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| Je sèche sur un fr. d'Erinna, donné tel quel par toutes les éditions, sans autre commentaire ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ γήραος ἄνθεα θνατοῖς. Je ne comprends pas la morphologie, *** moins de supposer une tradition défectueuse. Mais aucune édition ne signale le fait ou ne propose de correction. Votre avis ? -- <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> Amicalement. Chaeréphon "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> |
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| "Chaeréphon" <sarbone.avec2n***otenet.gr> a écrit dans le message de news: 47b31d03***neottia.net... > Je sèche sur un fr. d'Erinna, donné tel quel par toutes les éditions, sans > autre commentaire > > ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ γήραος ἄνθεα θνατοῖς. > > Je ne comprends pas la morphologie, *** moins de supposer une tradition > défectueuse. Mais aucune édition ne signale le fait ou ne propose de > correction. > > Votre avis ? > -- > <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> > > Amicalement. Chaeréphon > > "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". > <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> Bonjour, Je ne vois pas de problèmes morphologiques particuliers. Certes, ταὶ est du ionien, θνατοῖς, du dorien. On a vu dans Mélinno un mélange dorien éolien si vous vous en souvenez. C'est ici certainement cette langue poétique conventionnelle un peu artificielle. Les auteurs ne la maîtrisaient pas toujours très bien et il arrive qu'on y trouve des incohérences dialectales. Ce doit être le cas ici probablement. De plus le passage est trop court pour en faire une analyse vraiment fiable. On peut avoir un texte ionien parasité par du dorien ou le contraire. voici ce que je comprends : on a un antécédent féminin ***αυρολόγοι πολιαί son relatif ταὶ un [εἰσιν] + un attribut γήραος ἄνθεα + un datif d'attribution θνατοῖς Mon problème est ce *** quoi fait allusion le début du vers. je comprends : .... chenues, concises, qui sont les fleurs de la vieillesse pour les mortels. On peut aussi comprendre πολιαί comme "les vieilles" ou "anciennes" peut-être. Bien *** vous, O.F. |
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| Le 14/02/2008 08:47 , Oncle Fetide proposa ce qui suit : > > "Chaeréphon" <sarbone.avec2n***otenet.gr> a écrit dans le message de news: > 47b31d03***neottia.net... >> Je sèche sur un fr. d'Erinna, donné tel quel par toutes les éditions, >> sans autre commentaire >> >> ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ γήραος ἄνθεα θνατοῖς. >> >> Je ne comprends pas la morphologie, *** moins de supposer une tradition >> défectueuse. Mais aucune édition ne signale le fait ou ne propose de >> correction. >> >> Votre avis ? >> -- >> <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> >> >> Amicalement. Chaeréphon >> >> "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". >> <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> > > Bonjour, > > Je ne vois pas de problèmes morphologiques particuliers. Certes, ταὶ est > du ionien, θνατοῖς, du dorien. On a vu dans Mélinno un mélange dorien > éolien si vous vous en souvenez. C'est ici certainement cette langue > poétique conventionnelle un peu artificielle. Les auteurs ne la > maîtrisaient pas toujours très bien et il arrive qu'on y trouve des > incohérences dialectales. Ce doit être le cas ici probablement. De plus > le passage est trop court pour en faire une analyse vraiment fiable. On > peut avoir un texte ionien parasité par du dorien ou le contraire. > > voici ce que je comprends : > on a un antécédent féminin ***αυρολόγοι πολιαί > son relatif ταὶ > un [εἰσιν] + un attribut γήραος ἄνθεα + un datif d'attribution θνατοῖς > > Mon problème est ce *** quoi fait allusion le début du vers. > > je comprends : .... chenues, concises, qui sont les fleurs de la > vieillesse pour les mortels. > On peut aussi comprendre πολιαί comme "les vieilles" ou "anciennes" > peut-être. > > Bien *** vous, > O.F. Merci de cette réponse. C'est bien comme ça que j'avais aussi compris. Ce qui me chiffonnait, ce n'est pas les problèmes de dialectes, mais l'attribut ἄνθεα pour un sujet féminin. Par ailleurs, vu que c'est une citation de Stobée dans son chapitre "sur la vieillesse", j'avais le sentiment qu'il s'agit d'une phrase complète, non tronquée. D'où mes réserves *** supposer trop de choses devant ou derrière ces quelques mots. Cette phrase ressemble *** une sorte de proverbe. On a envie de traduire: "pauvres et grises les fleurs de la vieillesse pour les mortels", avec un jeu de mots sur la "fleur de la jeunesse", brillante, colorée et prolixe (prolifique). -- <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> Amicalement. Chaeréphon "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> |
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| Le 14/02/2008 08:47 , Oncle Fetide proposa ce qui suit : > > "Chaeréphon" <sarbone.avec2n***otenet.gr> a écrit dans le message de news: > 47b31d03***neottia.net... >> Je sèche sur un fr. d'Erinna, donné tel quel par toutes les éditions, >> sans autre commentaire >> >> ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ γήραος ἄνθεα θνατοῖς. >> > Mon problème est ce *** quoi fait allusion le début du vers. > Relisant le chapitre de Stobée intitulé ***ΕΡΙ ΓΗΡΩΣ ΟΤΙ ΟΥ ΦΑΥΛΟΝ je constate 1) que le propos de l'auteur est de montrer les avantages de la vieillesse, en accumulant les citations qui vont dans ce sens. 2) que les deux exemples qui précèdent la citation d'Erinna parlent des βουλαί des aînés, "les vieux de bon conseil". Et donc, il ne faut pas voir, comme je le pensais initialement, une espèce d'ironie dans les "fleurs de vieillesse". En tout cas pas dans la pensée de Stobée, ce qui n'exclut pas cette ironie chez Erinna, avec une espèce de détournement de citation de la part de Stobée. Et l'on pourrait supposer que l'antécédent de ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ est βουλαί. "(les conseils) concis et chenus, qui sont les fleurs de la vieillesse pour les mortels". MAIS je ne vois pas comment cette phrase pourrait tenir dans le poème d'Erinna, qui est une lamentation sur son amie trop tôt disparue, une évocation des souvenirs d'enfance, quand elles jouaient *** la tortitortue.... Qu'en pensez-vous, cher Oncle myrrhobolant ? -- <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> Amicalement. Chaeréphon "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> |
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| Le 14/02/2008 08:47 , Oncle Fetide proposa ce qui suit : > > "Chaeréphon" <sarbone.avec2n***otenet.gr> a écrit dans le message de news: > 47b31d03***neottia.net... >> Je sèche sur un fr. d'Erinna, donné tel quel par toutes les éditions, >> sans autre commentaire >> >> ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ γήραος ἄνθεα θνατοῖς. >> > On peut aussi comprendre πολιαί comme "les vieilles" ou "anciennes" > peut-être. > > Bien *** vous, > O.F. Je crois que votre dernière hypothèse est finalement la bonne et ouvre une piste intéressante. Au lieu de βουλαί que je suggérais dans un autre message comme antécédent de ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ, -- au nom de la cohérence du propos de Stobée -- je crois que l'on peut supposer γυναίκες: "(les femmes) concises et chenues qui sont les fleurs de la vieillesse chez les mortels". Cela cadrerait mieux avec le propos d'Erinna: pleurant la mort de la jeune Baucis, elle regrette que son amie ne soit pas parvenue *** un âge avancé, où les femmes aux cheveux gris sont les fleurs de la vieillesse... Mais pourquoi parler de femmes ***αυρολόγοι ? OR sur ce point l*** justement, il y a une leçon πραϋλόγοι donnée par H. Lloyd-***Jones and P. Parsons, Supplementum Hellenisticum (Berlin: De Gruyter, 1983) qui est intéressante. Ce qui donnerait: "(les femmes) aux cheveux gris, *** la conversation raffinée (plaisante, charmante), qui sont pour les mortels, les fleurs de la vieillesse". Cela est beaucoup plus cohérent avec le poème d'Erinna, résout tous mes problèmes de morphologie et de syntaxe. Mais cela laisse entrevoir que Stobée a lu ce qu'il espérait trouver pour son propos, *** moins qu'il s'agisse d'une manipulation volontaire pour éliminer l'importance des femmes dans la vie culturelle de SON époque... Mais l***, je m'égare... Non, réflexion faite, il a dû simplement mal lire, emporté par son propos *** lui sur les βουλαί des vieux, qui sont concises. Ou alors ce sont les copistes qui ne comprenaient plus πραϋλόγοι et qui ont restitué ***αυρολόγοι comme plus cohérent avec les βουλαί. -- <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> Amicalement. Chaeréphon "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> |
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| "Chaeréphon" <sarbone.avec2n***otenet.gr> a écrit dans le message de news: 47b3fa1c$1***neottia.net... > Le 14/02/2008 08:47 , Oncle Fetide proposa ce qui suit : >> >> "Chaeréphon" <sarbone.avec2n***otenet.gr> a écrit dans le message de news: >> 47b31d03***neottia.net... >>> Je sèche sur un fr. d'Erinna, donné tel quel par toutes les éditions, >>> sans autre commentaire >>> >>> ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ γήραος ἄνθεα θνατοῖς. >>> >> On peut aussi comprendre πολιαί comme "les vieilles" ou "anciennes" >> peut-être. >> >> Bien *** vous, >> O.F. > > Je crois que votre dernière hypothèse est finalement la bonne et ouvre une > piste intéressante. > > Au lieu de βουλαί que je suggérais dans un autre message comme antécédent > de ***αυρολόγοι πολιαί, ταὶ, -- au nom de la cohérence du propos de > Stobée -- je crois que l'on peut supposer γυναίκες: > > "(les femmes) concises et chenues qui sont les fleurs de la vieillesse > chez les mortels". > > Cela cadrerait mieux avec le propos d'Erinna: pleurant la mort de la jeune > Baucis, elle regrette que son amie ne soit pas parvenue *** un âge avancé, > où les femmes aux cheveux gris sont les fleurs de la vieillesse... > > Mais pourquoi parler de femmes ***αυρολόγοι ? > OR sur ce point l*** justement, il y a une leçon πραϋλόγοι > donnée par H. Lloyd-***Jones and P. Parsons, Supplementum Hellenisticum > (Berlin: De Gruyter, 1983) qui est intéressante. Ce qui donnerait: > > "(les femmes) aux cheveux gris, *** la conversation raffinée (plaisante, > charmante), qui sont pour les mortels, les fleurs de la vieillesse". > > Cela est beaucoup plus cohérent avec le poème d'Erinna, résout tous mes > problèmes de morphologie et de syntaxe. > > Mais cela laisse entrevoir que Stobée a lu ce qu'il espérait trouver pour > son propos, *** moins qu'il s'agisse d'une manipulation volontaire pour > éliminer l'importance des femmes dans la vie culturelle de SON époque... > > Mais l***, je m'égare... > > Non, réflexion faite, il a dû simplement mal lire, emporté par son propos > *** lui sur les βουλαί des vieux, qui sont concises. Ou alors ce sont les > copistes qui ne comprenaient plus πραϋλόγοι et qui ont restitué > ***αυρολόγοι comme plus cohérent avec les βουλαί. > -- > <http://users.otenet.gr/~sarbonne/poetriai.htm> > > Amicalement. Chaeréphon > > "Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre". > <http://users.otenet.gr/~sarbonne/index.htm> Comme vous je suis allé voir dans mon corpus s'il avait une cohérence dans les citations de Stobée et j'en ai conclu également que le lien est la supériorité de la vieillesse sur la jeunesse. Quelques remarques en 5 points : A/ oublions qui nous, sommes et mettons nous *** la place d'un Grec , le lecteur *** qui c'est destiné. C'est hors contexte et ça commence par deux féminins suivis d'un relatif au féminin. Ledit Grec ne lisant pas comme nous avec Bailly et éventuellement sa grammaire, et surtout tout l'arrière-plan figé de nos connaissances culturelles qui cherchent des répondants *** tout, comprend naturellement qu'il s'agit de femmes, de vieilles femmes. Il ne pense pas *** βουλαί. Il comprend *** vue. J'imagine une citation tronquée en français et hors de tout contexte. Je réagirais de la même façon et irais instinctivement et inconsciemment au sens le plus immédiat. B/ Erinna parle essentiellement de femmes dans son oeuvre vraisemblablement. Notre Grec le sait et cela vient étayer ma remarque A/. C/ Il est bien possible aussi qu'il y ait l*** mutation humoristique (ou revendicatrice ?) de l'image traditionnelle du vieux sage économe de ses mots qui dit *** la fois peu et beaucoup. Sous la plume d'Erinna, le sage Papet emblématique devient la sage Mamette, comme nous disons en Provence. Clin d'oeil que comprend notre Grec, qui le fait sourire, et qui comprend aussi pourquoi Stobée met cette citation *** cet endroit. D/ On peut trouver d'autres explications aussi cohérentes et totalement contraires. ***ersonnellement j'avais envisagé non βουλαί mais, vu l'époque de Stobée, ἀοιδαί, c'est *** dire les anciens chants, les anciens poèmes, en un mot la bonne vieille littérature. Nous voyons alors un Stobée laudator acti temporis et veterum sciptorum , ce qui lui va bien. Je fonde mon interprétation toujours sur intelligence du texte instinctive de notre lecteur Grec. ***αυρολόγοι peut s'appliquer *** des vers, *** des ἀοιδαί mais c'est moins immédiat, et comment se mettre dans la tête de notre ami Grec ? E/ Comment tirer quoi que ce soit de réellement fiable de notre approche de l'antiquité ? Linguistique, archéologie, histoire, simple intelligence d'un texte fût-il étendu, tout cela est complètement illusoire. Prétendre faire une science de telles choses est de l'imposture. C'est tout au plus, comme je l'ai dit sur le forum de latin, un amusement de salon. Il peut être brillantissime quand c'est vous qui vous y livrez, fort médiocre voire carrément mauvais quand c'est moi, mais il ne saurait être mis au rang des choses sérieuses et utiles. Bonne après-midi, Je descends surveiller la taille de mes vignes Bien amicalement et sincèrement, Le vieux parfumeur qui est tout sauf παυρολόγος |
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| Tags: erinna, grecques, potesses |
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