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  #1 (permalink)  
Vieux 16/09/2007, 14h59
wen.kroy
 
Messages: n/a
Par défaut Re: La fin des souverainetés et des libertés en Europe. « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire » (les libertes fondamentales menacées en europe suite a l'obeissance de l'europe aux injonctions securitaires et liberticides

Monsieur Status,

Bien des politiciens "vertueux" sont au courant de ce que vous nous
livrez comme informations (ci-dessus) très courageusement.
Informations qui confirment pleinement la logique qui voudrait qu'un
parti démocratique et républicain, Ã*** plus forte raison "ouvrier" et se
disant "républicain", "socialiste", "communiste", "anarcho-
syndicaliste" ou "trotskyste" ne peut qu'oser mettre en premier point
de son programme : "LA RUPTURE AVEC l'U.E. !"

A l'occasion de la dernière présidentielle, seul Gérard Schivardi
(quitte Ã*** subir les pires attaques ou boycottage) avait ce point (de
rupture immédiate) en numéro 1 de sa profession de foi, ainsi que
le Parti des Travailleurs, les maires, syndicalistes et comités qui
le soutenaient.

LES AUTRES AVAIENT LA CULOTTE ABAISSÉE !

TOUS LES 11 AUTRES !

Quand aux injures que moi-même j'ai pu subir sur les N.G.
elles sont passées par dessus ma tête.
Mais de ces "aristoloches mal désherbés", je n'ai pas perdu
la liste : En particulier les agressions mensongères et les
falsifications (dignes d'un Goebbels ou d'un Staline) du
"professionnel" de la chose qui signe "fff".

L'heure est grave comme en témoigne votre témoignage et celui
de Silvia Cattori...

Est-il temps pour certains de ces "Lèche-BUSH" de se reprendre ?

Je l'ignore, en attendant le PT (soutenu par l'Alliance Européenne
des Travailleurs) prépare, avec Gérard Schivardi et ses soutiens,
la reconstruction d'un réel "parti ouvrier et démocratique indépendant".
Indépendant des intérêts des impérialistes US et de leurs "compradores"
en Europe et qui se disent (mensongèrement) du côté des peuples.

Salutations socialistes et républicaines :
wen
************************************************** ******************************

<level-status***caramail.com> a écrit dans le message de news: 1189948471.791078.226630***o80g2000hse.googlegroups. com...
La fin des souverainetés et des libertés en Europe
Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de
l’Empire »
par Silvia Cattori*

Les lois « antiterroristes » imposées par les États-Unis ont servi Ã***
jeter les bases sur lesquelles se construit un nouvel ordre de droit,
observe le sociologue belge Jean-Claude Paye. Elles s’appliquent
désormais dans tous les États européens. Tout citoyen européen
ordinaire peut, aujourd’hui, être surveillé dans son propre pays par
des services secrets étrangers, être désigné comme un « ennemi
combattant », être remis aux tortionnaires de la CIA et être jugé par
des commissions militaires états-uniennes.
--------------------------------------------------------------------------------

http://www.voltairenet.org/article151318.html

12 septembre 2007

Depuis
Bruxelles (Belgique)

Thèmes
Torture
Guerre globale au « terrorisme »

Jean-Claude Paye et son ouvrage « La fin de l’État de droit
» (Éditions de La Dispute, 2004. Son second ouvrage : « The Global War
on Liberty », Telos Press Publishing, 2007)
Silvia Cattori : En lisant vos deux ouvrages La fin de l’État de
droit. La lutte antiterroriste : de l’état d’exception Ã*** la dictature
et Global War on Liberty [1] on comprend une chose que les
responsables politiques veulent nous cacher : que toutes les mesures
prises dans le cadre du Patriot Act [2] —présentées comme devant
concerner des organisations terroristes— ont été généralisées et
touchent désormais l’ensemble des citoyens. On peine Ã*** comprendre
comment les États européens ont pu approuver l’abandon de leur ordre
légal et soumettre leurs sociétés Ã*** ces lois d’exception ?

Jean-Claude Paye : Il n’y a rien en effet dans les accords européens
d’extradition, signés en 2003, qui empêche les citoyens européens
d’êtres traînés devant les juridictions d’exception des États-Unis. Il
faut savoir que ces accords, qui légitiment ces Tribunaux d’exception,
sont le résultat d’années de négociations secrètes. Ils ne sont que la
partie émergée de l’iceberg. Une partie du texte concernant ces
accords a été rendue visible parce qu’elle devait être ratifiée par le
Congrès des États-Unis.

Du côté européen, il n’était pas nécessaire de les faire ratifier par
le Parlement européen et les Parlements des États membres n’ont eu
aucune possibilité d’influer sur le contenu des accords. Ce sont de
simples fonctionnaires mandatés par les divers États membres qui
négocient au niveau européen.

Silvia Cattori : Mais, en signant ces accords, le Conseil européen a
précipité nos pays dans un univers kafkaïen ! Si ces accords n’ont pas
été ratifiés par le Parlement européen pourquoi les avoir acceptés ?

Jean-Claude Paye : Ils n’ont pas été ratifiés —le Parlement européen a
seulement un avis consultatif— mais ils ont force de loi. C’est très
révélateur de la structure impériale mise en place. On peut voir que
la seule structure étatique souveraine qui subsiste, ce sont les États-
Unis. L’Union européenne, par exemple, est une structure tout Ã*** fait
éclatée.

Silvia Cattori : À quel niveau cette négociation a-t-elle lieu ?

Jean-Claude Paye : Au niveau des représentants du Conseil européen. Ce
sont des fonctionnaires qui ne doivent quasiment pas rendre de
comptes. Ce sont les délégués permanents en charge des affaires de
police et justice, désignés par les États membres. Ce sont des
fonctionnaires européens ou nationaux qui deviennent des satellites de
l’Administration des États-Unis. Cela est valable au plan judiciaire,
mais aussi au plan économique.

Silvia Cattori : L’Union européenne n’est donc pas intéressée Ã***
protéger ses citoyens. Tout lui échappe ?

Jean-Claude Paye : Oui, évidemment. On l’a construite de façon Ã*** ce
que tout lui échappe. Cela montre que l’Union européenne n’est pas une
alternative Ã*** la puissance des États-Unis. Au contraire, elle est
intégrée dans cette puissance impériale, elle en est un simple relais
[3]

Avant le 11 septembre 2001 les États-Unis négociaient de façon
bilatérale. À l’époque, ils hésitaient Ã*** négocier avec une entité
comme l’Europe des quinze car il y avait toujours un État membre qui
n’était pas d’accord. Avec les attentats du 11 septembre, les choses
se sont accélérées et simplifiées pour les États-Unis. Ils continuent
de négocier des accords bilatéraux mais, maintenant, ils traitent
aussi directement avec l’Union européenne parce qu’ils ont le rapport
de force nécessaire pour que leurs demandes soient d’emblée acceptées.
On l’a vu lors des accords concernant les données de surveillance des
passages aériens. Un premier accord avait été signé en 2004, puis un
second en 2006 et un troisième en 2007. À chaque fois, les États-Unis
ont augmenté leurs exigences.

L’accord sur les données concernant les voyageurs qui se rendent aux
États-Unis —entré en vigueur le 29 juillet 2007— est un bel exemple.
Dans cet accord, les Européens ont vidé de leur substance toutes les
protections légales, nationales et européennes, qui existent en
matière de données personnelles. Celles-ci sont accessibles 72 heures
avant l’embarquement. Les compagnies aériennes doivent transmettre le
numéro des cartes bancaires, le trajet que vous ferez aux États-Unis.
Ces derniers ont le droit d’empêcher l’accès au territoire, ils ont
tous les droits. Les citoyens étrangers ne sont pas protégés par les
lois des États-Unis. Lors des négociations, Washington a concédé que
les Européens seraient traités comme les citoyens des États-Unis, mais
il s’agit lÃ*** d’un privilège concédé par l’administration, qui n’a pas
force de loi et sur lequel le pouvoir exécutif peut revenir.

Silvia Cattori : Plus rien ne s’oppose Ã*** la mise en place d’un système
policier ?

Jean-Claude Paye : Évidemment ! Les gouvernements européens veulent
réaliser la même prise en main de nos libertés. Les exigences des
États-Unis leur en donnent l’occasion. Ils vous disent : « Nous sommes
obligés d’accepter les demandes des États-Unis car les compagnies
européennes ne pourront plus atterrir lÃ*** bas ». Ils agissent comme si
les États européens n’avaient aucun moyen de rétorsion et ne pouvaient
pas, Ã*** leur tour, interdire aux compagnies US d’atterrir en Europe. En
fait, ils veulent faire la même chose que l’administration états-
unienne. Il y a déjÃ*** le projet d’instaurer des échanges d’information
similaires au niveau européen.

Silvia Cattori : En Grande-Bretagne, les lois « antiterroristes »
permettent de poursuivre toute personne tenant des propos considérés
comme susceptibles de « créer une atmosphère favorable au terrorisme
». Ces lois peuvent-elles également s’étendre Ã*** d’autres États ?

Jean-Claude Paye : Oui. En Grande-Bretagne, le gouvernement Blair a pu
criminaliser toute forme d’opposition radicale Ã*** sa politique
étrangère par le biais de la loi. Sur le continent, les États
cherchent Ã*** agir par le biais de la jurisprudence. Il y a eu un procès
fort intéressant concernant des militants et sympathisants du DHKPC en
Belgique, une organisation d’opposition radicale turque [4], qui
montre comment le pouvoir cherche Ã*** créer des tribunaux d’exception
pour faire passer une jurisprudence d’exception. Par la création de
ces tribunaux le pouvoir cherche Ã*** criminaliser toute forme de
soutien, même verbal, Ã*** des groupes labellisés comme « terroristes »
par les États-Unis, inscrits ensuite dans la liste européenne des
organisations « terroristes ».

Silvia Cattori : En somme, ces lois « antiterroristes » mises en place
après les attentats du 11 septembre 2001, servent non seulement les
desseins de l’administration Bush, mais aussi ceux des gouvernements
européens ?

Jean-Claude Paye : Les mesures dont nous parlons ont été mises en
place avant le 11 septembre 2001. Le Patriot Act réunit un ensemble de
mesures qui existaient déjÃ*** partiellement. Le but du Patriot Act
n’était pas uniquement d’imposer les mesures prises, mais de leur
donner une légitimité. Ce qui était parcellaire, dispersé, est
maintenant rassemblé en une seule loi. Ce qui donne une légitimité aux
mesures qui sont prises.

Silvia Cattori : Peut-on en déduire que les États-Unis avaient besoin
d’un grand attentat pour faire passer en force cette modification du
droit pénal ?

Jean-Claude Paye : Bien évidemment ! Il faut savoir que le Patriot
Act, qui a été déposé trois jours après les attentats, comprend 128
pages. Le système pénal des États-Unis est complexe, il fonctionne par
renvois. Cela veut dire qu’une loi modifie le contenu d’autres lois
pénales. Si on prend l’ensemble des modifications, cela correspond Ã***
350 pages. Il faut au moins un an pour rédiger un tel texte.

Au niveau de l’Union européenne, ce n’est pas moins caricatural. Les
deux décisions cadre —celle relative aux organisations « terroristes »
et celle relative au mandat d’arrêt européen— ont été déposées une
semaine après les attentats. LÃ*** aussi il s’agit de textes qui étaient
prêts. On attendait une occasion pour les faire passer.

Silvia Cattori : Ce qui veut dire que M. Bush depuis 2001, M. Sarkozy
maintenant, peuvent se servir de ces procédures d’exception pour
transformer en ennemis qui ils veulent ?

Jean-Claude Paye : Au moment où ces textes ont été adoptés, on avait
déjÃ*** une bonne idée de ce Ã*** quoi ils pouvaient conduire. La liste des
réseaux « terroristes » vient de l’Union européenne. C’est un
règlement européen de 2001 qui la met en place. Dans mon livre La fin
de l’État de droit, je prends le cas d’un communiste philippin, José
Maria Sison, un réfugié politique reconnu qui avait obtenu l’asile
politique aux Pays-Bas. Inscrit sur la liste « terroriste » des États-
Unis, son nom a été ensuite transcrit sur la liste « terroriste »
hollandaise. M. Sison a appris qu’il était inscrit sur la liste «
terroriste », quand on a bloqué ses comptes et qu’on l’a expulsé du
logement social qu’on lui avait attribué. Il a été par la suite retiré
de la liste hollandaise mais comme, entre temps, il avait été inscrit
sur la liste européenne du Conseil, le gouvernement hollandais s’est
servi du prétexte que M. Sison figurait sur la liste « terroriste »
européenne, pour maintenir les dispositions qu’il ne pouvait pas
justifier.

Ce qui est intéressant dans ce cas, c’est que, le 11 juillet 2007, la
Cour européenne de Luxembourg a cassé la décision du Conseil européen.
Elle a stipulé qu’il n’y avait pas de raison d’inscrire M. Sison sur
la liste « terrorisme » du Conseil qui permet le blocage des comptes.
Le jugement stipule bien que c’est l’absence de « motifs pertinents »
et le non-respect des droits de la défense qui ont fait que la
décision du Conseil européen a été cassée.

Cependant, le 28 août, M. Sison a été une nouvelle fois arrêté par la
police hollandaise, en violation de la décision de la Cour de justice.
Ce cas est significatif des rapports qu’il y a aujourd’hui entre la
Justice —qui est la dernière institution de résistance Ã*** la
concentration des pouvoirs aux mains de l’exécutif— et la police. Cela
montre que la police fait ce qu’elle veut, en violant les décisions de
justice.

Silvia Cattori : Il semblerait que la première transcription sur la
liste « terroriste » française des décrets promulgués récemment par M.
George Bush, qui criminalisent les organisations et individus
s’opposant Ã*** la politique actuelle en Irak et au Liban, a commencé.
Une liste de noms pourrait être prochainement publiée conjointement
par la France et les États-Unis. Quand le dispositif législatif
relatif au blanchiment fut voté en janvier 2006 par le Parlement en
France [5], personne ne s’est douté qu’il servirait Ã*** frapper des
opposants politiques ?

Jean-Claude Paye : Dans chaque pays, il y a une liste interne des
organisations « terroristes ». Généralement, il s’agit de la simple
transcription de la liste du Conseil européen, Ã*** laquelle il est
ajouté des éléments complémentaires.

Je l’apprends en ce qui concerne le Liban. Il semble ici qu’on a
ajouté des éléments complémentaires sur les éléments d’opposition
politique au Liban. Il serait intéressant de savoir si ces éléments
vont être intégrés dans la liste du Conseil européen.

Ce n’est pas un Tribunal qui déclare qu’un tel est « terroriste » ;
c’est une simple autorité administrative qui vous inscrit, sans qu’il
y ait aucune explication justifiant de vous mettre sur cette liste «
terroriste ».

Silvia Cattori : Qu’est-ce que tout cela vous inspire ?

Jean-Claude Paye : Cela montre que presque tous les pouvoirs sont
actuellement concentrés entre les mains de l’exécutif. Que l’exécutif
a maintenant des pouvoirs judiciaires. C’est le pouvoir exécutif qui
décide que l’on peut prendre telle ou telle mesure Ã*** votre égard.

L’exemple touchant l’opposition au Liban et l’exemple de José Maria
Sison, sont exactement la même chose. Il s’agit de décisions sans
motivations. Sauf, qu’avec le Liban, il y a une extension, puisqu’il
ne suffit pas d’être membre d’une organisation qui est désignée comme
« terroriste » pour être incriminé, mais d’avoir simplement des
contacts avec ses membres. C’est une tendance générale qui prévaut au
niveau de l’application des législations « antiterroristes ».

Silvia Cattori : Donc, le but du Patriot Act et des autres lois «
antiterroristes », est celui de s’attaquer aux libertés
fondamentales ?

Jean-Claude Paye : Oui, l’objectif est de supprimer les libertés
fondamentales.

Silvia Cattori : On aurait pu s’attendre Ã*** ce que toutes les forces
politiques dénoncent ces normes d’exception. La gauche, qui se
présente comme défenseur de la justice sociale, ne devrait-elle pas se
mobiliser, exiger que l’on revienne tout de suite Ã*** l’État de droit ?

Jean-Claude Paye : La Gauche ? Quelle gauche ? Regardez aux États-
Unis. Les démocrates votent les lois les plus liberticides élaborées
par le Parti républicain. Le Military Commission Act, adopté en 2006,
a été voté également par une partie du Parti démocrate qui, pourtant,
est majoritaire Ã*** la Chambre et avait la possibilité d’empêcher cette
loi de passer.

Chez nous, c’est la même chose. On ne voit pas la différence avec la
droite quand la gauche est au pouvoir, mise Ã*** part une accélération,
comme c’est le cas avec le président Sarkozy. Par exemple, en France,
les premières mesures de surveillance du net, des mesures de
surveillance globale, ont été mises en place par le gouvernement de
Lionel Jospin.

Le seul appareil qui manifeste une petite résistance est l’appareil
judiciaire. Aux États-Unis, il y a des arrêtés pris par l’exécutif qui
sont cassés. Par exemple, quand la Cour de cassation en Belgique casse
pour vice de forme le jugement en appel des militants du DHKCP, c’est
une résistance Ã*** l’appareil judiciaire. Le problème est qu’il n’y
aucun relais dans la société civile. Cette absence de relais s’ajoute
au silence des médias. On ne peut pas espérer d’une institution isolée
qu’elle puisse mener longtemps la résistance.

Silvia Cattori : Mais c’est une attaque contre la liberté d’opinion
qui s’étend au monde entier. Il est donc capital que les partis
politiques se préoccupent de ces dérives et que les citoyens sachent
que ces nouvelles lois permettent, sur la base d’un simple soupçon, de
maintenir n’importe qui en prison sans inculpation et sans procès, que
plus personne n’est protégé par la loi, qu’il s’agit d’un arbitraire
total ! Comment expliquer que, dans les Forum sociaux, les alter
mondialistes, les responsables d’Attac, ne mettent pas ces questions
au centre du débat ?

Jean-Claude Paye : Ils n’en parlent pas. Ils ne veulent pas en parler.
Cela touche aux problèmes fondamentaux. Ils ne veulent pas parler de
ces problèmes car ils devraient affronter directement le pouvoir. Ces
préoccupations sont secondaires pour eux. Elles ne font pas non plus
partie du programme d’Attac. Ils parlent de la taxe Tobin, de choses
périphériques. On est dans une société psychotique, une société du non
affrontement.

Ce ne sont jamais les partis qui gouvernent qui protègent les
citoyens. Chaque fois que les partis ont fait passer des mesures
favorables aux citoyens, c’est parce qu’il y avait un rapport de force
qui les y a obligés. La démocratie se conquiert chaque jour, elle
n’est jamais octroyée.

Si vous étudiez et expliquez ces lois « antiterroristes » lÃ***, vous
dévoilez exactement la nature du pouvoir. Vous ne pouvez plus parler
de pouvoir démocratique, vous voyez une société qui est déjÃ*** en marche
vers la dictature. Vous voyez que chaque nouvelle mesure prise est
pire que la précédente. Les choses sont très claires. Mais on se
refuse Ã*** les voir comme elles sont.

Le problème fondamental n’est pas que le pouvoir se transforme en
dictature, car, comme l’histoire le montre, un pouvoir incontrôlable
se transforme toujours en dictature. Le problème fondamental de notre
époque est l’abdication des gens devant ce processus. Et cela est un
phénomène assez nouveau. Les gens abandonnent au pouvoir et Ã*** la
machine économique leurs libertés ; et Ã*** terme, vu les problèmes
environnementaux et climatiques, leur survie en tant qu’espèce
vivante.

Silvia Cattori : Depuis quand aviez-vous pressenti que les choses
allaient évoluer dans ce sens, et que des gens qui critiquent le
système politique et médiatique allaient être interdits de parole ?

Jean-Claude Paye : Dès la fin des années 90. DéjÃ*** Ã*** cette époque, on
voyait se mettre en place cet État policier. Mais les lois mises en
place Ã*** l’époque semblent presque démocratiques par rapport Ã*** ce que
nous voyons aujourd’hui. Le processus connaît une forte accélération.

Silvia Cattori : Cela signifie que l’Autorité exécutive des États-Unis
s’attaque directement aux droits fondamentaux des citoyens du monde
entier, dont ceux de l’Union européenne !?

Jean-Claude Paye : Oui évidemment ! Mais il ne s’agit pas seulement de
l’exécutif états-unien, mais l’ensemble des exécutifs de la planète
entre lesquels il y a une vraie solidarité contre leurs populations.
Les prisons secrètes de la CIA sont un bon exemple de ce processus
[6]. Au niveau européen, des administrations ont directement été
intégrées dans cette organisation de la torture. Dans le meilleur des
cas, tout ce que l’on a pu obtenir des gouvernements européens est
qu’ils se comportent comme les trois petits singes : aveugles, sourds
et muets [7].

Silvia Cattori : Que va-t-il advenir Ã*** ceux qui sont inscrits sur ces
listes « terroristes », qui, elles, demeurent secrètes ?

Jean-Claude Paye : Les listes « terroristes » ne sont pas toutes
secrètes. Au niveau européen, seule la liste « Europol » est secrète.
Elle permet de prendre des mesures de surveillance et la mise en œuvre
de techniques spéciales de surveillance et de recherches secrètes Ã***
propos de personnes désignées comme « terroristes » [8].

La liste du Conseil européen permet de prendre des mesures
financières, tel le blocage des comptes bancaires. Tous ces éléments
vont être utilisés si le rapport de force est favorable au pouvoir en
place. La première chose Ã*** faire est de révéler ce qui se passe, de
diffuser le maximum d’informations et de faire en sorte que ces listes
soient connues.

Silvia Cattori : Cela ne vous suggère aucune analogie ?

Jean-Claude Paye : Oui, le climat des années trente. Mais,
actuellement, il se met en place une dictature mondiale. Une espèce de
« meilleur des monde » et non un simple processus de « fascisation ».

Silvia Cattori : Depuis 2001, on kidnappe des gens, on torture des
prétendus « terroristes » d’origine arabe et de confession musulmane.
Doit-on s’attendre Ã*** ce que, demain, on punisse ceux qui dénoncent ces
abus ?

Jean-Claude Paye : L’empire a besoin d’ennemis. Il créé, il invente
ses propres ennemis.

La première chose Ã*** faire est de montrer ce qui est caché [9]. Il y a
tant de lois permettant de faire n’importe quoi, n’importe quand !
Mais cela se fait en fonction de la résistance immédiate des
intéressés. Auparavant, il y avait un cadre législatif qui nous
protégeait. Maintenant, ils peuvent faire n’importe quoi si ils ont la
capacité de l’imposer. Aujourd’hui, les choses reposent sur un pur
rapport de force.

Silvia Cattori : M. Dick Marty [10], mandaté par le Conseil de
l’Europe, pourra-t-il obtenir de l’Union européenne qu’elle annule ces
listes illégales ?

Jean-Claude Paye : Le rapport que M. Dick Marty a rédigé est très
important ! Son rapport fait tache, il s’oppose Ã*** la ligne politique
des gouvernements européens. Mais, dans les faits, M. Marty n’a aucun
pouvoir ; son rapport n’a rien pu changer car il est Ã*** contre courant.
Ce rapport est cependant essentiel.

Silvia Cattori : Ces politiques qui nous parlent de justice et de
liberté, c’est du vent ?

Jean-Claude Paye : Il faut être lucides, montrer les choses telles
qu’elles sont. Ceux qui font des critiques en se limitant Ã*** dire : «
Oui il faut des lois antiterroristes, c’est nécessaire de lutter
contre le terrorisme, mais il faut éviter les abus » ne font que
légitimer le point de vue du pouvoir. Il faut montrer que les lois,
qui ont pour but déclaré de lutter contre le « terrorisme », sont en
fait des lois contre les populations.

La dernière loi promulguée aux États-Unis, le Military Commission Act,
est une loi constitutionnelle de portée mondiale, comme je le démontre
dans mon dernier livre Global war on Liberty. Le président des États-
Unis a la possibilité de désigner comme ennemi tout citoyen états-
unien ou tout ressortissant d’un pays avec lequel les USA ne sont pas
en guerre. La gestion des populations, citoyens états-uniens compris,
devient un acte de guerre et non plus seulement une action de police.

Prenons l’exemple de l’Accord Swift. Swift est une agence belge qui
s’occupe des transferts financiers internationaux. Swift a transmis,
depuis 2001, toutes les informations sur les transactions de ses
clients en violant, non seulement la législation belge, mais la
législation européenne [11]. C’est le droit des États-Unis qui
s’applique en Europe.

Tout ce qui est dit par l’administration états-unienne est du domaine
de la foi. La thèse gouvernementale sur les attentats du 11 septembre,
personne ne peut rationnellement la croire. Le rapport de la
Commission n’indique même pas qu’une troisième tour s’est effondrée.
C’est un rapport psychotique dans lequel le discours du maître se
substitue aux faits eux-mêmes. Un récent sondage Zogby montre que la
majorité des États-uniens souhaite la réouverture de l’enquête [12].
Alors qu’en Europe, le simple fait de poser des questions est
stigmatisé.

Silvia Cattori : Quel mécanisme reste-t-il pour exiger le retour Ã*** un
État de droit ?

Jean-Claude Paye : Il faut mettre les choses Ã*** plat. Parler
clairement. Montrer les enjeux. Cela dépend de la capacité de
résistance des gens.

La lutte « antiterroriste » est en fait une guerre contre les
libertés. Cette guerre contre les libertés est la première étape d’une
guerre contre les populations. Et le Military Commission Act est une
loi pénale qui a un caractère mondial, et qui, en fait, est un acte
d’une souveraineté impériale. C’est une loi qui confond rapport de
police et rapport de guerre. C’est la mise en place d’une nouvelle
forme d’État mondial qui, en intégrant fonctions de police et de
guerre, lutte contre ses propres populations

Chose importante, cette loi s’applique au niveau mondial, elle donne
la possibilité aux États-Unis, non seulement d’enlever, mais, surtout
de se faire remettre n’importe quel citoyen dans le monde, c’est-Ã***-
dire des gens qu’ils ont qualifiés d’« ennemis combattants ».

Les accords européens d’extradition avec les États-Unis ne s’opposent
pas Ã*** ce que les gens désignés comme « ennemis combattants » puissent
être transférés aux États-Unis. C’est donc une loi qui a une portée
mondiale. C’est un Acte constitif de l’Empire.

Actuellement, c’est le droit pénal qui est constituant. Ceci a déjÃ***
existé dans l’histoire de nos sociétés. Le droit pénal exerce un rôle
constitutant dans les périodes de transition (par exemple, au début du
capitalisme le droit pénal a été dominant).

Si le droit pénal est actuellement dominant, c’est qu’il se prépare
une nouvelle forme de droit de propriété. Ce que l’on pourrait appeler
la fin de « la propriété de soi ». L’ensemble de nos données
personnelles ne nous appartiennent plus. Elles appartiennent Ã*** l’État,
mais également aux firmes privées. La domination du droit pénal
prépare la mise en place de ce futur droit privé.

Silvia Cattori : Les gens pensent généralement que ces mesures ne
touchent que des individus précis ?

Jean-Claude Paye : Elles touchent tout le monde. Elles touchent toute
forme de résistance. Un « terroriste » c’est devenu quelqu’un qui ne
veut pas abandonner ses libertés au pouvoir, quelqu’un qui veut vivre.

Silvia Cattori : Depuis cet été, les États-Unis considèrent comme
suspects de « terrorisme » les opposants Ã*** leur politique en Irak et
au Liban [13]. Le directeur de l’agence de presse libanaise New Orient
News, membre du Réseau Voltaire, y figure déjÃ***. L’administration Bush
aurait demandé au cabinet Sarkozy, de transcrire en droit français les
nouvelles listes d’opposants politiques et d’y faire figurer le
journaliste Thierry Meyssan, déjÃ*** personna non grata sur le territoire
des États-Unis. Cela vous étonne-t-il ?

Jean-Claude Paye : Je n’étais pas au courant de la demande concrète de
M. Bush relative Ã*** Thierry Meyssan. Mais c’est un contexte de pur
rapport de force Ã*** un moment déterminé. Quand on songe Ã*** l’hystérie
que des soi-disant « intellectuels » français ont développée, et aux
attaques que Thierry Meyssan a subies en France depuis la sortie de
son livre sur les attentats du 11 septembre [14] qui osait poser les
questions qu’il fallait se poser, rien ne peut plus vous étonner.

Mon travail montre, que les dispositions « antiterroristes » ont pour
objet de s’attaquer aux opposants politiques ainsi qu’aux populations
et pas seulement aux « islamistes ». On ne peut donc pas être
fondamentalement surpris, si cela se vérifie, d’une éventuelle
inscription de Thierry Meyssan sur les listes « terroristes ».
Cependant, cela indiquerait que nous avons franchi une nouvelle étape
dans la criminalisation de la parole d’opposition. Cela indiquerait
que le pouvoir se sentirait parfaitement Ã*** l’aise, en mettant au grand
jour des objectifs qu’il a toujours niés jusqu’Ã*** présent.

Qui peut croire la thèse gouvernementale des attentats du 11
septembre ? Qui peut croire qu’une tour touchée par un avion tombe de
façon contrôlée ? Le problème est que les États-Unis donnent tous les
renseignements qui permettent de remettre en cause leur thèse, et les
gens font semblant de croire. Nous sommes dans un mécanisme pervers,
dans lequel l’individu, pour ne pas affronter le Réel, fait semblant
de croire l’invraisemblable.

Silvia Cattori : Alors même que Thierry Meyssan a révélé des faits
qu’il eut fallu prendre au sérieux, curieusement, les journalistes en
général l’ont esquinté.

Jean-Claude Paye : À qui appartiennent ces journaux qui ont diffamé
Thierry Meyssan ? Ces « journalistes » sont des gens qui recopient ce
qu’on leur dit de dire. Connaissez-vous beaucoup de journalistes «
officiels » qui vérifient leurs sources et qui font un travail
d’investigation sérieux ?

Silvia Cattori : Vos livres sont importants pour tous ceux qui
défendent les libertés.

Jean-Claude Paye : J’ai écrit ces livres parce que je crois qu’il
était nécessaire de le faire. Quand j’ai vu ces lois passer en
Belgique et partout dans le monde, tout allait dans le même sens. Il
fallait faire ressortir cette cohérence. Il y a peu de gens qui font
ce travail. Je suis quasiment le seul Ã*** travailler de manière globale.
Toutes ces données ne sont pas rassemblées. Je dois les collecter,
faire le travail des juristes et en même temps mon travail de
sociologue, de pouvoir penser la nouvelle forme d’organisation du
pouvoir. Mes travaux prennent en compte les deux côtés de
l’Atlantique. Ils étudient non seulement les lois anti-terroristes
mais toutes les lois de contrôle social. Cela forme un tout.

Silvia Cattori
Journaliste suisse
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Monsieur Status,

Bien des politiciens "vertueux" sont au courant de ce que vous nous
livrez comme informations (ci-dessus) très courageusement.
Informations qui confirment pleinement la logique qui voudrait qu'un
parti démocratique et républicain, Ã*** plus forte raison "ouvrier" et se
disant "républicain", "socialiste", "communiste", "anarcho-
syndicaliste" ou "trotskyste" ne peut qu'oser mettre en premier point
de son programme : "LA RUPTURE AVEC l'U.E. !"

A l'occasion de la dernière présidentielle, seul Gérard Schivardi
(quitte Ã*** subir les pires attaques ou boycottage) avait ce point (de
rupture immédiate) en numéro 1 de sa profession de foi, ainsi que
le Parti des Travailleurs, les maires, syndicalistes et comités qui
le soutenaient.

LES AUTRES AVAIENT LA CULOTTE ABAISSÉE !

TOUS LES 11 AUTRES !

Quand aux injures que moi-même j'ai pu subir sur les N.G.
elles sont passées par dessus ma tête.
Mais de ces "aristoloches mal désherbés", je n'ai pas perdu
la liste : En particulier les agressions mensongères et les
falsifications (dignes d'un Goebbels ou d'un Staline) du
"professionnel" de la chose qui signe "fff".

L'heure est grave comme en témoigne votre témoignage et celui
de Silvia Cattori...

Est-il temps pour certains de ces "Lèche-BUSH" de se reprendre ?

Je l'ignore, en attendant le PT (soutenu par l'Alliance Européenne
des Travailleurs) prépare, avec Gérard Schivardi et ses soutiens,
la reconstruction d'un réel "parti ouvrier et démocratique indépendant".
Indépendant des intérêts des impérialistes US et de leurs "compradores"
en Europe et qui se disent (mensongèrement) du côté des peuples.

Salutations socialistes et républicaines :
wen

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