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| Anarchie vaincra (3). Les fonds souverains chinois ont dépassé cette année le capital des Emirats, $875 milliards pour ces derniers, $1 000 milliards pour la Chine. Jusqu’ici, cette manne servait essentiellement à renflouer le trésor américain par l’achat de bon du trésor. Maintenant, la Chine, comme les autres puissances financières, voit qu’il lui faut augmenter ses assises industrielles pour garantir la valeur de ses spéculations capitalistes. Jusqu’ici, l’industrie chinoise était largement détenue par des firmes occidentales qui réexportaient les 2/3 des profits sur les marchés spéculatifs internationaux. Pour avoir sa propre industrie domestique et non plus l’industrie des autres sur son sol, la Chine doit avoir un marché intérieur. Sans marché solvable, pas de production possible, c’est l’une des bases du capitalisme. Aujourd’hui, les investissements industriels étranger se tarissent en Chine et la majorité des nouveaux projets sont presque exclusivement chinois, qui plus est, tournés vers le marché intérieur. Pour développer celui-ci, les salaires ont augmenté dans les villes de 20% depuis le début de l’année. Même avec presque 10% par an d’inflation, cela représente 15 % d’augmentation du pouvoir d’achat en 6 mois ! Certains, qui, il y a un an prétendait aller chercher la croissance avec les dents, pourraient s’en inspirer, mais manifestement, il revient à pied de la Chine. Les salaires chinois partent de très bas, mais une pente de 30% d’augmentation du pouvoir d’achat par an est un niveau historique, révolutionnaire. Ces augmentations sont, sur le terrain, une des conséquences des luttes syndicales des personnels dans les entreprises. Mais les syndicats chinois sont très largement à la solde de l’état et du parti, si ces derniers ne laissaient pas faire au plus haut niveau, rien ne pourrait se concrétiser. C’est donc bien l’état qui pousse à la création d’un marché intérieur avec un volontarisme qui place la croissance de ce marché sur une pente de doublement tous les 2 ans. Les salaires chinois sont le seizième de ceux pratiqués dans les pays de l’OCDE, mais à ce rythme, ils les égaleraient en 8 ans seulement ! La croissance chinoise qui était depuis 30 ans sur une pente de 9 à 10% l’an est passée à 11% l’année dernière et elle est minorée par diverses artifices comptables. Elle ne s’essouffle pas, elle accélère.. En comparaison, le déficit commercial abyssal de la France à augmenté de 10 milliards d’euros par mois en un an, tous records de désintégration économique battus. Autant pour le « citius, altius, fortius » olympique que nous promettait un certain candidat à l’élection présidentielle il y a un peu plus d’un an, le plus vite plus haut plus fort n’est pas sont fort. Pendant ce temps, les banques occidentales, bien consciente de la fragilité de leurs constructions spéculatives, cherchent aussi des basses solides dans l’industrie. Les placements dans ce secteur ont fait un bond depuis quelques mois. Mais alors que les grands fonds souverains créent de nouvelles industries, les banques chrétiennes ne font que spéculer sur les L.B.O., détruisant un peu plus l’industrie existante et augmentant la masse des titres pourris en circulation. Des titres changent de main, mais rien n’est créé, au contraire. Elle singent les fonds souverains en faisant le contraire, c’est là la faille au sommet du capitalisme : Leur stratégie réelle est de tabler sur le fait que les banques centrales qui ont prêté « transitoirement » l’année dernière des centaines de milliards de dollars pour rétablir la confiance, se voient obligées à renouveler indéfiniment ces prêts, les transformants ainsi en monnaie de singe. Leur perspective est que cela créera de l’inflation, mais qu’elles auront, par ces crédits d’état, accès à une source de financement inépuisable en dessous du taux d’inflation. Leur stratégie est donc exclusivement parasitaire, l’inflation ne fait plus peur au rentier, il l’organise à son profit et au dépends des peuples. Y.B. -- « Faute d’être capables de sublimer leurs pulsions dans l’art ou l’amour, les hommes d’affaires se replient sur leur substitut : l’argent. Le capitalisme est finalement un système de trouillards, incapables de jouir de la vie et d’assumer leur finitude .» (Keynes, cité par Gilles Dostaler 2007, Université de Turin). |
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| Tags: anarchie, vaincra |
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