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| X-No-Archive: Yes Naturellement, c'est dans Li Monde que s'exprime le milliardaire pro-serbe et antimondialiste (récompensé de deux Palmes d'or cannoises). Je dédie ce message ce message à tous mes amis d'usenet (Camille, Radikal, Dommages Collatéraux, Nestor et Palpatine). "Son royaume se voit de loin. Bien avant d'arriver à Küstendorf, on aperçoit le clocher en bois de l'église depuis les montagnes où serpente la route venant notamment de Zlatibor, l'une des deux stations de ski de Serbie, ravagée par le mauvais goût. Kusta, lui, construit un anti-Zlatibor. Pas de publicité, pas de néons ni de terrasses en plastique empoisonnées par d'obsédantes odeurs de grillades. Pas de Coca-cola, non plus. Au "Kustaland", on boit du "Kusta à la fraise", local et naturel. La bouteille, en verre, est frappée du portrait du maître des lieux sur une face, de celui de Che Guevara sur l'autre. "Le réalisateur d'Arizona Dream, qui vécut ce tournage aux Etats-Unis comme un cauchemar, cultive l'antiglobalisation et un antiaméricanisme forcenés. Près des rues Federico-Fellini et Jim-Jarmush, les visages peints de George Bush et de Javier Solana grimacent derrière les barreaux de la fausse prison de la ville. Le premier est considéré comme coupable de tous les malheurs du monde, le second était secrétaire général de l'OTAN pendant les bombardements en Serbie, en 1999, durant la guerre du Kosovo. "Les murs du restaurant de Küstendorf présentent une galerie de portraits explicite : y figurent le "Che", Pancho Villa et Fidel Castro - et aussi le chanteur français Manu Chao. Sur d'autres clichés, Kusta serre la main de Poutine. Un autre l'affichera probablement bientôt avec Hugo Chavez, président du Venezuela, où Emir Kusturica a donné récemment un concert. On le voit également avec le premier ministre nationaliste serbe, Vojislav Kostunica, qu'il ne manque jamais de soutenir. Comme cet hiver, lors du meeting organisé à Belgrade pour dénoncer la déclaration d'indépendance du Kosovo du 17 février. "Ce jour-là, sur la tribune, Emir avait troqué son habit de Yougo-nostalgique pour endosser celui de "Nemanja" le Serbe, nationalité qu'il a prise après l'effondrement de la Yougoslavie. Il lança une diatribe fustigeant la minorité de Serbes favorables à l'indépendance du Kosovo et attaqua sa cible favorite, les Etats-Unis et son industrie cinématographique qu'il honnit. "Où sont maintenant les rats qui se vendent pour quelques dinars, qui affirment pour une poignée d'argent que nos valeurs ne correspondent pas à celles de la civilisation occidentale ? Dans des trous à rats ! Où sont ceux qui se moquent du mythe du Kosovo, où sont ceux qui pensent que le mythe du Kosovo est un mythe hollywoodien ?" avait-il hurlé. Küstendorf a pourtant un petit air de Disneyland ethno-serbe. "A la limite du kitsch", glisse un visiteur." --- http://www.lemonde.fr/archives/artic...1043369_0.html Emir Kusturica, seigneur de Küstendorf > Un nouveau maître s'est arrêté dans la région de Mokra Gora. Son > domaine s'étale aux confins septentrionaux et montagneux de la Serbie et > de sa Bosnie-Herzégovine natale. Emir a mis un pied dans les lieux en > 2002. [...] > Celui qui règne sur les lieux est un cinéaste facétieux, deux fois > Palme d'or à Cannes, un personnage controversé chez lui pour ses prises de > position politiques : Emir "Nemanja" Kusturica, "voïvode autoproclamé" de > Mokra Gora, homme d'affaires avisé dans un pays en transition où tout est > possible dès que l'on a de l'entregent. Et Emir Kusturica a le bras long. > "Kusta", comme on l'appelle familièrement, serait même beaucoup plus > que cela. Pour Vladimir Cukovic, il a tout bonnement "ressuscité le > village". "Le professeur est un dieu, nous sommes ses ouailles", dit > Vladimir, garde-chasse, homme à tout faire du "voïvode" - un dignitaire, > dans les Balkans - et son "Cum" (prononcer "coum"), autrement dit son > parrain. Le réalisateur, né à Sarajevo d'un père musulman, a récemment > adopté "Nemanja" comme nom de baptême orthodoxe. "Depuis qu'il est là, on > n'a même plus le temps de se soûler", exagère un peu son parrain. > En ce jour de mai, l'hôte des lieux est en France. "Mais qu'il soit là > ou pas, Kusta fait la pluie et le beau temps à Mokra Gora", constate > Milutin Jojic, maire du "vrai" village de 1 200 âmes. Qui d'autre que lui > aurait pu faire construire les canalisations d'eau et les égouts ? Refaire > les routes ? Tirer les lignes électriques, celles du téléphone ? Pas le > budget famélique de la commune, ni ceux des villages environnants où l'on > patauge dans la boue ou la neige au gré des saisons. "En Serbie, mieux > vaut connaître quelqu'un de haut placé, sinon tu n'as rien", lâche Milutin > Jojic, ancien comptable au chômage reconverti dans la limonade à Mokra > Gora. > L'histoire d'amour de Kusturica pour la région remonte à 2002. Il > tourne alors sur place La vie est un miracle, son avant-dernier film. > Rapidement, il achète environ 2 hectares de pâturages pour y bâtir une > maison. Emir l'écolo fait tout construire à l'ancienne en pierre et en > bois. > "L'appétit lui est venu en mangeant", constate Vladimir Cukovic. Un > appétit d'ogre pour cette force de la nature à la barbe négligée. > Aujourd'hui, Küstendorf compte une trentaine de bâtiments. Dont un cinéma > et une salle de montage dernier cri où il vient de terminer son > documentaire, présenté cette année à Cannes, sur Diego Maradona, > footballeur légendaire et cocaïnomane ; une salle de sport où il fit > répéter pendant plusieurs mois, en 2007, les acteurs du Temps des Gitans > monté en opéra ; une piscine et des saunas, deux restaurants, une salle de > musculation ultramoderne... Et une dizaine de petites maisons hôtels > offrant une centaine de lits. Des engins terrassent les futurs courts de > tennis. Un bowling et une discothèque sont en projet... La retraite > tranquille pour les copains, perdue à quatre heures de route de Belgrade, > s'est métamorphosée en un complexe touristique employant une soixantaine > de personnes. > Lorsque Kusturica débarque avec ses caméras en 2002, la région est > sinistrée. Les deux principaux employeurs (et pollueurs), une entreprise > de peinture et une mine de nickel, sont moribonds. Le flot de touristes > serbes qui empruntaient la route pour rejoindre la côte de l'Adriatique > s'était pulvérisé dans les guerres yougoslaves. L'arrivée de cet hôte > prestigieux, qui investit des millions d'euros, sera une aubaine > économique. > En cet après-midi pluvieux de mai, une foule de lycéens de Vojvodine > (nord de la Serbie) est en excursion. "Chaque jour, ce sont 20 bus, soit > 600 personnes, qui arrivent", explique Alexandra Lazevic, guide > touristique. Le tour du propriétaire coûte environ 2 euros. Les visiteurs > prolongent généralement par une balade dans un petit train diesel aux > wagons en bois, élément central de l'intrigue du film La vie est un > miracle. La locomotive tortille sur quelques kilomètres escarpés, donnant > un bref aperçu de la ligne mythique qui, au temps de la Yougoslavie, > reliait Belgrade à Dubrovnik. Pour les besoins du film, Emir Kusturica > avait financé la réfection de 10 km de voies ferrées. La Société nationale > des chemins de fer serbe, propriétaire et exploitant, l'a prolongée > jusqu'au monastère orthodoxe de Dobrun, du XIVe siècle. Juste de l'autre > côté de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine (BiH). Encore 10 km de > travaux et le train arrivera à Visegrad, en République serbe de Bosnie > (l'une des deux entités de la BiH), où le pont du grand vizir Mehmed Pacha > Sokolovic, construit au XVIe siècle sur la route menant à Constantinople, > enjambe les eaux émeraude de la Drina. Emir Kusturica en rêve. > Depuis ses premiers tours de manivelle, le réalisateur veut adapter au > cinéma le chef-d'oeuvre du Prix Nobel de littérature Ivo Andric, Le Pont > sur la Drina. Alors qu'il n'a plus remis les pieds à Sarajevo depuis qu'il > l'a quittée pour rejoindre Belgrade, lorsque la capitale bosniaque > agonisait sous les bombes serbes au début des années 1990, il s'est rendu > récemment à Visegrad. On raconte là-bas qu'une fois sur place il a piqué > une grosse colère. Ulcéré par le jaune et l'orange criards de la façade de > l'hôtel jouxtant l'ouvrage d'art en pierres, il a téléphoné au ministre > bosniaque de la culture pour lui ordonner de réparer cet outrage au bon > goût ! "Kusta le businessman" envisagerait également de monter une flotte > de petits bateaux croisant sur la Drina. "Il se prend pour un roi", glisse > un commerçant. > Son royaume se voit de loin. Bien avant d'arriver à Küstendorf, on > aperçoit le clocher en bois de l'église depuis les montagnes où serpente > la route venant notamment de Zlatibor, l'une des deux stations de ski de > Serbie, ravagée par le mauvais goût. Kusta, lui, construit un > anti-Zlatibor. Pas de publicité, pas de néons ni de terrasses en plastique > empoisonnées par d'obsédantes odeurs de grillades. Pas de Coca-cola, non > plus. Au "Kustaland", on boit du "Kusta à la fraise", local et naturel. La > bouteille, en verre, est frappée du portrait du maître des lieux sur une > face, de celui de Che Guevara sur l'autre. > Le réalisateur d'Arizona Dream, qui vécut ce tournage aux Etats-Unis > comme un cauchemar, cultive l'antiglobalisation et un antiaméricanisme > forcenés. Près des rues Federico-Fellini et Jim-Jarmush, les visages > peints de George Bush et de Javier Solana grimacent derrière les barreaux > de la fausse prison de la ville. Le premier est considéré comme coupable > de tous les malheurs du monde, le second était secrétaire général de > l'OTAN pendant les bombardements en Serbie, en 1999, durant la guerre du > Kosovo. > Les murs du restaurant de Küstendorf présentent une galerie de > portraits explicite : y figurent le "Che", Pancho Villa et Fidel Castro - > et aussi le chanteur français Manu Chao. Sur d'autres clichés, Kusta serre > la main de Poutine. Un autre l'affichera probablement bientôt avec Hugo > Chavez, président du Venezuela, où Emir Kusturica a donné récemment un > concert. On le voit également avec le premier ministre nationaliste serbe, > Vojislav Kostunica, qu'il ne manque jamais de soutenir. Comme cet hiver, > lors du meeting organisé à Belgrade pour dénoncer la déclaration > d'indépendance du Kosovo du 17 février. > Ce jour-là, sur la tribune, Emir avait troqué son habit de > Yougo-nostalgique pour endosser celui de "Nemanja" le Serbe, nationalité > qu'il a prise après l'effondrement de la Yougoslavie. Il lança une > diatribe fustigeant la minorité de Serbes favorables à l'indépendance du > Kosovo et attaqua sa cible favorite, les Etats-Unis et son industrie > cinématographique qu'il honnit. "Où sont maintenant les rats qui se > vendent pour quelques dinars, qui affirment pour une poignée d'argent que > nos valeurs ne correspondent pas à celles de la civilisation occidentale ? > Dans des trous à rats ! Où sont ceux qui se moquent du mythe du Kosovo, où > sont ceux qui pensent que le mythe du Kosovo est un mythe hollywoodien ?" > avait-il hurlé. Küstendorf a pourtant un petit air de Disneyland > ethno-serbe. "A la limite du kitsch", glisse un visiteur. > La recette semble marcher. Le distributeur de billets de la Meridian > Bank, filiale du Crédit agricole, n'est pas là pour le décor. Et le > "Kustuland" ne s'arrête pas aux palissades en bois du village. Au volant > de son vieux 4 × 4 Lada, Vladimir, le garde-chasse, s'engage sur une route > tracée à coups de bulldozer dans la montagne grâce, annonce une pancarte, > à l'argent du Fonds national d'investissements (NIP) serbe. La route ne > mène nulle part ailleurs qu'au pied d'un hôtel de quatre étages en cours > de finition. Sur l'autre flanc de la montagne, on s'affaire à la > construction de deux autres établissements hôteliers de cinquante chambres > chacun. > L'hiver prochain, les touristes pourront dévaler quatre pistes tracées > sur des terrains loués à l'administration des eaux et forêts. > L'institution participe au conseil d'administration du parc naturel > Sargan-Mokra Gora, qui délivre les autorisations d'activités commerciales, > permis de chasse et autres licences. Son directeur ? Emir Kusturica. Le > président du conseil d'administration ? Un certain Sinisa Kovacevic, > écrivain et dramaturge, grand ami du premier ministre, Vojislav Kostunica. > "La vie est un miracle", proclamait le film. |
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| On 12 mai, 03:01, "Yoki" <yokinospamt...***hotmail.com> wrote: > X-No-Archive: Yes > Naturellement, c'est dans Li Monde que s'exprime le milliardaire pro-serbe > et antimondialiste (récompensé de deux Palmes d'or cannoises). > Je dédie ce message ce message Ã*** tous mes amis d'usenet (Camille, Radikal, > Dommages Collatéraux, Nestor et Palpatine). > > Â*** Â*** "Son royaume se voit de loin. Bien avant d'arriver Ã*** Küstendorf, on > aperçoit le clocher en bois de l'église depuis les montagnes où serpente la > route venant notamment de Zlatibor, l'une des deux stations de ski de > Serbie, ravagée par le mauvais goût. Kusta, lui, construit un anti-Zlatibor. > Pas de publicité, pas de néons ni de terrasses en plastique empoisonnées par > d'obsédantes odeurs de grillades. Pas de Coca-cola, non plus. Au > "Kustaland", on boit du "Kusta Ã*** la fraise", local et naturel. La bouteille, > en verre, est frappée du portrait du maître des lieux sur une face, de celui > de Che Guevara sur l'autre. > Â*** Â*** "Le réalisateur d'Arizona Dream, qui vécut ce tournage aux Etats-Unis > comme un cauchemar, cultive l'antiglobalisation et un antiaméricanisme > forcenés. Près des rues Federico-Fellini et Jim-Jarmush, les visages peints > de George Bush et de Javier Solana grimacent derrière les barreaux dela > fausse prison de la ville. Le premier est considéré comme coupable de tous > les malheurs du monde, le second était secrétaire général de l'OTAN pendant > les bombardements en Serbie, en 1999, durant la guerre du Kosovo. > > Â*** Â*** "Les murs du restaurant de Küstendorf présentent une galerie de > portraits explicite : y figurent le "Che", Pancho Villa et Fidel Castro - et > aussi le chanteur français Manu Chao. Sur d'autres clichés, Kusta serre la > main de Poutine. Un autre l'affichera probablement bientôt avec Hugo Chavez, > président du Venezuela, où Emir Kusturica a donné récemment un concert. On > le voit également avec le premier ministre nationaliste serbe, Vojislav > Kostunica, qu'il ne manque jamais de soutenir. Comme cet hiver, lors du > meeting organisé Ã*** Belgrade pour dénoncer la déclaration d'indépendance du > Kosovo du 17 février. > > Â*** Â*** "Ce jour-lÃ***, sur la tribune, Emir avait troqué sonhabit de > Yougo-nostalgique pour endosser celui de "Nemanja" le Serbe, nationalité > qu'il a prise après l'effondrement de la Yougoslavie. Il lança une diatribe > fustigeant la minorité de Serbes favorables Ã*** l'indépendance du Kosovo et > attaqua sa cible favorite, les Etats-Unis et son industrie cinématographique > qu'il honnit. "Où sont maintenant les rats qui se vendent pour quelques > dinars, qui affirment pour une poignée d'argent que nos valeurs ne > correspondent pas Ã*** celles de la civilisation occidentale ? Dans des trous Ã*** > rats ! Où sont ceux qui se moquent du mythe du Kosovo, où sont ceux qui > pensent que le mythe du Kosovo est un mythe hollywoodien ?" avait-il hurlé. > Küstendorf a pourtant un petit air de Disneyland ethno-serbe. "A la limite > du kitsch", glisse un visiteur." > > --- > > http://www.lemonde.fr/archives/artic...kusturica-seig... > > Emir Kusturica, seigneur de Küstendorf > > > > > Â*** Â*** Un nouveau maître s'est arrêté dans la région de Mokra Gora. Son > > domaine s'étale aux confins septentrionaux et montagneux de la Serbie et > > de sa Bosnie-Herzégovine natale. Emir a mis un pied dans les lieux en > > 2002. [...] > > Â*** Â*** Celui qui règne sur les lieux est un cinéaste facétieux, deux fois > > Palme d'or Ã*** Cannes, un personnage controversé chez lui pour ses prises de > > position politiques : Emir "Nemanja" Kusturica, "voïvode autoproclamé" de > > Mokra Gora, homme d'affaires avisé dans un pays en transition où tout est > > possible dès que l'on a de l'entregent. Et Emir Kusturica a le braslong. > > Â*** Â*** "Kusta", comme on l'appelle familièrement, serait même beaucoup plus > > que cela. Pour Vladimir Cukovic, il a tout bonnement "ressuscité le > > village". "Le professeur est un dieu, nous sommes ses ouailles", dit > > Vladimir, garde-chasse, homme Ã*** tout faire du "voïvode" - un dignitaire, > > dans les Balkans - et son "Cum" (prononcer "coum"), autrement dit son > > parrain. Le réalisateur, né Ã*** Sarajevo d'un père musulman, a récemment > > adopté "Nemanja" comme nom de baptême orthodoxe. "Depuis qu'ilest lÃ***, on > > n'a même plus le temps de se soûler", exagère un peu son parrain. > > Â*** Â*** En ce jour de mai, l'hôte des lieux est en France. "Mais qu'il soit lÃ*** > > ou pas, Kusta fait la pluie et le beau temps Ã*** Mokra Gora", constate > > Milutin Jojic, maire du "vrai" village de 1 200 âmes. Qui d'autre que lui > > aurait pu faire construire les canalisations d'eau et les égouts ? Refaire > > les routes ? Tirer les lignes électriques, celles du téléphone ? Pas le > > budget famélique de la commune, ni ceux des villages environnants où l'on > > patauge dans la boue ou la neige au gré des saisons. "En Serbie, mieux > > vaut connaître quelqu'un de haut placé, sinon tu n'as rien", lâche Milutin > > Jojic, ancien comptable au chômage reconverti dans la limonade Ã*** Mokra > > Gora. > > Â*** Â*** L'histoire d'amour de Kusturica pour la région remonte Ã*** 2002. Il > > tourne alors sur place La vie est un miracle, son avant-dernier film. > > Rapidement, il achète environ 2 hectares de pâturages pour y bâtir une > > maison. Emir l'écolo fait tout construire Ã*** l'ancienne en pierre et en > > bois. > > Â*** Â*** "L'appétit lui est venu en mangeant", constate Vladimir Cukovic. Un > > appétit d'ogre pour cette force de la nature Ã*** la barbe négligée. > > Aujourd'hui, Küstendorf compte une trentaine de bâtiments. Dont un cinéma > > et une salle de montage dernier cri où il vient de terminer son > > documentaire, présenté cette année Ã*** Cannes, sur Diego Maradona, > > footballeur légendaire et cocaïnomane ; une salle de sport où il fit > > répéter pendant plusieurs mois, en 2007, les acteurs du Temps des Gitans > > monté en opéra ; une piscine et des saunas, deux restaurants, une salle de > > musculation ultramoderne... Et une dizaine de petites maisons hôtels > > offrant une centaine de lits. Des engins terrassent les futurs courts de > > tennis. Un bowling et une discothèque sont en projet... La retraite > > tranquille pour les copains, perdue Ã*** quatre heures de route de Belgrade, > > s'est métamorphosée en un complexe touristique employant une soixantaine > > de personnes. > > Â*** Â*** Lorsque Kusturica débarque avec ses caméras en 2002, la région est > > sinistrée. Les deux principaux employeurs (et pollueurs), une entreprise > > de peinture et une mine de nickel, sont moribonds. Le flot de touristes > > serbes qui empruntaient la route pour rejoindre la côte de l'Adriatique > > s'était pulvérisé dans les guerres yougoslaves. L'arrivée de cet hôte > > prestigieux, qui investit des millions d'euros, sera une aubaine > > économique. > > Â*** Â*** En cet après-midi pluvieux de mai, une foule de lycéens de Vojvodine > > (nord de la Serbie) est en excursion. "Chaque jour, ce sont 20 bus, soit > > 600 personnes, qui arrivent", explique Alexandra Lazevic, guide > > touristique. Le tour du propriétaire coûte environ 2 euros. Les visiteurs > > prolongent généralement par une balade dans un petit train diesel aux > > wagons en bois, élément central de l'intrigue du film La vie est un > > miracle. La locomotive tortille sur quelques kilomètres escarpés, donnant > > un bref aperçu de la ligne mythique qui, au temps de la Yougoslavie, > > reliait Belgrade Ã*** Dubrovnik. Pour les besoins du film, Emir Kusturica > > avait financé la réfection de 10 km de voies ferrées. La Société nationale > > des chemins de fer serbe, propriétaire et exploitant, l'a prolongée > > jusqu'au monastère orthodoxe de Dobrun, du XIVe siècle. Juste de l'autre > > côté de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine (BiH). Encore 10 km de > > travaux et le train arrivera Ã*** Visegrad, en République serbe de Bosnie > > (l'une des deux entités de la BiH), où le pont du grand vizir Mehmed Pacha > > Sokolovic, construit au XVIe siècle sur la route menant Ã*** Constantinople, > > enjambe les eaux émeraude de la Drina. Emir Kusturica en rêve. > > Â*** Â*** Depuis ses premiers tours de manivelle, le réalisateur veut adapter au > > cinéma le chef-d'oeuvre du Prix Nobel de littérature Ivo Andric, Le Pont > > sur la Drina. Alors qu'il n'a plus remis les pieds Ã*** Sarajevo depuis qu'il > > l'a quittée pour rejoindre Belgrade, lorsque la capitale bosniaque > > agonisait sous les bombes serbes au début des années 1990, il s'est rendu > > récemment Ã*** Visegrad. On raconte lÃ***-bas qu'une fois sur place il a piqué > > une grosse colère. Ulcéré par le jaune et l'orange criards de la façade de > > l'hôtel jouxtant l'ouvrage d'art en pierres, il a téléphoné au ministre > > bosniaque de la culture pour lui ordonner de réparer cet outrage aubon > > goût ! "Kusta le businessman" envisagerait également de monterune flotte > > de petits bateaux croisant sur la Drina. "Il se prend pour un roi", glisse > > un commerçant. > > Â*** Â*** Son royaume se voit de loin. Bien avant d'arriver Ã*** Küstendorf, on > > aperçoit le clocher en bois de l'église depuis les montagnes où serpente > > la route venant notamment de Zlatibor, l'une des deux stations de ski de > > Serbie, ravagée par le mauvais goût. Kusta, lui, construit un > > anti-Zlatibor. Pas de publicité, pas de néons ni de terrasses en plastique > > empoisonnées par d'obsédantes odeurs de grillades. Pas de Coca-cola, non > > plus. Au "Kustaland", on boit du "Kusta Ã*** la fraise", local et naturel. La > > bouteille, en verre, est frappée du portrait du maître des lieux sur une > > face, de celui de Che Guevara sur l'autre. > > Â*** Â*** Le réalisateur d'Arizona Dream, qui vécut ce tournage aux Etats-Unis > > comme un cauchemar, cultive l'antiglobalisation et un antiaméricanisme > > forcenés. Près des rues Federico-Fellini et Jim-Jarmush, les visages > > peints de George Bush et de Javier Solana grimacent derrière les barreaux > > de la fausse prison de la ville. Le premier est considéré comme coupable > > de tous les malheurs du monde, le second était secrétaire général de > > l'OTAN pendant les bombardements en Serbie, en 1999, durant la guerre du > > Kosovo. > > Â*** Â*** Les murs du restaurant de Küstendorf présentent une galerie de > > portraits explicite : y figurent le "Che", Pancho Villa et Fidel Castro - > > et aussi le chanteur français Manu Chao. Sur d'autres clichés,Kusta serre > > la main de Poutine. Un autre l'affichera probablement bientôt avec Hugo > > Chavez, président du Venezuela, où Emir Kusturica a donnérécemment un > > concert. On le voit également avec le premier ministre nationalisteserbe, > > Vojislav Kostunica, qu'il ne manque jamais de soutenir. Comme cet hiver, > > lors du meeting organisé Ã*** Belgrade pour dénoncer la déclaration > > d'indépendance du Kosovo du 17 février. > > Â*** Â*** Ce jour-lÃ***, sur la tribune, Emir avait troqué son habit de > > Yougo-nostalgique pour endosser celui de "Nemanja" le Serbe, nationalité > > qu'il a prise après l'effondrement de la Yougoslavie. Il lançaune > > diatribe fustigeant la minorité de Serbes favorables Ã*** l'indépendance du > > Kosovo et attaqua sa cible favorite, les Etats-Unis et son industrie > > cinématographique qu'il honnit. "Où sont maintenant les rats qui se > > vendent pour quelques dinars, qui affirment pour une poignée d'argent que > > nos valeurs ne correspondent pas Ã*** celles de la civilisation occidentale ? > > Dans des trous Ã*** rats ! Où sont ceux qui se moquent du mythe du Kosovo, où > > sont ceux qui pensent que le mythe du Kosovo est un mythe hollywoodien ?" > > avait-il hurlé. Küstendorf a pourtant un petit air de Disneyland > > ethno-serbe. "A la limite du kitsch", glisse un visiteur. > > Â*** Â*** La recette semble marcher. Le distributeur de billets de la Meridian > > Bank, filiale du Crédit agricole, n'est pas lÃ*** pour le décor. Et le > > "Kustuland" ne s'arrête pas aux palissades en bois du village. Au volant > > de son vieux 4 × 4 Lada, Vladimir, le garde-chasse, s'engage sur une route > > tracée Ã*** coups de bulldozer dans la montagne grâce, annonce une pancarte, > > Ã*** l'argent du Fonds national d'investissements (NIP) serbe. La route ne > > mène nulle part ailleurs qu'au pied d'un hôtel de quatre étages en cours > > de finition. Sur l'autre flanc de la montagne, on s'affaire Ã*** la > > construction de deux autres établissements hôteliers de cinquante chambres > > chacun. > > Â*** Â*** L'hiver prochain, les touristes pourront dévaler quatre pistes tracées > > sur des terrains loués Ã*** l'administration des eaux et forêts. > > L'institution participe au conseil d'administration du parc naturel > > Sargan-Mokra Gora, qui délivre les autorisations d'activités commerciales, > > permis de chasse et autres licences. Son directeur ? Emir Kusturica. Le > > président du conseil d'administration ? Un certain Sinisa Kovacevic, > > écrivain et dramaturge, grand ami du premier ministre, Vojislav Kostunica. > > "La vie est un miracle", proclamait le film.- Masquer le texte des messages précédents - > > - Afficher le texte des messages précédents - _________________ Oui, les Américains sont des rats. Des rats puants. Les petits pions musulmans bosniaques des Américains n'aiment pas l'Orthodoxe "Emir" Kosturica. Mais l'attaquer coûte cher aux petits merdeux de journalistes de "Monitor", de la presse Soros: Vijesti Procès Kusturica : « Monitor » et Nikolaidis condamnés pour diffamation Mise en ligne : samedi 12 avril 2008 Le tribunal de deuxième instance de Podgorica a condamné l’hebdomadaire Monitor et l’écrivain Andrej Nikolaidis Ã*** une amende de 12.000 euros, suite au procès en diffamation intenté contre eux par le cinéaste Emir Kusturica. En 2004, Andrej Nikolaidis avait publié un texte rappelant l’engagement constant du réalisateur aux côtés du régime de MiloÅ¡ević durant toute la guerre de Bosnie. Les professionnels de la culture de Bosnie-Herzégovine vont organiser une collecte afin d’aider Monitor et Nikolaidis, dans cette affaire où pour eux, il ne s’agit pas de diffamation mais de dénonciation des collusions du cinéaste avec les ennemis de la Bosnie-Herzégovine.... Andrej Nikolaidis Le tribunal de deuxième instance de Podgorica a récemment annulé le jugement précédent du Tribunal communal, qui libérait Andrej Nikolaidis et l’hebdomadaire Monitor de toute responsabilité, pour infliger Ã*** ces derniers une amende de 12.000 euros que les accusés sont censés payer Ã*** Emir Kusturica. L’initiative de collecte de l’argent est partie de l’acteur de Sarajevo Emir Hadžihafizbegović, actuellement ministre de la Culture du Canton de Sarajevo et du journaliste monténégrin Å***eki RadonÄić. Dans sa déclaration pour Vijesti, le ministre Hadžihafizbegović a souligné que la décision du tribunal était honteuse et que les artistes de Bosnie-Herzégovine dédommageront Kusturica. Emir Hadžihafizbegović et Å***eki RadonÄić « Å***eki RadonÄić et moi-même avons réagi en tant que citoyens, consternés par la nouvelle de Podgorica sur l’obligation d’Andrej Nikolaidis et de l’hebdomadaire Monitor de payer 12.000 euros pour avoir heurté les sentiments de la personne qui a directement collaboré avec les ennemis de la Bosnie- Herzégovine. » Emir Hadžihafizbegović a estimé que Kusturica s’était trouvé en compagnie des ennemis de la Bosnie-Herzégovine Ã*** plusieurs reprises et qu’il était intime avec ceux qui ont programmé le crime enBosnie- Herzégovine. « Nous avons le devoir d’aider l’homme et le journal qui ont protégé la dignité de la Bosnie-Herzégovine et de tous ses citoyens. Ils ont parlé du sacrifice de la Bosnie et de la collaboration de l’artiste avec ses ennemis. Si ce jugement est exécuté, je déclare en toute responsabilité que nous allons collecter ce montant et payer Kusturica. S’il le faut, les acteurs de la Bosnie-Herzégovine s’engageront Ã*** la collecte et dédommagement des sentimentsheurtés de l’artiste de Mokra Gora », souligne le ministre de la Culture du Canton Sarajevo. En cas d’entrée en vigueur du jugement, Emir Hadžihafizbegović annonce la création d’un fonds de collecte pour le dédommagement de Kusturica, sous la forme d’une « caisse d’assistance mutuelle ». L’initiative a été soutenue dès le début par de nombreux acteurs, metteurs en scène, écrivains et journalistes de Sarajevo qui ont déclaré vouloir contribuer Ã*** la collecte. « En considérant cette décision judiciaire comme honteuse et directement liée au texte journaliste mettant la Bosnie-Herzégovine dans un contexte de victime de manière argumentée et indiquant le metteur en scène en question comme un ami intime du « boucher des Balkans », Emir Hadžihafizbegović et Å***eki RadonÄić invitent les autres professionnels de la culture Ã*** collecter de l’argent et payer l’amende et tous les autres frais du jugement Ã*** la charge de l’hebdomadaire Monitor et du journaliste Andrej Nikolaidis, quelque soit le montant en question », dit-on dans le texte de l’initiative. Emir Hadžihafizbegović a dit qu’il s’attendait toujours Ã*** ce que cette décision honteuse soit retirée et changée. |
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| "Yoki" <yokinospamtori***hotmail.com> a écrit dans le message de news:uFMVj.5312$KQ4.3563***newsfe10.ams2... > X-No-Archive: Yes > Naturellement, c'est dans Li Monde que s'exprime le milliardaire pro-serbe > et antimondialiste (récompensé de deux Palmes d'or cannoises). > Je dédie ce message ce message à tous mes amis d'usenet (Camille, Radikal, > Dommages Collatéraux, Nestor et Palpatine). > .........SNIP......... Je prenais Kusturica pour un sombre crétin, mais je constate qu'il possède plusieurs qualités, dont une certaine clairvoyance. Il remonte fameusement dans mon estime, merci pour lui. |
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