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  #1 (permalink)  
Vieux 20/02/2008, 08h13
Yanick Toutain
 
Messages: n/a
Par défaut Re: Le député-maire UMP d'Aulnay-sous-Bois touche les Assedic

HOURRA LE VOLEUR !
===============================
J'ai poursuivie l'exploration et sur une citation sans source d'un
commentateur lecteur sur le site du ouvel obs
J'ai trouvé par Google ça !!!!
http://www.gerardgaudron.com/#nogo
son BULLETIN MUNICIPAL
l'étalage impudique de l'école du mensonge UMP l'étalage de la
crapulerie dont ils viennent de se rendre coupables au Tchad

"Si l'Afrique
est le Vietnam de la France
La guerre est bien cachée
La-bas les militaires ici les flics !"

============================
Samedi 9 février 2008
Contre les trafics de drogues et l'économie souterraine
Je suis intervenu récemment à l'Assemblée nationale
sur le thème de la sécurité publique, plus particulièrement
sur celui des trafics de drogues, de l'économie souterraine
et des groupes d'intervention régionaux.


Ma question s'adresse à Mme la ministre de l'intérieur, et concerne la
relance de l'activité des groupes d'intervention régionaux.

Créé en 2002, ce dispositif coordonne l'action des policiers, des
gendarmes, des douaniers et du fisc sur des affaires bien précises.
Madame la ministre, vous avez annoncé le recentrage de l'action des
GIR sur la lutte contre le trafic de drogue et l'économie souterraine,
en précisant que vous alliez porter leur nombre de 30 à 32. Nous nous
en félicitons et espérons des actions et des résultats.


Lire la suite...
En effet, les élus locaux, en contact direct avec la population, sont
alertés au quotidien avec des informations précises concernant les
trafics, et sur des comportements de personnes qui se lèvent tard et
dont le train de vie, si l'on en juge par exemple par leurs voitures,
ne semble pas être la récompense d'un difficile labeur !

Face à ces trafics, les habitants qui, eux, se lèvent tôt pour aller
travailler, sont en droit de demander que l'on intervienne, ce qu'ils
ne perçoivent pas toujours !

Il en est de même pour les vols à la portière : leur intensité, leur
réalisation par des mineurs, sûrs de leur impunité, le type de
matériel volé, GPS ou ordinateurs par exemple, impliquent forcément
des majeurs qui tirent les ficelles en bout de chaîne. Ces affaires
sont traitées essentiellement par les services locaux de sécurité
publique et il serait donc intéressant de spécialiser localement des
personnels sur ces réseaux mafieux si l'on souhaite des résultats
tangibles et définitifs.

Madame la ministre, pouvez-vous, d'une part, nous rappeler le bilan
des GIR et, d'autre part, nous confirmer votre volonté de faire
travailler ensemble beaucoup plus souvent, et partout, des services
qui n'en ont pas forcément l'habitude ?

Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, il est indispensable que
l'action des GIR soit lisible, car il y a beaucoup à faire, notamment
dans certaines communes où nous devons rassurer nos habitants sur les
actions entreprises !

Enfin, allez-vous donner aux GIR, à l'occasion de ce recentrage de
leur mission, des objectifs chiffrés en matière de lutte contre la
drogue et l'économie souterraine, et renforcer l'information des élus
locaux sur les résultats obtenus ?


Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur :

J'ai décidé de mener une lutte sans merci contre les trafiquants de
drogue. Ceux-ci n'ont pas droit de cité dans notre pays, ils vont
l'apprendre à leurs dépens. C'est bien la raison pour laquelle j'ai
décidé de réunir les responsables des GIR, avec leur hiérarchie et
avec ceux des impôts et des douanes, puisque, comme vous l'avez
rappelé, c'est la réunion de ces fonctionnaires qui nous permet d'être
plus efficaces. Le bilan des GIR entre 2002 et 2007, ce sont 3 440
opérations, 23 000 gardes à vue, 5 500 personnes qui ont été déférées,
la saisie de plus de 3 000 armes, de 1 600 véhicules, de 75 millions
d'euros, de 7,5 tonnes de cannabis, de 315 kg de cocaïne.

J'ai demandé, lundi dernier, aux trente responsables des GIR de
recentrer leurs actions essentiellement sur la lutte contre l'économie
souterraine et contre la drogue. Et J'ai décidé aussi de dédier des
antennes GIR spécifiques à un certain nombre de cités particulières,
dans les grandes communes. J'ai aussi décidé de créer deux GIR
supplémentaires, en Martinique et en Guadeloupe.

Enfin, et plus généralement, car nous avons ce type de problèmes dans
l'ensemble de nos départements, j'ai demandé à chacun des préfets
d'utiliser la méthode GIR, c'est-à-dire le travail en commun des
fonctionnaires des douanes, des finances, de la police et de la
gendarmerie, pour mener une action, partout, contre ces trafiquants.
=============================


ET QUAND VA T ON ENFIN ARRETER CHARLES PASQUA ? PASQUA LE DEALER !!!

---------------------------------------------------------------------
extraits :
Quantité d'éléments montrent les bonnes relations des réseaux Pasqua
avec certains milieux américains, pétroliers ou proches de la CIA.
Etienne Leandri, l'ex-roi de la corruption, compère de Pasqua depuis
les années cinquante, était un protégé de la CIA. La "French
Connection" parrainée par Ricard, repérée dès 1961, n'a été inquiétée
que bien plus tard. Installée aux USA, la famille Falcone semble au
mieux avec la famille Bush. George Bush senior a dirigé la CIA. La
famille Bush est très liée au lobby pétrolier, surinvesti en Angola.
L'une des sociétés associées à Brenco, la Setraco, était la filiale
d'une firme américaine... On est loin du discours souverainiste.
L'affaire angolaise balise le passage de la Françafrique à ce qu'on
pourrait appeler la Mafiafrique.
================================

Le voleur amuse la galerie avec ses questions destinées à mener la
guerre contre les jeunes, pendant que les GROS dealers se pavanent à
l'ELYSEE le 14 juillet !!!

===============================
18 janvier 2001
Danger pour la démocratie - F.-X. Verschave en procès

Une interview de François-Xavier Verschave

François-Xavier Verschave, président de l'association Survie, est
auteur de deux ouvrages clés ("La Françafrique", Stock, et "Noir
Silence", Les Arènes) pour comprendre le plus long scandale de la
République française. Il nous livre son analyse, à la lumière des
développements de l'"Angolagate".
- Peux-tu résumer la genèse de cette "Françafrique"?
François-Xavier Verschave - Ce système, mis en place par de Gaulle,
ressemble à un iceberg: la face émergée, c'est la légalité
internationale affichée en 1960, l'indépendance des colonies
subsahariennes. De Gaulle, cependant, chargeait Foccart de faire
l'inverse: maintenir la dépendance par des méthodes forcément
illégales, occultes, inavouables. La Françafrique, c'est cette face
immergée des relations franco-africaines, de loin la plus importante.
On a sélectionné des chefs d'Etats "amis de la France", par la guerre,
par l'assassinat d'opposants ou de présidents indociles, par la fraude
électorale - que l'on retrouvera dans les années 1990. Ce fut aussi
l'installation de flux financiers parallèles, avec la convertibilité
du franc CFA dans les comptes en Suisse, et tout un système
barbouzard, autour des présidences africaines ou dans des réseaux
branchés sur les services secrets. Le plus célèbre "faux-nez" des
services est Elf, mais un tas de PME, de sécurité ou de fournitures,
ont aussi contribué à financer les entreprises mercenaires des Denard
et compagnie.
Ce système avait pour corollaire l'autorisation donnée aux gardiens de
cette dépendance néocoloniale de se servir sur la bête, de mélanger
argent public et argent privé, en partageant avec les réseaux
français. Cela a abouti à 40 ans de surexploitation, de maintien dans
une économie rentière. L'endettement s'est ajouté quand la baisse des
cours des matières premières n'a plus suffi à payer le grand train de
tout ce beau monde. La conséquence a été la dégradation économiqueet
l'impossibilité de tenir un discours politique sur le développement.
D'où le recours à l'arme ultime du politique, la désignation d'un bouc
émissaire, le discours ethniciste: "Je ne reste pas au pouvoir pour
améliorer les choses, mais pour empêcher que n'y accèdent nos ennemis
héréditaires." Une telle dérive a pu aller jusqu'au génocide, aux
crimes contre l'humanité, aux massacres: on l'a vu au Rwanda ou au
Congo-Brazzaville, la menace se profile en Côte-d'Ivoire.
Parallèlement, en France, on est passé de la raison d'Etat très
discutable des réseaux Foccart centralisés, à la décomposition du
système en une douzaine de réseaux et lobbies: ceux de Pasqua,
Giscard, Mitterrand, etc., les réseaux propres à certaines grandes
entreprises comme Elf, Bouygues, Bolloré, Dumez, les services secrets
rivaux, le lobby militaro-africaniste, la Grande Loge nationale
française, voire certaines sectes.
- Quelles sont les principales leçons de cet "Angolagate"?
F.-X. Verschave - Cette affaire révèle d'abord la grande complicité
entre les réseaux Mitterrand et Pasqua. Le fonctionnement politique
gauche-droite, au sommet de l'iceberg, a peu à voir avec ce qui se
passe en dessous. Mitterrand et Pasqua avaient en commun une même
vision de l'Afrique, une sorte de cynisme pessimiste. Ils
s'entendaient parfaitement sur le sujet. Leurs réseaux ont souvent
opéré ensemble, même si le réseau Mitterrand a rapidement décliné
après 1995.
Se révèle aussi tout l'enchaînement Etat, sociétés parapubliques
d'armement, trafiquants d'armes. L'affaire a aussi produit cet aveu de
J.-C. Marchiani dans "Le Monde" du 7 janvier: "Nous, c'est-à-dire moi
pour le compte de Charles Pasqua, avons négocié publiquement avec le
président Dos Santos l'aide politique et économique de l'Angola à
l'action de la France dans cette partie de l'Afrique, qui s'est
concrétisée par l'envoi de troupes dans les deux Congo." Cela fait un
certain temps que nous expliquons que derrière le prétendu renoncement
à l'ingérence, ou la prétendue "nouvelle politique africaine" de la
France, on assistait en fait à un nouveau mode d'ingérence, plus
caché: on est intervenu indirectement mais massivement au Congo-
Brazzaville par des mercenaires, des militaires français déguisés en
mercenaires, ou des contingents étrangers - tchadiens, angolais...
Marchiani vient nous confirmer l'engagement de la France dans trois
des guerres les plus meurtrières qui déchirent l'Afrique, celle de
l'Angola (500000 morts), où la France a armé les deux camps, et celles
des deux Congo. En Angola, la Françafrique rencontre ses équivalents
anglo-saxons. Un nouveau partage des richesses s'y opère. Même chose
au Congo-Kinshasa, mais de manière conflictuelle: c'est ce qui sous-
tend la guerre qui déchire ce pays.
Quantité d'éléments montrent les bonnes relations des réseaux Pasqua
avec certains milieux américains, pétroliers ou proches de la CIA.
Etienne Leandri, l'ex-roi de la corruption, compère de Pasqua depuis
les années cinquante, était un protégé de la CIA. La "French
Connection" parrainée par Ricard, repérée dès 1961, n'a été inquiétée
que bien plus tard. Installée aux USA, la famille Falcone semble au
mieux avec la famille Bush. George Bush senior a dirigé la CIA. La
famille Bush est très liée au lobby pétrolier, surinvesti en Angola.
L'une des sociétés associées à Brenco, la Setraco, était la filiale
d'une firme américaine... On est loin du discours souverainiste.
L'affaire angolaise balise le passage de la Françafrique à ce qu'on
pourrait appeler la Mafiafrique. Observons de plus près les connexions
françafricaines: nombre des personnages majeurs des négociations
pétrolières - les Etienne Léandri, Pierre Léthier, Alfred Sirven,
Pierre Falcone... - sont des marchands d'armes, liés aux services
secrets. Falcone détient 10% des parts d'un des plus grands gisements
de pétrole mondiaux, au large de l'Angola, via la "Falcon Oil". La
banque d'Elf, la Fiba, est celle de l'empereur des jeux, paris et
casinos, Robert Feliciaggi - un monde propice au blanchiment de
l'argent sale.
Les principaux services secrets, estimant que les budgets qui leur
sont attribués sont largement inférieurs à leurs besoins, cherchent
depuis longtemps à se constituer des cagnottes. Ils ont été parmi les
plus ardents promoteurs des paradis fiscaux, n'ont pas rechigné sur
les sources de revenus parallèles, notamment le narcotrafic - de la
guerre d'Indochine au scandale de l'Irangate. Cela restait quand même
assez limité. Mais avec la multiplication exponentielle des
transactions financières et l'essor des paradis fiscaux, tout cela a
explosé en termes de volume. Plus de mille milliards de dollars
d'argent sale s'ingèrent chaque année dans l'économie mondiale, et la
moitié des transactions financières mondiales passent désormais par
les paradis fiscaux. Cette énorme bulle d'argent, en grande partie
douteux ou criminel, gangrène jusqu'à nos grands établissements
bancaires - qui financent les achats d'armes en Afrique centrale.
La situation est inversée: ce ne sont plus les hommes politiques qui
commandent les services secrets, c'est Alfred Sirven qui dit avoir
vingt fois les moyens de faire sauter la classe politique française.
Avec les 3 milliards qu'on a découverts sur ses comptes, une partie
seulement de l'argent qu'il a manipulé, on se doute qu'il dit juste.
Cela constitue un grand danger pour la démocratie.
- De curieuses connexions apparaissent entre France, Afrique... et
Russie.
F.-X. Verschave - Dans un pays richissime en pétrole comme l'Angola,
la République souterraine françafricaine rejoint ses homologues
américain, russe, britannique, brésilien, israélien... Arcadi
Gaydamak, associé de Falcone, est une figure emblématique de ces
connexions. Arrivé en France à 19 ans sans un sou, aujourd'hui
multimilliardaire, se présentant comme le roi de l'engrais, il est lié
au plus gros trust pétrolier russe, impliqué dans les grandes
transactions sur les diamants. A partir de 1985, le KGB et un certain
nombre d'apparatchiks russes ont anticipé la fin de l'Urss. Ils ont
établi un certain nombre de bases financières offshore, et commencé à
brader à vil prix, parfois à 10% de leur valeur, les stocks immenses
d'aluminium, d'engrais, de pétrole, les diamants, les créances et les
armes soviétiques. De quoi constituer une énorme nappe financière à
l'étranger - d'où la ruine de la Russie aujourd'hui. Il ne s'agit pas
d'une mafia traditionnelle, elle implique une grande partie de la
nomenklatura russe, en lien avec l'ex-KGB. D'où l'alerte rouge, en
1999, quand cet argent a failli capturer la Bank of New York: les
Américains se sont aperçus qu'après avoir vaincu l'Urss, ils pouvaient
se faire battre au jeu des fonctionnements et financements parallèles.
La Russie et Israël ont noué autour de ces circuits des alliances
fortes. Dans le diamant en particulier, avec des personnages comme Lev
Leviev, allié de Gaydamak. Lequel est proche, à la fois, de la DST
française, des services israéliens et russes. Une plaque tournante, ou
un "échangeur".
- N'y a-t-il pas nécessité d'une mobilisation citoyenne pour que
justice et vérité ne soient pas étouffées?
F.-X. Verschave - On s'en aperçoit en dévidant la pelote angolaise,
les juges sont comme devant une montagne immense. Le mouvement de la
justice vers une certaine indépendance, du moins chez certains juges,
a abouti à ce que, pour la première fois, un trafic d'armes vers
l'étranger soit qualifié de crime. Jusqu'à présent, ces ventes
d'armes, qui ne faisaient que des victimes noires, n'étaient qu'un
acte de raison d'Etat... Un décret de 1939 (1), opportunément exhumé,
vient le rappeler. Nous allons lancer une campagne, avec d'autres
associations, contre la tentative d'étouffement de ce délit de trafic
d'armes, ou plutôt ce crime. La France a ratifié les statuts de la
Cour pénale internationale; or le trafic d'armes en question débouche
sur les guerres des deux Congo, où ont été commis des crimes de guerre
et contre l'humanité. Sauf à perdre toute crédibilité, le gouvernement
peut difficilement empêcher les juges de poursuivre leur enquête sur
ce qui a nourri ces crimes. Ou alors, cela veut dire qu'il veut
couvrir ces pratiques, et l'on redouble le scandale du Rwanda.
Ensuite, il faudra obtenir que soit abrogé le décret de 1939, pour
permettre au parquet de prendre l'initiative sans en référer au
gouvernement, et aux victimes de ces guerres de se porter parties
civiles.
Propos recueillis par Alain Mathieu
1. Le décret de 1939 stipule que seuls un "ministère de la Défense, de
la Guerre, de l'Air, de la Marine ou des Finances" peut autoriser des
enquêtes sur le "commerce d'armes illicite".
- Survie édite une lettre mensuelle, "Billets d'Afrique", bien utile
pour comprendre la politique de la France en Afrique et ailleurs.
Abonnement 100 F, à: Association Survie, 57, avenue du Maine, 75014
Paris.
F.-X. Verschave en procès
F.- Verschave est poursuivi en justice dans deux procès: trois
présidents africains, Bongo (Gabon), Sassou N'Guesso (Congo), Déby
(Tchad) ont déposé plainte pour "offense à chef d'Etat étranger" à
l'occasion de la publication du livre "Noir Silence". Le procès aura
lieu les 28 février, 5 et 7 mars. Il doit être l'occasion d'une
mobilisation et de faire, en retour, le procès de la Françafrique. Une
autre plainte est déposée pour diffamation par A. Gaydamak. Le procès
aura lieu le 20 mars. Gaydamak est en fuite, impliqué depuis dans les
ventes d'armes en Angola... mais il maintient sa plainte.

Rouge 18/01/01
=======================================
LIRE AUSSI
=====================================
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article2672

Chirac et la Françafrique
VERSCHAVE François-Xavier, MATHIEU Alain
2 mai 2002
François-Xavier Vershave est le président de l'association Survie, qui
édite une lettre mensuelle, Billets d'Afrique, fournissant <<
informations et avis de recherhe sur les avatars des relations franco-
africaines >>. Il est l'auteur de la Françafrique et Noir Silence,
vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires. Il récidive, aux
éditions Les Arènes, avec Noir Chirac. Un ouvrage utile à tout ceux
qui ne se résignent pas à voir l'iniquité impunie.

- Pourquoi, après le succès de Noir Silence, avoir écrit Noir Chirac ?

François-Xavier Verschave - Je m'étais mis, comme en 1995, à rédiger
pour 2002 un dossier noir sur les candidats et l'Afrique. En y
regardant de plus près, je me suis aperçu qu'entre les candidats en
lice il n'y avait pas photo (nous excluions par principe de traiter du
cas Le Pen) : Jacques Chirac est au coeur de la Françafrique
prédatrice, corruptrice, pétrolière, barbouzarde Un certain nombre
d'enquêtes, de révélations et d'événements récents le confirment: la
Françafrique s'ordonne autour d'un tronc principal néogaulliste, dont
les autres réseaux ne sont que des ramifications ou des greffons.
Longtemps secondé par Charles Pasqua, puis héritier de Jacques
Foccart, Jacques Chirac est depuis un quart de siècle l'homme fort de
ce dispositif de négation des indépendances africaines. Le réseau
Mitterrand ressemblait à un appendice, destiné à capter une part du
butin.

Protecteur et << frère >> des dictateurs néocoloniaux africains, Chirac
ne peut être dissocié de leur criminalité économique et politique.
Tout cela est quand même assez connu des observateurs, de même que les
énormes ponctions de ses amis sur les contrats d'armement et les
marchés publics. Ou la fraude électorale à Paris. Dès lors la question
se pose : pourquoi une telle impunité judiciaire, politique, et même
médiatique ? C'est cette question que j'ai voulu traiter dans Noir
Chirac.

- Vous rattachez cette impunité aux parrains politiques de Jacques
Chirac, les cercles d'initiés de la guerre froide ?

F.-X. Verschave - Oui. Cette impunité illustre un mode de gestion du
monde profondément antidémocratique, irresponsable. Une gestion
secrète opposée au débat public, à la République. Une sorte de
généralisation du délit d'initiés. Au nom de la lutte contre l'URSS,
la frange la plus réactionnaire des cercles dirigeants américains,
entre extrême-droite et lobby militaro-industriel, a soutenu des
stratégies agressives largement cachées, y compris au Congrès des
Etats-Unis : la dissémination de l'arme nucléaire, la subversion des
régimes déplaisants au profit de plus serviles (souvent des
dictatures), l'essor des masses financières occultes dans les paradis
fiscaux, le recours systématique aux << milieux >> d'initiés (mafias,
sectes, ordres templiers, loges maçonniques infiltrées et dévoyées).

La Françafrique fut d'abord une sous-traitance de la guerre froide,
comme le lobby militaro-industriel français ou notre industrie
nucléaire, militaire et civile. Le gaullisme, et plus encore le
néogaullisme pompidolien, se sont inscrits dans ces stratégies
d'initiés. Fils spirituel de Pompidou et Dassault, Chirac en fut le
pur produit, avant de se retrouver au centre de ces pratiques
militaires, politiques, économiques et financières tellement
incontrôlées, tellement au-dessus des lois qu'elles autorisèrent au
fil des décennies une criminalité inouïe. Souvenons-nous des guerres
d'Algérie, du Viêt-nam, des dictatures latino-américaines La
Françafrique est dans ce droit fil. La seule différence, c'est que les
Français sont moins informés de l'impérialisme français, des
dictatures et du pillage dans l'Afrique de 2002 que de l'impérialisme
des Etats-Unis dans l'Amérique latine de 1985

- Vous évoquez le passage de la Françafrique à une << mafiafrique >>

F.-X. Verschave - De toutes les stratégies secrètes évoquées, la plus
périlleuse en soi est la dissémination des armes de destruction
massive. Mais la plus destructrice des biens publics à l'échelle de la
planète est l'essor incroyable de la criminalité financière, y compris
chez les grandes banques. La multiplication des paradis fiscaux, par
où passe le pillage des richesses du tiers monde et les attaques, chez
nous, contre 150 ans de conquêtes sociales est, au départ, l'oeuvre
commune des services secrets et des mafias. Elle a constitué des
masses financières gigantesques, d'abord sous gestion nationale, mais
qui sont en train de s'interconnecter. Derrière l'<< Angolagate >>, il y
a la collusion croissante entre les finances parallèles française,
russe, américaine, etc. La destruction du Congo-Brazzaville est un <<
effet secondaire >> de ces grandes manoeuvres qui contribuent aussi à
broyer le Congo-Kinshasa.

- Dans la conclusion de Noir Chirac, vous évoquez la << deuxième guerre
froide >>

F.-X. Verschave - Il est clair que, depuis le 11 Septembre 2001, les
Etatsuniens cherchent à réactiver les différents mécanismes dont je
rappelle l'articulation, les immenses risques et dégâts. La question
est de savoir si la France et l'Union européenne se laisseront
enrôler. Jacques Chirac l'est depuis trop longtemps pour pouvoir se
désolidariser.

- Jean-Marie Le Pen brandit Noir Chirac devant les caméras

F.-X. Verschave - C'est typique de son fonctionnement manipulatoire.
Il montre le titre, mais pas le contenu. Car j'explique comment sa
carrière et son mouvement ont été propulsés et instrumentalisés par
les stratèges de la guerre froide, dans les aventures mercenaires les
plus sinistres de la Françafrique. Noir Chirac est un combat contre
l'alliance d'une certaine oligarchie et de l'extrême droite. Pour le
second tour de l'élection présidentielle, nous sommes placés devant un
choix atterrant. Pour l'association Survie, que je préside, il n'y a
qu'un choix possible : noyer Chirac sous les bulletins d'une sorte de
référendum antifasciste, et mobiliser pour la suite.
VERSCHAVE François-Xavier, MATHIEU Alain
* Paru dans Rouge n° 1968, 2 mai 2002. Propos recueillis par Alain
Mathieu.
Mis en ligne le 4 juillet 2006
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