![]() |
| |||||||
| S'inscrire | FAQ | Membres | Calendrier | Recherche | Messages du jour | Marquer les forums comme lus |
![]() |
| LinkBack | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
| |||
| SOSIPATRA (Σωσιπάτρα) d’Ephèse Philosophe néoplatonicienne de la première moitié du 4e s. apr., dont l’histoire est largement rapportée par Eunape. Initiée dès son jeune âge *** la sagesse chaldéenne, elle possédait, dit-on, une grande beauté, des pouvoirs psychiques étonnants et une fine clairvoyance. Elle épousa par la suite Eustathe de Cappadoce, sachant qu’il allait mourir avant elle. Sa sagesse surpassait tellement celle de son mari qu’il semblait insignifiant en comparaison. Leur fils Antonin sera un philosophe important et un théurge. À la mort de son mari, elle se retira *** Pergame où elle devint une philosophe aussi appréciée qu’Aedésios : quand les étudiants d’Aedésios avaient terminé leurs cours, ils se précipitaient pour écouter Sosipatra. SMITH, s.v. SIRINELLI, p. 453. Testimonia 1) Eunap., Vitae Soph. 6, 6.4-10.4 : Eustathe qui était déj*** lui-même un si grand philosophe, avait pris pour femme Sosipatra qui, par la supériorité de sa sagesse, fit paraître son propre mari en quelque sorte petit et de peu de valeur, *** côté d'elle. Il convient ici, dans la revue que je passe des philosophes, de parler en détail de cette femme, dont la gloire se répandit partout. Sosipatra était née en Asie, aux environs d'Éphèse dans la plaine que traverse le Caÿstre et *** laquelle il a donné son nom. Ses parents, ainsi que sa famille, étaient heureux et riches. Dès sa plus tendre enfance, tout sembla lui sourire ; et sa jeunesse brilla entièrement de l'éclat de la beauté et de la pudeur. Elle était arrivée *** l'âge de cinq ans, lorsque deux vieillards qui l'un et l'autre avaient dépassé le temps de la vigueur corporelle, bien que le premier fût plus âgé que le second, portant de vastes besaces et le dos couvert de peaux, se présentèrent dans une propriété appartenant aux parents de Sosipatra et demandèrent au fermier de leur confier le soin des vignes ; c'était un travail facile pour eux. On les accepta. La récolte fut si abondante, entre leurs mains, qu'elle surpassa toute espérance. Le propriétaire arriva, sur ces entrefaites, et amena la petite Sosipatra. L'étonnement était sans bornes et l'on en venait soupçonner quelque prodige divin. Le maître, alors, invita *** sa table les deux vieillards, les traita avec la plus grande libéralité, et reprocha aux paysans qui cultivaient d'ordinaire son bien de ne point obtenir les mêmes résultats. Les vieillards, après avoir joui de l'hospitalité et de l*** table *** la mode grecque, séduits et captivés par l'exquise beauté et le charme de la petite Sosipatra, s'exprimèrent en ces termes : « Nous avons par devers nous bien d'autre secrets et bien d'autres mystères ; et cette abondance de raisin, dont tu t'émerveilles si fort, n'est qu'une plaisanterie et un jeu facile pour notre puissance. Mais, si tu veux que nous te payions le prix de ton festin et de ton hospitalité, non en argent ni en remerciements fugitifs et périssables, mais par un don qui te sera plus précieux que toi-même et que ta propre vie, par un don céleste et s'étendant jusqu'aux astres, confie-nous, comme *** ses nourriciers et *** ses véritables pères, ta chère Sosipatra ; et, d'ici *** cinq ans, ne crains rien pour cette enfant, ne redoute point pour elle la mort et garde ta tranquillité et ta constance. Aie soin de ne pas fouler le sol de ce domaine jusqu'*** ce que les révolutions solaires étant accomplies, la cinquième année se trouve achevée. Pendant ce temps, la richesse naîtra spontanément pour toi de cette terre et se multipliera ; et ta fille s'élèvera non pas seulement *** la condition d'une femme ou d'un être humain : tu pourras concevoir de cette enfant de plus hautes espérances. Si tu as bon courage, accueille *** bras ouverts ce que nous te disons ; si tu conserves quelques soupçons, admets que nous n'avons rien dit. » A ce discours, le père frappé d'épouvante et retenant sa langue, prend l'enfant par la main, l'abandonne aux deux étrangers, et, appelant le fermier : « Donne *** ces vieillards, lui dit-il, tout ce qu'ils te demanderont, et ne témoigne aucune espèce de curiosité. » Ayant ainsi parlé, avant que l'aurore parut, il partit comme s'il s'exilait de sa fille et de son bien. Qu'étaient donc ceux qui avaient reçu l'entant ? Des héros, des génies, des êtres d'une nature plus divine encore ? Dans quels mystères l'instruisirent-ils ? C'est ce que personne ne sut jamais. A quelle divinité la consacrèrent-ils ? toujours impossible de le connaître, *** ceux-mêmes qui en avaient le plus d'envie. Le temps était venu, cependant, où tous les comptes des revenus du domaine devaient être rendus. Le père de l'enfant se présenta : il ne reconnut point sa fille dont la taille avait grandi ; sa beauté lui sembla toute changée, et Sosipatra, elle-même, eut d'abord peine *** reconnaître son père, qui se prosternait devant elle, la prenant pour quelque autre. Enfin, la table ayant été dressée, ses instituteurs parurent. Ils dirent au père : « Interroge la jeune fille sur ce que bon te semblera. » Celle-ci, prenant la parole : « Demande-moi, père, dit-elle, ce qui, t'est arrivé pendant le chemin. » Le père lui donna licence de parler. Sa fortune lui permettait de voyager dans une voiture *** quatre roues ; et, avec de pareils véhicules, on est exposé *** divers accidents. Sosipatra lui rapporta toutes ses paroles, toutes ses menaces, toutes les péripéties de la route, comme si elle eût été assise *** côté de lui dans la voiture, L'admiration du père fut telle, que ce n'était pas de l'admiration, mais de la stupeur, et qu'il fut persuadé que sa fille était une déesse. Tombant aux pieds des deux hommes, il les supplie de lui apprendre qui ils étaient. Ceux-ci, avec peine et en hésitant, -la Divinité le voulait ainsi sans doute, - avouèrent qu'ils n'étaient pas étrangers *** la science appelée chaldaïque ; mais ils ne dirent cela que comme par énigme, et en tenant le visage baissé vers la terre. Le père de Sosipatra, embrassant de nouveau leurs genoux, les conjura de se regarder comme les maîtres du domaine, de conserver sa fille sous leur autorité et d'achever son initiation. Les deux vieillards firent un signe de consentement et n'ajoutèrent pas une parole. Satisfait de ce qu'il considérait comme une promesse ou un oracle, le père sentit son courage se raffermir, bien qu'il ignorât au fond ce qu'il en était. En lui-même, il exaltait Homère, qui a chanté ainsi ce prodige divin : Les Dieux, s'assimilant *** des hôtes divers, Sous différents aspects, parcourent l'univers. Il croyait bien, en effet, avoir eu pour hôtes des Dieux, revêtus de la forme humaine. L'esprit plein de ce sujet, il fut saisi par le sommeil. Pendant ce temps-l***, les vieillards, ayant quitté la table et prenant avec eux l'enfant, lui remettent, d'un air bienveillant et sérieux, la robe qui faisait partie du vêtement dans lequel elle avait été initiée ; ils y joignent quelques autres objets, puis, donnent *** Sosipatra, pour le cacheter, le coffret qui contenait tout cela, après y avoir renfermé de plus un certain nombre de livres. Elle obéit, car elle n'avait pas moins de tendresse pour ses instituteurs que pour son père. Le jour étant venu ; et les portes ayant été, ouvertes, les travailleurs se rendirent *** leur ouvrage ; et ceux-ci sortirent avec les autres, selon leur coutume. L'enfant courut *** son père pour lui donner la bonne nouvelle : un des serviteurs portait le coffret. Le père, ayant demandé l'argent qu'il y avait, selon l'occurrence, et s'étant informé près de ses fermiers de tout ce qui était nécessaire, fit appeler les deux vieillards. On ne les put trouver nulle part. Alors, il dit *** Sosipatra : « Qu'est-ce l***, mon enfant ? » Celle-ci, après s'être un instant recueillie : « Maintenant, dit-elle, je comprends leurs paroles ; car, lorsqu'en pleurant ils me mirent ces objets dans la main, ils me dirent : Vois, mon enfant, nous allons vers l'Océan qui est au Couchant, et nous reviendrons bientôt. » Cela démontrait le plus clairement du monde que ces deux hommes, qui étaient ainsi apparus, étaient des génies. Et, en effet, de quelque côté qu'ils se soient dirigés, il est certain qu'on ne les revit plus. Le père, emmenant sa fille initiée et chastement inspirée du souffle divin, la laissa vivre dès lors *** sa guise, et ne se mêla en rien de ce qui la regardait : toutefois, il lui voyait avec peine garder un silence obstiné. Elle était déj*** arrivée *** la fleur de la jeunesse, n'ayant pas eu d'autres maîtres et citant sans cesse, non seulement les œuvres des poètes, mais aussi celles des philosophes et des orateurs. Tout ce que les autres apprennent, *** force de travail et de torture d'esprit, et ne savent même qu'imparfaitement et d'une manière obscure, elle le comprenait, elle, comme en se jouant et le mettait en lumière facilement et sans effort. Enfin, elle résolut de se marier. Assurément, il était hors de toute contestation que, parmi tous les hommes, Eustathe se trouvait le seul digne d'un tel hymen. Elle le choisit. Mais, avant, elle parla elle-même en ces termes *** Eustathe et ceux qui étaient présents : « Écoute, Eustathe, et que les assistants me servent de témoins. J'enfanterai de toi trois enfants, qui seront malheureux en tout ce qui paraît précieux aux mortels, mais dont aucun, ne manquera des biens célestes. Tu m'auras déj*** abandonnée pour une position vraiment belle et digne de toi ; mais, moi, j'en aurai peut-être une meilleure. Tu iras, en effet, te réunir au chœur des bienheureux dont la Lune est la demeure, et, dans cinq ans d'ici, - selon ce que je lis sur ton visage, - tu cesseras d'adorer ici-bas les Dieux et de philosopher : ta sortie de ce séjour sublunaire sera, d'ailleurs, une transition douce et facile. Je voudrais aussi parler de ce qui me concerne. » A ces mots, elle suspendit un instant son discours : « Mais, dit-elle en reprenant, ma divinité particulière me le défend. » S'étant ainsi exprimée, elle devint la femme d'Eustathe, conformément *** la volonté des Parques et les paroles qu'elle avait prononcées concordèrent entièrement avec les immuables destinées, car les faits se produisirent avec la même exactitude que s'ils avaient précédé ses prédictions. A propos de ces événements, il est nécessaire d'ajouter que Sosipatra, après la mort d'Eustathe, retourna dans ses terres et se fixa en Asie, près de l'antique Pergame. L***, le grand Edésius l'entoura de ses soins et de son affection ; il éleva même ses enfants. Sosipatra, alors, dressa en quelque sorte, dans sa propre maison, une chaire rivale de la sienne ; après avoir entendu Edésius, les disciples affluaient chez elle : et il n'était aucun d'eux qui n'aimât et n'admirât la logique serrée d'Edésius et qui ne se prosternât, plein de vénération, devant l'enthousiasme de Sosipatra. Philométor, cousin de cette femme illustre, vaincu par sa beauté et par son éloquence, en vint *** l'aimer et *** la trouver la plus divine de toutes les femmes : cette passion le dominait et s'imposait violemment *** lui. Il s'y livrait tout entier, et Sosipatra, de son côté, partageait ses sentiments. Elle s'adressa alors *** Maxime, un des familiers les plus intimes d'Edésius et presque son parent : «Apprends, lui dit-elle, Maxime, pour m'éviter quelque embarras, *** quel mal je suis en proie. » « - De quel mal voulez-vous parler ? demanda Maxime. » « - Voici, lui répondit-elle. Si Philométor est présent, c'est Philométor, et il ne diffère en rien de la plupart des hommes : mais, si je le vois s'en aller, je sens, au moment de son départ, quelque chose qui me mord, pour ainsi dire, et me tord le dedans du cœur. Il faut absolument, ajouta-t-elle, que tu travailles *** me soulager et que tu me donnes une preuve de ton pieux dévouement. » Maxime sortit tout fier, et se regardant déj*** comme le familier des Dieux, parce qu'il avait reçu d'une telle femme une telle confidence. Philométor, cependant, poursuivait son dessein. Mais Maxime s'y opposait : sa science, dans l'art des sacrifices, lui faisait connaître les moyens qu'employait Philométor, et il en mettait de plus forts et de plus puissants en usage, pour détruire l'effet de ceux-l***. Ces opérations terminées, Maxime courut aussitôt vers Sosipatra, et la conjura de veiller avec le plus grand soin, pour voir si, dans l'avenir, elle retomberait en proie au même mal. Mais elle lui dit qu'elle ne souffrait plus ; elle lui détailla alors toutes ses prières, toutes ses pratiques, en précisant l'heure où il les avait accomplies, comme si elle eût été présente, et lui énuméra tous les signes qui s'étaient montrés *** lui. A cette révélation, Maxime, frappé de stupeur, tombe sur le sol et proclame hautement que Sosipatra est une déesse. « Lève-toi, dit-elle, mon fils ; les Dieux t'aiment, puisque tes regarde sont tournés vers eux et que tu ne les abaisses oint vers les biens terrestres et périssables. » Maxime, ayant entendu ces paroles, sortit de la maison, plus orgueilleux que jamais d'avoir fait l'expérience certaine de la divinité de Sosipatra. A la porte, il rencontra Philométor qui entrait, rayonnant, avec de nombreux compagnons. Et, l'interpellant de loin, en enflant sa voix. « Ami Philométor, lui dit-il, au nom de tes dieux protecteurs, cesse donc de brûler du bois. C'est bien inutile. » Il faisait, ainsi, allusion aux maléfices dont il le savait coutumier. Philométor crut alors que Maxime était un dieu et se tint sur une extrême réserve. Il renonça *** son dessein et fut le premier *** rire de l'entreprise qu'il avait conçue. Des lors, Sosipatra vit Philométor sans contrainte, et même avec une distinction marquée, admirant, *** son tour, celui qui l'avait tant admirée. Un jour que tous ses disciples étaient réunis autour d'elle, et que Philométor était absent, il se trouvait, en effet, *** la campagne, - le sujet de la discussion roulait sur l'âme. Un grand nombre d'arguments s'étaient déj*** produits, quand Sosipatra prit la parole, et se mit *** les réfuter, l'un après l'autre, par ses démonstrations. Elle en vint, ensuite, *** traiter du dernier voyage de l'âme, de la partie qui est en elle sujette au châtiment, et de celle qui est immortelle. Puis, tout *** coup, au milieu de son enthousiasme et d'une sorte de fureur bachique, comme si la parole lui manquait, elle se fut, et, après un peu de temps, s'écria : « Qu'est cela ? Mon cousin Philométor se trouve traîné par son char. Le mauvais état de la route l'a fait verser, et il risque fort d'avoir les jambes cassées. Mais ses domestiques l'ont retiré sain et sauf, *** part quelques blessures sans gravité, aux coudes et aux mains. On le porte en litière, et il pousse des gémissements. » Telles étaient ses paroles; et il en était vraiment ainsi. C'est pourquoi, tous, étaient persuadés que Sosipatra avait le don d'ubiquité et se trouvait présente *** tous les événements, comme les philosophes l'affirment des Dieux. Elle mourut, laissant trois enfants. Il n'est aucun besoin de donner ici les noms de deux d'entre eux. Mais Antonin, lui, se montra digne de ses parents. (trad. Remacle) -- <http://users.otenet.gr/~sarbonne/actualite.html> Amicalement. Chaeréphon "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> |
| | ||||
| ||||
| |
![]() |
| Tags: |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
| |