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| <linos.linos***googlemail.com> a écrit dans le message de news: 2b04e0da-d41f-4292-91b0-b232e806ba3e...oglegroups.com... > Un musicien peut-il se diversifier, exemple : classique et jazz ? > > Y a-t-il des très bons musiciens classiques qui sont aussi très bons > en jazz (et inversement) ? Assez peu, finalement, et à mon avis, le musicien de jazz aura nettement l'avantage sur le musicien classique. Ce dernier, en effet, n'a pas appris à se libérer de la partoche, il joue des notes écrites et s'avère souvent assez mauvais improvisateur. Je me souviens d'un Grand échiquier il y a pas mal d'années avec Menuhin et Grappelli. Chancel leur avait proposé de faire un duo de jazz. Les deux jouèrent sans aucun problème le thème, mais lorsqu'il s'agit d'improviser, Menuhin s'en montra incapable. Il y a pas mal d'exemples de musiciens venus du jazz qui se sont illustrés dans le classique, celui qui me vient à l'esprit est le clarinettiste Benny Goodman qui a enregistré le concerto pour clarinette de Mozart avec le Boston Symphony Orchestra sous la direction de Charles Munch. Je n'ai pas d'exemple du contraire en tête. -- Paul & Mick Victor tête vide |
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| "Paul & Mick Victor" <b.suisseVotreCulotte***wanadoo.fr> a écrit dans le message de news: 47dd5e63$0$876$ba4acef3***news.orange.fr... > Il y a pas mal d'exemples de musiciens venus du jazz qui se sont illustrés > dans le classique, celui qui me vient à l'esprit est le clarinettiste > Benny Goodman qui a enregistré le concerto pour clarinette de Mozart avec > le Boston Symphony Orchestra sous la direction de Charles Munch. Je n'ai > pas d'exemple du contraire en tête. On notera tout de même les suites de jazz de Claude Bolling, celle pour flûte avec Rampal, pour guitare avec Lagoya, pour violoncelle avec Yo Yo Ma, mais il ne s'agissait pas pour les solistes de faire vraiment du jazz, c'est-à-dire d'improviser. Ils se contentaient de jouer une musique écrite. Un instrumentiste classique peut jouer une partition écrite de jazz, ce n'est pas pour ça qu'il fait vraiment du jazz. -- Paul & Mick Victor n'en finit pas de jaser |
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| "Paul & Mick Victor" <b.suisseVotreCulotte***wanadoo.fr> a écrit dans le message de news: 47dd5e63$0$876$ba4acef3***news.orange.fr... > <linos.linos***googlemail.com> a écrit dans le message de news: > 2b04e0da-d41f-4292-91b0-b232e806ba3e...oglegroups.com... >> Un musicien peut-il se diversifier, exemple : classique et jazz ? >> >> Y a-t-il des très bons musiciens classiques qui sont aussi très bons >> en jazz (et inversement) ? > > Assez peu, finalement, et à mon avis, le musicien de jazz aura nettement > l'avantage sur le musicien classique. Ce dernier, en effet, n'a pas appris > à se libérer de la partoche, il joue des notes écrites et s'avère souvent > assez mauvais improvisateur. !!! :-)) sans commentaire. |
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| <linos.linos***googlemail.com> a écrit dans le message de news: d9af09e1-0109-44d6-96a2-5c0d1fb0f18d...oglegroups.com... > La musique classique laissait une petite place à l'improvisation, avec > les cadences. Je ne connais pas leur origine, ni si elles étaient > jouées spontanément, mais aujourd'hui elles sont écrites. Les cadences "improvisées" des concertos étaient une survivance de la musique baroque. Il semble que le terme soit apparu pour la première fois dans un traité de Bassano de 1598. Elles étaient la règle jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle, où elles ont peu à peu laissé la place à des cadences écrites. Les raisons sont multiple. Marc Honegger en note deux : les abus commis par les interprètes, plus soucieux de faire briller leur technique et d'en mettre plein les oreilles du public que de respecter le style et l'économie générale de l'oeuvre, et le déclin des facultés d'improvisation créatrice chez les instrumentistes. A partir de cette époque, les compositeurs écrivirent généralement leurs cadences, quand ils ne les supprimèrent pas purement et simplement. On pourrait s'interroger sur les raisons de ce "déclin des facultés d'improvisation créatrice". Je pense pour ma part que plus la musique est devenue savante, écrite et codifiée, moins elle a laissé de place à l'improvisation. (Encore faut-il s'entendre sur le sens du mot "improvisation" : il s'agit en théorie d'une création non préparée, qui jaillit spontanément. Je pense que beaucoup de cadences soi disant "improvisées" ont été, en réalité, longuement préparées et travaillées). J'avais posté sur ce thème une éblouissante contribution en 2000, ça ne nous rajeunit pas. La revoici, la revoilà : L'improvisation dans la musique classique, qui était pratique courante au moyen-âge, par le contrepoint improvisé (cantus supra librum), les vocalises, les ornements, et qui s'est prolongée dans la période baroque et classique (les basses chiffrées des continuos, les cadences, etc.) a à peu près totalement disparu au 19ème et au 20ème siècle. La tradition n'en subsiste plus guère qu'à l'orgue (pour des raisons qui tiennent sans doute aux aléas de la liturgie, à la nécessité qui s'impose à l'organiste de s'adapter à des interventions de durée variable). C'est également à ces contraintes que devaient s'adapter les pianistes du début de notre siècle lorsqu'ils improvisaient des accompagnements pour les films muets. (Poulenc excellait paraît-il à cet art, mais nous n'en avons plus aucune trace). À part ces exceptions, il faut bien se rendre à l'évidence, la musique classique savante laisse de moins en moins de marge de liberté à l'interprète. (Peut-être est-ce la raison pour laquelle beaucoup d'instrumentistes contemporains sont attirés par le jazz ?) Sans doute en réaction à ce manque de liberté de l'interprète, est apparue dans les années 50 la musique "aléatoire", illustrée notamment par John Cage, avec Imaginary Landscape N° 4 pour 12 postes de radio, ou Imaginary Landscape N° 5 pour 42 enregistrements phonographiques, puis par Stokhausen et Boulez. C'est Stokhausen qui, pour la première fois en 1957 avec Klavierstück XI proposera une partition à itinéraire aléatoire, qui laissera à l'interprète le choix entre plusieurs combinaisons possibles (appelées réservoirs), proposant ainsi une structure ouverte, une oeuvre qu'on peut jouer des centaines de fois sans jamais reproduire deux fois la même chose. La 3ème sonate de Pierre Boulez relève également de ce principe. Il est également aujourd'hui un domaine où la pratique de l'improvisation est préconisée et largement utilisée, c'est celui de l'enseignement musical. Les méthodes actives qui sont apparues depuis la guerre (Dalcroze, Kodaly, Martenot, Willems, Orf, Percustra, etc.) accordent presque toutes une grande place à cette pratique, qui permet d'utiliser les acquis théoriques en développant l'imagination, l'émotivité et la créativité... -- Paul & Mick Victor Les pédagogues ? Au fond du couloir à gauche... |
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| "Mathias Rocher" <mathias.rocher***hotmail.fr> a écrit dans le message de news: 7fd8fd3d-d269-40d5-b582-8e3c61189704...oglegroups.com... > Par contre jazz n'est pas synonyme d'improvisation. Tout le jazz n'est > pas improvisé, c'est parfois entièrement écrit, et quant à > l'improvisation elle obéit à des règles ou au moins à une tradition > qui n'est pas celle de la musique classique. Là, je m'insurge, je conteste, je tape du pied, je lève le poing, j'affirme, je trépigne, j'assène, je martèle : le caractère premier du jazz est d'être improvisé. Cette affirmation *incontestable* étant lancée, on peut effectivement trouver ici ou là des arrangements. Ils sont d'ailleurs indispensables dans les big bands, pour l'évidente raison que 12 ou 20 musiciens qui improviseraient ensemble risqueraient de produire une impressionnante bouillie sonore. Néanmoins, dans tous ces arrangements, il y a toujours une part d'improvisation, et des plages sont *TOUJOURS* réservées pour les solistes. Qu'on écoute Count Basie, Duke Ellington, Lionel Hampton, Jimmy Lunceford ou d'autres grands orchestres on trouvera toujours au milieu des arrangements (parfois fort savants) écrits, un passage réservé à l'improvisation du ou des solistes. Du jazz non improvisé (Gershwin, Milhaud dans la Création du monde, etc.) ce n'est pas du jazz. Ça s'inspire du jazz, ça ressemble à du jazz, mais c'est du Canada dry. On peut jouer sur partition des solos de Bill Evans ou de Chick Corea, on ne fait pas du jazz, on se contente de déchiffrer et d'interpréter une partition devenue classique, en ce qu'elle renoncé à la dimension de l'improvisation. Je sais bien que les choses évoluent, que de nouveaux critères (trop souvent déplorables, par ailleurs) font petit à petit autorité. Le vieux khon que je suis et que j'entends bien rester n'en démordra pas, même la tête sur le billot : IL NE SAURAIT Y AVOIR DE JAZZ SANS IMPROVISATION. Une pièce entièrement écrite peut être classée n'importe comment, mais jamais, au grand jamais, comme du jazz. -- Paul & Mick Victor absolument indigné, scandalisé, tellement qu'il va se prendre trois Lexomil avec sa Chimay. |
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| "Paul & Mick Victor" <b.suisseVotreCulotte***wanadoo.fr> a écrit dans le message de news: 47dec649$0$906$ba4acef3***news.orange.fr... .. > > Je sais bien que les choses évoluent, que de nouveaux critères (trop > souvent déplorables, par ailleurs) font petit à petit autorité. Le vieux > khon que je suis et que j'entends bien rester n'en démordra pas, même la > tête sur le billot : IL NE SAURAIT Y AVOIR DE JAZZ SANS IMPROVISATION. Une > pièce entièrement écrite peut être classée n'importe comment, mais jamais, > au grand jamais, comme du jazz. +1 Jazzmicalement, Jean Toulet - IndignéTrépignantAussi |
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| Re: Diversification | Marc Valli | Newsgroup fr.rec.arts.musique.classique | 1 | 18/03/2008 10h18 |
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| Re: Diversification | Paul & Mick Victor | Newsgroup fr.rec.arts.musique.classique | 1 | 17/03/2008 19h49 |
| Re: Diversification | Paul & Mick Victor | Newsgroup fr.rec.arts.musique.jazz | 1 | 17/03/2008 19h49 |
| Diversification | Archange | Newsgroup fr.sci.divers | 1 | 26/02/2007 22h03 |