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| Extraits de mon livre " Franco-algérien 1939-2007 " Ouvrir l'espace social franco-algérien, c'est motiver les nations parentales à entrer dans un espace de développement plus large que l'espace national. C'est rendre possible un nouveau développement associant les anciens partenaires coloniaux autrement que dans un rapport de soumission. A cet égard, l'émigration ne peut être ni subie ni choisie ; elle doit être convenue. La fierté reçue de nos parents à travers leur mérite d'avoir subi une condition coloniale humiliante sans perdre leur orgueil, ne peut tolérer l'évocation complaisante de cette condition passée. De même, la traite négrière, les hold-up de nationalité, les ajustements sournois des codes de nationalité ne doivent plus être la face cachée des régularisations de clandestins. L'Empire décolonisé est une conquête de progrès et de liberté pour tous, pas un asservissement . C'est une voie d'union qui postule ni assimilation des populations, ni conquête de territoires, ni haines culturelles. Face au sectarisme mercantiliste s'impose l'idée qu'il est préférable pour tous de cogérer les parts réservataires de l'ex-Empire colonial, plutôt que de se disputer la quotité disponible à longueur d'accords économiques inappliqués. Or, aujourd'hui, la situation des pays devenus indépendants interpelle à nouveau les héritiers de l'Empire. Une sujétion nouvelle s'est instaurée. Elle s'affiche insolemment : paupérisation, ruptures culturelles, société duale, dépendance économique, statut indéchiffrable de l'immigration, politiques négrières, échec de l'intégration, délocalisations, émeutes de banlieues, fuite éperdue de millions de candidats à l'émigration vers le ''paradis'' capitaliste, partout des guerres barbares entre décolonisés et sectarismes étatiques. Chaque jour se nouent des liens inquiétants entre la mondialisation ultralibérale et une décolonisation inachevée, détournée. Tant de faits et de reniements surprenants conduisent à une question choc : la Nation, objectif sacré des guerres de libération, ne serait-elle qu'un leurre du droit moderne, un cheval de Troie perfide laissé par le colonisateur pour casser le juste monde rêvé des pères indépendantistes ? Assurément, oui, si l'on s'en tient aux faits et aux rapports marchands alors que le socialisme n'est plus qu'une simple technique de gestion subalterne. Non, s'il existe encore une possibilité de maîtriser cet ordre fatal. L'urgence est donc de recentrer l'émancipation dans une nouvelle étape historique de la décolonisation, celle de la reconnaissance du socle identitaire commun à tous les pays parentaux: l'espace social franco-algérien et, avec lui, l'ex-Empire à réorganiser. A la lutte contre l'exclusion s'articule la thèse de même principe selon laquelle le cercle de développement constitue la ligne de défense prioritaire des indépendances nationales et des identités minoritaires, toutes menacées aujourd'hui d'assujettissement et de décomposition. Mais, ce renouveau idéologique de l'Empire ne peut s'ouvrir, face au mur des tabous, que par une révolte dans la révolte : la critique sans complaisance des costumes d'opérette du nationalisme, de la démocratie, de la république et de la laïcité |
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