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| URSS, comprendre la «Révolution trahie» d’hier, construire sa prochaine victoire : 1937 : C'est à la suite de l'envoi de cette lettre qu'Ignace Reiss, sur le chemin de l'exil pour rejoindre Trotsky et la IV° Internationale tombera, victime d'un guet-apens commandité par Staline, près de Lausanne, le 4 septembre 1937. Ignace REISS -1937- assassiné par Staline : ************************************************** ***************************** Lettre au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique d'Ignace Reiss (Ludwig) 17 juillet 1937 : « La lettre que je vous écris aujourd'hui j'aurais dû vous l'écrire depuis longtemps déjà, le jour où les « Seize » [1] furent massacrés dans les caves de la Loubianka, sur l'ordre du « Père des Peuples ». Je me suis tu alors. Je n'ai pas élevé la voix non plus pour protester lors des assassinats qui ont suivi, et ce silence fait peser sur moi une lourde responsabilité. » « Ma faute est grande, mais je m'efforcerai de la réparer, et de la réparer vite afin d'alléger ma conscience. Jusqu'alors j'ai marché avec vous. Je ne ferai pas un pas de plus à vos côtés. Nos chemins divergent ! Celui qui se tait aujourd'hui se fait complice de Staline et trahit la cause de la classe ouvrière et du socialisme ! » « Je me bats pour le socialisme depuis l'âge de vingt ans. Sur le seuil de la quarantaine, je ne veux pas vivre des faveurs d'un Ejov. » « J'ai derrière moi seize années de travail clandestin. C'est quelque chose, mais il me reste assez de forces pour tout recommencer. Car il s'agit bien de « TOUT RECOMMENCER : De sauver le SOCIALISME. » « La lutte s´est engagée il y a longtemps déjà [allusion à l’opposition de gauche et à Trotsky, note de wen]. Je veux y reprendre ma place. Le tapage organisé autour des aviateurs qui survolent le Pôle vise à étouffer les cris et les gémissements des victimes torturées à la Loubianka, à la Svobodnaia, à Minsk, à Kiev, à Leningrad, à Tiflis. » « Ces efforts sont vains. La parole, la parole de la vérité, est plus forte que le vacarme des moteurs les plus puissants. » « Les recordmen de l'aviation, il est vrai, toucheront les cœurs des ladies américaines et de la jeunesse des deux continents intoxiqués par le sport, plus facilement que nous arriverons à conquérir l'opinion internationale et à émouvoir la conscience du monde ! » « Que l'on ne s'y trompe pourtant pas : la vérité se fraiera son chemin, le jour de la vérité est plus proche, bien plus proche que ne le pensent les seigneurs du Kremlin. Le jour est proche où le SOCIALISME INTERNATIONAL [pléonasme volontaire de Reiss, note de wen] jugera les crimes commis au cours des dix dernières années. Rien ne sera oublié, rien ne sera pardonné. L'histoire est sévère : « le chef génial, le père des peuples, le soleil du socialisme », rendra compte de ses actes : la défaite de la révolution chinoise, le plébiscite rouge [2], l'écrasement du prolétariat allemand, le social-fascisme et le Front populaire, les confidences à Howard [3], le flirt attendri avec Laval : toutes choses plus géniales les unes que les autres ? » « Ce procès-là sera public, avec des témoins, une multitude de témoins, morts ou vivants ; ils parleront tous une fois encore, mais cette fois pour dire la vérité, toute la vérité. Ils comparaîtront tous, ces innocents massacrés et calomniés, et le mouvement ouvrier international les réhabilitera tous, ces Kamenev et ces Mratchkovski, ces Smirnov et ces Mouralov, ces Drobnis et ces Serebriakov, ces Mdivani et ces Okoudjava, ces Rakovski et ces Andrès Nin, tous ces « espions et ces provocateurs, tous ces agents de la Gestapo et ces saboteurs »." « Pour que l'Union soviétique et le mouvement ouvrier international tout entier ne succombent pas définitivement sous les coups de la contre-révolution ouverte et du fascisme, le mouvement ouvrier doit se débarrasser de ses Staline et de son stalinisme. Ce mélange du pire des opportunismes - un opportunisme sans principes - de sang et de mensonges menace d'empoisonner le monde entier et d'anéantir les restes du mouvement ouvrier. » « Lutte sans merci contre le stalinisme ! » « Non au front populaire, oui à la lutte des classes ! Oui à l'intervention du prolétariat pour sauver la révolution espagnole : telles sont les tâches à l'ordre du jour ! » « A bas le mensonge du " SOCIALISME DANS UN SEUL PAYS " ! » « Retour à l'internationalisme de Lénine ! « Ni la II°, ni la III° Internationale ne sont plus capables d'accomplir cette mission historique : désagrégées et corrompues, elles ne peuvent empêcher la classe ouvrière de combattre ; elles ne servent que d'auxiliaires aux forces de police de la bourgeoisie. » « Ironie de l'Histoire : jadis la Bourgeoisie puisait dans ses rangs les Cavaignac et Galliffet [en France ceux qui écrasèrent dans le sang la Commune de Paris, note de wen], les Trepov et les Wrangel. Aujourd'hui c'est sous la "glorieuse" [formule de dérision, note de wen] direction des deux Internationales que des prolétaires remplissent, eux- mêmes, le rôle de bourreaux de leurs propres camarades. La bourgeoisie peut vaquer tranquillement à ses affaires; partout règnent « l'ordre et la tranquillité » : il y a encore des Noske et des Ejov, des Negrin et des Diaz. Staline est leur chef et Feuchtwanger leur Homère ! » « Non, je n'en peux plus. Je reprends ma liberté. Je reviens à Lénine, à son enseignement et à son action ! ». « J'entends consacrer mes modestes forces à la cause de Lénine : je veux combattre, car seule notre victoire – la victoire de la révolution prolétarienne – libérera l'humanité du capitalisme et l'Union soviétique du stalinisme ! » « En avant vers de nouveaux combats pour le socialisme et la révolution prolétarienne ! Pour la construction de la IV° Internationale ! » Ludwig (Ignace REISS), le 17 juillet 1937. P.S. : En 1928 j'ai été décoré à l'Ordre du « Drapeau Rouge », pour services rendus à la révolution prolétarienne. Je vous renvoie cette décoration ci jointe. Il serait contraire à ma dignité de la porter en même temps que les bourreaux des meilleurs représentants de la classe ouvrière russe. Les Izvestia ont publiés au cours des deux dernières semaines des listes de nouveaux décorés dont les fonctions sont passées pudiquement sous silence : ce sont les exécutants des peines de mort. NOTES : [1] Inculpés du premier procès de Moscou. [2] Plébiscite réclamé en Saxe par les nationaux-socialistes contre le gouvernement social-démocrate et soutenu par les communistes. [3] Staline avait déclaré, en mai 1935, au journaliste américain Roy Howard que l'idée que l'URSS pouvait encourager une révolution socialiste mondiale relevait de la " tragi-comédie ". ************************************************** ********************************* Ainsi, c'est en route pour rejoindre Trotsky et la IV° INTERNATIONALE, notamment avec l'aide d'un des fils de Trotsky, Lev Sedov, (qui attendait en France), qu'Ignace Reiss fut sauvagement exécuté par la main du Kremlin. Et ceci dans la même période que toute la « vieille garde Bolchevique » et sa « jeune garde » (dont les 2 fils de Trotsky et près de 100 membres de la famille de Léon Davidovitch Trotsky portant son nom de famille : Bronstein) Cette traque, la répression à outrance, les procès truqués, les meurtres de masses, rendent indécents et méprisables ceux qui, 90 ans après la révolution d'octobre 1917, tentent (tel S. Courtois) de mettre un signe égal entre les bourreaux et les victimes ! C'est à dire entre le Communisme Bolchevique Internationaliste et l'anti-communisme totalitaire des stalino-fascistes ! Le mobil des falsifications qui plaide pour cet amalgame est simple : Tenter d'enrayer une nouvelle révolution anti capitaliste, qui réussirait, cette fois, à mettre à bas le régime de la propriété privée des moyens de production, le système de l'exploitation d'une immense majorité d'hommes par une toute petite minorité d'individus sans aucun scrupule. Cete petite minorité d'impérialistes ne lésine pas pour se "payer" les médias, les politiciens, les agents du FMI et des ONG. Le sujet abordé ici ne doit pas non plus occulter que si le stalinisme a fait des millions de morts, le système bourgeois (qui, pour son profit, en est à sa « 4° Guerre Mondiale », cf. G W Bush) a tué bien plus de gens que les avatars du communisme ! De plus, il faut que ça se sache, l'ONU (à elle seule) à cautionné et organisé un nombre de victimes qui s’approche largement du milliard : Et ceci, directement par les guerres et leurs conséquences, et indirectement, par l’organisation de l’insularité, de l’oppression, des maladies et de la malnutrition. Vive la démocratie, vive la révolution socialiste internationale : wen. PS : On notera que ce que je dis ici pousse maintenant, la cohorte puante des falsificateurs, à remonter (dans leur déchaînement d’infamie) bien plus avant que Lénine ou Marx, mais à remettre en cause le jacobinisme et à verser des larmes (de crocodiles) sur les Anciens Régimes monarchistes et chrétiens : Comme c’est le cas de Soljenitsyne et Courtois (par exemple), mais aussi des édiles, journalistes et penseurs de l’UE (Union Européenne), bref de toute cette racaille de « Maastrichtiens de garde » ! |
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| Tags: comprendre, dhier, rvolution, trahie, urss |
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