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| HOURRA LE VOLEUR ! =============================== J'ai poursuivie l'exploration et sur une citation sans source d'un commentateur lecteur sur le site du ouvel obs J'ai trouvé par Google ça !!!! http://www.gerardgaudron.com/#nogo son BULLETIN MUNICIPAL l'étalage impudique de l'école du mensonge UMP l'étalage de la crapulerie dont ils viennent de se rendre coupables au Tchad "Si l'Afrique est le Vietnam de la France La guerre est bien cachée La-bas les militaires ici les flics !" ============================ Samedi 9 février 2008 Contre les trafics de drogues et l'économie souterraine Je suis intervenu récemment à l'Assemblée nationale sur le thème de la sécurité publique, plus particulièrement sur celui des trafics de drogues, de l'économie souterraine et des groupes d'intervention régionaux. Ma question s'adresse à Mme la ministre de l'intérieur, et concerne la relance de l'activité des groupes d'intervention régionaux. Créé en 2002, ce dispositif coordonne l'action des policiers, des gendarmes, des douaniers et du fisc sur des affaires bien précises. Madame la ministre, vous avez annoncé le recentrage de l'action des GIR sur la lutte contre le trafic de drogue et l'économie souterraine, en précisant que vous alliez porter leur nombre de 30 à 32. Nous nous en félicitons et espérons des actions et des résultats. Lire la suite... En effet, les élus locaux, en contact direct avec la population, sont alertés au quotidien avec des informations précises concernant les trafics, et sur des comportements de personnes qui se lèvent tard et dont le train de vie, si l'on en juge par exemple par leurs voitures, ne semble pas être la récompense d'un difficile labeur ! Face à ces trafics, les habitants qui, eux, se lèvent tôt pour aller travailler, sont en droit de demander que l'on intervienne, ce qu'ils ne perçoivent pas toujours ! Il en est de même pour les vols à la portière : leur intensité, leur réalisation par des mineurs, sûrs de leur impunité, le type de matériel volé, GPS ou ordinateurs par exemple, impliquent forcément des majeurs qui tirent les ficelles en bout de chaîne. Ces affaires sont traitées essentiellement par les services locaux de sécurité publique et il serait donc intéressant de spécialiser localement des personnels sur ces réseaux mafieux si l'on souhaite des résultats tangibles et définitifs. Madame la ministre, pouvez-vous, d'une part, nous rappeler le bilan des GIR et, d'autre part, nous confirmer votre volonté de faire travailler ensemble beaucoup plus souvent, et partout, des services qui n'en ont pas forcément l'habitude ? Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, il est indispensable que l'action des GIR soit lisible, car il y a beaucoup à faire, notamment dans certaines communes où nous devons rassurer nos habitants sur les actions entreprises ! Enfin, allez-vous donner aux GIR, à l'occasion de ce recentrage de leur mission, des objectifs chiffrés en matière de lutte contre la drogue et l'économie souterraine, et renforcer l'information des élus locaux sur les résultats obtenus ? Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur : J'ai décidé de mener une lutte sans merci contre les trafiquants de drogue. Ceux-ci n'ont pas droit de cité dans notre pays, ils vont l'apprendre à leurs dépens. C'est bien la raison pour laquelle j'ai décidé de réunir les responsables des GIR, avec leur hiérarchie et avec ceux des impôts et des douanes, puisque, comme vous l'avez rappelé, c'est la réunion de ces fonctionnaires qui nous permet d'être plus efficaces. Le bilan des GIR entre 2002 et 2007, ce sont 3 440 opérations, 23 000 gardes à vue, 5 500 personnes qui ont été déférées, la saisie de plus de 3 000 armes, de 1 600 véhicules, de 75 millions d'euros, de 7,5 tonnes de cannabis, de 315 kg de cocaïne. J'ai demandé, lundi dernier, aux trente responsables des GIR de recentrer leurs actions essentiellement sur la lutte contre l'économie souterraine et contre la drogue. Et J'ai décidé aussi de dédier des antennes GIR spécifiques à un certain nombre de cités particulières, dans les grandes communes. J'ai aussi décidé de créer deux GIR supplémentaires, en Martinique et en Guadeloupe. Enfin, et plus généralement, car nous avons ce type de problèmes dans l'ensemble de nos départements, j'ai demandé à chacun des préfets d'utiliser la méthode GIR, c'est-à-dire le travail en commun des fonctionnaires des douanes, des finances, de la police et de la gendarmerie, pour mener une action, partout, contre ces trafiquants. ============================= ET QUAND VA T ON ENFIN ARRETER CHARLES PASQUA ? PASQUA LE DEALER !!! --------------------------------------------------------------------- extraits : Quantité d'éléments montrent les bonnes relations des réseaux Pasqua avec certains milieux américains, pétroliers ou proches de la CIA. Etienne Leandri, l'ex-roi de la corruption, compère de Pasqua depuis les années cinquante, était un protégé de la CIA. La "French Connection" parrainée par Ricard, repérée dès 1961, n'a été inquiétée que bien plus tard. Installée aux USA, la famille Falcone semble au mieux avec la famille Bush. George Bush senior a dirigé la CIA. La famille Bush est très liée au lobby pétrolier, surinvesti en Angola. L'une des sociétés associées à Brenco, la Setraco, était la filiale d'une firme américaine... On est loin du discours souverainiste. L'affaire angolaise balise le passage de la Françafrique à ce qu'on pourrait appeler la Mafiafrique. ================================ Le voleur amuse la galerie avec ses questions destinées à mener la guerre contre les jeunes, pendant que les GROS dealers se pavanent à l'ELYSEE le 14 juillet !!! =============================== 18 janvier 2001 Danger pour la démocratie - F.-X. Verschave en procès Une interview de François-Xavier Verschave François-Xavier Verschave, président de l'association Survie, est auteur de deux ouvrages clés ("La Françafrique", Stock, et "Noir Silence", Les Arènes) pour comprendre le plus long scandale de la République française. Il nous livre son analyse, à la lumière des développements de l'"Angolagate". - Peux-tu résumer la genèse de cette "Françafrique"? François-Xavier Verschave - Ce système, mis en place par de Gaulle, ressemble à un iceberg: la face émergée, c'est la légalité internationale affichée en 1960, l'indépendance des colonies subsahariennes. De Gaulle, cependant, chargeait Foccart de faire l'inverse: maintenir la dépendance par des méthodes forcément illégales, occultes, inavouables. La Françafrique, c'est cette face immergée des relations franco-africaines, de loin la plus importante. On a sélectionné des chefs d'Etats "amis de la France", par la guerre, par l'assassinat d'opposants ou de présidents indociles, par la fraude électorale - que l'on retrouvera dans les années 1990. Ce fut aussi l'installation de flux financiers parallèles, avec la convertibilité du franc CFA dans les comptes en Suisse, et tout un système barbouzard, autour des présidences africaines ou dans des réseaux branchés sur les services secrets. Le plus célèbre "faux-nez" des services est Elf, mais un tas de PME, de sécurité ou de fournitures, ont aussi contribué à financer les entreprises mercenaires des Denard et compagnie. Ce système avait pour corollaire l'autorisation donnée aux gardiens de cette dépendance néocoloniale de se servir sur la bête, de mélanger argent public et argent privé, en partageant avec les réseaux français. Cela a abouti à 40 ans de surexploitation, de maintien dans une économie rentière. L'endettement s'est ajouté quand la baisse des cours des matières premières n'a plus suffi à payer le grand train de tout ce beau monde. La conséquence a été la dégradation économiqueet l'impossibilité de tenir un discours politique sur le développement. D'où le recours à l'arme ultime du politique, la désignation d'un bouc émissaire, le discours ethniciste: "Je ne reste pas au pouvoir pour améliorer les choses, mais pour empêcher que n'y accèdent nos ennemis héréditaires." Une telle dérive a pu aller jusqu'au génocide, aux crimes contre l'humanité, aux massacres: on l'a vu au Rwanda ou au Congo-Brazzaville, la menace se profile en Côte-d'Ivoire. Parallèlement, en France, on est passé de la raison d'Etat très discutable des réseaux Foccart centralisés, à la décomposition du système en une douzaine de réseaux et lobbies: ceux de Pasqua, Giscard, Mitterrand, etc., les réseaux propres à certaines grandes entreprises comme Elf, Bouygues, Bolloré, Dumez, les services secrets rivaux, le lobby militaro-africaniste, la Grande Loge nationale française, voire certaines sectes. - Quelles sont les principales leçons de cet "Angolagate"? F.-X. Verschave - Cette affaire révèle d'abord la grande complicité entre les réseaux Mitterrand et Pasqua. Le fonctionnement politique gauche-droite, au sommet de l'iceberg, a peu à voir avec ce qui se passe en dessous. Mitterrand et Pasqua avaient en commun une même vision de l'Afrique, une sorte de cynisme pessimiste. Ils s'entendaient parfaitement sur le sujet. Leurs réseaux ont souvent opéré ensemble, même si le réseau Mitterrand a rapidement décliné après 1995. Se révèle aussi tout l'enchaînement Etat, sociétés parapubliques d'armement, trafiquants d'armes. L'affaire a aussi produit cet aveu de J.-C. Marchiani dans "Le Monde" du 7 janvier: "Nous, c'est-à-dire moi pour le compte de Charles Pasqua, avons négocié publiquement avec le président Dos Santos l'aide politique et économique de l'Angola à l'action de la France dans cette partie de l'Afrique, qui s'est concrétisée par l'envoi de troupes dans les deux Congo." Cela fait un certain temps que nous expliquons que derrière le prétendu renoncement à l'ingérence, ou la prétendue "nouvelle politique africaine" de la France, on assistait en fait à un nouveau mode d'ingérence, plus caché: on est intervenu indirectement mais massivement au Congo- Brazzaville par des mercenaires, des militaires français déguisés en mercenaires, ou des contingents étrangers - tchadiens, angolais... Marchiani vient nous confirmer l'engagement de la France dans trois des guerres les plus meurtrières qui déchirent l'Afrique, celle de l'Angola (500000 morts), où la France a armé les deux camps, et celles des deux Congo. En Angola, la Françafrique rencontre ses équivalents anglo-saxons. Un nouveau partage des richesses s'y opère. Même chose au Congo-Kinshasa, mais de manière conflictuelle: c'est ce qui sous- tend la guerre qui déchire ce pays. Quantité d'éléments montrent les bonnes relations des réseaux Pasqua avec certains milieux américains, pétroliers ou proches de la CIA. Etienne Leandri, l'ex-roi de la corruption, compère de Pasqua depuis les années cinquante, était un protégé de la CIA. La "French Connection" parrainée par Ricard, repérée dès 1961, n'a été inquiétée que bien plus tard. Installée aux USA, la famille Falcone semble au mieux avec la famille Bush. George Bush senior a dirigé la CIA. La famille Bush est très liée au lobby pétrolier, surinvesti en Angola. L'une des sociétés associées à Brenco, la Setraco, était la filiale d'une firme américaine... On est loin du discours souverainiste. L'affaire angolaise balise le passage de la Françafrique à ce qu'on pourrait appeler la Mafiafrique. Observons de plus près les connexions françafricaines: nombre des personnages majeurs des négociations pétrolières - les Etienne Léandri, Pierre Léthier, Alfred Sirven, Pierre Falcone... - sont des marchands d'armes, liés aux services secrets. Falcone détient 10% des parts d'un des plus grands gisements de pétrole mondiaux, au large de l'Angola, via la "Falcon Oil". La banque d'Elf, la Fiba, est celle de l'empereur des jeux, paris et casinos, Robert Feliciaggi - un monde propice au blanchiment de l'argent sale. Les principaux services secrets, estimant que les budgets qui leur sont attribués sont largement inférieurs à leurs besoins, cherchent depuis longtemps à se constituer des cagnottes. Ils ont été parmi les plus ardents promoteurs des paradis fiscaux, n'ont pas rechigné sur les sources de revenus parallèles, notamment le narcotrafic - de la guerre d'Indochine au scandale de l'Irangate. Cela restait quand même assez limité. Mais avec la multiplication exponentielle des transactions financières et l'essor des paradis fiscaux, tout cela a explosé en termes de volume. Plus de mille milliards de dollars d'argent sale s'ingèrent chaque année dans l'économie mondiale, et la moitié des transactions financières mondiales passent désormais par les paradis fiscaux. Cette énorme bulle d'argent, en grande partie douteux ou criminel, gangrène jusqu'à nos grands établissements bancaires - qui financent les achats d'armes en Afrique centrale. La situation est inversée: ce ne sont plus les hommes politiques qui commandent les services secrets, c'est Alfred Sirven qui dit avoir vingt fois les moyens de faire sauter la classe politique française. Avec les 3 milliards qu'on a découverts sur ses comptes, une partie seulement de l'argent qu'il a manipulé, on se doute qu'il dit juste. Cela constitue un grand danger pour la démocratie. - De curieuses connexions apparaissent entre France, Afrique... et Russie. F.-X. Verschave - Dans un pays richissime en pétrole comme l'Angola, la République souterraine françafricaine rejoint ses homologues américain, russe, britannique, brésilien, israélien... Arcadi Gaydamak, associé de Falcone, est une figure emblématique de ces connexions. Arrivé en France à 19 ans sans un sou, aujourd'hui multimilliardaire, se présentant comme le roi de l'engrais, il est lié au plus gros trust pétrolier russe, impliqué dans les grandes transactions sur les diamants. A partir de 1985, le KGB et un certain nombre d'apparatchiks russes ont anticipé la fin de l'Urss. Ils ont établi un certain nombre de bases financières offshore, et commencé à brader à vil prix, parfois à 10% de leur valeur, les stocks immenses d'aluminium, d'engrais, de pétrole, les diamants, les créances et les armes soviétiques. De quoi constituer une énorme nappe financière à l'étranger - d'où la ruine de la Russie aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'une mafia traditionnelle, elle implique une grande partie de la nomenklatura russe, en lien avec l'ex-KGB. D'où l'alerte rouge, en 1999, quand cet argent a failli capturer la Bank of New York: les Américains se sont aperçus qu'après avoir vaincu l'Urss, ils pouvaient se faire battre au jeu des fonctionnements et financements parallèles. La Russie et Israël ont noué autour de ces circuits des alliances fortes. Dans le diamant en particulier, avec des personnages comme Lev Leviev, allié de Gaydamak. Lequel est proche, à la fois, de la DST française, des services israéliens et russes. Une plaque tournante, ou un "échangeur". - N'y a-t-il pas nécessité d'une mobilisation citoyenne pour que justice et vérité ne soient pas étouffées? F.-X. Verschave - On s'en aperçoit en dévidant la pelote angolaise, les juges sont comme devant une montagne immense. Le mouvement de la justice vers une certaine indépendance, du moins chez certains juges, a abouti à ce que, pour la première fois, un trafic d'armes vers l'étranger soit qualifié de crime. Jusqu'à présent, ces ventes d'armes, qui ne faisaient que des victimes noires, n'étaient qu'un acte de raison d'Etat... Un décret de 1939 (1), opportunément exhumé, vient le rappeler. Nous allons lancer une campagne, avec d'autres associations, contre la tentative d'étouffement de ce délit de trafic d'armes, ou plutôt ce crime. La France a ratifié les statuts de la Cour pénale internationale; or le trafic d'armes en question débouche sur les guerres des deux Congo, où ont été commis des crimes de guerre et contre l'humanité. Sauf à perdre toute crédibilité, le gouvernement peut difficilement empêcher les juges de poursuivre leur enquête sur ce qui a nourri ces crimes. Ou alors, cela veut dire qu'il veut couvrir ces pratiques, et l'on redouble le scandale du Rwanda. Ensuite, il faudra obtenir que soit abrogé le décret de 1939, pour permettre au parquet de prendre l'initiative sans en référer au gouvernement, et aux victimes de ces guerres de se porter parties civiles. Propos recueillis par Alain Mathieu 1. Le décret de 1939 stipule que seuls un "ministère de la Défense, de la Guerre, de l'Air, de la Marine ou des Finances" peut autoriser des enquêtes sur le "commerce d'armes illicite". - Survie édite une lettre mensuelle, "Billets d'Afrique", bien utile pour comprendre la politique de la France en Afrique et ailleurs. Abonnement 100 F, à: Association Survie, 57, avenue du Maine, 75014 Paris. F.-X. Verschave en procès F.- Verschave est poursuivi en justice dans deux procès: trois présidents africains, Bongo (Gabon), Sassou N'Guesso (Congo), Déby (Tchad) ont déposé plainte pour "offense à chef d'Etat étranger" à l'occasion de la publication du livre "Noir Silence". Le procès aura lieu les 28 février, 5 et 7 mars. Il doit être l'occasion d'une mobilisation et de faire, en retour, le procès de la Françafrique. Une autre plainte est déposée pour diffamation par A. Gaydamak. Le procès aura lieu le 20 mars. Gaydamak est en fuite, impliqué depuis dans les ventes d'armes en Angola... mais il maintient sa plainte. Rouge 18/01/01 ======================================= LIRE AUSSI ===================================== http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article2672 Chirac et la Françafrique VERSCHAVE François-Xavier, MATHIEU Alain 2 mai 2002 François-Xavier Vershave est le président de l'association Survie, qui édite une lettre mensuelle, Billets d'Afrique, fournissant << informations et avis de recherhe sur les avatars des relations franco- africaines >>. Il est l'auteur de la Françafrique et Noir Silence, vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires. Il récidive, aux éditions Les Arènes, avec Noir Chirac. Un ouvrage utile à tout ceux qui ne se résignent pas à voir l'iniquité impunie. - Pourquoi, après le succès de Noir Silence, avoir écrit Noir Chirac ? François-Xavier Verschave - Je m'étais mis, comme en 1995, à rédiger pour 2002 un dossier noir sur les candidats et l'Afrique. En y regardant de plus près, je me suis aperçu qu'entre les candidats en lice il n'y avait pas photo (nous excluions par principe de traiter du cas Le Pen) : Jacques Chirac est au coeur de la Françafrique prédatrice, corruptrice, pétrolière, barbouzarde Un certain nombre d'enquêtes, de révélations et d'événements récents le confirment: la Françafrique s'ordonne autour d'un tronc principal néogaulliste, dont les autres réseaux ne sont que des ramifications ou des greffons. Longtemps secondé par Charles Pasqua, puis héritier de Jacques Foccart, Jacques Chirac est depuis un quart de siècle l'homme fort de ce dispositif de négation des indépendances africaines. Le réseau Mitterrand ressemblait à un appendice, destiné à capter une part du butin. Protecteur et << frère >> des dictateurs néocoloniaux africains, Chirac ne peut être dissocié de leur criminalité économique et politique. Tout cela est quand même assez connu des observateurs, de même que les énormes ponctions de ses amis sur les contrats d'armement et les marchés publics. Ou la fraude électorale à Paris. Dès lors la question se pose : pourquoi une telle impunité judiciaire, politique, et même médiatique ? C'est cette question que j'ai voulu traiter dans Noir Chirac. - Vous rattachez cette impunité aux parrains politiques de Jacques Chirac, les cercles d'initiés de la guerre froide ? F.-X. Verschave - Oui. Cette impunité illustre un mode de gestion du monde profondément antidémocratique, irresponsable. Une gestion secrète opposée au débat public, à la République. Une sorte de généralisation du délit d'initiés. Au nom de la lutte contre l'URSS, la frange la plus réactionnaire des cercles dirigeants américains, entre extrême-droite et lobby militaro-industriel, a soutenu des stratégies agressives largement cachées, y compris au Congrès des Etats-Unis : la dissémination de l'arme nucléaire, la subversion des régimes déplaisants au profit de plus serviles (souvent des dictatures), l'essor des masses financières occultes dans les paradis fiscaux, le recours systématique aux << milieux >> d'initiés (mafias, sectes, ordres templiers, loges maçonniques infiltrées et dévoyées). La Françafrique fut d'abord une sous-traitance de la guerre froide, comme le lobby militaro-industriel français ou notre industrie nucléaire, militaire et civile. Le gaullisme, et plus encore le néogaullisme pompidolien, se sont inscrits dans ces stratégies d'initiés. Fils spirituel de Pompidou et Dassault, Chirac en fut le pur produit, avant de se retrouver au centre de ces pratiques militaires, politiques, économiques et financières tellement incontrôlées, tellement au-dessus des lois qu'elles autorisèrent au fil des décennies une criminalité inouïe. Souvenons-nous des guerres d'Algérie, du Viêt-nam, des dictatures latino-américaines La Françafrique est dans ce droit fil. La seule différence, c'est que les Français sont moins informés de l'impérialisme français, des dictatures et du pillage dans l'Afrique de 2002 que de l'impérialisme des Etats-Unis dans l'Amérique latine de 1985 - Vous évoquez le passage de la Françafrique à une << mafiafrique >> F.-X. Verschave - De toutes les stratégies secrètes évoquées, la plus périlleuse en soi est la dissémination des armes de destruction massive. Mais la plus destructrice des biens publics à l'échelle de la planète est l'essor incroyable de la criminalité financière, y compris chez les grandes banques. La multiplication des paradis fiscaux, par où passe le pillage des richesses du tiers monde et les attaques, chez nous, contre 150 ans de conquêtes sociales est, au départ, l'oeuvre commune des services secrets et des mafias. Elle a constitué des masses financières gigantesques, d'abord sous gestion nationale, mais qui sont en train de s'interconnecter. Derrière l'<< Angolagate >>, il y a la collusion croissante entre les finances parallèles française, russe, américaine, etc. La destruction du Congo-Brazzaville est un << effet secondaire >> de ces grandes manoeuvres qui contribuent aussi à broyer le Congo-Kinshasa. - Dans la conclusion de Noir Chirac, vous évoquez la << deuxième guerre froide >> F.-X. Verschave - Il est clair que, depuis le 11 Septembre 2001, les Etatsuniens cherchent à réactiver les différents mécanismes dont je rappelle l'articulation, les immenses risques et dégâts. La question est de savoir si la France et l'Union européenne se laisseront enrôler. Jacques Chirac l'est depuis trop longtemps pour pouvoir se désolidariser. - Jean-Marie Le Pen brandit Noir Chirac devant les caméras F.-X. Verschave - C'est typique de son fonctionnement manipulatoire. Il montre le titre, mais pas le contenu. Car j'explique comment sa carrière et son mouvement ont été propulsés et instrumentalisés par les stratèges de la guerre froide, dans les aventures mercenaires les plus sinistres de la Françafrique. Noir Chirac est un combat contre l'alliance d'une certaine oligarchie et de l'extrême droite. Pour le second tour de l'élection présidentielle, nous sommes placés devant un choix atterrant. Pour l'association Survie, que je préside, il n'y a qu'un choix possible : noyer Chirac sous les bulletins d'une sorte de référendum antifasciste, et mobiliser pour la suite. VERSCHAVE François-Xavier, MATHIEU Alain * Paru dans Rouge n° 1968, 2 mai 2002. Propos recueillis par Alain Mathieu. Mis en ligne le 4 juillet 2006 |
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