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| Espace astronomique (4). Au 19ème siècle, les astronomes étaient l’œil rivé à l’oculaire de leur lunette, comme on les représentent encore dans les bandes dessinées, les auteurs littéraires n’ayant pas évolué depuis 150 ans. Au début de 20ème siècle, la plaque photographie remplaça l’œil, le crayon et le papier. A la fin des années 40, cette technique était à son sommet. Le télescope Hale permettait de prendre des cliché de 30 cm de large à son foyer primaire. La maîtrise photographique n’avait plus grand chose à découvrir. La gélatine des plaques, imprégnée de cristaux d’iodure d’argent n’avait plus de secret. On savait par exemple qu’il était nécessaire d’absorber un certain nombre de photons par cristal pour permettre de déclencher une réaction catalytique autorisant le développement. Plus les cristaux étaient petits, meilleure était la finesse de l’image, mais plus il était nécessaire d’avoir de lumière pour les impressionner. Les émulsions à gros grain étaient donc les plus sensibles, mais donnaient la plus basse définition. Pour voir des détails fins en astronomie, il restait la solution d’augmenter le grossissement, ce qui permettait de voir des objets rapprochés avec des émulsion à gros grains. Evidemment, on perdait en champ de vision. Ce n’était pas grave pour voir une objet particulier, par contre cela devenait fâcheux pour des opérations de « survey » devant photographier une large part du ciel. On savait aussi que lors des longues poses, les derniers photons arrivés étaient plus efficaces que les premiers, la « mémoire » des grains d’iodure d’argent étant faible. Une solution connue à ce problème de perte de sensibilité avec le temps était de refroidir la plaque à la température de la glace carbonique, soit –79°C. évidemment, il était nécessaire de placer l’ensemble dans une boîte étanche remplie de gaz sec, car à cette température, l’humidité de l’air aurait vite fait de couvrir la plaque d’une couche de givre. On savait aussi augmenter l’instabilité des cristaux de l’émulsion, donc leur sensibilité à la lumière, par un traitement chimique avec des gaz. On savait aussi pré-voiler les plaques, pour que les cristaux d’iodure d’argent aient une dose de photons juste en dessous de ce qui était nécessaire pour permettre leur révélation. Ainsi, il suffisait de très peu de photons venus des étoiles pour former une image. Bref, on connaissait tout de la photo, Kodak avait même préparé un type spécial d’émulsion adapté à la photo astronomique, il ne restait plus rien à découvrir. Un gros défaut de la photo, est qu’elle n’est pas du tout linéaire, deux fois plus de photons ne produisent pas deux fois plus de grains sensibilisés. Il est donc impossible d’ajouter des photos les unes aux autres, on sature très vite les objets donnant une image, quant à ceux un peu plus faible qui ne franchissent pas le seuil, il ne sert à rien d’ajouter des sensibilités nulles. On ne peut pas non plus soustraire la luminosité de fond du ciel et récupérer l’image d’objets bien moins lumineux que ce fond. Le seul moyen de se débarrasser de ce problème, c’est d’avoir cette luminosité atmosphérique au-dessous de soit, donc d’être dans l’espace. Ainsi, au début des années 50, on savait tout sur la construction des télescopes et sur les techniques photographiques pour les exploiter. Non seulement on savait, mais on avait réalisé, les seuls avancées possibles demandaient le nouveau domaine qui allait s’ouvrir : l’espace. Y.B. |
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| Tags: astronomique, espace |
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