les acquis
du mouvement pour les droits civiques et du mouvement féministe. Ces
mouvements ont insisté
sur l’importance du milieu dans la formation de notre identitéen
défendant l’idée que, si les
femmes, les Noirs et d’autres groupes jouissent d’un statutinférieur
dans la société américaine,
c’est Ã*** cause des préjugés dont ils sont victimes, et non de leur
infériorité naturelle. Les
conservateurs n’ont pas manqué d’acclamer les découvertes
scientifiques qui semblent démontrer
l’existence de différences innées dont ils peuvent se servir pour
expliquer l’ordre social existant. »
Pour sa part, le docteur Jonathan Beckwith, de Harvard également,
écrit : « L’insistance sur
la seule génétique comme facteur explicatif des maladies et des
problèmes sociaux tend Ã***
détourner l’attention de l’opinion des autres approches de ce type de
problème (…) L’explication
génétique de l’intelligence, de la différenciation des rôles sexuels
ou de l’agressivité tend Ã***
absoudre la société de toute responsabilité Ã*** l’égard des inégalités
qu’elle nourrit, au plus grand
bénéfice de tous ceux qui ont un intérêt au maintien des inégalités. »


2- Le contrôle des populations

Le moyen le plus sûr de contrôler un individu, et Ã*** plus forte raison,
une population, c’est de
l’anéantir ! Il faut E-LI-MI-NER ! On connaît Ã*** peu près la pratique
nazie d’élimination des
prisonniers de guerre soviétiques et des populations juives d’Europe,
qui consistait Ã*** affamer ces
populations civiles : ce sont plus de trois millions d’hommes et de
femmes qui ont été
assassiné(e)s. On connaît les pratiques criminelles Ã*** l’encontre de
ceux dont l’hérédité constitue
un « fardeau » pour la société. On connaît beaucoup moins les théories
de réduction massive des
populations, qui peuvent prendre des visages très différents.
Et pourtant, la faim est aujourd’hui devenue une arme de guerre
redoutable dans de
nombreux pays. Sylvie Brunel écrit, dans « La faim dans le monde » : «
Plus de 100 millions
d’êtres humains sont morts de faim au cours des cent dernières années,
lors de famines
particulièrement meurtrières, dues Ã*** des choix politiques délibérés, Ã***
une volonté de contrôle total
de la société, ou Ã*** la décision d’éliminerdes minorités. »
« Le militantisme eugéniste a trouvé Ã*** s’occuper en s’orientant vers
une nouvelle forme de
malthusianisme », écrit André Pichot, directeur de rechercheau CNRS,
dans « La société pure :
de Darwin Ã*** Hitler » : le contrôle de la population mondiale,
notamment grâce Ã*** Frederick
Osborn (un ancien compagnon de Laughlin), et avec le soutien de la
Fondation Rockefeller ».
Fondation Rockefeller dont l’objectif est de développer les outils de
connaissance et d’action sur
le vivant permettant le contrôle biologique de l’humanité, qui s’est
faite le promoteur principal
des programmes de réduction des populations auprès des Nations Unies,
qui s’implique dans de
nombreux domaines médicaux (psychiatrie, génétique), et dontJ.-P.
Berlan, chercheur Ã*** l’INRA,
a pu dire qu’elle développe depuis maintenant soixante ans «
l’instrumentalisation réductionniste
du vivant ».
Un auteur américain, William Vogt, dans « La faim du monde »,
popularise ces thèses dans
les années 1950. Ce bon apôtre se livre Ã*** une description
apocalyptique de la situation écologique
et de la surpopulation (même si ces problèmes sont effectivement d’une
extrême gravité), en
regrettant que, par la protection des faibles, la société et la
médecine multiplient la population audelÃ***
des capacités nourricières du sol. Dans cet ouvrage qui prône le «
contrôle écologique des
naissances », on peut lire : « Une guerre bactériologique Ã*** grande
échelle serait un moyen
efficace, si elle était énergiquement menée, de rendre Ã*** la terre ses
forêts et ses pâturages », et plus
loin : «L’un des biens essentiels du Chili, le plus grand peut-être,
est le taux élevé de sa
mortalité ».

3- L’éradication des pauvres

Si ces élucubrations n’étaient l’oeuvre que de quelques illuminé(e)s,
l’inquiétude ne serait
pas justifiée. Mais ce n’est pas le cas. Dans le sillage des théories
de Malthus, le Club de Rome,
fondé en 1968, popularise les notions de limites de la planète. Groupe
multinational, « non
politique », réunissant des scientifiques, des économistes, des
universitaires, des fonctionnaires,
des industriels, il se fixe pour but de trouver et proposer aux
décideurs politiques des solutions
pratiques aux problèmes planétaires. A partir de phénomènes constatés
(épuisement des sols,
gaspillage des ressources énergétiques, accumulation des déchets,
raréfaction de l’eau potable),
des questions sont posées : notre planète est-elle trop peuplée ? Les
équilibres environnementaux
sont-ils en péril ?
Dans cette mouvance, certains s’interrogent sincèrement, sans arrière-
pensée, sur le
problème effectivement grave de l’interaction entre l’homme et son
milieu. Mais d’autres
n’utilisent ce discours catastrophiste sur les limites physiques dela
biosphère que pour légitimer
l’extermination des populations les plus pauvres, les plus démunies,
en jouant perfidement sur les peurs collectives.Un mémoire de Henri
Kissinger (une des plus sinistres crapules de la fin du siècle
dernier),
intitulé « Incidences de la croissance de la population mondiale sur
la sécurité des Etats-Unis et
sur ses intérêts outre-mer », daté du 10 décembre 1974, est resté
secret jusqu’au 31 décembre
1990, date Ã*** laquelle il a été mis Ã*** la disposition de ceux qui le
demandaient. C’est la peur d’une
explosion démographique dans un tiers monde « socialiste-communiste »
et la menace qu’elle
représentait pour la suprématie blanche, son idéologie et son
expansion capitaliste Ã*** l’étranger qui
a constitué le détonateur.
L’idée de base de ce mémoire est que « pour perpétuer l’hégémonie
américaine du monde et
assurer aux américains un libre accès vers les minéraux stratégiques
de l’ensemble de la planète,
il est nécessaire de contenir, voire de réduire, la population des
treize pays du tiers monde (Inde,
Bangladesh, Nigeria…) dont le poids démographique Ã*** lui seul les
condamne, pour ainsi dire, Ã***
jouer un rôle de premier plan en politique internationale ». Pour
atteindre ce but, il faut faire
accepter les méthodes de contrôle des naissances par les leaders du
tiers monde, grâce Ã***
l’insinuation politique (en prenant garde que de telles pressions
n’apparaissent comme une
« forme d’impérialisme économique ou racial » !!). Et si ce plan
s’avère inefficace, il faudra
recourir Ã*** des méthodes plus coercitives.
Le Département d’Etat de l’administration Carter _une administration
traumatisée par tout
ce qui relevait de la « sécurité nationale » _ publiaitun rapport où
on pouvait lire : « Depuis des
siècles, des millions de pauvres ont accepté leur sort avec
résignation dans la plus complète
apathie politique. La situation est en train de changer. A mesure que
les moyens de
communication se développent, l’idée qu’une vie meilleure est
envisageable fait son chemin. Il
faut s’attendre Ã*** ce que certains, dans la hâte d’un changement
radical, aient recours Ã*** la violence,
au terrorisme même. Il existe un réel danger de voir la violence
monter et s’étendre tant qu’on
n’aura pas trouvé des moyens plus efficaces pour améliorer les
conditions de vie des
masses » ! ! !
Il faut savoir que Mme Margaret Sanger, fondatrice du Family Planning,
grande admiratrice
de Hitler, a pu écrire : « Toutes les misères de ce monde sont
imputables au fait que l’on permet
aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire
sans que nous ayons aucune
maîtrise sur leur fécondité » ! ! et aussi : « Le prolétariat n’a que
lui-même Ã*** blâmer pour sa
déchéance : il cesserait d’être prolétaire s’il cessait de se
multiplier » ! ! ! Et le Dr M. King, un des
responsables des stratégies démographiques, a pour sa part, tenu les
propos suivants : « essayez le
planning familial, mais si cela ne marche pas, laissez mourir les
pauvres parce qu’ils constituent
une menace écologique » ! ! !
Après un demi-siècle de croissance fulgurante, le capitalisme a créé
le chaos économique et
social dans les pays du tiers monde, marginalisant ou même condamnant
Ã*** mort, Ã*** l’aide des
plans d’ajustement structurel du FMI (dévaluation des monnaies, gel
des salaires, privatisation
des industries, augmentation des prix des denrées alimentaires,
réduction des budgets sociaux…),
un nombre croissant d’individus. Aujourd’hui, la ruine économique,
l’extrême pauvreté, le
désoeuvrement, le désespoir ont créé une situation explosive.
L’impasse dans laquelle les pays
pauvres se trouvent enfermés, ce sont des millions de personnes qui
n’ont plus rien Ã*** perdre, ce
sont les tentations de céder aux pires extrémités de la haine et du
fanatisme, c’est le
développement rapide des clans mafieux. Le pauvre est perçu commeun
facteur de risque
(immigration, terrorisme…) ; ce potentiel d’explosion servant, Ã***
travers tous les amalgames
possibles, Ã*** justifier la montée de l’idéologie sécuritaire.
Ce contexte de tensions redoutables menace le capitalisme dans ses
fondements. Un
capitalisme de plus en plus incertain de pouvoir encadrer et gérer une
misère qu’il a luimême
engendrée, de contenir les débordements possibles de quatre milliards
d’individus qui pourraient aspirer légitimement au train de vie
américain, alors que les ressources de la planète ne
le permettent pas ! ! Le Nord doit tout mettre en oeuvre pour éviter
que le Sud ne l’entraîne avec
lui dans sa chute ! C’est le thème abordé par Suzan George dans « Le
rapport Lugano ». Pour sa
seule survie, le capitalisme ne peut continuer Ã*** tolérer la présence
de milliards d’humains
« superflus ». Puisqu’il ne peut fonctionner de manière optimale selon
les conditions
démographiques prévisibles, alors ce sont ces conditions qu’il lui
faut modifier. Ramener la
population Ã*** deux, trois ou quatre milliards ? C’est selon la
fiabilité des modèles mathématiques
ou le degré d’optimisme de leurs concepteurs !
Puisqu’il ne peut plus combattre la pauvreté, le capitalisme éliminera
les pauvres ! Les
fractions de populations « non solvables », se situant hors marché,
les individus non productifs
qui ne participent pas Ã*** l’ « effort global », n’intéressent plus les
multinationales, notamment
agroalimentaires. D’où les stratégies criminelles des grandes firmes,
les réponses cyniques des
technocrates, les méthodes barbares envisagées, et déjÃ***utilisées :
famines provoquées, épidémies,
génocides, stérilisations forcées, eugénisme… Il faut savoir que pour
certains, refuser de
combattre la faim ou laisser se développer le SIDA constitue une noble
tâche d’ordre écologique :
« permettre Ã*** la nature de retrouver son équilibre » ! Malheureusement
pour ces assassins, il n’est
pas sûr que la multitude des pauvres, des exclus, des « morts vivants
» se laisse tranquillement
mourir de faim.
Le problème posé n’est donc plus de s’interroger sur l’aspect
mathématique des variations
de l’effectif de l’espèce humaine : celle-ci doit impérativement
parvenir dans le siècle présent Ã***
une stabilisation de sa population. La question centrale est de savoir
si ce mouvement sera imposé
par les événements, par des politiques autoritaires, par des méthodes
fondées sur la coercition,
voire sur la barbarie, ou s’il résultera d’un choix volontaire,
refusant que le désir de procréation ne
devienne programmable par une prétendue élite éclairée.
Le cheminement de l’homme, notamment par l’évolution technique, ayant
causé la
disparition de tous ses prédateurs naturels, l’espèce humaine a
couvert l’ensemble de la planète et
se trouve désormais confrontée Ã*** son propre envahissement. Il s’agit
de répondre Ã*** un défi
biologique, de porter un regard lucide sur les problèmes que pose la
survie de l’humanité. La
maîtrise démographique n’est évidemment pas le seul élément
déterminant dans la construction
de l’avenir. Les limites de la planète pourraient être atteintes par
une population stationnaire qui
persisterait dans la voie productiviste. Mais cette maîtrise constitue
un préalable Ã*** la résolution de
problèmes aussi graves que la pollution, la pauvreté, l’urbanisation
sauvage… Pour que cette
maîtrise soit le résultat du libre arbitre d’adultes responsables, il
importe de généraliser rapidement le débat crucial sur les relations
complexes entre environnement et population.



On 30 juil, 14:04, "Franck jam" <333boxo...***laposte.net> wrote:
> "jmB" <j...***lion.org> a écrit dans le message news:
> 488fce6a$0$968$ba4ac...***news.orange.fr...
>
>
>
>
>
> > Franck jam a écrit :
> > >>> Evidemment que son texte n'est pas crédible. Ca saute au yeux.

>
> > >> Â*** ta gueule pôv pomme, j'te cause pas Ã*** toi...
> > >> retourne dans ta niche, apprendre Ã*** lire
> > >> et fait pas de commentaire merdeux sur mes textes.
> > >> tout le monde sait lire...sauf toi.

>
> > >> Malatesta.c'est mon frère de classe, alors pas touche

>
> > > Tiens ? C'est vrai que t'abonde. J'avais pas bien saisi :-)

>
> > > A la relecture, j'aime bien la tournure de celle-ci :
> > > "par ce que Ã*** l'intèrieur des USA il y a une grande variabilité entre

> les
> > > états riches et pauvres" T'a pas inventé le fil Ã*** couper le beurre toi

> :-)
> > > Ta culture des USA est epoustouflante.

>
> > T'as remarqué...!

>
> Oui. Toi qui ne t'ai même pas aperçu des incohérence formelles du texte de
> ton copain Malatesta. Il est Ã*** peu près certain que la citationqu'il a
> donné n'a pas été écrite par un Â***américain - Ou alors, qu'il donne ses
> sources - En tout cas, il émane de plusieurs sources différentes. Cependant
> le coeur y est (bien que tu confondes marxisme et anarchisme).
>
> Les inégalités sont flagrantes, je suis d'accord sur ce point. Mais de lÃ*** a
> sortir des lieux communs du genre : "par ce que Ã*** l'intèrieur des USA il y a
> une grande variabilité entre les
> Â***états riches et pauvres".
>
> Le problème avec les placardistes multiposteurs tels que Wen Kroy le
> lambertiste ou Malatesta l'anarchiste, c'est qu'ils se foutent royalementde
> la philosophie (ce ne sont pas les seuls). Ils se contentent d'utiliser ce
> groupe comme tribune politique et sous la mince couche de leur militantisme
> de doux rêveur se dissimule un totalitarisme de fait. C'est justement ce
> totalitarisme que je combats - sur ce groupe et dans n'importe quel autre
> contexte citoyen - Â***quelques soient les formes qu'il prenne - Capitalisme,
> marxisme ou anarchisme. Mais cela va plus loin. Ne serait-ce que concernant
> la définition d'un "système" politique qui se doit d'être mouvant selon les
> époques et les lieux et aucunement statique. Car c'est dans la nature même
> de l'humanité et des peuples que de n'être pas réductible Ã*** un système
> social figé. Dans ce sens et malgré les apparences, je serais bien plus
> anarchiste que Malatesta, meilleur marxiste que Wen Kroy et capitaliste plus
> prudent que Guillet.
>
> Un proverbe dit : "Si tu ne peux devenir roue, devient un rayon de la
> roue" - Oui mais non. Encore faudrait-il que la roue ne soit pas bancale.Il
> y a donc Ã*** réfléchir sur le problème d'individuation en regard d'un
> quelconque système politique. Si ce dernier devient inséparablede
> l'expression de la personne - indissociable de son regard sur le monde et
> sur lui-même et, par cela, objet de névrose, de manque Ã*** combler - alors
> oui, il y a perversion. Car tous systèmes politiques sont, par définition,
> imparfaits, contextuels. Le corpus des lois n'échappe pas Ã*** cette
> contrainte - Il y a les lois et l'esprit des lois - ce qui se pratique
> communément sous le nom de jurisprudence. Les lois ne sont rien d'autre par
> elles-mêmes que l'expression de l'imperfection de l'homme - Sans cela, elles
> sont un container vide.
>
> Dernier point :
>
> Prenez une feuille de papier pliée dans le mauvais sens. Pour la remettre
> plane, vous allez forcer la pliure dans le sens contraire. Cela ne signifie
> nullement que la pliure dans le sens contraire soit LA loi. Malatesta et Wen
> Kroy sont des gens qui font cette erreur.
>
>
>
> > >> bourgeois de mes deux...

>
> > > Ca, ça, c'est rhétorique.

>
> > Â*** Â*** La raie torique....fais voir, j'veux visiter!

>
> Jeu de mot débile et vide de sens.
>
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Vieux 30/07/2008, 15h03
Malatesta
 
Messages: n/a
Par défaut Re: Lettre *au peuple de France* :

LA P E S T E : Le G.R.E.C.E :
La Nouvelle droite

Juliette Pierre
17-09-2003

Source: Etudes Marxistes n°25, 1er trimestre 1995 • www.marx.be

1. Existe-t-il une « Nouvelle Droite » purgée de l’anticommunisme et
du racisme ?

Je dois vous dire, tout d’abord, que le sujet dont nous allons traiter
ce soir apparaît, à première vue - je souligne « à première vue» -
extrêmement complexe, difficile à démêler.

La « Nouvelle Droite » fait, de temps à autre, l’objet d’une campagne
de presse comme ce fut le cas fin des années 70 ou encore cet été, ce
dont je vous parlerai plus tard dans cet exposé.

La « Nouvelle Droite » fait aussi l’objet d’études universitaires, de
livres qui tentent de chiffrer sa combi-natoire idéologique et son
impact politique.

De la bonne volonté évidente des auteurs de démon-ter le fatras
d’idées avancées par la Nouvelle Droite, une certitude émerge: le
confusionnisme dans les théo-ries que celle-ci avance répond à un but
précis et la tactique consiste pour elle à camoufler ce but par un
détournement du langage, un glissement des mots chargés d’endormir la
vigilance de l’interlocuteur et, ainsi que nous le verrons, il arrive
que cela réussisse.

Toutefois, il est un élément qui, souvent, n’est pas repris en compte
par les analystes de la « Nouvelle Droite ». Ces démocrates, sincères,
situent le phénomène soit au niveau d’une mode, soit au niveau d’un
cou-rant de pensées d’extrême droite à coloration nouvelle, permettant
un élargissement de son influence.

Or, ce n’est là que voir la superficialité des choses, car s’il est
exact que ce qu’on appelle la « Nouvelle Droite » forme un substrat
politique, organisationnel et culturel qui influence des réalités
beaucoup plus vastes que 1’extrémisme de droite que l’on pourrait
appeler traditionnel, courant, il est essentiel de voir que la «
Nouvelle Droite » cache sous ses habits neufs – c’est-à-dire sous sa
tactique - rien de neuf.

Il n’y a pas de « Nouvelle Droite ». Cette soi-disant « Nouvelle
Droite » n’est rien d’autre que le nazisme teinté, sous certains
aspects, de fascisme musso-linien. La « Nouvelle Droite », c’est le
nazisme en lut-te d’abord contre le communisme et pour la pureté de la
race.

Si, dans cet exposé, je continuerai à me servir par commodité du
vocable « Nouvelle Droite », sachez que ce terme est mis entre
guillemets.

Pour bien comprendre ce qui précède, il faut partir de plusieurs
éléments:
Les racines de la Nouvelle Droite
Ses cibles
Sa tactique.

1.1. Les racines de la Nouvelle Droite

La Nouvelle Droite n’a pas surgi du néant. Si, en jan-vier 1969, six
mois après mai 1968, son outil, le GRECE (le Groupement de Recherches
et d’Etudes sur la Civilisation Européenne) a été constitué en France,
ce n’est pas dû au hasard ni à la génération spontanée.
Depuis la chute du fascisme jusqu’en 1968, globale-ment, partout
l’extrême droite traîne les pieds: les sou-venirs sont encore trop
vivaces.

L’indépendance conquise par l’Algérie constitue un choc, une plaie
béante pour toute la droite, pas seule-ment française, a fortiori pour
son extrême. En mai 1968, l’extrême droite montre ses dents et ses
muscles mais la victoire n’est pas de son côté. Après la perte de
l’Algérie et du Congo, un homme a compris qu’il fallait tirer de ce
rapport de forces des conclusions: c’est un Belge qui va avoir un
impact international. Ce Belge, c’est Jean Thiriart.

Ouvrons la parenthèse pour situer brièvement le per-sonnage. Membre,
avant-guerre, de l’organisation fas-ciste belge La Légion Nationale,
condamné à la libéra-tion pour avoir été sous I’occupation un agent de
l’AGRA (les Amis du Grand Reich Allemand). Dès sa libération, il anime
en Belgique et en Allemagne un réseau de soutien logistique à l’OAS.
En 1960, dispo-sant à nouveau de ses droits politiques, il met sur
pied le CADBA, le Comité d’action et de Défense des Belges d’Afrique,
qui devient la même année le MAC, le Mouvement d’Action Civique, qui,
à son tour, deviendra plus tard Jeune Europe, connu actuellement sous
le sigle P.C.N, Parti Communautaire National-Européen et qui sévit
surtout à Charleroi.

Thiriart, qui est mort fin 1992, a élaboré une doctrine fasciste,
anticommuniste, antisyndicale, antidémocratique, antitiersmondiste,
placée sous le concept « ni gauche ni droite » (slogan auquel on
pourrait ajouter sans se tromper « mais extrême droite... »). Il a
aussi théorisé le concept impérialiste de la Grande Nation Européenne
« de Dublin à Vladivostok ».
Mais si la doctrine de Thiriart est fondamentale pour la Nouvelle
Droite, sa tactique reste traditionnelle et n’est pas en mesure de
mener à la conquête d’espaces nouveaux.

Or, c’est bien à la conquête d’espaces nouveaux que ces vieux et
jeunes militants d’extrême droite français rêvent. Issus d’Europe
Action, de Jeune Nation, de la Fédération des Etudiants Nationalistes,
des cadres universitaires, de Défense de l’Occident, de tout le gratin
de 1’extrême droite et forts du renfort de la fraction anticommuniste
du monde universitaire exaspéré par Mai 68, de celle des vieux
routiers intel-lectuels de l’anticommunisme tels les écrivains Jean
Mabire, Saint-Loup, Raymond Abellio, les Thierry Maulnier, les René
Huyghe, le renégat Boris Jouvarire, les Jean Raspail, Anthony Burgess
(rappelez-vous Orange Mécanique, hymne à la violence fasciste), Pierre
Gaxote, Jean Cau et autres célébrités, la Nouvelle Droite s’installe
et fonde le GRECE.

Parmi ces intellectuels qui viennent à la rescousse du GRECE à ses
débuts, nous retrouvons quatre Belges.

Dans la liste établie en 1979 dans sa thèse de docto-rat, Anne-Marie
Duranton-Crabol cite Hubert Winfried, professeur, Jean Piron,
professeur de biologie, et Piet Tommissen, professeur de sociologie,
qui tous trois sont membres du Comité de Patronage de Nouvelle Ecole,
une des revues les plus importantes du GRECE.
Ce comité de Patronage comporte 129 noms de professeurs, écrivains,
journalistes, savants européens et américains. Figure également dans
la thèse en question le nom de Georges Hupin, directeur de la revue
Pour une renaissance européenne, qui est le délégué belge aux premiers
colloques du GRECE.

De la Nouvelle Droite française une figure de proue va émerger. Le
gourou en question s’appelle Alain de Benoist. Le maître à penser,
jeune figure intellectuelle séduisante, a vu, en 1978, un de ses
livres (Vu de droite) couronné par l’Académie Française, s’est vu
invité à Apostrophes par Bernard Pivot, écrit de longs pamphlets dans
la page consacrée aux Débats du journal Le Monde, et dans feu Le
Matin, journal du P.S. français.

L’honorable monsieur de Benoist, et personne ne l’ignore, avant d’être
le porte-parole de la Nouvelle Droite, avant de diriger ses éditions
Copernic, avant d’être un des chroniqueurs les plus éminents du Figaro
et ensuite du Figaro Magazine de Robert Hersant et de Louis Pauwels,
cet honorable personnage fut cependant un membre influent de
l’organisation fasciste Jeune Nation, fut responsable national de la
Fédération des Etudiants nationalistes, membre du comité de rédaction
des Cahiers Universitaires, membre d’Europe-Action, etc, etc... la
liste est longue. J’ignore s’il fit personnel-lement la castagne
contre les gauchistes en mai 68, peut-être a-t-il eu peur de se casser
les doigts, mais ce qui est certain, c’est qu’il fut une des têtes
pensantes des fachos castagneux.
Telles sont les composantes de la soi-disant Nouvel-le Droite, telles
sont ses racines.

1.2. Les cibles de la Nouvelle Droite

Elles sont au nombre de trois, mais dans la chronolo-gie des
événements, nous devons distinguer deux étapes.

Première cible. Elle vise évidemment A l’unification de tous les
frères disséminés dans tous les groupuscules d’extrême droite. Mais,
comme nous le verrons à travers le cas belge, il n’y a pas de volonté
absolue d’unifier 1’ensemble sur base des thèses de la Nouvelle Droite
car, après tout, les divergences sont choses secondaires, le fond
étant commun, il s’agit d’agir sur la tactique déployée par tous ses
groupuscules, afin qu’ils adoptent un style nouveau susceptible
d’élargir au maximum leur audience.

Le second secteur que vise la Nouvelle Droite, c’est l’Etat et
l’armée.

Ayant tiré les leçons de l’activisme OAS et des groupuscules d’extrême
droite, Dominique Venner, qui fut le responsable national de Jeune
Nation, est un des fondateurs du GRECE qui sera, je cite Venner en
1967. « Une centrale idéologique diffusant un enseignement doctrinal
et permanent... Cela signifie que chacun de ses membres aura
l’obligation de militer dans une acti-vité civique et culturelle qui
lui donnera une influence sur d’autres hommes » - fin de citation. En
clair, cela signifie que le mot d’ordre est: infiltration.

C’est d’une stratégie d’entrisme à haut niveau qu’il s’agit,
correspondant d’ailleurs à la qualité du recrute-ment du GRECE ou ne
sont admis que des intellectuels de haut vol pouvant apporter leur
caution aux thèses du GRECE et capables d’influence.

Julien Brunn, dans le livre qu’il consacra à la Nouvelle Droite en
1979, cite Jacques Bruyas, ancien responsable d’Europe-Action et de la
Fédération des Etudiants Nationalistes passé an GRECE, qui déclare en
1973 dans la revue Nouvelle Ecole n°9: « Nous incitons nos membres à
se mêler, à aller au monde, à s’engager n’importe où, où les
possibilités sont grandes... Ce dont nous avons besoin, c’est d’hommes
influents ayant leur place dans les sphères de décision d’aujourd’hui
et plus encore dans celles de demain ».

Et cela marche. Le GRECE fourait des nègres au RPR, A I’UDF, tant à
Michel Poniatowski, ministre de Giscard, qu’au maire de Nice, ami de
Le Pen, Jacques Médecin. Dans les revues du GRECE écrivent aussi bien
Roger Garaudy que Jean-François Kahn ou Domenach, ancien directeur de
la revue Esprit. Fin des années 70, le GRECE investit le Figaro
Magazine.

Son investissement ne s’arrête pas là. Il couvre I’Université, la
science et déborde les frontières de l’hexagone. Ainsi, les envois des
correspondants étrangers à la revue Nouvelle Ecole sont centralisés en
1979 en Belgique au n°3 de la rue de la Venelle, à 1150 Bruxelles,
adresse d’un certain Jean-Pierre Vangeit. Les correspondants en
question couvrent l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, la
Grande--Bretagne, la Scandinavie, l’Argentine et, par elle, 1’ensemble
de l’Amérique latine. Une vraie inter-nationale, en somme!

D’autre part, pour conquérir la haute administration, le GRECE en 1974
soutiendra le Club de l’Horloge qui rassemble de nombreux hauts
fonctionnaires et élèves des grandes écoles et dont la doctrine est
bien celle propagée par le GRECE.

Comme le Club de l’Horloge dans les milieux admi-nistratifs c’est-à-
dire politiques, « Nation armée » affiche un objet social impeccable.
Il s’agit d’une revue autour de laquelle s’est constituée une
association. Son but - je cite la revue n°1 de février 1976: « Montrer
que la Défense n’est pas l’affaire des seuls milieux mili-taires et
que la Nation se doit elle-même d’être armée ne serait-ce qu’au niveau
de l’esprit critique et des valeurs morales indispensables à la survie
de toute société. »

Les valeurs morales en question puisent largement dans les concepts du
GRECE qui est le créateur de Nation Armée et on retrouve dans sa
direction comme dans son comité de Patronage des cadres du GRECE.
Quelques mois auparavant, en avril 1975, le GRECE avait déjà mis sur
pied sa courroie de transmission dans les milieux militaires en
lançant un Comité de Liaison des Militaires et Sous-Officiers de
Réserve. La tâche de ce CLOSOR, qui se présente comme une association,
est de « promouvoir l’idée de la Défense et apporter son soutien actif
aux associations déjà existantes ayant pour but de défendre les forces
armées. » Vous remar-querez qu’avec Nation Armée et le CLOSOR, le
GRECE veut couvrir de haut en bas l’ensemble des milieux militaires.

La troisième cible constitue la seconde étape.
Au milieu des années 70, Robert Steuckers, animateur et représentant
du courant GRECE en Belgique, inspiré par les thèses du Belge
Thiriart, suivi en cela par l’équipe OGNIOS, la librairie
révisionniste et fasciste française, par les groupes néo-nazis qui se
proclament « nationalistes-révolutionnaires », cherche à agir en di-
rection de milieux apparemment fort éloignés: des élites et des
sommets du pouvoir auxquels s’intéressaient par-ticulièrement jusque
là GRECE France.

Cette nouvelle orientation que Steuckers va appliquer bientôt en
Belgique, l’est également en Espagne sous l’égide du théoricien
Ernesto Mila Rodriguez et elle est suivie par des Allemands, des
Italiens et par des tenants du Nouvel Ordre Européen.

Quelle est cette orientation? Pour Steuckers et les autres, la cible
prioritaire (les autres n’étant pas pour autant abandonnées), la cible
prioritaire est devenue l’extrême gauche, la gauche, les tiers-
mondistes, les chrétiens, les syndicalistes et tous ceux qui
participent à des mouvements sociaux.

GRECE France, sans toutefois abandonner son entrisme dans l’élite et
les milieux du pouvoir, adhère à ce tournant et, preuve de
l’importance qu’il lui accorde, Alain de Benoist, le leader
incontesté, s’attribue le rôle de mener l’offensive de séduction vers
l’intelligentsia de gauche sous l’étiquette « Ni gauche ni droite ».

Lors du colloque de mai 92 0ù il se retrouve avec des membres du PCF -
rencontre dont nous reparlerons - A. de Benoist déclare: « Il faut
abandonner le clivage droite-gauche et lui préférer l’image d’un
centre et d’une périphérie. Le premier (le centre) étant constitué par
l’idéologie dominante, la seconde (la périphérie) regroupant tous ceux
qui n’acceptent pas cette idéo-logie. Je crois profondément, ajoute-t-
il, qu’un débat peut s’instaurer entre tous. Si cela est encore
difficile sur le plan politique, c’est sur le plan des idées que cela
peut se faire. »

Il faut dire que l’attrape-mouche « idées » a déjà porté ses fruits.
Donnons-en un exemple frappant. L’appel à la déculpabilisation de
l’homme blanc vis-à-vis du colonialisme, lancé dans un livre intitulé
Le sanglot de l’homme blanc par Pascal Bruchner en 1985 et célébré par
tous les médias, n’est pas tombé du ciel. Inspiré par les thèses anti-
tiersmondistes de la Nouvelle Droite, cet appel va gangrener Médecins
Sans Frontières, lui inspirer la création de Liberté Sans Frontières,
chargé d’occulter le pillage du tiers monde par le capitalisme
mondial, donner naissance à Médecins du Monde que dirige Kouchner.

L’idéologie qui sous-tend l’action du cénacle qui se prétend « d’aide
humanitaire » est l’apologie de l’Occi-dent, plus particulièrement
européen, contre un « soi-disant tiers monde » incapable de gestion
économique et démocratique saines qui n’est globalement qu’une zonede
conflits interethniques primaires et d’actions armées contre les
intérêts de l’Occident. Ce qui justifie le droit d’ingérence làoù les
positions néo-colonialistes de l’Occident sont mises en danger et dont
l’ancien gau-chiste Kouchner et ses disciples se sont faits les cham-
pions.
Cet aspect de l’infiltration de la Nouvelle Droite dans un domaine
ouvert aujourd’hui à « la mission civilisa-trice de 1’homme blanc »
mériterait un plus long exposé. Faute de temps, je vous invite à faire
vôtre la lecture du numéro de Solidarité Internationale n°22 et
d’Etudes Marxistes n°10 qui traitent de l’anti-tiersmondisme et du
rôle des organisations qui se proclament « d’aide humanitaire ».

1.3. La tactique de la Nouvelle Droite

Dans ce long préambule, nécessaire pour bien situer la Nouvelle
Droite, nous avons vu que 1’infiltration, l’en-trisme, constitue
l’outil permettant de forer des trous, mais pour y arriver, il faut
enrober l’outil de manière telle que les cibles, et particulièrement
la troisième, ne découvrent pas trop tôt le poignard.

Le miel va prendre deux aspects, le prétexte culturel et le
détournement du langage.

La Nouvelle Droite se définit donc comme étant une école de pensée qui
a entrepris une réflexion en pro-fondeur excédant largement les
frontières partisanes. Il s’agit pour elle d’opposer à la doctrine
égalitariste ju-déo-chrétienne, d’où seraient issus à la fois les
principes dont s’est réclamée la Révolution française et le marxis-me,
un cadre idéologique complet, une solution de rechange à caractère
scientifique.

II s’en suit un embrouillamini doctrinal apparemment anarchique qui
est en réalité d’une redoutable cohérence.

« Il n’y a pas de renouveau des affaires publiques sans une doctrine
». Cette citation est du vieux fasciste français Maurras. Il serait
mal venu pour ceux qui veu-lent qu’on les démarque du passé de
reprendre à leur compte cette signature. Il faut en trouver une à
gauche et le communiste italien Gramsci va faire l’affaire.

On va tronquer son œuvre, l’amputer de sa dimension de classe et la
retourner en faveur de la stratégie inaugurée par la Nouvelle Droite
pour, comme le dit très justement Duranton-Cabrol dans sa thèse, « en
tirer profit afin de trouver sa légitimité le plus a gauche possible
».

En résumé, de l’œuvre de Gramsci, la Nouvelle Droite tirera le concept
que, « dans les sociétés développées, la conquête du pouvoir politique
passe par celle du pouvoir culturel » et, dans tous les pays où elle
est implantée, la Nouvelle Droite va répandre « la nou-velle culture »
par livres, articles de journaux, inter-views, colloques, etc.

Dans son étude sur Les néo-nazis, Jean-Marc Tolleyre relève une
déclaration du nazi français Roland Gaucher: « Après la Libération,
nombre de PC occiden-taux ont fait du ‘gramscisme’ sans le dire.
L’idée d’Alain de Benoist fut d’effectuer le même travail de
pénétration cette fois au bénéfice des hommes et des idées de droite
». Et il ajoute: « la pénétration a surtout été remarquable dans les
médias, les maisons d’édition et les milieux politiques ».

« La lettre du club du Beffroi » - ce club, petit grou-puscule, a été
mis sur pied par le belge Steuckers. Il s’agit d’un club élitiste, à
l’instar du Club de l’Horloge français, qui soutient à la fois Agiret
le Vlaams Blok. La lettre du Club du Beffroi reprend l’« idée
culturelle » à son compte. On peut lire dans son éditorial de février
1993: « La culture tant esthétique que politique a été abîmée,
dégradée par la gauche caviar, le centre mou et la droite
traditionnelle amorphe. Or la culture est synonyme de totalité de vie,
une vie qui compte une in-finité d’aspects. Le Beffroi les explorera
jusqu’au jour proche du grand Renouveau » (Renouveau étant sou-ligné
dans le texte).

Si le vocabulaire de la Nouvelle Droite est souvent teinté de mots
inaccessibles au commun des mortels, ne croyez pas que dans son
offensive culturelle, elle ne vise que la soi-disant intelligentsia,
elle sait aussi adap-ter son langage au lecteur moyen. Mais, ce qui
est prin-cipal, c’est que pour accréditer ses thèses aussi bien dans
l’intelligentsia que dans les autres milieux, la Nou-velle Droite va
s’affubler d’un manteau épais, en d’autres termes, elle va pratiquer
avec art le détournement de langage. Nous allons prendre à cet égard
trois exemples primordiaux et significatifs et vous verrez que les
habits neufs craquent et montrent les coutures.



2. Trois thèses fondamentales

Dans le fatras philosophique et politique de la Nouvelle Droite, deux
thèmes émergent: race, élite d’une part et ordre d’autre part.
L’égalité des hommes, inégalité des peuples et, pour y aboutir, mise
en place d’un ordre social.

2.1. Le premier postulat: l’inégalité des hommes

2.1.1. La différenciation

« Nous ne sommes pas racistes car nous avons le respect des
différences ».

Dans Le petit lexique du Partisan Européen, écrit en collaboration par
le français Guillaume Faye de la Nouvelle Droite, le belge Pierre
Freson d’Agir et Ro-bert Steuckers, on peut lire sous le titre
ronflant d’ethnopluralisme (traduisez: racisme) ce qui suit:
« (L’ethnopluralisme), c’est la reconnaissance de la diversité
ethnique de l’espèce humaine, de la nécessité biologique et culturelle
de préserver des groupes ethniques différents en accordant à chacun
d’entre eux sa valeur propre et spécifique. L’ethnopluralisme est la
réponse au racisme ».

Qu’est-ce que le racisme? Je cite ce que nous apprend Le petit
lexique: « Le racisme est un produit de l’égali-tarisme... En prônant
un mélange ethnique universel... on dénie implicitement aux hommes et
aux peuples leur spécificité biologique et culturelle ».

Et voilà le tour de passe-passe joué! Nous, droite ex-trême, nous
sommes pour la différence, nous avons raison de proclamer que
l’antiracisme, c’est la politique d’apartheid et vous qui proclamez
l’égalité des hom-mes, vous êtes les racistes! C’est ce qu’on appelle
le détournement du langage.

Que cache cc souci de la différenciation? Pour y voir clair, référons-
nous au géniteur. Hitler écrit dans Mein Kampf: « La conception
raciste fait place à la valeur des différentes races primitives de
l’humanité. Elle ne croit nullement à leur égalité mais reconnaît, au
con-traire, leur diversité et leur valeur plus ou moins élevée. Cette
connaissance lui confère l’obligation, sui-vant la volonté éternelle
qui gouverne le monde, de favoriser la victoire du meilleur et du plus
fort, d’exiger la subordination des mauvais et des plus faibles. Elle
rend aussi hommage au principe aristocratique de la nature »...

On pourrait croire, dire que faire l’analogie entre Hitler et la
Nouvelle Droite participe du procès d’intention. Laissons donc
s’exprimer la Nouvelle Droite.
Hitler parle
1) de la diversité et de sa valeur plus ou moins élevée;
2) de favoriser la victoire du meilleur ;
3) d’exiger la subordination des mauvais et des plus faibles.
Sur chacun de ces points, je pourrais vous faire part de dix
déclarations de la Nouvelle Droite. Nous sommes tenus par le temps, ce
qui me force à être plus modeste.

Que dit-elle sur la diversité et sa valeur plus ou moins élevée?

Jean-Claude Valla, autre gourou de la Nouvelle Droite française, a
écrit un livre au titre évocateur: « Dix ans de combat pour une
Renaissance culturelle ». On peut y lire: « Le monde est divers. Il
n’est même que cela, diversité. Et toute diversité est génératrice
d’inégalités ».

Dominique Venner, membre fondateur de la Nouvelle Droite, dans un
document interne rendu public en 1989, déclare: « Seule la race
européenne - blanche, cauca-soïde - a continué à progresser sur la
voie montante de l’évolution du vivant, au contraire des races
stagnantes dans leur développement donc en régression virtuelle ». On
peut lire dans un manifeste de la Nouvelle Droite publié en 1986 sous
le titre « Humanisme et sur-humanisme » ce qui suit: « Si 1’appareil
nerveux central de 1’espèce est encore grossièrement semblable d’une
population à l’autre, les psychismes conditionnés par le néo-cortex,
c’est-à-dire par ce qu’il y a de plus récent dans le cerveau,
apparaissent très profondément différents ».

Ce racisme, à masque scientifique, on le retrouve dans le second thème
commun à Hitler et à la Nouvelle Droite: « Favoriser la victoire du
meilleur ».

Les textes suivants sont clairs. On peut lire dans Nouvelle Ecole n
°19, où Alain de Benoist reprend à son compte les propos du professeur
Hofmeyer, ancien directeur du département de génétique de l’université
de Pretoria, ce qui suit: « D’après ce qu’on sait aujourd’hui, l’homo
sapiens a succédé à l’homo erectus il y a 4 peine 40.000 ans en
Afrique contre au moins 250.000 ans dans l’hémisphère nord.
L’évolution de la race noire a donc duré beau-coup moins longtemps que
l’évolution de la race blanche... ce qui laisse à supposer que les
mêmes stades de développement n’ont pas été atteints ».

Eléments, autre revue de la Nouvelle Droite, dans son numéro 4 et 5,
reproduit sans commentaires un article d’un journaliste anglais Philip
Howard, faisant état des travaux d’un certain docteur Baker selon
lequel « certaines races sont génétiquement supérieu-res à d’autres,
dans la mesure où on prend comme cri-tère de supériorité l’aptitude à
créer une civilisation et à manifester un nombre plus élevé
d’individus supérieu-rement doués ... Si l’on devait classer les
races, les Europoïdes viendraient en tête ».

Et la conclusion, nous la trouvons dans l’éditorial de Nouvelle Ecole
n
°18: « ... Bien loin d’être un progrès, la convergence, les mélanges,
la fusion universelle équivalent à une véritable régression par
rapport à la vie... Nous mesurons maintenant la menace que font planer
sur le monde les mortelles idéologies égalitaires, tant métaphysiques
(traduisez judéo-chrétiennes) que laïques (traduisez marxistes) ».

Ilne faut pas s’y tromper, ajoute l’auteur, « en s’en prenant à la
différenciation, qui est un principe de vie, et à la sélection, qui
est le moteur de l’évolution, c’est l’espèce entière qu’ils mettent en
danger dans son ave-nir et ses possibilités de renouvellement ».

En d’autres termes, le métissage, voilà le danger pour l’humanité; la
différenciation, la pureté de la race, voilà la seule sauvegarde pour
l’humanité.

Maintenir la pureté de la race, cela signifie deux cho-ses:
Il faut qu’il y ait des surhommes d’une part, il faut éli-miner les
tarés d’autres part. Et nous en arrivons à deux concepts de la
Nouvelle Droite où l’analogie avec le nazisme ne peut susciter aucun
doute.

2.1.2. Le concept du surhomme

Dans leur lexique, Faye, Fréson, Steuckers écrivent sous la rubrique «
aristocratie », terme repris par Hitler dans la citation extraite de
Mein Kampf énoncée ci--dessus, ce qui suit:
« La civilisation égalitaire n’a pas tué les aristocraties, elles sont
virtuelles puisqu’un peuple biologiquement (je souligne le mot) en
génère toujours. Il nous appartient de créer les conditions de
réalisation de ce potentiel ».

Hitler écrivait dans Mein Kampf: « Un Etat qui, à une époque de
contamination des races, veille jalousement à la conservation des
meilleurs élément de la sienne doit devenir un jour maître de la terre
».
« Les meilleurs éléments » pour Hitler sont faits de « surhommes ».
Hitler et la Nouvelle Droite ont le même inspirateur: Nietzsche.

Quand Louis Pauwels veut marquer ses affinités et flatter A. de
Benoist, il écrit à son propos en 1978 dans Le journal du Dimanche: «
Cet anti-marxiste pourrait bien être un Nietzsche actuel ».
J. Brunn dans son livre sur la Nouvelle Droite signale un autre écrit
du même Louis Pauwels paru dans le Figaro: « Les sciences de la vie
révèlent la nécessité d’une hiérar-chie des individus dans toutes les
sociétés animales avan-cées, comme dans les sociétés humaines »..
Louis Pauwels a résumé ainsi en quelques mots les concepts fascistes
de la Nouvelle Droite de darwinisme social et de nietzschéisme.

Le 1er avril 1972, le GRECE consacre son sixième séminaire national à
Nietzsche, dont rend compte Nouvelle Ecole n°16. A. de Benoist y a la
bonne idée de situer pour nous qui est Nietzsche, référence, je le
rappelle, commune à la Nouvelle Droite et A Hitler . « On parlait, dit
de Benoist, au XIXème siècle, d’abolir l’exploitation de l’homme par
l’homme, pour Nietzsche, c’est du pur verbiage ».

Voilà qui est à nouveau proclamé haut et fort au-jourd’hui: Marx,
Engels, pur verbiage. Nietzsche a bien ses héritiers!

Je continue de citer de Benoist: « L’éthique nietzschéenne préserve
l’individu parce qu’elle recherche ses richesses, ses promesses et son
avenir. Elle avan-tage les hommes de valeur, parce qu’elle considère
que lorsque ces hommes sont avantagés, c’est toute la col-lectivité
qui en bénéficie. Elle dégage de la société une véritable élite.
Surtout, parce que Nietzsche s’est tou-jours placé dans la perspective
biologique, elle favorise les mutations bénéfiques et améliore
l’espèce en vue d’une surhumanité. »

2.1.3. L’eugénisme

Le but de la Nouvelle Droite est annoncé, revendiqué. Comme Hitler, ce
qu’elle veut, ce à quoi elle tend, c’est à la création d’une
aristocratie biologique, d’une surhumanité, par l’application de
l’eugénisme.

Qui a dit: « Il ne s’agit pas de supprimer l’inégalité parmi les
hommes, mais au contraire de l’approfondir et, comme dans toutes les
grandes cultures, d’en faire une loi par des barrières
infranchissables. Le même droit ne vaut pas pour tous ». C’est Hitler
qui prononça ces paroles A Munich en 1932.

Qui a dit le 1er avril 1972 en conclusion du séminaire sur Nietzsche:
« Il faut des esclaves pour que surgisse une nouvelle aristocratie ».
C’est le GRECE par la voix de Michel Norey.

En d’autres termes, comme le proclamait Hitler, il faut exiger la
subordination des mauvais et des plus faibles. Mais cela ne suffit
pas.

C’est au nom du « réalisme biologique » et d’une psychose de la
dégénération génétique que la Nouvelle Droite prône l’importance de
mettre en œuvre d’ur-gence un ensemble de mesures eugénistes.

L’eugénisme, c’est ce qu’Hitler a mis en pratique contre tous les
déviants politiques, contre tous les sous--hommes juifs, tziganes,
slaves, malades, homosexuels...

En 1933, le philosophe allemand Oswald Spengler définissait en
quelques mots la nécessité de l’eugénisme et mettait au pilori ses
adversaires parmi lesquels le principal: la médecine. Il écrivait:
« (La médecine) entrave la sélection naturelle et, ce faisant, elle
contri-bue à la décadence de la race ».

Le 14 juillet 1933, l’Allemagne nazie adopte une « loi pour la
prévention d’une descendance héréditairement malade ». Cette loi entre
en vigueur le 1er janvier 1934. Son premier paragraphe en résume
clairement l’objectif et la portée: « Celui qui est malade
héréditairement peut être stérilisé par opération chirurgicale ».

Dans la liste qui suit ce paragraphe, on trouve entre autres appelés,
ceux qui sont atteints de « cécité héréditairee », de « surdité
héréditaire », de « malformations corporelles », d’« alcoolisme
invétéré ».

« L’Etat raciste doit veiller à ce que seuls les indivi-dus sains
puissent procréer », avait écrit Hitler dans Mein Kampf.

Bien sûr, la Nouvelle Droite ne peut pas se référer ouvertement à
Hitler. Cc serait contraire à sa tactique. C’est là qu’intervient la
manipulation de la science et la diffusion sous prétexte culturel des
pensées ‘scientistes’ » qui partagent avec les héritiers d’Hitler la
même volonté d’appartenance à la race des Seigneurs.

J’aurais voulu vous parler de manière approfondie des alibis pseudo-
scientifiques que fournissent à la Nou-velle Droite les Lorentz, les
Alexis Carell, etc.... de la campagne menée par la droite extrême
contre le bio-logiste Albert Jacquard et je regrette que nous soyons
tenus par le temps. Nous nous contenterons donc des écrits qui
fleurissent à tous vents dans toutes les publications de la Nouvelle
Droite.

Epinglons parmi eux le n°14 de Nouvelle Ecole, où on peut lire dans ce
numéro consacré à l’eugénisme, sous la plume de Jean-Jacques Mouvrau:
« Ne serait-il point temps, vu le développement auquel est arrivé le
type de l’homme en Europe, de tenter une sélection méthodique,
artificielle et consciente... »
Et l’auteur continue: « Qui sait si on ne pourrait pas élever au
niveau supérieur une partie de l’humanité aux dépens de l’autre partie
».

Et plus loin, l’auteur conclut: « Ne pas intervenir devant le péril de
dégradation génétique serait d’autant plus impardonnable que les
moyens dont nous disposons sont considérables ».

Dans ce même numéro de Nouvelle Ecole, Yves Christen écrit: « Il faut
continuer le modelage de la na-ture aussi longtemps qu’il le faudra,
car la vie dégradée est une atteinte à la vie ». Et plus loin, on lit:
« L’eugénique négative n’est pas, loin de là, la seule issue
envisageable. Elle ne vise somme toute que l’élimi-nation des cas
pathologiques les plus flagrants. Ce premier travail accompli, une
seconde étape plus constructive doit être franchie... dès lors que les
per-spectives eugéniques laisseront envisager la program-mation de
types souhaités ».

En d’autres termes, après la purification de la race par stérilisation
et fours crématoires, viendra la race pure des seigneurs, des
surhommes.


2.2. Le deuxième postulat: l’inégalité des peuples

Pour la Nouvelle Droite, l’Europe et la race ne font qu’un. Dans leur
Lexique du Partisan européen, Faye, Freson et Steuckers s’en
expliquent:

« L’Europe est notre patrie, c’est-à-dire le sol, l’espace de notre
enracinement, l’entité dont nous devons faire un sujet de l’histoire
et de la culture que nous voulons défendre et poursuivre. L’Europe est
la valeur centrale de notre conception du monde... L’Europe, disent
ensuite les auteurs, sera impériale ou ne sera pas. L’Empire est la
forme et l’essence de notre devenir historique. Ce concept est à la
fois spirituel et organique... »

« Ce dynamisme est aujourd’hui entravé par une civilisation
mondialiste... Nous entendons ... faire pren-dre conscience de
l’existence d’une communauté des peuples européens qui peuvent se
retrouver dans un passé commun et se donner un destin historique ».

Et quel est le nœud de ce « destin historique » ? Là, pas de mystère.
C’est de l’Allemagne qu’il s’agit.

L’Allemagne, berceau de la civilisation européenne. Ce n’est pas pour
rien qu’imitant les SS, tous les fidèles de la droite extrême
célèbrent A chaque solstice ce qu’ils appellent « la religion
traditionnelle de l’Europe, le culte des fôrets et des dieux
germaniques », tentant ainsi de donner vie aux mythes celtiques, aux
Ni-belurgen pour que l’Europe se souvienne de sa vocation et de ce
qu’elle doit à l’Allemagne, berceau de sa culture.

Mais l’Allemagne est bien plus qu’un berceau culturel. Je cite La
Bourrasque, où Steuckers écrit au printemps 1990: « Face au danger
réel que représentent les Etats-Unis et le Japon, puissances non-
européennes, l’Allemagne réunifiée va être la garante d’un ancrage
européen de notre économie. Seule une Allemagne puissante, avec Berlin
comme capitale, aura le poids nécessaire pour tenir tête à Washington
et à Tokyo... La peur de la réunification allemande ne peut troubler
que des esprits petits et bornés. L’Europe n’est pas menacée par
l’Allemagne qui est européenne mais bien écono-miquement par les
Etats-
Unis et le Japon et ethnique-ment par l’afflux d’immigrés du tiers
monde ».

Cet empire européen, sous tutelle allemande, la Nou-velle Droite
reprenant à son compte 1’ancienne idée de Thiriart la voit d’Ouest en
Est.

En 1987, du temps de Gorbatchev, Volonti Euro-péenne, la revue de
Steuckers, proclamait: « Les natio-nalistes-révolutionnaires europ~ens
ne peuvent pas rester indifférents aux problèmes de l’autre Europe.
Nous devons au contraire favoriser la détente et le rapprochement
entre les deux Europe pour arriver à la réunion de tous les Européens
».

Hitler aussi, dans son rêve d’hégémonie, n’est pas resté indifférent à
l’Est européen...

D’autre part, dans sa cartouche de présentation, Vo-lonté Européenne
proclame en caractères gras: « Volonté Européenne lutte contre l’anti-
culture américaine qui détruit 1’âme des peuples et cancérise les
cultures et les civilisations de tous les peuples du monde ».

Mais au-delà de la lutte qu’entend mener la Nou-velle Droite contre
1’envahissement culturel de l’Amé-rique, clin d’œil aux progressistes
excédés pair les Dis-neyland, les séries TV made in USA, les films de
Stalone, progressistes qui n’en apprécient pas moins les Walt Whitman,
les Jack London, les John Reed ou les Horace MacCoy, les grands films
américains tels Spartacus, Le sel de la Terre ou Music Box,

au-delà de ce que déclare la revue Nationalisme et République n°4: «
Toutes sortes de ripostes se trouvent légitimées par les exactions
américaines », appel à tous ceux qui ne peuvent accepter le Nouvel
Ordre Mondial imposé par les Américains,

au-delà de la lutte proclamée contre l’OTAN, contre l’ONU, je continue
de citer la Nouvelle Droite: « L’OTAN telle qu’elle est organisée est
totalement aux mains des Américains... ». « L’ONU est à la botte des
Américains »,

au-delà de cette tentative de séduction à l’adresse des démocrates,
des révolutionnaires,

au-delà de tout ce discours fait pour brouiller les pistes, se cachent
non la dénonciation des méfaits de l’impéria-lisme américain, mais
bien:
1. 1’antisémitisme et la haine du brassage des races;
2. 2. le concept de I’Europe impérialiste.

Pour la Nouvelle Droite, l’Amérique a été fondée par un pot-pourri de
peuples et les Juifs la dominent; Na-tionalisme et République n°4
parle « du clone bêtifiant et déraciné made un USA ».

Là est le danger puisque selon Nationalisme et Répu-blique: « le
risque est grand qu’une vieille société iden-titaire (comprenez
1’Europe) devienne un conglomérat cosmopolite selon le modèle standard
déposé aux USA ».

C’est contre cette Amérique multiraciale que la Nou-velle Droite se
dresse et s’allie à son K.K.K., ses antisémites et ses savants qui
prônent suprématie de la race blanche et eugénisme.

Par ailleurs, la Nouvelle Droite ne pardonne pas à l’Amérique ni son
intervention contre l’Allemagne na-zie ni sa mainmise sur les
richesses des anciennes colonies européennes.

Je vais vous citer Thiriart qui, à l’image des Faye, Freson et
Steuckers, fit lui aussi une sorte de lexique de ses pensées: « La
guerre civile européenne de 1939-1945 (remarquez comment se définit la
lutte contre Hitler!) a été mise à profit... pour réduire l’Europe
toute entière... et s’emparer de tous ses empires d’outre-mer...
Exploitant sans perdre de temps notre faiblesse à la sortie d’une
guerre civile, ‘ nos libérateurs’ (ces mots sont mis entre guillemets
par l’auteur) sont devenus nos spoliateurs. Non seulement Russes et
Américains se sont appropriés chacun une moitié de l’Europe mais de
plus les USA ont évincé l’Europe du monde pays par pays: l’Italie
d’Afrique, les Pays-Bas d’Indonésie, l’Angleterre et la France d’Asie
et d’Afrique, la Belgique d’Afri-que... »

Et plus loin, Thiriart écrit: « L’indépendance écono-mique (comprenez
de l’Europe contre les USA) dépend en premier lieu du libre accès (de
l’Europe) aux matières premières... partout dans le monde ». Ce «
partout dans le monde » est souligné par l’auteur qui ajoute: « C’est
seulement lorsque nous (européens) auront réalisé cet objectif que
nous seront vraiment indépendants ».

Et on peut lire dans Nationalisme et République de mai 1992: « Les
limites territoriales (rappelez-vous « l’espace vital d’Hitler »)
vitales de 1’Europe... vont ou passent à l’ouest de l’Islande jusqu’à
V1adivostock, de Stockolm jusqu’au Sahara Sud, des Canaries au
Kamtchatka, de l’Écosse au Béloutchistan. Une démographie dépassant
les 800 millions au moment où la Chine (entendez 1’ennemi communiste)
dépassera les 1.200 millions. Il nous faut les matières premières de
Sibérie. La Sibérie est notre Ouest... Il nous faut des rivages
faciles à défendre: Océan glacial arctique, Atlantique, Sahara, accès
aux détroits indispensables: Gibraltar, Suez, Istanbul, Aden-Djibouti,
Ormuz. II nous faut les pieds dans l’eau au Béloutchistan. Notre
frontière, c’est le fleuve Indus, Alexandre l’avait pressenti et
vécu... »

Et I’auteur ajoute: « Toute notre stratégie doit, pour parler
poétiquement à la Mao, être celle des Quatre Mers: avoir les pieds
dans l’eau en Atlantique, en mer d’Oman, en mer du Japon, en mer de
Kara ».
Les commentaires me paraissent superflus!

D’un autre côté, contrairement à Thiriart qui prêche pour une nation
Europe d’où est exclu tout natio-nalisme, la Nouvelle Droite prône
quant à elle l’Europe des Ethnies.

« L’Empire européen, écrivent Faye, Freson et Steuckers, est composé
de régions ethniques qui, à1 leur niveau, sont des éléments essentiels
de son existence. Dans cette optique, les nationalismes européens sont
des mouvements positifs puisqu’ils donnent à chaque peuple d’Europe le
sens de son enracinement. Ces luttes, telles qu’elles ont été menées
par... les Basques, les Corses, les Bretons (les Flamands, les
Wallons) etc... sont des tentatives de destruction des Etats-Nations
conjuguées avec une idéologie impériale européenne, elles sont les
avant-gardes de notre unité.

La lettre du Club du Beffroi de janvier 1993 est claire à plusieurs
niveaux:

« La Belgique n’est plus viable dans sa forme ac-tuelle... Les
régions... se passeront de l’Etat-Nation, imposé jadis dans les
esprits par les canons et les baïonnettes des sans-culottes, recrutés
dans les bas--fonds de Paris pour précipiter l’Europe dans le désas-
tre. Sans-culottes dont les héritiers spirituels font encore la pluie
et le beau temps à nos portes, à 300 km d’ici, à Paris.
Mais il faudra aussi que cela change et que ces gens-là se retrouvent
dans la même poubelle de l’Histoire que les Honecker et Ceaucescu.
Espérons que les Corses, les Bretons, les Alsaciens, les Occitans
auront la force qu’ont eue les foules de Leipzig, de Prague et de
Bucarest: biffer de la carte, effacer de la statolâtrie jacobine, de
la médiocrité idéologique qu’elle a véhiculée (c’est) une
nécessité ... A 1’instar des Tchèques et des Slovaques, arrachons ....
notre vieille tunique usée belgiciste... »

Que voilà, n’est-ce pas, un bel appel où, au nom de l’Europe des
Ethnies, haine de la Révolution française et du communisme se
rejoignent!

2.3. L’inégalité des hommes, l’inégalité des peuples à son
aboutissement: l’Ordre social

Ce nouvel ordre social auquel aspire la Nouvelle Droite est la copie
conforme de l’Ordre Nouveau d’Hitler. Dans la revue Etudes et
Recherches n°1, Michel Norey de la Nouvelle Droite écrit: «
L’égalitarisme social ne peut, d’un point de vue scientifique, qu’être
une régres-sion. Plus une société est évoluée, plus elle est hiérar-
chisée ».

Rappelez-vous qu’Hitler exigeait dans Mein Kampf la « subordination
des mauvais et des plus faibles ».

Rappelez-vous que c’est le même Norey qui proclamait, à l’instar
d’Hitler, « il faut des esclaves pour que surgisse une nouvelle
aristocratie ».
Volonté Européenne n°26 de 1989 fixe le modèle à suivre: « Le IIIème
Reich est social. Le 2 mai 1933, les syndicats traditionnels sont
dissous et remplacés par le Front allemand du travail, émanation du
Parti. De nombreuses lois sociales protègent le travailleur allemand
face au patronat. En cas de conflit patron--travailleurs, les
curateurs du travail, fonctionnaires dépendant du Ministre du Travail
(donc de l’Etat nazi) ont le pouvoir de trancher, en tenant compte des
intérêts en présence et de l’intérêt supérieur du Reich ».

Et on retrouve dans Nationalisme et République n°8 de mai 1992 cette
phrase qui se passe de tout commentaire: « Ce qui relève de l’Imperium
nécessite un pouvoir poli-tique total, implacable, jamais effleuri par
1’hésitation ou la faiblesse. On ne gouverne pas sans potences. Le
pouvoir doit être sûr de lui, fécond pour construire, organiser,
agrandir. Parfois, il doit être sourd ».

Et dans la même revue de juin 1992, on trouve: « Les idéologies de
contestation doivent être inlassablement dénoncées, elles rendent les
masses encore plus bêtes ». Et plus loin, on peut lire:
« La dégénérescence de notre système politique occi-dental bourgeois
et du système économique communiste réside dans la pratique de la
fuite des responsabilités par l’artifice de la décision majoritaire ».

Contre qui ces potences? La droite extrême est claire: contre ceux qui
attisent, je cite une phrase qui revient inlassablement dans ses
écrits, contre ceux qui attisent « la lutte stérile des classes »,
c’est-à-dire d’a-bord les communistes et les syndicats et ensuite
contre tous ceux qui contestent un aspect quelconque de l’« or-dre
nouveau ».

Il y a 60 ans, cela aboutissait aux tortures, aux camps de
concentration, à la mort pour que soit maintenus au bénéfice du
capital le plus féroce l’ignoble exploitation de l’homme par l’homme,
l’idéologie et la « morale pure » des aryens, des surhommes et du chef
suprême.

Comme je vous l’ai dit an cours de cet exposé, j’au-rais souhaité vous
parler de manière plus approfondie des alibis pseudo-scientifiques
dont s’affuble la Nou-velle Droite, vous citer ces savants déviants et
vous décrire leurs thèses.

J’aurais voulu vous parler de la doctrine de Thiriart, sans doute la
première depuis la chute du nazisme à être structurée de manière telle
qu’elle a inspiré aussi bien tous les groupes de la droite extrême
belges et internationaux que tous les groupes terroristes soi--disant
d’extrême gauche, tels les CCC ou Action Directe, pour ne citer
qu’eux, auxquels Thiriart appor-tait son soutien.

J’aurais voulu vous décrire tous les éléments qui forment le corpus
doctrinal de la soi-disant Nouvelle Droite et notamment son paganisme.

Mais cela exigerait des heures et des heures que nous n’avons pas.
Je tiens cependant à développer encore brièvement deux thèmes:
l’impact en Belgique de la Nouvelle Droite et vous dire quelques mots
sur l’événement qui a fait les choux gras de la presse cet été: la
Nouvelle Droite et le PCF.



3. L’impact de la Nouvelle Droite en Belgique

Depuis 1973, Robert Steuckers a repris en Belgique la tâche que s’est
assignée la Nouvelle Droite en France.

1. Unifier tactiquement et si possible programmati-quement sur les
positions de la Nouvelle Droite tous les groupuscules Wextréme droite
francophones et néer-landophones.
2. Infiltrer la droite dite classique et les élites intel-lectuelles
et politiques.
3. Infiltrer la gauche au maximum.

II faut d’abord dire que si Steuckers participe A la rédaction de
toute une série de publications interna-tionales et nationales, il en
édite trois en Belgique:
à parution régulière: Vouloir et Orientation
à parution irrégulière: La Bourrasque.

On lui doit aussi la mise sur pied de Cercles d’Etu-des (voyez ici
l’analogie avec le GRECE français) tels que EROE (c’est-à-dire Etudes,
Recherches et Orien-tations Européennes), l’Anneau, le cercle
Copernic, les amis de Céline, les amis de Brasillach (comme chacun le
sait, Céline et Brasillach sont deux écrivains collaborateurs des
nazis. Si Brasillach fut fusillé à la libération, Céline est
aujourd’hui honoré dans les médias, dans l’édition, au théâtre,
etc ... ), Altaïr et le Club du Beffroi.

Steuckers a une participation active dans une multi-tude de groupes,
mais il faut distinguer entre impact total et impact partiel. Je
m’explique:

Steuckers est l’éminence grise qui se cache derrière les prises de
positions et la tactique d’AGIR, à qui le sondage effectué durant cet
été promet 10% des voix, du PCN et cela dès avant la mort de Thiriart
fin 1992. Steuckers est le maître à penser du Vlaams Blok où il
dispense aux militants la formation théorique.

Steuckers a participé personnellement par ses conseils à l’élaboration
de la tactique suivie par le MSP (Mouvement Socialiste Populaire) ex
APON (Asso-ciation pour un Ordre Nouveau), à l’infiltration de ce
groupuscule dans le Comité Afghanistan et à sa tenta-tive
d’infiltration dans le PTB.

Par ailleurs, Steuckers infiltre des mouvements d’ex-trême droite où
son influence joue mais qui maintien-nent certains préceptes qui ne
correspondent pas à la ligne que défend Steuckers. Il en est ainsi du
Front National unitariste et du PSC 2000 (nouveau CEPIC), unitariste
lui aussi et où le paganisme n’est pas la tasse de thé. Il en est de
même de Pro Vita anti-avortement qui n’est certes pas adepte de
l’eugénisme.

Steuckers, dans son prosélytisme visant à donner à l’extrême droite
belge un visage honorable, ne gagne certes pas à tous les coups.
Exemple récent: le 4 sep-tembre de cette année, à Renaix, au cours
d’un rassem-blement du Vlaams Blok contre les immigrés et les
facilités, ses nervis ont respecté leurs traditions en ta-bassant les
contre-manifestants et en blessant griève-ment le preneur de son de la
TV allemande parce que celle-ci tentait de fixer sur la pellicule la
bestialité du Vlaams Blok.

Le lendemain, soucieux de cet accroc à la respec-tabilité que lui
enseigne Steuckers, le Vlaams Blok rejetait la responsabilité de la
violence déchaînée sur le groupe d’Assaut qui sert pourtant en
Wallonie de marchepied à l’idéologie du Blok.

Or, parmi les donneurs de coups de poing, sans les gants de boxe chers
au Blok, figure un de ses cadres bien connus, Patrick Spinnewijn, qui
a d’ailleurs de qui tenir, son père et un de ses frères militants du
VMO ayant été condamnés pour appartenance à une milice privée.

Quand à Patrick Spinnewijn, il compte déjà un lourd passé, à 18 ans,
il était membre du groupement fasciste étudiant NJS à Bruges, dont le
dirigeant était Filip Dewinter.

Par contre, Steuckers réussit son œuvre quand Agir dans son programme
électoral, a le culot d’écrire: « Le point de vue d’Agir est que
l’immigration est un pro-blème redoutable qui ne pourra se résoudre
sans déchirements et sans douleurs. Il faut y réfléchir et empêcher
que l’extrême droite la plus obtuse ne fasse ses choux gras d’une
situation qui va en se dégradant »! Il faut le faire... « Au
contraire, ajoute Agir, c’est bien pour offrir une alternative
démocratique aux électeurs rebutés par l’immobilisme clientélistedes
partis traditionnels et déçus par la pantalonnade pro--immigrés des
écologistes qu’Agir participe aux élec-tions à venir. Agir défendra d
cette occasion (je cite en respectant l’ordre du texte):
- (la) reconnaissance de la diversité culturelle comme essence d’un
humanisme véritable ( ... )
- (la) volonté d’assumer sans concessions l’héritage culturel de
l’Europe ( ... )
- (le) respect des différences ethno-culturelles
- (la) préférence systématiquement donnée, sur le terri-toire
national, aux intérêts des Belges, de leur culture et à leurs
traditions. »

Steuckers réussit ainsi son oeuvre lorsque le Front National inonde
Bruxelles d’autocollants sur lesquels on peut lire: « Gardez vos
foulards et mettez les voiles » en d’autres termes: gardez votre
culture et ne conta-minez pas la nôtre.

Avant de clore ce chapitre, trop bref, sur la nébuleuse Steuckers, je
veux attirer votre attention sur l’organi-sation Europa nouvellement
créée. Europa se veut le lien entre la droite extrême européenne de
l’Ouest et celle de l’Est. Il y a quelques années déjà que la revue
Vouloir de Steuckers suit de fort près I’évolution des pays de l’ex-
bloc de l’Est. Elle dispose d’un correspon-dant à Moscou, Alexandre
Dougine, leader du bloc Artogaïa, une société ésotérique russe.

En mars 1990, à l’invitation de la revue Dyeen (Le Jour), Robert
Steuckers se rend à Moscou avec Alain de Benoist pour, je cite
Nationalisme et République de juin 1990: « entamer le dialogue avec
les nouvelles forces politiques (ce qui) prouve que les cartes sont en
train d’être redistribuées et que les clivages gauche/droite qui ont
dominé le monde après 1945 cessent d’être pertinents ».

Parmi ces forces nouvelles dont parle Nationalisme et République, il y
a notamment Soyouz, Pamiat, Artogaïa (déja cité), l’Union des
Écrivains russes et le Mouve-ment Patriotique russe.

En mars 1992, à Moscou, Steuckers et Douguine jettent les bases du
voyage qu’effectueront Thiriart et Michel Schneider, de Nationalisme
et République en Russie. Ils y rencontreront Yegor Ligatchev, le
colonel Victor Alksis du groupe Soyouz qui accordera d’ailleurs un
long entretien à la revue de Steuckers, Vouloir.

Nationalisme et République fait paraître quant à lui des articles que
lui adressent Serge Babourine, chef du FSNR (Front du Salut National
Russe) et Alexandre Prokhanov, directeur de l’hebdomadaire Dyeen, com-
posante du Front du Salut National Russe.

En mars 1993 a lieu à Moscou le premier congrès des Peuples Opprimés
par le Nouvel Ordre mondial, organisé par le FSNR, auquel participent
le PCN, Steuckers et ses amis européens. Le congrès se donne
principalement trois buts:

1. La défense de l’identité des peuples contre le Nouvel Ordre
mondial;
2. La création d’un véritable Ordre Nouveau car « le Nouvel Ordre
mondial (actuel) est une version moderne de la tour de Babel »;
3. La restauration de I’Empire soviétique (qui) est une phase décisive
de la guerre contre le Nouvel Ordre mondial.

La rencontre met au point l’organisation des services de presse du
FSNR en direction de I’Italie, de la Bel-gique et de la France et
l’échange régulier d’infor-mations.

C’est à la suite de ce congrès qu’est créé Europa, dont le siège est
en Belgique, plus précisément à Beersel. Robert Steuckers, comme
l’écrit Philippe Brewaeys dans le Soir Illustré du 26 mai 1990, y joue
le rôle central. L’association veut notamment « aider a la réinsertion
des Européens dans leur histoire » et est ou-verte aux ressortissants
de la Communauté Européenne, de l’AELE et de l’ex-Comecon.

Pour mener à bien ce programme, Steuckers est aidé par Ralf
Vandenhaute, une des chevilles ouvrières de la Vlaamse Jeugd,
l’organisation de jeunesse de Hertog Jan van Brabant, une amicale
d’anciens SS belges, combattants du front de I’Est, et par Marc
Mormont, bruxellois et animateur du Cercle Copernic qui, après avoir
flirté avec le Parti des Forces Nouvelles a rejoint le Front National
du docteur Feret dont il est devenu un des responsables.

Il ne fait aucun doute, comme le dit Philippe Bre-waeys, qu’Europa
doit servir de toile d’araignée cou-vrant l’Est et l’Ouest,
coordonnant les activités de la droite extrême aux quatre coins du
vieux continent.


4. Le PCF et la droite extrême

Je vais terminer cet exposé par le feuilleton de l’été 1993 dont vous
avez certainement entendu parler: il s’agit de 1’affaire PCF -
Nouvelle Droite.

Résumons: le 12 mai 1992, l’Institut des Recherches Marxistes, dirigé
par Francette Lazard, membre du Bu-reau Politique du PCF et, à son
initiative, invite Alain de Benoist à participer à un colloque qui a
pour thème « le réveil de la pensée critique ».

Une semaine plus tard, Marc Cohen, membre du PCF, responsable du
Collectif Communiste des Tra-vailleurs des médias et rédacteur de
L’Idiot Inter-national du provocateur Jean-Edern Hallier, participe et
dialogue avec la Nouvelle Droite lors d’une rencontre organisée par
Eléments, revue de la Nouvelle Droite.
En octobre 1992, Alain de Benoist, dans sa revue Kri-sis, public un «
face à face » ayant pour thème l’argent, auquel participe Jean-Paul
Jouary, rédacteur en chef de Révolution et membre du CC du PCF.

En mai 1993, Jean-Paul Cruse, membre du PCF et responsable CGT à
Libération où il travaille, publie un article dans L’Idiot
International où il plaide pour un front national, pour un
redressement du pays dans « une alliance des communistes et de la
droite catholique, nationale et maurassienne ». Cruse dénonce dans
l’article « le racisme antiraciste » comme un des maux du jour et qui
est: « effectivement lié aux problèmes de l’immi-gration ». Il se
prononce pour une politique d’aide aux jeunes Etats forts du tiers
monde. Il faut, dit-il, « les aider ou les contraindre à fixer leur
sol, leur foi, leur langue et leurs peuples ». En d’autres termes, le
credo de Cruse, c’est le « que chacun reste chez soi » cher à la
Nouvelle Droite.

Tout cela écrit sous la houlette de Jean-Edern Hallier qui déclarait
au journal Le Monde en 1991: « Je rencontre Le Pen comme Leroy ou
Marchais... Le Pen représente beaucoup de Français de la France
profonde. Il faut réconcilier Doriot et Thorez ». Je vous rappelle que
Doriot, avant-guerre, était un des responsables du PCF. Exclu du
Parti, il va être à la tête de la collaboration française avec
l’occupant nazi. Thorez était le secrétaire général du PCF avant
Waldeck Rochet et Georges Marchais.
Ainsi se sont retrouvés à L’Idiot International le com-muniste Marc
Cohen, le communiste Cruse, Jean-Edern Hallier et Alain Sanders, à la
fois rédacteur à I’Idiot et au quotidien lepéniste Présent.

Avant 1’affaire Cruse et Jouary, en 1992, Didier Daeninckx, ancien
membre du PCF, établit un dossier et va trouver Marchais qui promet
une enquête. Mar-chais, dans une lettre adressée à l’écrivain en
octobre 1992, confirme comme étant « avérés » les faits relevéspar
Daeninckx.

En juin 1993, le Canard Enchaîné s’empare de toute l’affaire et la
rend donc publique, suivi en cela par Le Monde qui y consacre une
série impressionnante d’articles.

Libération, Globe, Charlie Hebdo, le Quotidien de Pa-ris, le Nouvel
Observateur, Le Soir, Rouge et La Gauche qui voient évidemment dans
tout cela la main de Staline, etc, etc, toute la presse bourgeoise se
met alors de la partie...

Ilfaut bien voir que tout ce déchaînement sert essen-tiellement,
fondamentalement, à la presse bourgeoise et aux trotskistes à
corroborer la thèse du fascisme rouge, du creuset commun du nazisme et
du communisme, en un mot presse bourgeoise et trotskistes profitent de
l’occasion pour déclencher une violente campagne anticommuniste.

Le 1er juillet 1993, donc neuf mois après que Mar-chais ait reconnu
les faits qui vont perdurer, le bureau du PCF condamne comme étant
inacceptable « les rencontres contre-nature entre quelques communistes
et des partisans de l’extrême droite ». Le PCF considère « que la
lutte contre l’extrême droite ne peut souffrir aucune ambiguïté »et
il menace d’exclusion les mili-tants qui font preuve de complaisance
envers l’extrême droite. Tandis que l’Humanité-Dimanche du 15 juillet
1993 indique qu’écrire dans L’Idiot International est contraire à
l’éthique communiste, que Jouary reconnaît avoir « une attitude
inopportune en étant publié dans Krisis », que Cruse tente de
justifier ses positions, Fran-cette Lazard, membre du BP, déclare,
dans l’Humanité du 7 juillet « assumer la responsabilité de l’erreur
». Quant à Marc Cohen, je dois bien dire que j’ignore quelle est son
attitude présente. En tous cas, la menace d’exclusion ne semble pas
avoir été exécutée et de sanctions, pas le moindre signe.

Cette sombre histoire nous apprend comment un grand parti antifasciste
tel que le fut le PCF, qui fut à la tête de la résistance antinazie,
dont les meilleurs fils tombèrent, furent torturés durant cette lutte
héroïque, comme ce fut le cas quelques années auparavant lorsqu’ilsse
dressèrent contre le franquisme, comment ce parti-là a dégénéré
jusqu’à accepter dans ses rangs un maire qui se sert de bulldozers
pour chasser les immigrés de sa commune, jusqu’à devenir un parti dont
la déliquescence se couvre du nationalisme le plus vulgaire après
avoir renié pas à pas tous ses principes fondamentaux et dont des
cadres, des militants, en arrivent au compromis avec l’inacceptable.

A l’initiative de Marchais et compagnie, le congrès du PCF qui doit se
tenir en janvier 1994 a, à son ordre du jour, la suppression de son
mode de fonctionnement: le centralisme démocratique. Que veut-il donc
sup-primer? N’est-ce pas chose faite depuis longtemps dans un Parti
dont la direction ignore - ou parait ignorer - ce que font ses cadres
séduits par un détournement du langage qui cache si mal le but de la
droite extrême?

Dès à présent, cet exemple doit nous appeler à la vigilance, à une
vigilance mille fois redoublée et à rester fidèles au serment que
prononcèrent les rescapés des camps de 1’horreur, quand, nus et
décharnés mais enfin délivrés de leurs bourreaux nazis, ils jurèrent «
Plus jamais cela ».

La nébuleuse Steuckers

Commis-voyageur de la « nouvelle » droite en Belgique
Influence idéologique philosophique on partici-pation directe dans
groupe belges

AGIR
ALTAIR
LES AMIS DE BRASILLACH
LES AMIS DE L’AFRIQUE DU SUD
L’ANNEAU, L’ASSAUT, BEB (BELGIQUE-EUROPE--BELGIE)
LE BULLETIN CELINIEN
CERCLE COPERNIC (1986)
CLUB DU BEFFROI (1990)
CLUBS NOLS, COMBAT PAIEN
CONSORTIUM EUROPEEN (EX-W.N.P.)
DELTAPERS (GRECE FLAMAND)****************
DISSIDENT, EPE (PARTI EUROPEEN)
EROE (ETUDES, RECHERCHES ET ORIENTATIONS
EUROPEENNES)
EUROPA***********************
FRONT DE LA JEUNESSE
FRONT NATIONAL***************
GRESPE (GROUPE DE RECHERCHES ET D’ETUDES SOCIALES POLITIQUES ET
ECONOMIQUES)
GROUPES DE BASE DU BRABANT
HERTOG JAN VAN BRABANT (AMICALE D’ANCIENS SS BELGES)
JONG EUROPA KOMMANDOS (MILICE FLAMANDE DE JEUNE EUROPE)
LA LIGUE DES CONTRIBUABLES
MOUVEMENT SOCIALISTE POPULAIRE (A.P.O.N. =ASSOCIATION POUR UN ORDRE
NOUVEAU)
NATIONALISTISCH JONGSTUDENTENVERBOND (NJSV)
NOUVEL EUROPE MAGAZINE (NEM)
O.D.E.W. (ORDE DER EEUWIGE WEDERKEER)
PARTI COMMUNAUTAIRE NATIONAL (P.C.N.)
PARTI DES FORCES NOUVELLES (P.F.N.)
PARTI PROGRESSISTE BELGE (P.P.B.)
POUR LA LIBERTE DU CITOYEN (P.L.C.)
PROTEA
PRO-VITA, P.S.C. 2000 (NOUVEAU CEPIC)
R.A.R.E. (RASSEMBLEMENT ACTION POUR LA RENAISSANCE EUROPEENNE)
REX NATIONAL, SYNDICAT NATIONAL DES PROPRIETAIRES
U.D.R.T. (UNION DEMOCRATIQUE POUR LE RESPECT DU TRAVAIL), VLAAMS BLOK,
VLAAMSE JEUGD
(ORGANISATION DE JEUNES DE HERTOG JAN VAN BRABANT)
VLAAMSE MILITANTEN ORDE (VMO)
LA VOIX DE PENSIONNES