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| Le Quotidien du Médecin du : 05/12/2007 Unis contre la remise en cause du temps de travail de garde Les médecins hospitaliers européens font pression sur Bruxelles C'est une réunion critique pour les deux millions de médecins hospitaliers de l'UE : aujourd'hui et demain, le Conseil européen examine un projet modifiant le temps de travail des salariés européens. Le projet propose de ne plus compter dans le temps de travail le temps de garde << inactif >>. Inacceptable, tonnent les médecins, qui menacent d'une première << eurogrève >> des hôpitaux. La France, jusqu'à récemment leader de l'opposition à ce projet, semble avoir changé de camp : son vote sera déterminant. Les médecins français hurlent au scandale et rappellent Nicolas Sarkozy à ses engagements. LA TRACTATION se serait passée au plus haut niveau. Directement entre le sommet de l'Etat français et José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. La France aurait accepté les propositions de la commission modifiant l'aménagement du temps de travail en Europe, après s'y être opposée des années, en échange d'un deal sur le temps partiel. C'est du moins la version qui circule, à Paris et à Bruxelles, pour expliquer ce brusque revirement. Et l'inscription, en toute dernière minute, de la révision de la directive européenne sur le temps de travail à l'ordre du jour du Conseil européen. Les ministres du Travail et de la Santé des 47 Etats membres se réunissent demain et après-demain à Bruxelles pour se pencher sur la question. Rudes échanges en vue : la révision de la directive est bloquée depuis des années. Depuis que la nouvelle est tombée, c'est le branle-bas de combat dans tous les hôpitaux d'Europe. Car la directive, si elle se trouve modifiée comme le souhaite la Commission, bouleverserait la donne pour les médecins salariés (voir article ci-dessous). Fronde. La fronde médicale a vite pris corps. Le 23 novembre, le Comité permanent des médecins européens (CPME) a lancé un appel urgent aux 26 associations médicales nationales qui le constituent, pour faire pression sur les gouvernements et obtenir la promesse d'un vote négatif au Conseil de l'UE. <<Il est inacceptable de demander aux médecins de rester à disposition dans l'hôpital sans rétribution financière>>, assène Lisette Tiddens-Engwirda, secrétaire généraledu CPME. Partout en Europe, les médecins s'inquiètent des conséquences sur leur travail à l'hôpital (voir témoignages en encadré). En France, la mobilisation est maximale. Les syndicats ont bombardé Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand de messages. <<La France doit clairement faire entendre son désaccord, sinon, c'est une déclaration de guerre, et nous irons vers une grève dure>>, met en garde le Dr Patrick Pelloux, président de l'AMUF (urgentistes). Le SNPHAR (anesthésistes-réanimateurs) a rappelé à Nicolas Sarkozy ses engagements de campagne. En avril 2007, l'actuel président de la République avait opté pour une position claire : <<La requalification du temps de garde en périodes actives et inactives me paraît être une véritable usine à gaz inéquitable. Je n'y suis pas favorable.>> Fer de lance de la mobilisation aux quatre coins de l'Europe, la Fédération européenne des médecins salariés (FEMS) ne perd pas espoir. Son président, le Dr Claude Wetzel, un Français, explique : <<Nous garderons jusqu'au vote un maigre espoir que la France retourne dans le camp des opposants. Deux anciens ministres de la Santé, Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand, se sont engagés par écrit à refuser la distinction entre temps de garde actif et inactif. Si le droit européen intègre cette possibilité, nous espérons que la France ne l'appliquera pas au nom du principe de subsidiarité.>> Le lobbying des médecins portera-t-il ses fruits ? Réponse demain à l'issue du vote des ministres. Lundi, en tout cas, le camp des opposants déclarés ne comptait que deux pays, l'Espagne et l'Italie. Pas assez pour bloquer le projet de révision de la directive. Si le Conseil des ministres décide d'avaliser le projet, le Parlement européen devra ensuite se prononcer, sans doute au début de 2008. Les médecins préviennent : ils mettront une pression d'enfer sur les députés européens. <<Les gouvernements libéraux majoritaires en Europe, dont la France, feront aussi pression, anticipe le Dr Wetzel. Le risque de cristallisation est grand. Si le Parlement ne nous entend pas, on est parti pour la première grève européenne des hôpitaux.>> e détail du projet La Commission européenne formule cinq propositions : * Maintien du principe de l'<< opt-out >>. Cette disposition offre la possibilité de dépasser à titre dérogatoire le plafond fixé par la législation européenne, soit au maximum 48 heures de travail hebdomadaire. Critiqué par certains Etats, le maintien de l'<< opt-out >> est souhaité par d'autres, Grande-Bretagne en tête. * Allongement de la durée maximale de travail hebdomadaire, qui passerait, selon la lecture que les syndicats médicaux français font du projet de nouvelle directive, de 48 à 65 heures. * Nouvelle définition du temps de garde. Le noeud du problème pour les médecins hospitaliers dans toute l'Europe. Serait introduite la distinction entre le temps de garde actif et inactif. La période de garde considérée comme inactive (lorsque le salarié dort, par exemple) serait décomptée du temps de travail hebdomadaire. Aujourd'hui, les gardes sont intégralement considérées comme du temps de travail, ce qui n'est pas le cas des astreintes. * Report possible du repos compensateur. Le repos compensateur suivant une garde pourrait être pris dans les 72 heures. C'est l'autre point sensible qui agite le monde médical. Aujourd'hui, dans les hôpitaux français, ce repos, de 11 heures consécutives, est posé dans la foulée de la garde. Il est obligatoire depuis 2003, et perçu par les syndicats médicaux de l'Hexagone comme <<une avancée sécuritaire indispensable>>. Son éventuel report inquiète : <<Les anesthésistes- réanimateurs ont en moyenne 52ans, ce sont des hommes et des femmes comme les autres>>, fait valoir le SNPHAR. * La période de référence pour le calcul de la durée hebdomadaire moyenne de travail des salariés européens, actuellement de quatre mois, serait étendue à douze mois. Les opposants font remarquer qu'une telle mesure permettrait aux employeurs d'accroître la charge de travail de leurs salariés sur certaines périodes. |
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| Tags: autant, europens, gagner, hospitaliers, mdecins, moins, travailler |
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| Re: 70% des médecins veulent travailler plus pour gagner plus | casagui | Newsgroup fr.bio.medecine | 0 | 12/03/2008 20h44 |
| Re: 70% des médecins veulent travailler plus pour gagner plus | Uly | Newsgroup fr.soc.politique | 0 | 06/03/2008 19h22 |
| Re: 70% des médecins veulent travailler plus pour gagner plus | Uly | Newsgroup fr.bio.medecine | 0 | 06/03/2008 19h22 |
| Re: 70% des médecins veulent travailler plus pour gagner plus | aldo | Newsgroup fr.soc.politique | 0 | 06/03/2008 08h14 |
| Re: 70% des médecins veulent travailler plus pour gagner plus | aldo | Newsgroup fr.bio.medecine | 0 | 06/03/2008 08h14 |