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| "Dobb" <rien***battre.com> a écrit dans le message de news: 48dd4c37$0$2870$ba620e4c***news.skynet.be... > Ah, qu'il a dû rassurer dans les chaumières, le brave petit Sarko, > en expliquant qu'en cas de quelconque faillite bancaire en France, > le brave Etat français allait "intervenir" pour sauver les comptes > bancaires en perdition ! > > Les braves anti-libéraux se sont dit "Ah, il veut réguler. Enfin, > il devient des nôtres ! Vous voyez qu'on avait raison !". > > Et les riches se sont dit "ouf, ces connards de gauchiards > vont payer pour nous. Et en plus, ils aiment ça ;-)". > > Pasque bon, spécialement pour ceux qui préfèrent la main > balladeuse de l'Etat à la main invisible du marché (main > invisible qui a ce don d'éliminer toute seule les trucs non > compétitifs et obsolètes : entreprises non compétitives > ou système compétitif), voici concrètement ce qui va se > passer en cas de faillites bancaires, et de défaillance du > fonds de garantie des banques : > > - Vous êtes ouvrier spécialisé avec une petite famille > à nourrir, et vous terminez le mois avec 300 euros sur > votre compte. La banque fait faillite. Vous perdez alors > 300 euros. L'Etat empruntera 300 euros sur les marchés, > et vous donnera cet argent. > > - Vous êtes rentier et faites fructifier votre héritage. Plutôt > avisé et prudent, vous avez revendu à temps vos actions > et autres placements immobiliers risqués, et vous avez > 30 millions d'euros sur votre compte. La banque fait > faillite. Vous perdez alors 30 millions. L'Etat empruntera > 30 millions d'euros sur les marchés, et vous donnera > cet argent. > > Cette "vigoureuse intervention de l'Etat", "dont tout le > monde, à gauche et à droite, se félicite", "car elle montre > le grand retour de l'Etat dans la gestion/planification (au > choix) de l'économie" sauve le système. > > > Soyons super-optimistes, et supposons qu'après quelques > mois de difficultés, les "affaires" reprennent as usual. > > L'ouvrier est certes licencié, vu que son patron a fait > faillite, faute d'acheteurs, et bouffe des pissenlits pendant > quelques mois. > > Le rentier, en bon citoyen patriote, a répondu "présent" à > l'appel solennel de l'Etat, Etat qui devait emprunter beaucoup > d'argent pour faire face aux remboursements des clients des > banques en faillite : il prête donc à l'Etat - en échange de jolis > bons du trésor flambant neufs - 10 de ses 30 millions d'euros > que l'Etat lui a rendus. Avec 10 autres millions, il achète des > actions bradées à des prix ridicules. Et avec 9 des 10 qui > restent, il rachète des rues entières de maisons elles aussi > bradées à bas prix par les banques sauvées de la faillite, > vu que les ouvriers au chômage ne peuvent plus payer leurs > traites et se sont vu saisir leurs biens. Il conserve toujours > 1 million en cash au cas toujours possible où un voyage > impromptu s'imposerait vers les îles Caïman, via Zurich. > > La crise bancaire passe. Et les entreprises recommencent > à embaucher. Et l'ouvrier retrouve un boulot. Vu la > pléthore de candidats, les salaires ont évidemment été > revus à la baisse mais bon, Sarkozy aura dit "Il faut > rebâtir la Nation, se retrousser les manches après la > tornade" dans un vibrant appel Gaullien (tenu sur une > paire d'échasses cachée sous une nappe pour que ça > passe bien à la télé) qui fera pleurer de joie dans les > chaumières, et ça passera. > > Les ventes reprennent. Les actions remontent en flèche, > et tous les ouvriers auront de l'argent d'abord pour louer > les maisons du rentier, puis même - s'ils trouvent un bon > crédit dans l'une des banques nationalisées - pour les > acheter. Cher, vu la concurrence. > > Vu l'endettement galopant de l'Etat (qui n'a pas encore > répercuté le gros paquet de nouveaux intérêts à payer > au rentier dans l'impôt - histoire de ne pas bloquer > l'indispensable "relance keynésienne" en confisquant > prématurément la totalité des revenus des ouvriers), > Bruxelles tape sur la table. Et l'impôt sur le revenu > grimpe à 80%, afin de maintenir le déficit public > sous les 3%. > > Et le restant de sa vie, l'ouvrier paiera le prix de la > régulation sarkozienne en voyant filer dans ses > impôts 80% de son salaire. Le camardade CGT > lui expliquera alors "oui, mais n'oublie pas que > les camarades de l'Etat te protègent : ils ont sauvé > toutes tes économies. Exige plutôt une augmentation > de salaire à ton patron : on va faire des manifs". > Ah, oui, les 300 euros... > > Et un jour, parce qu'il n'est pas ingrat, pour remercier > les régulationistes, entre deux croisières dans les caraïbes, > le rentier affrète un avion (faut dire que ses millions > défiscalisés se sont multipliés : il n'investit plus dans les > entreprises françaises, qui, vu les manifs et leur manque > de compétitivité, n'ont plus aucune rentabilité et se > remettent à fermer les unes après les autres) et invite > Sarkozy, Delanoe, Besancenot, Arlette et DSK sur > son yacht privé. Son premier toast, il le dédie "Aux > Français, à la France !", le deuxième "A la gauche !", > et le troisième "à la droite !". > > Puis, devant des journalistes étonnés, il insiste : "mais bien > sûr que l'Etat doit réguler l'économie. Sans régulation, > rien ne peut fonctionner". Le journaliste du Nouvel Obs' > se dit que quand même, Machin est un type bien, qui > a du plomb dans la cervelle. Au fond, il pourrait peut-être > succéder à DSK, au FMI, afin de réguler le système ? > > Et sur les forums français où l'on discute, comme d'hab, > de l'insuffisance de la régulation, on reprend alors sa > phrase, et on la place. Ah, ma bonne dame, mais bien > sûr, vous voyez : même Machin dit que le système ne > peut pas fonctionner sans régulation... > > > Hé oui : ainsi va la vie ;-) > > Dobb > > |
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