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| Texte tiré de http://musicabohemica.blogspot.com/2008/07/naive.html Les mélomanes se souviennent de la version radicale de la dernière symphonie de Dvorak par Harnoncourt avec le Concertgebouw d'Amsterdam. Et en 2008, Emmanuel Krivine se penche Ã*** son tour sur l'oeuvre avec ses musiciens de la Chambre Philharmonique. Une philharmonie de chambre ? Derrière l'oxymore se cache un ensemble inédit. Des musiciens experts et passionnés par leur instrument, par l'histoire de l'interprétation et de la facture instrumentale – comme l'on n'en trouvait guère que dans de petites formations baroqueuses – se réunissent autour d'Emmanuel Krivine pour interpréter Ã*** leur manière le grand répertoire romantique. Respecter l'instrumentarium original - les musiciens jouent sur instruments d'époque -, rendre justice Ã*** la partition et Ã*** ses contrechants discrets, abolir l'approche prussienne qui a fini par envahir les salles de concert et standardiser le son, voilÃ*** leur défi. Dès les premières notes, leur Nouveau Monde surprend. Aucun attentisme, refus du vibrato, rôle dominant de la dynamique. Le son de la Chambre, tout en transparence et ciselé avec soin, rend pleinement justice Ã*** l'orchestration de Dvořák. Ce mouvement impétueux est rendu avec une générosité inattendue. Notons que la reprise de l'exposition est respectée, ce qui n'est pas toujours le cas, même pour des versions de référence. Comme il le fera Ã*** plusieurs occasions, le chef se permet de varier légèrement les nuances au cours des reprises. Le Largo permet d'admirer le son des cuivres, d'autant plus que les instruments d'époque ne sont pas réputés pour leur aisance ! Le cor anglais (Taka Kitazato) fuit tout pathos : l'émotion passe précisément dans le respect de la lettre. Nul besoin d'en rajouter. La volonté de laisser respirer la musique, de permettre aux mélodies de s'installer est manifeste, sans jamais laisser place Ã*** une sensation d'immobilisme. Les coups d'archet du Scherzo servent admirablement son urgence rythmique. L'on est heureux d'entendre des détails rares : écoutez le contrechant des contrebasses (lettre E et mesures suivantes), d'ordinaires inaudibles. Le final, orgiaque et parcouru d'accès de véhémence, couronne cette interprétation inventive et recherchée. L'on sait gré aux interprètes de nous servir un Konzertstück de Schumann de la même veine. L'orchestre schumannien est pataud, obscur ? ici vous oublierez ces préjugés, tant la précision des plans, la pâte orchestrale sont lumineuses. Mais l'on attend particulièrement la rencontre des quatre solistes sur les instruments que Schumann connaissait : l'oeuvre est en effet née de la volonté d'exploiter le tout nouveau cor Ã*** pistons, alors que l'orchestre conservait ses deux cors naturels. C'est évidemment ce choix qui a été retenu ici. David Guerrier, Antoine Dreyfuss, Emmanuel Padieu, Bernard Schirrer illustrent parfaitement l'excellence de leur génération en servant Schumann comme rarement il l'aura été. Espérons que ce CD de la firme Naïve (V5132, sortie nationale le 26 août 2008) rencontre l'accueil qu'il mérite. Peut-être aurons-nous la chance d'entendre ces mêmes musiciens dans d'autres oeuvres de Dvořák. Les symphonies, naturellement, mais peut-être plus encore les poèmes symphoniques. Qui sait quels envoûtements seraient capables de tirer Emmanuel Krivine et la Chambre Philharmonique d'une oeuvre comme l'Ondin ? -- Alain http://souvenirsdescarpates.blogspot.com/ |
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| "Witcheud" <xaviolon***orange.fr> a écrit dans le message de news: 200233c1-3c96-493d-a376-26d425826862...oglegroups.com... On 2 sep, 18:42, Alain CF <alain.cf.a-reti...***wanadoo.fr> wrote: "Moi aussi. Quand un (classique)frien attire mon attention sur une oeuvre qui le mérite (et cela arrive, reconnaissons-le), j'apprécie. Le hic, c'est que ces friens-là tombent fréquemment dans l'excès que tu énonces ensuite. C'est à dire qu'ils renversent les hiérarchies, crient au génie devant chaque oeuvre, ou presque etc... Sans compter ceux qui, à défaut de s'écouter parler, se regardent écrire. En revanche, ils pètent (silencieusement ou pas, selon les natures) sur les grands noms de la musique, JS.Bach en tête, car ces derniers sont bien évidemment trop connus, et ne leur permettent pas de briller suffisamment en société et d'étaler leur insupportable confiture jusdecrânesque." C'est bizarre, ça, Xavier. Pourquoi viens-tu énoncer sur ce forum des critiques concernant la liste Bcbg? Jazzmicalement, Jean Toulet - EtJeDétesteBach,EnPlus,Milledieux!... |
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| In news : 4dee2b21-c032-470a-9607-138585074ebc...oglegroups.com, Witcheud <xaviolon***orange.fr> Publia : > On 3 sep, 21:46, brice <m...***maison.fr> wrote: >> Witcheud a écrit : >> >> Et la "postérité", selon toi, n'a rien à voir avec la façon dont la >> musique est enseignée ? > > Non, je ne pense pas. C'est l'enseignement qui se met au diapason, ce > n'est pas lui qui donne le "la". > JS Bach, WA Mozart et Beethoven ne sont pas les plus grands parce que > l'enseignement l'a décidé. C'est au contraire parce que la postérité a > au premier plan retenu ces trois-là qu'ils sont davantage enseignés > que les autres. C'est en partie oublier que Bach n'a pas toujours, malgré son improbable génie et sa situation à l'époque, été connu comme aujourd'hui, ou à son époque. Au début du XIX ème, soit 100 ans après sa mort (donc /postéritable/ au maximum compte-tenu de sa hotte), il était quasiment tombé dans l'oubli. En tous cas un oubli relatif d'où l'ont tiré des "curieux". Chose qui est arrivée aussi aux baroques beaucoup plus récemment, et à bien d'autres compositeurs /importants/. Je cite Bach justement parce qu'il nous apparait comme inouï qu'un compositeur aussi fécond, mais surtout couvrant un tel spectre entre le classicisme d'époque et une modernité qui n'est pas encore enterrée même aujourd'hui en ce qui concerne surtout sa musique profane, ait pu passer pour un ancien poussiéreux et connu d'un faible nombre à une époque où la musique était au contraire en plein développement, on dira /médiatique/, pour faire très vite. C'est toujours le problème de l'Histoire, qu'elle soit globale, ou particulière (comme celle des sciences ou celle de l'Art qui ont beaucoup en commun) : Une fois dans l'avenir, tout semble limpide, puisqu'en dans les faits, nous sommes en position d'omniscience jusqu'à des dates assez récentes - ou du moins forcément dégrossis. Alors que du point de vue de l'époque, les perspectives n'ont quasiment rien en commun avec les nôtres, le chaos, les hommes, les innombrables possibles régentant un avenir à plus de quelques années illisible. Sacha |
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| In article <4dee2b21-c032-470a-9607-138585074ebc***r15g2000prd.googlegroups.com>, Witcheud <xaviolon***orange.fr> wrote: > On 3 sep, 21:46, brice <m...***maison.fr> wrote: > > > >[...] > > > > Etant majeur et vacciné, j'ose tout de même espérer que ce n'est pas la > > "postérité" qui te dicte tes goûts musicaux, mais bien ta personnalité > > et ta curiosité.... > > En effet. Mais je suis souvent d'accord avec la postérité, donc il ne > me viendrait pas à l'esprit de décréter, comme le font certains sur > classique.fr, que JS.Bach est un compositeur sur-estimé, par exemple. C'est vrai? Ils ont osé? Dans mes bras, rares courageux! > > quelqu'un de curieux ne se fiera pas > > forcément, ni aux profs (qui ne sont pas toujours bons mélomanes), ni > > les critiques de tout poil, mais suivront leur instinct. > > Il faut suivre son instinct. Mais il faut aussi savoir s'interroger, > lorsque la postérité a reconnu tel créateur comme un grand homme. Même > si l'instinct ne nous porte pas naturellement vers ce grand homme. Là, je fais moins confiance que toi aux jugements de "la postérité": combien de fausses réputations malheureusement indéracinables (ou déracinables seulement pour quelques courageux ou initiés)! Combien, en politique, de faux grands hommes (ex. Roosevelt, de Gaulle) et combien d'injustement salis (ex. plusieurs empereurs romains, les tsars russes des XIXe et XXe s.)! En littérature, combien d'excellents auteurs français assassinés "à perpétuité" par Boileau (ex. Saint-Amant, le vieux Corneille)! Pourquoi en serait-il autrement en musique? Jean-Daniel |
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| In news : mn.2c227d89278863f9.71557***wanadoo.fr, Alain CF <alain.cf.a-retirer***wanadoo.fr> Publia : > Sacha Martinetti-Lévy : > >> C'est en partie oublier que Bach n'a pas toujours, malgré son >> improbable génie et sa situation à l'époque, été connu comme >> aujourd'hui, ou à son époque. > > Pas toujours connu comme aujourd'hui ? Cela est tout sauf anormal tant > la façon de vivre la musique, de la jouer, de la connaître, de la > diffuser, était éloignée de celle que nous connaissons aujourd'hui. C'est aussi ce que j'ai dit plus bas. >> Au début du XIX ème, soit 100 ans après sa mort (donc /postéritable/ >> au maximum compte-tenu de sa hotte), il était quasiment tombé dans >> l'oubli. En tous cas un oubli relatif d'où l'ont tiré des "curieux". > > Ce qui compte est que ceux qui avaient l'occasion de connaître Bach le > tenaient en la plus haute estime. Si Mozart, Beethoven, Mendelssohn, > Liszt, Schumann admiraient Bach, assurant ainsi une continuité dans la > reconnaissance de son génie, ce n'est certainement ni un hasard ni le > fruit d'une improbable démarche mimétique. Je suis entièrement d'accord. >> Chose qui est arrivée aussi aux baroques beaucoup plus récemment, et >> à bien d'autres compositeurs /importants/. > > Bien des compositeurs ont été redécouverts et tout mélomane doit s'en > féliciter. Pour avoir fréquenté quelques années des milieux > "baroqueux" (dont je retrouve quelques éminents représentants au sein > de la Chambre Philharmonique, pour renouer avec le fil), si friands > de ces réhabilitations, je n'ai aucun souvenir d'une remise en cause > des hiérarchies. Il s'agit plutôt de mettre la lumière sur des zones > d'ombre peu ou pas explorées pour rejouer tant de partitions oubliées > ou mal interpétées depuis tant d'années. Aucun musicien "baroque" ne > m'a jamais affirmé que Krommer était supérieur à Beethoven, par > exemple (et pourtant, les partitas de Krommer, quel régal !). Ce n'est certes pas moi qui remettrais en cause ces hiérarchies. Je passe mon temps à combattre l'inverse. >> Je cite Bach justement parce qu'il nous apparait comme inouï qu'un >> compositeur aussi fécond, mais surtout couvrant un tel spectre entre >> le classicisme d'époque et une modernité qui n'est pas encore >> enterrée même aujourd'hui en ce qui concerne surtout sa musique >> profane, ait pu passer pour un ancien poussiéreux et connu d'un >> faible nombre à une époque où la musique était au contraire en plein >> développement, on dira /médiatique/, pour faire très vite. > Il ne passait certainement pas pour un poussiéreux aux yeux de Mozart, > Beethoven et grosso modo de ceux qui avaient accès à sa musique et > capacité de la comprendre. Et dès la seconde moitié du XIXe siècle on > étudie Bach dans les écoles de musique. Tout à fait d'accord. Je ne parlais évidemment pas de cela. Sacha |
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| In article <48c1344a$0$4598$426a34cc***news.free.fr>, Snoop <snoop***snoop.yyy> wrote: [J'avais écrit:] > > Combien, en politique, de faux grands hommes [...] > > et combien d'injustement salis (ex. plusieurs empereurs romains, les > > tsars russes des XIXe et XXe s.)! > > Des arguments ? des conseils de lecture ? des sources ? > ça m'intéresse. Je te répondrai volontiers, mais en BAL (dans le forum, ce serait vraiment HC). Alors STP envoie-moi une adresse valable (la mienne l'est moyennant une ablation évidente). Jean-Daniel |
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| Tags: chambre, emmanuel, krivine, monde, nouveau, philharmonique |
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