![]() |
| |||||||
| S'inscrire | FAQ | Membres | Calendrier | Recherche | Messages du jour | Marquer les forums comme lus |
![]() |
| LinkBack | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
| |||
| In news : 1ilga4m.quwnbp129wcw0N%Gerald***alussinan.org, Gerald <Gerald***alussinan.org> Publia : > Deux grandes écoles s'opposent : celle de la musique dite vivante, où > chaque concert est vécu comme un évènement unique et éphémère, porteur > par essence d'opportunités de transcendances particulières pouvant > résulter d'une interaction entre les instrumentistes, le public, le > lieu, la météo... et celle de la musique enregistrée, cherchant à > produire une version la plus parfaite possible d'une oeuvre. > > Dans la première, on accepte, un certain été 1973 à Bremen, de se > farcir deux heures d'improvisations fluctuantes de Keith Jarrett en > solo pour profiter d'un quart d'heure de pur génie créatif spontané. > Noter que le fait que ce concert ait été enregistré est soit > disponible quasi pour l'éternité n'est pas anodin : Je suis absolument d'accord avec tout le reste sauf sur le fait qu'elles s'opposent. En quoi s'opposeraient-elles - sinon dans l'esprit de certains et heureusement - je pense - une minorité ? En tous cas, Picasso transpose la même chose à propos du dessin (à l'encre) et de la peinture, du moins en ce qui le concerne : Le dessin conserve la trace de tous les tâtonnements, c'est un cheminement dont tout demeure : intuitif, création de l'instant. La peinture autorise au contraire toutes les reprises, les changements, jusqu'à l'absolu retour au blanc, création de la pensée posée. D'ailleurs, pratiquant tant les deux formes en musique, je ne peux que souscrire à cette dichotomie qui plonge profondément dans nos différents fonctionnements cérébraux, de l'inspiration pure à l'accomplissement d'un projet. Souvent le second se nourrit du premier, ce qui est normal et bienvenu. L'inspiration est le sel de l'Art. Le premier par contre est malheureusement souvent un agrégat des souvenirs de morceaux du second, et cette musique spontanée n'est plus alors qu'une sorte de lancé de dés où le musicien cuisine une bouillie plus ou moins grumeleuse de petites phrases et variations déjà composées et jouées (dans ce sens, on pourrait parler vraiment de composition plus ou moins aléatoire), qui n'ont plus grand chose à voir avec ce saut dans l'inconnu qu'est l'improvisation véritable. Solal a dit que l'improvisation véritable n'existait pas, qu'on ne faisait donc que jouer aux lego. Malgré sa grande technique (trop mise en avant) et son prestigieux CV, on dirait qu'il n'a jamais /vraiment/ écouté Coltrane. Il faut dire que lorsque cette "improvisation" dans ma définition est en public, et dans sa version la plus exigeante et sans aucune concessions donc en solo, les aléas sont considérables et le temps de concert forcément réduit : Si le théâtre est l'Art à heures fixes comme disait Louis Jouvet, la création à heures fixes est, on peut le comprendre, du funambulisme extrême. Mais quand ça passe... C'est d'ailleurs dans ce sens que le souvenir, la mémoire joueront et que les moments de grâce pourront être transcendés (ou avachis) par leur reprise au sein d'un projet d'écriture (après 45 ans, je n'ai toujours pas trouvé de terme qui me convienne pour remplacer celui de "composition". Joli mot ré-usité par Kandinsky, mais la roue voilée et les rayons insuffisants). -- Sacha |
| | ||||
| ||||
| |
| |||
| In news : 1ilkxuo.1n9vtjywxstq0N%Gerald***alussinan.org, Gerald <Gerald***alussinan.org> Publia : > Sacha Martinetti-Lévy <sacha.martin***freesurf.fr> wrote: > >> Le dessin conserve la trace de tous les tâtonnements, c'est un >> cheminement dont tout demeure : intuitif, création de l'instant. > > La musique se distingue des trois autres "4'z'arts" qui me terrorisent > et ma fascinent à la fois : il y a une sorte d'indécence chez eux à > exhiber ainsi son moi profond et le livrer à l'analyse du premier > psychanalyste d'opérette venu : trouver dans le tableau (même > abstrait) ou la sculpture les désirs enfouis, l'oedipe, le meurtre du > père etc. ça me panique complètement et je vis l'exhibition des > peintres, sculpteurs et architectes comme une perpétuelle obscénité > magique, fascinante et repoussante à la fois :-) Seulement calmé > quand ils annoncent clairement la couleur (Le Jardin des délices... > l'Origine du monde !) J'ai quelque part une photo assez drôle de votre serviteur aux côtés du Courbet. J'ai délaissé la technique pourtant simple des sites. Il faut que je reprenne ça, ne serait-ce que pour la promesse faite de livrer mes nautes en pâture à qui le veut. Le hasard a voulu que je rencontre Cuny-lingus, propriétaire - indiscutable - de l'oeuvre lorsqu'elle était habilement (de manière vénitienne) masquée sous un tableau anodin. Je ne l'ai pas vu à cette époque, mais nous avons longuement parlé de cette notion de "génie" qu'on retrouve très récemment dans les rares pages de ce forum où, comme souvent, j'arrive - en ce qui me concerne - trop tard. C'était une conversation intéressante. Mais j'étais très jeune. En effet, l'oeuvre est claire et didactique, tout en étant comique au plus au point. On peut difficilement faire mieux dans ce type d'intention. Alors que quand il s'agit de musique, l'abstraction est difficilement dépassable. Même si certains - et même Beethoven - se sont essayés à peindre les rythmes vivants, voire des paysages, et même les animaux (!) de Prokofiev ou Saint-Saens. Mais puisque mineur/majeur, rythmes cardiaques ou beaucoup plus complexes parfois pris en photo, concordances de timbres instrumentaux avec gosiers, arrivent plus ou moins à résonner de manière figurative, c'est que cette abstraction n'est pas totale. > La lascivité (ou toute autre émotion) qu'on peut inclure dans la > musique est *toujours* partagée par l'auditeur qui ne sait donc > jamais s'il ne l'y a pas mise seul ! D'autant qu'il ne lui reste que > le *souvenir* de ce qu'il a entendu pour le savoir et l'impossibilité > d'échapper à l'abstraction pour désigner le coupable. Il y a, malgré les tonnes de littérature sur le sujet, quelque chose qui n'est toujours pas clair pour moi. Je ne sais toujours pas, malgré mes explorations de ces rivières souterraines dans lesquelles je suis obligé presque malgré moi de descendre si je veux ramener un courant de vie. > L'avènement de l'enregistrement a certainement marqué une rupture > importante dans le domaine musical. Ah oui. Considérable ! Et d'accord avec Liam et RVG pour dire que le midi a aussi changé quelque chose, même si tout ceci est si récent que nous manquons de recul, et de plus essuyons non les plâtres, mais pataugeons carrément dans la boue des premières fondations. > l'avènement du numérique et en particulier du standard MIDI en a > marqué une autre : on peut désormais analyser et/ou traiter > *l'interprétation* de l'auteur et/ou de l'interprète, avec un niveau > de nuances qui dépasse de loin la discrimination humaine. Oui. Ma&is je pense davantage (pour le moment) à la manière de composer. C'est une erreur de négliger l'influence des outils sur le travail. Le passage est fondamental : On gagne et on perd, sans le plus souvent savoir la part de l'un et de l'autre. > Bizarrement, le numérique qui, dans beaucoup de domaines, a signé la > possibilité d'une copie/duplication *exacte* pérenne à l'infini, a > certes eu cette influence sur la musique (et le piratage MP3/P2P en > est le signe le plus flagrant, avec la remise en cause du droit > d'auteur et la notion de « sample » associée), mais le standard MIDI, > dans ses applications d'analyse et de démultiplication du geste > musical humain, a d'autres conséquences dont on est très loin d'avoir > seulement compris toutes les implications. Oui. > Il resterait à relier cela et ce qui précède à l'incroyable > incertitude dans laquelle berce la musique actuelle ou contemporaine. Alors ça... Pour avoir assisté à beaucoup de premières mondiales durant - on va dire - les années 80, j'ai été le plus souvent frappé par l'absence d'inspiration, de vérité des oeuvres. Construction, mode, influence extrême des maîtres, ennui de l'écoute. Je ne parle pas de tous, mais le constat n'est pas joyeux. Et pourtant, je suis un aficionado de l'Art moderne, et ce serait presque l'inverse : Je ne suis pas assez surpris, bougé, transformé. Il n'y a pas de puissance d'évocation. Pas de chant. Je parle du chant de la rivière. Il faut bien faire. Merde ! Je suis astronome, à l'heure du ciel et des étoiles, du moins chez ceux qui peuvent, il n'y a pas d'aspiration. Ou alors c'est raté. Ou alors il ne sentait pas bon. Enfin ils ne veulent pas. > > Traînant un jour dans les couloirs de l'Ircam (côté studios), je me > suis fait harponner par un compositeur anxieux. Il voulait absolument > savoir ce que je ressentais en entendant sa musique. Malgré mon > insistance à lui dire qu'il me manquait tous les éléments de > compréhension nécessaires il était dans un tel état de désespoir > pathétique et réellement touchant que je me suis laisser aller à > écouter... des sons qui ne m'évoquaient absolument pas grand chose. > > C'est bien gentil de composer, d'improviser, d'écrire, mais pour quoi > et pour qui ? > > De tous les effets subtils qu'on peut utiliser dans une création, > seuls les plus évidents, les plus triviaux seront - peut-être - > entendus. Dès qu'on entre dans le subtil, que le compositeur juge > intéressant, il n'y a plus grand monde pour suivre, même avec la > meilleure volonté du monde. > > Pourtant, sans rien comprendre des subtilités harmoniques et > orchestrales qu'il contient, l'adagietto de la 5e symphonie de Malher > continue à émouvoir quiconque peut prendre le temps de l'écouter dans > de bonnes conditions... voire moins bonnes : simplement joué au piano > l'effet musical, le sens, est là, dans les notes. Voilà -- Sacha |
| |||
| "liaM" <cuddly***mindless.com> a écrit > En fin de compte, moi, americain, je constate qu'au point de ouie musique, > la France peut être fière de la diversité de ses "potted plants" musicales > ! C'est bien parce qu'on est en août (nuages de nuit sans eau, paravents des visions nécessaires, comme si les phares des cités payaient des mercenaires. Où est passé le ciel ? Où sont les étoiles ?) Mais il m'est arrivé d'être également fier de certains miels floraux. Sacha |
| |
| |
![]() |
| Tags: classique, compo, gars, impro, musique |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
| |
| ||||
| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Re: Vos avis sur lecteur CD pour Musique Classique | FRED.BLEU11 | Newsgroup fr.rec.son-image.hifi | 5 | 11/03/2008 05h13 |
| Les victoires de la musique classique | M F | Newsgroup fr.rec.arts.musique.classique | 10 | 25/02/2008 11h25 |
| cuisine et musique classique | christo44 | Newsgroup fr.rec.cuisine | 15 | 21/01/2008 13h55 |
| Site Web de musique classique | La FLute Enchantee | Newsgroup fr.petites-annonces.musique | 0 | 03/12/2006 17h02 |
| Devenez rédacteur pour le premier e-quotidien de la musique classique ! | philalexph@hotmail.com | Newsgroup fr.petites-annonces.musique | 0 | 28/05/2006 11h59 |