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| "Paul & Mick Victor" <b.suisseVotreCulotte***wanadoo.fr> a écrit dans le message de news: g1ueja$8dv$1***r10912.ovh.net... > La flûte de pan Merci PMV. Les dessins, la calligraphie, les vignettes sont tellement typiques de l'époque ! Le texte aussi, hélas peut-être, dont l'humour est bien passé, mais qui est intéressant sur le plan historique car il est truffé de noms propres plus ou moins connus qui renvoient au contexte de l'époque. Je n'ai fait que parcourir rapidement quelques textes, et j'ai un doute sur le P.-S. du piano. S'agit-il d'un simple humour de "nonsense" ou Willy se réfère-t-il à une pratique que je ne vois pas trop bien, l'ancêtre du piano-bar de Vian ? (je publie là, car je n'ai pas réussi à faire passer mon message sur le zoo et je n'ai pas le temps de voir les réglages aujourd'hui) |
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| " DB" <DB***nowhere.org> a écrit dans le message de news: 4848466a$0$21150$7a628cd7***news.club-internet.fr... > Je n'ai fait que parcourir rapidement quelques textes, et j'ai un doute > sur > le P.-S. du piano. S'agit-il d'un simple humour de "nonsense" ou Willy se > réfère-t-il à une pratique que je ne vois pas trop bien, l'ancêtre du > piano-bar de Vian ? Je pense que Willy faisait allusion à un passage du "Nana" de Zola publié 25 ans plus tôt (chapitre 4) : "On ne savait que faire pour être gai, pour finir follement la nuit. Un instant, Labordette imagina de dénoncer les femmes à l'oreille de la Faloise, qui allait rôder autour de chacune, regardant si elle n'avait pas son mouchoir dans le cou. Puis, comme des bouteilles de champagne restaient sur le buffet, les jeunes gens s'étaient remis à boire. Ils s'appelaient, s'excitaient ; mais une ivresse morne, d'une bêtise à pleurer, envahissait le salon, invinciblement. Alors, le petit blondin, celui qui portait un des grands noms de France, à bout d'invention, désespéré de ne rien trouver de drôle, eut une idée : il emporta sa bouteille de champagne et acheva de la vider dans le piano. Tous les autres se tordirent. - Tiens ! demanda avec étonnement Tatan Néné qui l'avait aperçu, pourquoi donc met-il du champagne dans le piano ? - Comment ! ma fille, tu ne sais pas ça ? répondit Labordette gravement. Il n'y a rien de bon comme le champagne pour les pianos. Ça leur donne du son. - Ah ! murmura Tatan Néné convaincue. Et, comme on riait, elle se fâcha. Est-ce quelle savait ! On l'embrouillait toujours. Quant au piano de Vian dans l'Ecume des Jours, le Pianocktail, je redonne ici sa description : "Prendras-tu un apéritif ? demanda Colin. Mon pianocktail est achevé, tu pourrais l'essayer. - Il marche ? demanda Chick. - Parfaitement. J'ai eu du mal à le mettre au point, mais le résultat dépasse mes espérances. J'ai obtenu à partir de la Black and Tan Fantasy, un mélange vraiment ahurissant. - Quel est ton principe ? demanda Chick. - A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l'oeuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l'eau de Seltz, il faut un trille dans le registre aigu. Les quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche équivaut le seizième d'unité, à la noire l'unité, à la ronde la quadruple unité. Lorsque l'on joue un air lent, un système de registre est mis en action, de façon que la dose ne soit pas augmentée - ce qui donnerait un cocktail trop abondant - mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de l'air, on peut, si l'on veut, faire varier la valeur de l'unité, la réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson tenant compte de toutes les harmonies au moyen d'un réglage latéral. - C'est compliqué, dit Chick. - Le tout est commandé par des contacts électriques et des relais. Je ne te donne pas de détails, tu connais ça. Et d'ailleurs, en plus le piano fonctionne réellement. - C'est merveilleux ! dit Chick. - Il n'y a qu'une chose gênante, dit Colin, c'est la pédale forte pour l'oeuf battu. J'ai dû mettre un système d'enclenchement spécial, parce que lorsque l'on joue un morceau trop "hot", il tombe des morceaux d'omelette dans le cocktail, et c'est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c'est le sol grave. - Je vais m'en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ca va être terrible. [...] Chick se mit au piano. A la fin de l'air, une partie du panneau de devant se rabattit d'un coup sec et une rangée de verres apparut. Deux d'entre eux étaient pleins à ras bord d'une mixture appétissante. - J'ai eu peur, dit Colin. Un moment, tu as fait une fausse note. Heureusement, c'était dans l'harmonie. - Ca tient compte de l'harmonie ? dit Chick. - Pas pour tout, dit Colin. Ce serait trop compliqué. Il y a quelques servitudes seulement. Bois et viens à table." -- Paul & Mick Victor Je bois Dès que j'ai des loisirs Pour être saoul, pour ne plus voir ma gueule Je bois Sans y prendre plaisir Pour pas me dire qu'il faudrait en finir... |
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| Merci. Ce passage de Nana, je l'avais oublié depuis 40 ans ; il serait temps de relire les classiques. J'imagine que Zola ne l'a pas inventé et que cela a dû se faire. "Paul & Mick Victor" <b.suisseVotreCulotte***wanadoo.fr> a écrit dans le message de news: 48486786$0$911$ba4acef3***news.orange.fr... >" DB" <DB***nowhere.org> a écrit dans le message de news: >4848466a$0$21150$7a628cd7***news.club-internet.fr... >> Je n'ai fait que parcourir rapidement quelques textes, et j'ai un doute >> sur >> le P.-S. du piano. S'agit-il d'un simple humour de "nonsense" ou Willy se >> réfère-t-il à une pratique que je ne vois pas trop bien, l'ancêtre du >> piano-bar de Vian ? > > Je pense que Willy faisait allusion à un passage du "Nana" de Zola publié > 25 ans plus tôt (chapitre 4) : > > "On ne savait que faire pour être gai, pour finir follement la nuit. Un > instant, Labordette imagina de dénoncer les femmes à l'oreille de la > Faloise, qui allait rôder autour de chacune, regardant si elle n'avait pas > son mouchoir dans le cou. Puis, comme des bouteilles de champagne > restaient sur le buffet, les jeunes gens s'étaient remis à boire. Ils > s'appelaient, s'excitaient ; mais une ivresse morne, d'une bêtise à > pleurer, envahissait le salon, invinciblement. Alors, le petit blondin, > celui qui portait un des grands noms de France, à bout d'invention, > désespéré de ne rien trouver de drôle, eut une idée : il emporta sa > bouteille de champagne et acheva de la vider dans le piano. Tous les > autres se tordirent. > - Tiens ! demanda avec étonnement Tatan Néné qui l'avait aperçu, pourquoi > donc met-il du champagne dans le piano ? > - Comment ! ma fille, tu ne sais pas ça ? répondit Labordette gravement. > Il n'y a rien de bon comme le champagne pour les pianos. Ça leur donne du > son. > - Ah ! murmura Tatan Néné convaincue. > Et, comme on riait, elle se fâcha. Est-ce quelle savait ! On > l'embrouillait toujours. > > Quant au piano de Vian dans l'Ecume des Jours, le Pianocktail, je redonne > ici sa description : > > "Prendras-tu un apéritif ? demanda Colin. Mon pianocktail est achevé, tu > pourrais l'essayer. > - Il marche ? demanda Chick. > - Parfaitement. J'ai eu du mal à le mettre au point, mais le résultat > dépasse mes espérances. J'ai obtenu à partir de la Black and Tan Fantasy, > un > mélange vraiment ahurissant. > - Quel est ton principe ? demanda Chick. > - A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou > un aromate. La pédale forte correspond à l'oeuf battu et la pédale faible > à > la glace. Pour l'eau de Seltz, il faut un trille dans le registre aigu. > Les > quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche > équivaut le seizième d'unité, à la noire l'unité, à la ronde la quadruple > unité. Lorsque l'on joue un air lent, un système de registre est mis en > action, de façon que la dose ne soit pas augmentée - ce qui donnerait un > cocktail trop abondant - mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de > l'air, on peut, si l'on veut, faire varier la valeur de l'unité, la > réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson > tenant > compte de toutes les harmonies au moyen d'un réglage latéral. > - C'est compliqué, dit Chick. > - Le tout est commandé par des contacts électriques et des relais. Je ne > te > donne pas de détails, tu connais ça. Et d'ailleurs, en plus le piano > fonctionne réellement. > - C'est merveilleux ! dit Chick. > - Il n'y a qu'une chose gênante, dit Colin, c'est la pédale forte pour > l'oeuf battu. J'ai dû mettre un système d'enclenchement spécial, parce que > lorsque l'on joue un morceau trop "hot", il tombe des morceaux d'omelette > dans le cocktail, et c'est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, > il > suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c'est le sol grave. > - Je vais m'en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ca va être terrible. > [...] > Chick se mit au piano. A la fin de l'air, une partie du panneau de devant > se > rabattit d'un coup sec et une rangée de verres apparut. Deux d'entre eux > étaient pleins à ras bord d'une mixture appétissante. > - J'ai eu peur, dit Colin. Un moment, tu as fait une fausse note. > Heureusement, c'était dans l'harmonie. > - Ca tient compte de l'harmonie ? dit Chick. > - Pas pour tout, dit Colin. Ce serait trop compliqué. Il y a quelques > servitudes seulement. Bois et viens à table." > -- > Paul & Mick Victor > Je bois > Dès que j'ai des loisirs > Pour être saoul, pour ne plus voir ma gueule > Je bois > Sans y prendre plaisir > Pour pas me dire qu'il faudrait en finir... > |
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