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| "gaspard" <gaspard16***hotmail.com> a écrit dans le message de news: b029309b-6a24-4939-820d-036411f62eb7...oglegroups.com... (...) | Pensée binaire, encore. Si on dit qu'un mode de pensée | est très répandu, tu nous réponds "complot". C'est bien | pratique pour refuser de discuter plus avant, ça doit être | pour ça que tu le ressors aussi souvent. La théorie du complot est toujours très pratique pour celui qui la dénonce. Qu'il y ait "complot" suppose que les gens qui ont le pouvoir de décision et d'action prennent sciemment des décisions qui leur permettent d'infléchir de façon funeste le cours des événements, selon leur volonté. En ce sens les théoriciens du complot partent de l'hypothèse implicite (mais incontournable pour qu'il y ait "complot") que ces personnes de pouvoir sont *très compétentes* (tout comme l'est l'organisation du pouvoir dans son ensemble). Et c'est là la principale erreur qu'ils commettent : dans la vraie vie il y a beaucoup plus d'incompétents que de Machiavel. A chaque fois que Frantz raille une théorie (supposée par lui seul) du "complot", c'est un fumigène pour faire diversion sur l'incompétence des services impliqués, seule alternative (et alternative autrement plus crédible) au "complot". On pourra s'amuser, à propos des théories du complot les plus en vogue actuellement, qui sont les multiples qui entourent les événements du 11 septembre, à s'attarder au cas par cas sur la "compétence" des différents services impliqués. Si certains ont été d'un professionalisme sans faille (les pompiers par exemple), d'autres ont été complètement à la ramasse, qui n'auraient jamais dû l'être ou en tout cas pas à ce point, au premier rang desquels la défense aérienne (NORAD) ou les différentes agences de renseignement. En ce sens les théories du complot ont largement été exploitées par l'administration américaine, elles leur ont permis par la suite de faire admettre comme "moindre mal" les différents dysfonctionnements graves constatés un peu partout dans les chaînes qui devaient permettre d'éviter que de tels événements aient lieu. |
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| "gaspard" <gaspard16***hotmail.com> a écrit dans le message de news: c0be146a-0bd5-4202-b510-925652da309b...oglegroups.com... (...) | Ce qui nous ramène à nos moutons (c'est le cas de le | dire): la thèse bancale mais qui caresse dans le sens | du poil un public craintif dès que la voiture roule plus | vite qu'il en a l'habitude est "les accidents sont la faute | à la vitesse" (on peut étendre la thèse au-delà des | accidents, par exemple en attribuant les maux liés tout | bêtement à la voiture à "la vitesse", y en a qui s'y | laissent prendre, suivez mon regard). L'avantage de "la vitesse" c'est que c'est un coupable tout désigné, facile, qui part du sentiment (somme toute naturel) que le gars qui me dépasse est forcément dangereux, puisque je roule forcément à une vitesse adaptée. Or s'il me dépasse c'est qu'il roule plus vite, donc la vitesse (cela renvoie aussi à la phrase de Woody Allen, "le chauffard c'est celui qui réussit à vous dépasser, malgré tous vos efforts pour l'en empêcher"). De la même façon si jamais on a un accident, il est naturel (et très souvent exact) de se dire que si on avait roulé moins vite, on aurait évité l'accident. Le problème est que tout ceci fait directement référence à la vitesse *adaptée*, et pas à la limitation. Le tour de passe-passe a donc consisté, après avoir constaté qu'il était fort difficile de contrôler l'adaptation de la vitesse, à créer une vitesse limite arbitraire plus ou moins cohérente avec l'environnement, mais surtout beaucoup plus facile à contrôler. Selon les environnements, l'observation de la limite permettra dans une mesure variable de s'assurer de rouler à une vitesse adaptée (et vice-versa). Ainsi en ville, le dépassement de la vitesse limite autorisée sera plus volontiers synonyme de vitesse inadaptée, que sur autoroute. Mais qu'à cela ne tienne, la limite ne connait pas de nuance. Il est d'ailleurs très instructif de remarquer que les vitesses limites autorisées "générales", quand on sort des frontières françaises, sont très similaires pour des milieux urbains pourtant assez disparates (30 mph en Grande-Bretagne ou aux USA, c'est 48 km/h, on ne pouvait pas faire mieux), 50 km/h dans tous les autres pays européens ; elles sont déjà plus hétérogènes pour la "rase campagne" (aux USA on peut rencontrer du 65 mph, soit plus de 100 km/h, sur certaines routes à une voie dans chaque sens ; en GB c'est 60 mph = 96 km/h, en France 90, en Suisse 80) ; et encore plus pour les autoroutes (de 55 mph dans certains états américains jusqu'à l'absence de limitation teutonne). En d'autres termes, moins la limitation de vitesse a d'impact sur le risque d'accident en fonction de la voirie, plus cette limitation de vitesse est variable d'un pays à l'autre (pour un même type de voirie). Ce qui en dit long sur l'utilité qu'il y a à la respecter dans ce cas... |
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| "gaspard" <gaspard16***hotmail.com> a écrit dans le message de news: c0be146a-0bd5-4202-b510-925652da309b...oglegroups.com... (...) | ensuite parce qu'on se demande quel neuneu aurait pu | avoir l'idée, au lieu de détourner l'avion et de frapper | avec, de le détourner, de le faire disparaître dans un lieu | secret style Zone 51, de tirer un missile à la place (qui | n'a quand même pas fait de dégâts extraordinaires), et | de soudoyer quelques milliers de témoins pour qu'ils | accréditent la version officielle. Soudoyer également les services de l'aviation civile, qui ont suivi à la trace le vol sur leurs radars, presque de bout en bout (sa trace a juste été perdue sur la dernière minute, quand il est passé sous la zone de couverture des radars civils pour taper le Pentagone). Dans cet exemple précis, la théorie fantaisiste de Meyssan a permis d'évacuer en douceur l'incompétence crasse de l'organisation de la défense aérienne : l'avion en question avait décollé de Washington et y retournait donc, suivi à la trace ; il a coupé son transpondeur et ses communications radio (ce qui en temps normal, en France, aurait suffi d'emblée à le classifier comme "douteux", stade de vérifications, transitoire et assez bref, avant de passer à "hostile"), puis fait demi-tour *au dessus de la frontière avec l'Ohio*, ce qui (pour se faire une idée) si l'avion avait décollé de Paris, serait revenu à faire demi-tour au dessus de Milan pour attaquer Paris. Il a ensuite volé en droite ligne jusqu'à Washington (où il y avait pour des terroristes un certain embarras du choix en termes d'objectifs possibles, le Pentagone n'étant d'ailleurs pas le plus facile) pendant pas loin d'une heure avant l'impact. Au moment du demi-tour, la première tour du WTC avait déjà été frappée, et la deuxième l'a été 10 minutes après ce demi-tour : il n'y avait donc pas beaucoup de doutes à entretenir sur les intentions du pilote de l'avion, d'autant plus que là tu avais un zinc qui fonçait tout droit sur la capitale. Et il restait tout le temps pour faire décoller un des F16 basés à Andrews (à quelques kilomètres à peine de Washington). Rien de tout ça n'a été fait, et quand tu lis les compte-rendus de la commission d'enquête qui a eu lieu après coup, tu vois que les communications entre les contrôleurs aériens civils et le NORAD se sont faites par échanges cafouilleux de coups de téléphones au petit bonheur la chance sur des lignes non dédiées (en cherchant le NORAD dans l'annuaire ?), qu'évidemment on n'arrivait pas à mettre la main sur "les responsables", qu'une fois quelqu'un trouvé il a fallu téléphoner à Andrews, trouver les responsables pour la chasse (à quoi ça nous servirait d'avoir une telle information sous le coude au NORAD ?), trouver des pilotes, oui j'attends... ah voilà, merci, vous avez des avions en réserve ? Oui, bien, heu, le plein est fait ? Oh tiens ayé l'avion s'est gaufré, c'est plus la peine, s'cusez du dérangement. Le premier budget militaire au monde :-D. Le NORAD s'est par la suite justifié en disant que ce jour-là ils procédaient à une simulation "grandeur nature" qui les avait un peu gênés pour suivre la situation réelle (ce qui explique pourquoi en plus, au NORAD on dispose de très peu de traces de ce qui s'est passé ce jour-là), mais là encore cette excuse relève de l'incompétence, d'une organisation foireuse. Des simulations "grandeur nature" il m'est arrivé de participer à quelques-unes du temps où je faisais mon service à Taverny (CODA, équivalent français du NORAD en beaucoup plus petit mais en beaucoup plus efficace, finalement...), mais évidemment pendant ce temps-là les affaires continuaient, la situation réelle était toujours sous contrôle et au besoin il suffisait de changer un interrupteur de position pour passer le centre complet de "simulation" à "situation réelle". Et on avait des lignes téléphoniques dédiées, blindées et sécurisées avec *entre autres* le centre de contrôle aérien civil d'Athis-Mons (des fois qu'ils aient des informations qui nous auraient échappé, ça peut servir), mais aussi avec toutes les bases aériennes (des fois qu'on ait besoin de faire décoller la chasse dans tel ou tel secteur, ça peut servir) ou avec Matignon (des fois qu'on ait besoin de demander la permission d'abattre un zinc, ça peut servir), etc. Ce jour-là aux USA il y avait même eu un débat entre les différents "responsables", Dubya étant "injoignable" du fait qu'il était en voyage dans le pays (que le gars théoriquement seul responsable du déclenchement du feu nucléaire des USA soit "injoignable", ... enfin bon, voile pudique), pour savoir si le vice-président avait le pouvoir d'ordonner la destruction d'un zinc : bin oui, on ne s'était même pas posé la question avant. Comme si c'était le moment... et un gros bug de plus. Moralité : quand un imbécile s'abrite derrière une théorie du complot évidemment fantasmée, il est sain de rechercher l'incompétence. |
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| Tags: collection, dtudes |
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