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| Sociosoucoupisme : La Trinite (3). - … Ou d’accélérer l’implosion chimique. - Je croyais que cette éventualité était hors de propos avec une vitesse d’implosion chimique mille fois plus lente que la réaction nucléaire s’étonna l’uranien. - Vous savez, quand on cherche la solution d’une équation, on trouve souvent deux cas : dans l’un la solution se comporte comme une bille dans un bol, si on l’écarte de sa position, elle y revient. Dans l’autre, elle est comme une bille sur le sommet d’un ballon : l’équilibre existe, mais la moindre perturbation le détruit. Si la bille change de position, elle roule sur le ballon et tombe. Je pense qu’il existe une solution instable de ce genre avec les explosifs chimiques. - Laquelle ? - Bon, d’abord, je vous ai dit que l’on compressait par effet de fusée. La vitesse finale d’une fusée est le produit de la vitesse de ses gaz par le logarithme naturel du rapport de masse, c’est-à-dire le rapport entre la masse totale au départ et la masse en fin de combustion. - Oui, c’est ce qui vous permet d’atteindre une vitesse de compression plus de deux fois supérieure à celle des gaz. - Je pense que l’on pourrait faire mieux : Ce n’est pas une fusée ordinaire que nous avons, il n’y a pas de poids sec, juste une charge centrale et une coquille d’explosif autour. Admettons que la charge centrale soit de quelques dizaines de kg, peut-être 50 pour fixer les idées, si l’on met 50 tonnes d’explosif autour, le rapport de masse est de 1000 et son logarithme vaut 6,9. Avec 3 000 m/s de vitesse de détente des gaz on atteint 20,7 km/s de vitesse radiale. Avec 500 tonnes d’explosif on arriverait à 27,6 km/s, le double en considérant le diamètre. - Et quel avion lancerait une telle bombe ? - Un navire pourrait la transporter et la faire exploser près d’un port ou d’une côte, cela créerait un raz de marée énorme. - Je ne vois pas comment passer de 6 à 30 km/s charge quelque chose au niveau nucléaire, cela reste trop faible. - Rappelez-vous ce que nous avions dit au sujet des neutrons prompts et retards : ce sont là des catégories artificielles que nous avons créées pour les besoins de la cause, en réalité il existe une continuité du temps d’émission des neutrons entre dix puissance moins vingt seconde environ et plusieurs minutes. Nous pourrions aussi bien considérer trois catégories : les prompts en dessous de quelques dizaines de nanosecondes, les retards en dessus d’une dizaine de microsecondes et les intermédiaires entre les deux. - Je vois… Votre idée serait d’avoir assez de vitesse de compression pour que l’inertie permette de se placer dans une zone où les neutrons intermédiaires deviendraient importants et réduirait la masse critique plus vite que l’expansion de l’explosion ne l’annulerait… - Ce n’est pas gagné d’avance et de plus, pour ces très hautes vitesses de compression, le rendement énergétique du mode fusée est très bas. Pour dépasser la puissance de l’explosion chimique, il faut dépasser de très loin l’énergie de compression. - Admettons que ce soit possible, je ne vois pas comment déterminer à priori en gros les conditions nécessaires. Il faut donc faire le calcul complet, qui me paraît énorme et si le résultat n’est pas bon, rien ne dit qu’il en serait de même avec des paramètres un peu différent. - Oui, c’est assez monstrueux comme calculs… - Ce serait en tout état de cause plus facile et moins instable comme solution si la vitesse de réaction nucléaire était plus faible. - Je vois que vous y tenez… - Oui, j’imagine bien une coquille fissile assez mince pour que les neutrons s’en échappent sans entretenir de cascade nucléaire. Par contre, à l’intérieur de cette coquille il pourrait y avoir un modérateur de neutrons qui ralentisse leur vitesse… - Et ce serait ces neutrons plus lents qui assureraient la criticité… - Si la vitesse des neutrons se voit divisée par dix et que le parcours dans le modérateur est d’une dizaine de centimètres, la réaction devient 100 fois plus lente. Il faut 100 nanosecondes entre une fission et la suivante, avec un taux d’amplification de 1%, il faut plus de 6 microsecondes pour doubler le nombre de neutrons et une explosion qui demande 20 doublements prend 120 microsecondes, de quoi parcourir plusieurs dizaines de centimètres pour l’implosion chimique. Là effectivement, il faut prendre en compte l’effet des neutrons produits en un temps intermédiaire jusqu’à quelques dizaines de microsecondes. - Manifestement, vous n’aimez pas les artificiers ! - Pourquoi ? - Vous leur demandez de comprimer une coquille d’amalgame de plutonium reposant sur du graphite, ce n’est pas quelque chose de très compressible. Y.B. |
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| Tags: sociosoucoupisme, trinite |
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