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| A l'occasion du prochain concert "Waterfalls in Space" que donnera Tim Blake le 2 septembre 2006 à Exeter, en Angleterre, et où il sera accompagné de Jean-Philppe Rykiel, il est important de retracer la carrière de ce musicien qui depuis ses débuts dans la musique électronique y a toujours tenu une place à la fois essentielle et unique en son genre. Résidant français depuis 1971, Tim Blake est né le 2 février 1952 à Hammersmith, à l'Ouest de Londres, et à vécu sa jeunesse à Northwood, dans le Middlesex. Ecolier, il y étudie la trompette classique et y joue de la guimbarde et de la guitare slide dans un groupe. En 1967, Tim se lie d'amitié et joue parfois de la guitare avec les membres de Trees, groupe managé par Doug Smith, qui le met rapidement en contact avec Clearwater, sa maison de production, qui s'occupe par ailleurs d'autres groupes tels que Hard Times, Skin Alley et Hawkwind. Et c'est finalement avec les membres de ce dernier groupe que Tim va tisser ses meilleures relations, et plus particulièrement avec Dik Mik, le claviériste et sorcier sonore d'Hawkwind, qui l'invitera même à habiter chez lui pendant un temps. Avec lui, Tim apprendra à se servir d'une table de mixage et des racks d'effets y attenant, et découvrira surtout l'utilisation musicale des générateurs de signaux et les premiers prototypes de synthés portables. Désormais sa voie est tracée et il abandonne sa guitare pour se lancer dans la musique électronique. Début 1971, Tim Blake reçoit un coup de téléphone de Lady June qui lui demande de se rendre aux Studios Marquee afin d'y être l'ingénieur du son des séances d'enregistrement de Daevid Allen pour son album "Banana Moon". Mais en arrivant sur place, Tim a la désagréable surprise de voir que Venux de Luxe est déjà aux consoles. Remis de sa déception et vite lié aux membres de Gong, il deviendra finalement pour un moment le chauffeur de leur camion durant leur incessante tournée de concerts en France ainsi que leur mixeur en chef. Durant cette même époque, Tim Blake retourne à Londres pour y acheter l'un des tout premiers EMS Synthi A, et plus précisément le 7ème mis sur le marché. Avec ce synthétiseur aussi riche de possibilités qu'il est aisément transportable, et abandonnant ses activités avec Gong, il va fonder Crystal Machine, un concept très en avance sur son temps unissant sur scène musique électronique et lightshow techno-stellaire, avec Patrice Warrener et Philippe Denis-Renoux, tout en devenant démonstrateur à Paris pour la marque anglaise d'instruments électroniques EMS. Très vite, une cassette d'un premier "album solo" de Tim Blake se met à circuler. Très vite aussi Crystal Machine aura l'occasion d'être applaudi par un public sidéré et conquis. La première fois sera lors d'un festival à Brièvres où Tim Blake jouera pendant 90 minutes alors que seules 20 à 30 minutes lui avait été accordé. Concerts et cassette solo de Tim Blake/Crystal Machine vont venir au su et aux oreilles de Daevid Allen qui presse dès lors Tim de devenir membre à part entière de Gong. C'est ainsi que Tim Blake prendra à partir de décembre 72 le nom scénique d'Hi T Moonweed au sein de la formation. Tim Blake/Hi T Moonweed participera ainsi aux trois volets de la trilogie Radio Gnome constituée par les albums "Flying Teapot", "Angels Egg" et "You". Cette collaboration ne prendra fin qu'en mars 75, Tim Blake étant très mécontent de la décision de Daevid Allen de ne plus continuer la série Radio Gnome Invisible, son départ ne précédant par ailleurs que de quelques semaines celui de Deavid Allen lui-même, suivi par celui de Steve Hillage, avec qui Tim Blake enregistrera "Fish Rising". Commence alors pour Tim une période entre désillusions et semi-succès, Virgin refusant tous ses projets d'albums solo mais sortant tout de même le "Clearlight Symphony" de Cyrille Verdeaux qu'il a produit et dans lequel il joue. Finalement, plus que désargenté et déçu, il quitte l'Angleterre pour Paris afin de réactiver Crystal Machine. Pour cela, il renoue avec Patrice Warrener, son ancien et fidèle génie des lumières, et s'associe aussi avec Bernard Szajner, qu'il avait déjà vu à l'oeuvre aux commandes des lightshows de Gong (C'est à ce même Bernard Szajner, par ailleurs excellent musicien et remarquable utilisateur de synthés modulaires (se référer par exemple à son "Some Deaths Take Forever") que Jean-Michel Jarre devra plus tard sa fameuse harpe-laser). Ensemble, ils vont produire dès 1975 quelques uns des tout premiers concerts/lightshows à employer principalement les lasers. Parallèlement à ses prestations scéniques, Tim Blake sort d'abord en 1976 sous le nom de "Saratoga Space Messengers" un premier single où figurent "Surf" et "Birdsong". Puis c'est bientôt les enregistrements de deux de ses concerts, dont un au Palace à Paris, qui servent de base à son premier album solo, appelé tout simplement "Crystal Machine", qui sortira chez Egg Records en novembre 1977. Et c'est enfin la parution de son premier album studio, "Blake's New Jerusalem", qui sortira à nouveau chez Egg Records en novembre 1978. Ce ne sera pas tout à fait un album solo, car un ami de longue date de Tim y mettra aussi largement son grain de sel, Jean-Philippe Rykiel, un musicien malheureusement aveugle mais surtout extraordinaire dès qu'il a un minimoog sous les doigts. Au départ, Jean-Philippe Rykiel était juste venu voir comment les séances de studio de Tim avançaient en vue de son prochain album. Mais très vite Jean-Philippe y fut tellement impliqué que Tim décida que la future tournée de promotion de cet album ne pourrait se faire sans ce talentueux complice. De fait, Tim Blake et Jean-Philippe Rykiel ne se quitteront plus et partiront jouer dans toute la France, en Espagne et même au Japon. Revenus en France, ils prépareront de nouvelles musiques destinées à une prochaine série de concerts. C'est pendant cette période qu'ils mettront sur bandes plusieurs compositions regroupées sous le nom de "Waterfalls in Space". Ces enregistrements ne feront finalement pas l'objet d'un album comme cela était prévu initialement et ce sont même, en 1979, les concerts de Tim Blake qui cessent, ceux-ci coûtant à la longue trop chers sans l'appui financier et promotionnel d'une solide maison de disques. S'ouvre alors pour Tim une ère d'inactivité et de silence. Ce sera aussi pendant ces quelques mois qu'il découvrira la Bretagne et qu'il décidera de s'y installer définitivement. Au cours de l'automne 1979, c'est un coup de téléphone inattendu de Dave Brock d'Hawkwind qui fera revenir Tim vers la musique et la scène. En effet, Steve Swindells, l'ancien claviériste d'Hawkwind, ayant opté pour une carrière solo, Dave Brock, le leader du groupe, a pensé tout naturellement à Tim, cet ancien ami de la formation, pour tenir les claviers. C'est ainsi que Tim Blake tourna durant un peu plus d'un an avec Hawkwind, enregistrant avec eux leur "Live Seventy Nine", où figure une version space-rock de "Lighthouse" tiré de son "Blake's New Jerusalem", ainsi que leur album studio suivant, "Levitation". C'est pendant la tournée promotionnelle de cet album que les liens entre Tim et Hawkind se romperont soudainement et qu'il regagnera sa Bretagne d'adoption. Là, s'étant ressourcé et refusant désormais toute interaction avec le "music business", il va reprendre en ayant tout son temps ses expérimentations sonores, se plongeant plus particulièrement dans la M.A.O. (Musique Assistée par Ordinateur). En 1988, Tim Blake renouera avec les concerts et en 1990 il enregistrera son deuxième album studio, "Magick", qui sortira chez Voice Print en 1991. Celui-ci sera une sorte de "live à la maison", puisque qu'enregistré pratiquement en continu une nuit de pleine lune dans son moulin de Coet-Bihan avec un matériel réduit au strict minimum : un clavier, un petit synthé en rack Roland, un séquenceur Pro-24 tournant sur un modeste Atari et un micro. Au cours de la tournée promotionnelle de cet album au Etats-Unis, Tim croisera les membres d'Hawkwind, eux-mêmes en tournée dans ce vaste pays et avec lesquels il n'avait eu aucun contact depuis 11 ans. Tous décideront alors que Tim ferait l'ouverture de quelques concerts d'Hawkwind et qu'Hawkwind apparaîtrait dans quelques concerts de Tim. Suite à cela, Tim disparaîtra de nouveau des scènes pendant plusieurs années. Ce n'est qu'en 1994 que l'on reverra Tim devant un public. Mais l'occasion était trop belle ! Fêter les 25 ans de Gong. Ce qui donna lieu le 8 et le 9 octobre 1994 au Kentish Town Forum de Londres à deux concerts mémorables et qui firent d'ailleurs l'objet d'un double-album live qui fut forcément appelé "25th Birthday Party". Puis Tim s'éloignera encore une fois des scènes, n'y remontant plus avant 1997, notamment à l'invitation de Gong pour un concert délirant à Paris, au Bataclan. Si Tim Blake se montre si peu, c'est qu'il travaille d'arrache-pied sur un nouvel album solo. Celui-ci, d'abord intitulé "Crystal Isle", ne verra finalement le jour qu'en septembre 2000, après 4 ans de labeur, et avec le titre de "The Tide of the Century" et le sous-titre plus discret de "Crystal Island". Sorti chez Blueprint, ce sera le premier album de Tim réalisé avec ce qu'il nomme fièrement son "studio virtuel". La tournée de promotion de cet album permettra pourtant de voir un Tim Blake inhabituel, ou plus exactement nouveau, jouant élégamment sur un piano de concert en plus de ses plus usuels synthés. Cette année 2000 sera aussi celle de ses retrouvailles avec Hawkwind avec lequel il remontera sur scène plusieurs années de suite. En décembre 2002, Tim sortira "Caldea Musique Vol.2" suite à une commande spéciale du Centre Thermo-Ludique Caldea situé en Andorre. Puis il composera "Spirit of the Age", paru en 2003 sur la compilation "Daze of the underground", et travaillera sur un projet raï avec Soraya Madhaoui. A ce point de sa carrière, Tim Blake, de nouveau très productif musicalement et reprenant goût à la scène en compagnie d'Hawkwind, pensait réactiver Crystal Machine avec Patrice Warrener, mais... Un matin de mai 2004, lors d'un accident effroyable, la voiture de Tim Blake rencontre à pleine vitesse celle d'un autre chauffeur. Celui-ci est tué sur le coup et Tim est déclaré mort avant d'être finalement et heureusement réanimé pendant son transport en hélicoptère. Sa convalescence ainsi que la rééducation de ses membres, et principalement de ses mains, prendront de nombreux et douloureux mois. Fruit de ses efforts et de ses peines, Tim a pu effectuer son retour sur les scènes françaises et anglaises dès juillet 2005. Mais, actuellement et suite à cet accident, les choses vont au plus mal pour Tim. Car il est accusé d'homicide involontaire, risquant un minimum de 6 mois de prison pour cela, sans compter d'énormes dommages-intérêts qu'il aurait à payer à la famille du conducteur décédé si sa responsabilité était retenue dans l'accident. Un vaste mouvement de soutien se dessine donc autour de Tim pour l'aider par tous les moyens dans cette très mauvaise passe, et notamment financièrement... Frédéric Gerchambeau fredericgerchambeau***wanadoo.fr Pour se rendre sur mon site "Il n'est jamais trop d'Art..." : http://perso.wanadoo.fr/frederic.gerchambeau/index.htm |
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| Tags: blake, tim |
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