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Vieux 02/10/2008, 08h49
Chaeréphon
 
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Par dfaut Théanô, pythagoricienne

THÉANÔ (Θεανώ) de Crotone

Épouse et disciple de Pythagore, également poétesse selon Didymos cité
par Clément d’Alexandrie, parfois confondue avec Théanô de Métaponte,
autre pythagoricienne, elle passe pour avoir été la première femme
philosophe de Grèce. Elle était célèbre pour la finesse de son esprit et
la vigueur de ses réparties.

En arrivant *** Crotone, Pythagore aurait eu comme première disciple,
Théanô, fille de Pythonax, un citoyen illustre de la Cité, une
sectatrice d’Orphée, avant de se marier avec elle. Le nombre et les noms
des enfants de ce couple varient d’une source *** l’autre.

L’aînée de leurs trois filles, Damô, fut, dit-on, chargée par son père
de conserver ses écrits et de ne les communiquer *** personne qui ne fût
membre de la secte, comme le raconte Diogène Laërte (8, ):
Elle-même aurait pu les vendre un bon prix, elle s’y est refusée,
préférant *** tout l’or du monde vivre pauvre, en obéissant *** son père :
et elle a fait cela bien qu’elle ne fût qu’une femme.
On attribue *** leur fille Myia une lettre sur le soin des enfants, et
l’on sait par Arignôtos qu’une troisième fille et son frère Têlaugês
écrivirent. Mais on ne possède aucune de leurs œuvres, bien que
Jamblique affirme que Têlaugês fut le compilateur du Discours sacré de
Pythagore.

On attribue *** Théanô, outre des poèmes épiques et lyriques, plusieurs
traités : un traité Sur la piété, dont on conserve un passage sur le
nombre, concept fondamental dans la philosophie pythagoricienne, ainsi
que divers Apophtegmes qui commentent des points de doctrines importants
comme l’immortalité de l’âme, le jugement divin après la mort, ou
quelques aspects de la condition féminine, un sujet qu’elle aborda aussi
dans ses lettres. Sept d’entre elles sont attribuées *** Théanô, mais
beaucoup ne sont pas authentiques.

Les écrits et les apophtegmes de Théanô nous montrent les positions
particulières de l’école pythagoricienne au sujet des femmes, positions
que l’on retrouve dans la bouche de Pythagore et de ses filles, comme
chez les auteurs pythagoriciens de l’époque hellénistique, mais de façon
plus élaborée. On pourrait les résumer de la façon suivante. La femme
possède comme l’homme les vertus de courage, d’intelligence et de
justice, mais possède plus proprement la vertu de prudence ; c’est donc
sur la femme que repose la responsabilité de maintenir la loi et la
justice et, par conséquent, l’harmonie dans l’oikos, qui constitue,
comme nous savons, un microcosme de la polis.
Théanô considère que l’obligation principale d’une épouse, c’est de se
montrer aimable avec son mari et de n’avoir d’amant sous aucun prétexte.
Dans le mariage, cependant, la chasteté et la vertu sont indissociables
d’un certain érotisme, comme en témoignent certaines réflexions qui lui
sont attribuées. Théanô affirmait que la femme qui couchait avec son
mari devait ôter sa pudeur avec ses vêtements, et les récupérer le
lendemain. Alors qu’on lui demandait au bout de combien de jours après
avoir fait l’amour avec un homme la femme redevenait pure, elle répondit
: « S’il s’agit du sien, tout de suite ; sinon, jamais ». Et quand on
lui demanda ce que c’était que l’amour : « C’est, dit-elle, le sentiment
d’une âme oisive ».
On comprend donc facilement que Clément d’Alexandrie cite fréquemment
Théanô comme un modèle d’épouse.

Certains aspects de l’éducation des enfants un peu plus âgés sont
commentés dans la lettre de Théanô *** Euboulos. Rappelons-nous que les
garçons de sept ans étaient confiés dans la majorité des cas au
pédagogue, tandis que les filles restaient en compagnie de leur mère et
de leur nourrice. La préoccupation essentielle répond *** l’idée qu’***
cause de leur plasticité et leur malléabilité physique et
intellectuelle, les enfants sont extrêmement vulnérables aux appétits et
aux passions.
Platon plaçait les enfants au même niveau que les esclaves et les
femmes, et affirmait que les classes inférieures sont celles qui ont le
plus grand nombre de désirs, de plaisirs et de regrets. Il considérait
que les enfants, par leur manque de discipline, sont des créatures
difficiles *** dominer. Aristote, de même, faisait remarquer l’impétuosité
des enfants, leurs pleurs et leurs colères, et considérait que l’enfance
est le moment où le désir du plaisir est le plus fort. Le goût pour les
sucreries et la musique lui paraissait spécifique de cet âge.
Si l’on ajoute *** ces considérations sur le comportement de l’enfant
l’idée générale selon laquelle l’enfant d’aujourd’hui sera l’homme de
demain, il est possible de comprendre que, dans un contexte
pythagoricien déj*** très préoccupé par la paide***a, Théanô se montre, dans
ses conseils, rigoureuse, voire spartiate :
.... qu’ils ne soient pas suralimentés, que tous leurs plaisirs ne soient
pas assouvis, car cela cause une complète indiscipline chez les enfants,
il ne faut pas non plus leur permettre de tout dire et de tout essayer,
spécialement si tu t’inquiètes chaque fois qu’ils pleurent et te réjouis
quand ils rient, et que tu souris avec indulgence bien qu’ils battent la
nourrice ou qu’ils te disent de gros mots. Tu ne dois pas non plus faire
des efforts pour leur donner de la fraîcheur en été et de la chaleur
excessive en hiver, ni pour les traiter avec trop de délicatesse...
permets-leur de supporter la faim et la soif, le froid et la chaleur,
ainsi que la honte qui peuvent leur causer leurs compagnons ou leurs
surveillants. De cette façon il sera possible que tes fils arrivent ***
posséder la noblesse d’âme.

La lettre de Théanô *** Callistô reprend le souci, qui apparaît aussi dans
d’autres textes pythagoriciens, de traiter les esclaves avec justice et
de ne pas se laisser emporter par la colère au moment de les punir :
La principale autorité des femmes dans la maison est celle qu’elles ont
sur les servantes... traiter justement les esclaves, pour que leur santé
ne soit pas délabrée par un travail épuisant, qu’il ne soient pas
frappés d’incapacités par les privations, car, par nature, ce sont des
hommes. Il y a des femmes qui croient bénéfique ce qui est justement
nuisible : maltraiter les servantes en les privant de ce qui est
nécessaire...
Cette argumentation se fonde sur des appels *** la prudence de la
maîtresse et sur un éloge de la mesure, mais plus encore sur des
préoccupations utilitaires. Si les servantes sont maltraitées, elles
s’enfuiront, mourront de faim ou se suicideront, après quoi la maîtresse
restera seule et pleine de remords. Ces considérations nous montrent
jusqu’*** quel point la femme, éloignée de sa famille d’origine, enfermée
chez elle, séparée de ses fils et de ses filles puisqu’elles se
mariaient adolescentes, écartée d’un mari qu’elle voyait peu, restait
affectivement dépendante du monde des domestiques. Cela nous laisse
aussi entrevoir un aspect du comportement féminin, la cruauté, que l’on
tait souvent au profit du poncif de la femme bienveillante.

Enfin les lettres de Théanô *** Eurydicê et *** Nicostratê touchent l’un des
problèmes les plus préoccupants pour les femmes grecques, un problème
qui se perçoit déj*** dans les poèmes épiques puis dans la tragédie : la
conduite d’un mari distant, presque toujours absent et qui peut avoir de
nombreuses relations avec d’autres femmes.
Dans le discours de Théanô, qui s’applique *** calmer la jalousie de deux
femmes inquiètes, les images de l’épouse et de la courtisane
représentent l’opposition classique entre l’ordre et le chaos, le faste
et le néfaste. L’épouse est celle qui permet *** chacun de se perpétuer
par la procréation d’enfants légitimes. La courtisane offre, en
revanche, un plaisir momentané et éphémère qui n’est qu’une illusion.
Dans l’entourage pythagoricien, la présence des courtisanes signifie le
risque d’être entraîné par les passions, ce qui introduit du trouble
dans l’âme et lui fait perdre l’équilibre nécessaire *** sa véritable
activité. Mais comme nous avons déj*** expliqué que la philosophie
pythagoricienne tend *** intégrer les contraires et *** rétablir l’harmonie,
Théanô, dans ses lettres *** Eurydicê et *** Nicostratê, tout en prodiguant
encouragements et appels *** la vertu, essaye de démontrer que la
courtisane est le contraire qui sert de faire-valoir *** l’image de
l’épouse prudente, image qui fera revenir l’époux au foyer.
Ainsi dit Théanô *** l’admirable Eurydicê :
Quel chagrin envahit ton âme ? Tu es désespérée pour rien d’autre si ce
n’est parce que celui avec lequel tu es mariée se rend chez une
courtisane et se remplit l*** le corps de volupté. Mais il ne sied point ***
la merveille des femmes de s’affecter ainsi ! Ne sais-tu pas en effet
que l’oreille aussi est tantôt remplie du plaisir que lui donnent une
lyre et un chant musical et que tantôt lorsqu’elle en est saturée, elle
se plaît volontiers *** entendre la flûte et le chalumeau ? Cependant quel
rapport la flûte présente-t-elle avec les cordes musicales et
l’admirable son d’une lyre de la plus suave qualité ? Estime qu’il en
est ainsi pour toi et pour la courtisane que ton mari fréquente. Ton
mari en effet par dignité personnelle, par impulsion naturelle et par
raison se préoccupe de toi. Mais, lorsque par hasard la satiété le
prend, il se rend en passant chez une courtisane. Tant il est vrai que
ceux en qui le goût est corrompu conservent quelque amour pour les
nourritures qui ne sont point bonnes 34.

D’autres lettres, beaucoup plus brèves, portent sur des sujets qui
n’appartiennent pas aux relations familiales.
La lettre *** la philosophe Rhodopé montre très clairement la passion que
son auteur ressent pour la sagesse : le désir de lire un livre de Platon
et de rencontrer un philosophe renommé la rendent « *** demi-morte et sans
envie de voir la lumière du soleil ».
La lettre *** Timônidès, un personnage masculin, est pleine de reproches
pour son penchant *** blâmer les autres, ce qui nous indique que dans la
communauté pythagoricienne, malgré des normes de vie très strictes, des
querelles pouvaient surgir de temps en temps.
La lettre *** Eucleidès, en revanche, témoigne du sentiment d’estime et
d’amitié que Théanô voue *** ce médecin.

SMITH, s.v.
KROH, s.v.
WOLF, Mulierum, pp. 224 sqq.

Montserrat JUFRESA : Savoir féminin et sectes pythagoriciennes ; (CR in Clio
2/1995, Femmes et Religions, disponible ici
http://clio.revues.org/document486.html).
Mario MEUNIER : Femmes pythagoriciennes. Fragments et lettres ; Paris 1932.

Testimonia
1) Suid., s.v. :
Θεανώ, Κρῆσσα, φιλόσοφος, θυγάτηρ μὲν ***υθώνακτος, γαμετὴ δὲ τοῦ μεγάλου
***υθαγόρου, ἐξ οὗ ἔσχε Τηλαύγην καὶ Μνήσαρχον καὶ Μυῖαν καὶ Ἀριγνώτην.
τινὲς δὲ Βρωτίνου ταύτην γενέσθαι γυναῖκα γράφουσι καὶ τὸ γένος
Κροτωνιᾶτιν. Ὑπομνήματα φιλόσοφα, καὶ Ἀποφθέγματα, καὶ ποίημά τι δι' ἐπῶν.
Originaire de Crète, philosophe, fille de Pythonax, épouse du grand
Pythagore, dont elle conçut deux fils, Télaugès et Mnésarchos, et deux
filles, Myia et Arignoté. Certains en font la femme de Brotinos de
Crotone. Elle écrivit des Mémoires philosophiques, des Apophtegmes et de
la poésie épique.

ibid., s.v. Pythagoras
γαμετὴν δ' ἐποιήσατο Θεανώ, τὴν Βροτίνου τοῦ Κροτωνιάτου θυγατέρα· ἐξ ἧς
καὶ παῖδες αὐτῷ ἐγένοντο δύο, Τηλαύγης καὶ Δάμων ἢ ὥς τινες Μνήσαρχος.
κατὰ δέ τινας καὶ θυγάτηρ, Μυῖα ὄνομα, κατὰ δὲ ἄλλους καὶ Ἀριγνώτη.
Il épousa Théanô, la fille de Brotinos de Crotone, dont il eut deux
fils, Télaugès et Damon, ou Mnésarchos selon certains auteurs ; selon
certains auteurs, il eut aussi une fille, Myia, et selon d’autres, une
seconde fille, Arignoté.

2a) Iambl., vita Pyth. 28, 146 :
κομιδῇ γὰρ νέος ὑπὸ τὸν ***υθαγόρου θάνατον ἀπολελειμμένος ἦν παρὰ Θεανοῖ
τῇ μητρί.

2b) Iambl., vita Pyth. 27, 132 :
πρὸς Δεινὼ γὰρ τὴν Βροντίνου γυναῖκα, τῶν ***υθαγορείων ἑνός, οὖσαν σοφήν
τε καὶ περιττὴν τὴν ψυχήν, ἧς ἐστὶ καὶ τὸ καλὸν καὶ περίβλεπτον ῥῆμα, τὸ
τὴν γυναῖκα δεῖν θύειν αὐθημερὸν ἀνισταμένην ἀπὸ τοῦ ἑαυτῆς ἀνδρός, ὅ
τινες εἰς Θεανὼ ἀναφέρουσι, πρὸς δὴ ταύτην παρελθούσας τὰς τῶν
Κροτωνιατῶν γυναῖκας παρακαλέσαι περὶ τοῦ συμπεῖσαι τὸν ***υθαγόραν
διαλεχθῆναι περὶ τῆς πρὸς αὐτὰς σωφροσύνης τοῖς ἀνδράσιν αὐτῶν.
De Deinô, la femme de Brontinos, l’un des Pythagoriciens, qui était très
savante et d’une très belle âme, est aussi la phrase très belle et très
célèbre : « La femme doit le jour même offrir un sacrifice après une
relation avec son mari », que certains attribuent *** Théanô ; les femmes
de Crotone étant venues la trouver pour lui demander de convaincre
Pythagore de donner une conférence *** leurs maris sur la mesure qu’ils
devaient conserver envers elles.

3a) Diog. Laert. 8, 42 :
Ἦν δὲ τῷ ***υθαγόρᾳ καὶ γυνή, Θεανὼ ὄνομα, Βροντίνου τοῦ Κροτωνιάτου
θυγάτηρ· οἱ δέ, γυναῖκα μὲν εἶναι Βροντίνου, μαθήτριαν δὲ ***υθαγόρου. ἦν
αὐτῷ καὶ θυγάτηρ Δαμώ, ὥς φησι Λύσις ἐν ἐπιστολῇ τῇ πρὸς Ἵππασον.
Pythagore avait aussi une femme, du nom de Théanô, qui était fille de
Brontinos de Crotone ; certains disent qu’elle était la femme de
Brontinos, et simplement la disciple de Pythagore. Il eut également une
fille, Damô, comme le rapporte Lysis dans sa lettre *** Hippasos (Hercher,
603).

3b) Diog. Laert. 8, 43 :
σύγγραμμα δὲ φέρεται τοῦ Τηλαύγους οὐδέν, τῆς δὲ μητρὸς αὐτοῦ Θεανοῦς
τινα. ἀλλὰ καί φασιν αὐτὴν ἐρωτηθεῖσαν ποσταία γυνὴ ἀπ' ἀνδρὸς
καθαρεύει, φάναι, "ἀπὸ μὲν τοῦ ἰδίου παραχρῆμα, ἀπὸ δὲ τοῦ ἀλλοτρίου
οὐδέποτε."
On ne connaît aucun écrit de Télaugès, mais de sa mère Théanô, on en a
quelques-uns. On rapporte *** son propos… (v. fr. 4).

4) Eus., Praep. ev. 10, 14, 15 :
τὸν μὲν οὖν ***υθαγόραν διεδέξατο Θεανὼ ἡ γυνὴ οἵ τε υἱοὶ αὐτοῦ, Τηλαύγης
καὶ Μνήσαρχος. Τηλαύγους δὲ Ἐμπεδοκλῆς ἀκουστὴς γίνεται.
À Pythagore succédèrent Théanô sa femme et ses fils, Télaugès et
Mnésarchos. Empédocle fut l’auditeur de Télaugès.

5) Phot., Bibl. codex 249, Bekker, 438b, li. 32
Καὶ ἡ Θεανὼ δὲ λέγεται οὐ μαθητρία μόνον ἀλλὰ καὶ μία τῶν θυγατέρων
αὐτοῦ εἶναι.
On dit de Théanô qu’elle fut non seulement sa disciple, mais aussi l’une
de ses filles.

6) Porph., Vita Pyth. 4 :
ἄλλοι δ' ἐκ Θεανοῦς τῆς ***υθώνακτος τὸ γένος Κρήσσης υἱὸν Τηλαύγη
***υθαγόρου ἀναγράφουσι καὶ θυγατέρα Μυῖαν, οἳ δὲ καὶ Ἀριγνώτην· ὧν καὶ
συγγράμματα ***υθαγόρεια σῴζεσθαι.
Certains rapportent que Télaugès, le fils de Pythagore, était le fils de
Théanô, la fille de Pythonax, de Crète, et que Myia était sa fille ;
d’autres y rajoutent Arignoté. On a conservé d’eux des Écrits
pythagoriciens.

7) Plut., Conj. praec. 31=142 c (anecdote reprise par Stob. 4, 23, 49a ;
Clem. Alex., Strom. 4, 19, 121, 2 ; id., Ped. 2, 10bis, 114, 2 ;
Théodoret, Gr. aff. 12, 73) :
Ἡ Θεανὼ παρέφηνε τὴν χεῖρα περιβαλλομένη τὸ ἱμάτιον. εἰπόντος δέ τινος
"καλὸς ὁ πῆχυς," "ἀλλ' οὐ δημόσιος," ἔφη. δεῖ δὲ μὴ μόνον τὸν πῆχυν ἀλλὰ
μηδὲ τὸν λόγον δημόσιον εἶναι τῆς σώφρονος, καὶ τὴν φωνὴν ὡς ἀπογύμνωσιν
αἰδεῖσθαι καὶ φυλάττεσθαι πρὸς τοὺς ἐκτός· ἐνορᾶται γὰρ αὐτῇ καὶ πάθος
καὶ ἦθος καὶ διάθεσις λαλούσης.
Théanô laissa voir son coude en revêtant son manteau. « Le beau bras !
dit quelqu’un. – « Mais il n’est pas *** tout le monde », répliqua-t-elle.
Il faut que non seulement le bras, mais que les propos non plus, chez la
femme sage, ne soient pas *** tout le monde ; elle doit avoir honte et se
garder de parler devant les étrangers comme si elle se dénudait
elle-même, car dans la voix on peut voir les sentiments, le caractère et
la manière d’être de celle qui parle. (trad. CUF)

8) Clément d’Alexandrie, Strom. 1.16.80.4 :
Δίδυμος δ' ἐν τῷ περὶ ***υθαγορικῆς φιλοσοφίας Θεανὼ τὴν Κροτωνιᾶτιν
πρώτην γυναικῶν φιλοσοφῆσαι καὶ ποιήματα γράψαι ἱστορεῖ.
Didyme dans son Philosophie pythagoricienne rapporte que Théanô de
Crotone fut la première femme philosophe, et qu’elle écrivit des poèmes.

9) Athen., 13, Kaibel 70-71 :
καὶ τὴν Ἑρμησιάνακτος τοῦ Κολοφωνίου Λεόντιον· ἀπὸ γὰρ ταύτης ἐρωμένης
αὐτῷ γενομένης ἔγραψεν ἐλεγειακὰ τρία βιβλία, ὧν ἐν τῷ τρίτῳ κατάλογον
ποιεῖται ἐρωτικῶν, οὑτωσί πως λέγων (Anth. Bergk p. 134 = Hermesianax,
fr. 7, 82-85)·

οἵη μὲν Σάμιον μανίη κατέδησε Θεανοῦς
***υθαγόρην, ἑλίκων κομψὰ γεωμετρίης
εὑρόμενον, καὶ κύκλον ὅσον περιβάλλεται αἰθὴρ
βαιῇ ἐνὶ σφαίρῃ πάντ' ἀπομασσόμενον.
Hermesianax, …, auteur de 3 livres d’élégies, dont le 3e est un
catalogue des amours passionnées, dit *** peu près ceci :

comme la folie de Théanô a enchaîné Pythagore
de Samos, qui trouva …

10) Emped., fr. 155 :
Τήλαυγες, κλυτὲ κοῦρε Θεανοῦς ***υθαγόρεω τε.
Télaugès, illustre fils de Théanô et de Pythagore.

11) Greg. Naz., Contra Jul. 1 (orat. 4) 35, 592, 21 :
καὶ θανάτου περιφρόνησιν Θεανοῦς, ἢ οὐκ οἶδ' οὗτινος τῶν τὰ ἐκείνου
τετελεσμένων ἢ φιλοσοφησάντων.
… le mépris de la mort manifesté par Théanô, ou je ne sais qui… (cf. Fr. 2)


Fragmenta
1) Mullach., Fr. ph. Gr. II, p. 115 (chez Stob. 1, 10, 13) :
Θεανοῦς ἐκ τοῦ ***ερὶ εὐσεβείας
Καὶ συχνοὺς μὲν Ἑλλήνων πέπυσμαι νομίσαι φάναι ***υθαγόραν ἐξ ἀριθμοῦ
πάντα φύεσθαι. Οὗτος δὲ ὁ λόγος ἀπορησίας ἔχεται, πῶς ἃ μηδὲ ἔστιν
ἐπινοεῖται καὶ γεννᾶν. ὃ δὲ οὐκ ἐξ ἀριθμοῦ, κατὰ δὲ ἀριθμὸν ἔλεγε πάντα
γίγνεσθαι, ὅτι ἐν ἀριθμῷ τάξις πρώτη, ἧς μετουσίᾳ κἀν τοῖς ἀριθμητοῖς
πρῶτόν τι καὶ δεύτερον καὶ τἄλλα ἑπομένως τέτακται.
Théanô, De la piété
J’ai appris que de nombreux Grecs considèrent que Pythagore a dit que
tout provient du nombre. Cette idée tient d’une aporie : comment
concevoir que ce qui n’est pas puisse engendrer. Pythagore disait en
fait que tout ne vient pas du nombre, mais selon le nombre, que c’est
dans le nombre que réside l’ordre premier, et que c’est par
participation *** cet ordre qu’il y a dans les choses comptables un
premier, un deuxième, etc. et que tout s’ordonne.

2) Clem. Alex., Strom. 4, 7, 44, 3 :
Θεανὼ γὰρ ἡ ***υθαγορικὴ γράφει·
«ἦν γὰρ <ἂν> τῷ ὄντι τοῖς κακοῖς εὐωχία ὁ βίος πονηρευσαμένοις· ἔπειτα
τελευτῶσιν, εἰ μὴ ἦν ἀθάνατος ἡ ψυχή, ἕρμαιον ὁ θάνατος»
καὶ ***λάτων ἐν Φαίδωνι «εἰ μὲν γὰρ ἦν ὁ θάνατος τοῦ παντὸς ἀπαλλαγή,
<ἕρμαιον ἂν ἦν>», καὶ τὰ ἑξῆς.
Théanô la pythagoricienne écrit :
« la vie serait en effet réellement un banquet pour les méchants ; et
une fois morts, si l’âme n’était pas immortelle, la mort serait pour eux
une aubaine. »
et Platon dans le Phédon (107c) dit :

3) Iambl., V.P. 132 p. 96 Nauck :
τὴν γυναῖκα δεῖ θύειν αὐθημερὸν ἀνισταμένην ἀπὸ τοῦ ἑαυτῆς ἀνδρός.
La femme doit le jour même offrir un sacrifice après une relation avec
son mari.

4) Diog. Laert. 8, 43 :
ἀλλὰ καί φασιν αὐτὴν ἐρωτηθεῖσαν ποσταία γυνὴ ἀπ' ἀνδρὸς καθαρεύει, φάναι,
"ἀπὸ μὲν τοῦ ἰδίου παραχρῆμα, ἀπὸ δὲ τοῦ ἀλλοτρίου οὐδέποτε."
Alors qu’on lui demandait au bout de combien de jours après avoir fait
l’amour avec un homme la femme redevenait pure, elle répondit :
« S’il s’agit du sien, tout de suite ; sinon, jamais »

cf. Stob. 4, 23, 53 ; Theon, Progymn. 97 ; Clem. Alex., Strom. 4,
19, 121, 4 :
Θεανὼ ἡ ***υθαγορικὴ φιλόσοφος ἐρωτηθεῖσα ποσταία γυνὴ ἀπ' ἀνδρὸς καθαρεύει,
‘ἀπὸ μὲν τοῦ ἰδίου’ εἶπε ‘παραχρῆμα, ἀπὸ δὲ τοῦ ἀλλοτρίου οὐδέποτε’.

5) = Mullach FPG II, p. 115, fr. 3 (Plut., Conj. praec. 142 a ; anecdote
reprise par Stob. 4, 23, 49a ; Clem. Alex., Strom. 4, 19, 121, 2 ;
Theodoret, Fr. aff. 12, 73) :
Ἡ Θεανὼ παρέφηνε τὴν χεῖρα περιβαλλομένη τὸ ἱμάτιον. εἰπόντος δέ τινος
"καλὸς ὁ πῆχυς,"
"ἀλλ' οὐ δημόσιος", ἔφη.

6) Stob. 4, 23, 32 :
Θεανὼ ἡ ***υθαγόρειος ἐρωτηθεῖσα πῶς ἔνδοξος ἔσται. ἔφη·
ἱστὸν ἐποιχομένη καὶ ἐμὸν λέχος ἀντιόωσα.
Théanô la pythagoricienne, *** qui on demandait comment elle serait
célèbre répondit :
« en m’occupant de ma toile et en restant au pied de mon lit ».

8) ibid. 4, 23, 55 :
Θεανὼ ἐρωτηθεῖσα τί πρέπον εἴη γυναικί,
‘τὸ τῷ ἰδίῳ’ ἔφη ‘ἀρέσκειν ἀνδρί’.
Théanô, interrogée sur ce qui convient *** une femme, répondit :
« Plaire *** son mari. »

9) ibid. IV, 587.


--
Amicalement. Chaeréphon

"Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre".
<http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm>
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