Quedalle, j'ai vécu en direct la vague rose investissant dans les banlieux
de la ceinture Parigote, et bien, pour le poignon mis avec encadrement et
temps passé, c'était plus du gaspillage qu'autre chose, des clubs se sont
gavés, en payant ainsi leurs joueurs qui passaient leur temps en intervenant
dans les écoles, collèges et autres structures des jeunes de 7 à 20 ans,
mais sur 50 poussins en primaire par exemple, en cadet on en retrouvait plus
que moins de 5 assidus et accrochés, et alors en junior quand on en avait
une paire de résolument branchés rugby, c'était un miracle.
Les Mureaux, Poissy, Achères, Houilles, Mantes la Jolie, Aubergenville,
Plaisir, Trappes, St Cyr, Voisins le Bretonneux, Versailles et Rambouillet
et bien les Yvelines dont j'étais un des dirigeants ont reçus et donc mis
sur des actions scolaires et hors temps scolaires au minimum 100 millions de
centimes par an dans les années 88 à 95, résultat, pour plus de 2400 gamins
formés et déformés rugby, il doit en rester 4 soit un ratio de 1/600, ça
fait cher du temps passé, perdu et gaspillé pour pas grand chose.
On avait même mis en place une classe promotion rugby au collège de Plaisir,
avec familles d'accueil en semaine pour les gamins de Poissy ou
d'Aubergenville ou d'ailleurs (par exemple) qui auraient eu trop de trajet
pour rentrer dans leur HLM et aussi pour avoir une famille qui les suive
scolairement chose qui chez eux ne devait pas trop exister, j'en ai eu en
pension ainsi 1 par an pendant les années oû je suis resté dans le coin.
Avec moi ça ne bronchait pas, mais je sais que des copains dans le même cas
d'hébergment que nous, on eu des surprises, de vol, vandalisme et autres de
la part de gamins accueillis.
Nos cadets Plaisirois étaient du niveau supérieur, ils battaient ceux du PUC
(ceux là même qui ont été champions de France) et du PUC, finissant 2ème à
des tournois prestigieux comme à Béziers, Bordeaux ou ailleurs.
On a réussit à se qualifier en Reichel et sortant 1er d'Ile de France une
année nos juniors que j'entrainais, mais la suite était fatigante, car on
passait nos week end dans le train ou le car pour aller jouer le dimanche
matin ou en débût d'après midi dans le reste de la poule à La Rochelle,
Bordeaux, Bègles, Agen, Dax et Mont de Marsan, avec de bien bons résultats,
en voyant la composition de la poule. Alors sur 52 juniors (sur 2 équipes)
qui tous faisaient de bonnes études, 1 seul ne passait pas le bac car
apprenti à Peugeot à Poissy dans le car le dimanche en déplacement des 2
équipes juniors, ils révisaient et se passaient les bouquins de math et de
physique. C'est dire si on avait affaire à un groupe de sérieux, vu le
niveau qu'ils ont tous maintenant, à 35 ans polytechniciens, St Cyriens,
officiers de marine marchande, pilote à Air France, (il y a même un moine)
ou ingénieurs comme les 2 miens. Mais une fois en fac on les perdait car on
ne peut se permettre de sécher les cours le lundi matin pour une fracture ou
une entorse à se faire soigner à l'hosto.
Je n'avais que peu de gamins issus des HLM de Plaisir ou de Trappes, mais
ils étaient ceux qui me causaient le plus de PB sur le terrain en match et
hors terrain aussi. En fait, on retrouvait dans leur comportement leur
niveau de leur cité, ils n'avaient que peu de rapports normaux avec le reste
du groupe, ils gravitaient autour du reste de la meute, comme ils ne
pouvaient faire état de leur force vu les musclés qui composait ce groupe,
et bien ils ne pouvaient comme dans leur cité, jouer sur leur force et les
menaces, car ils se seraient pris de belles roustes, (il y eut quelques
remises à l'heure dans les vestiaires qui leur ont fait comprendre qu'il
valait mieux ne pas vouloir jouer aux fiers à bras) aussi ils s'éliminaient
d'eux mèmes, car ne trouvant pas de place dans la meute, ceux qui restaient
jusqu'en cadet ou junior avaient compris oû était leur intérêt présent et
futûr..
A Massy, ils ont fait la même chose, avec mon collègue Gazon, pour exu, mais
la municipalité a mis plus de poignon sur le club et les associations qui
encadraient les mouflets, cela doit être un budget proche de 300.000 Euros
annuels rien que pour l'action du rugby sur les gamins de la ville, tout le
monde ne peut avoir des budgets pareils et donc, comme le poignon ne se
trouve pas par terre, il faut bien qu'il vienne de quelque part.
A Bobigny, le président Chamois et le vice président Courrent (le père du
joueur)oû j'ai aussi été dirigeant, la ville a pas mal financé, mais malgré
tout l'encadrement d'éducateurs pris en charge par la municipalité et le
conseil général du 93, mise en place d'actions sur les écoles, collèges et
lycées, et bien les mouflets de Bobigny n'existent que jusqu'à minimes,
après en cadet et junior, quand les minots commencent à devenir cons, ils
ont du mal à faire une bonne équipe, j'ai dis bonne pas moyenne.
Les théories de ban et d'arrière ban d'humanistes, je me marre, même avec 5
fois plus de budget ça ne marcherait pas, à moins de les sponsoriser et leur
donner 1000 à 1500 Euros par mois pour qu'ils restent, là ils seraient tenus
par la gamelle et le fric et finiraient par comprendre, mais qui payerait ?
les couillons ?
Le rugby c'est en partie chromosomique, le milieu d'origine aide ou n'aide
pas pour la psychologie du gamin.
"Serge" <serge1957***free.fr> a écrit dans le message de news:
mn.a53f7d8704b51f8e.85055***free.fr
> Donnie a formulé la demande :
>> C'est bizarre... Je n'ai jamais trop apprécié Villepreux.
>> Jamais vraiment compris ses propos (la clarté n'est pas son
>> fort), jamais vraiment aimé son côté un peu poseur et donneur
>> de leçons.
>> Avec toutes les responsabilités qu'il a eu dans sa vie dans
>> l'oval français, on ne le sent guère porté dans
>> l'auto-critique...
>> Perso, je radote toujours la même chose. Le rugby français a
>> beaucoup changé et très vite : budgets infiniment plus
>> importants qu'il y a encore seulement 10 - 15 ans. Pléthore
>> d'étrangers et pas les moindres : souvent d'authentiques stars
>> du rugbgy mondial. Entraîneurs étrangers avec leurs assistants.
>>
>> A y regarder simplement, le rugby français ressemble
>> étrangement au monde qui est le notre : du fric en pagaille,
>> de la course au fric, des médias gourmands, des joueurs
>> mercenaires qui changent de clubs quand ça leur chante, etc,
>> etc... Et tous les autres championnat connaissent peu ou prou
>> cette évolution. On est bien dans un monde globalisé ;-)
>> Il y a les conséquences fâcheuses que l'on sait : beaucoup
>> d'étrangers forcément nuisent à l'épanouissement des talents
>> locaux. En France, certaines équipes sont allées déjà beaucoup
>> trop loin dans cette démarche. Pour moi, ce n'est pas un
>> problème de talent seulement, c'est surtout une solution de
>> facilité qui permet à l'argent d'acheter vite et pas toujours
>> bien. Le fiasco monumental d'Agen l'année dernière est là pour
>> le rappeler. Le rugby, c'est pas une somme de stars à gros
>> salaires gérée comme une entreprise.
>> Il y a des conséquences positives malgré tout. Une ouverture
>> d'esprit qui permet aux Français de découvrir d'autres façons
>> de jouer avec des étrangers et vice et versa. Beaucoup se sont
>> réjoui, comme une symbole, des larmes de Kelleher en finale du
>> championnat. Beaucoup de Français se sont améliorés au contact
>> de ces mêmes étrangers. Clermont en est un bon exemple. Avec
>> leur entraîneur modèle.
>> J'ai trouvé le top 14 très vivant cette année. Très animé.
>> Inégal parfois en raison du calendrier loufoque réservé aux
>> gros. Mais le public est bien là dans les tribunes et il y a
>> du monde aussi qui regarde les matches à la télé.
>> Le rugby français est comme les autres : il est "mondial" et
>> médiatique.
>> Pour moi, les craintes viennent du tout-argent qui, de fait,
>> corrompt et dénature tout sport qui ne met pas de limite dans
>> ce domaine. Si le rugby devient comme le foot, on ne sera plus
>> très nombreux sur ce NG je le crains...
>>
>> Faut aussi faire attention au nombre max d'étrangers par
>> équipe : ça dénature également l'identité des clubs et
>> l'intérêt du jeu. Le foot est de nouveau le parfait
>> contre-exemple dans le domaine.
>> D
>
> Personellement je n'ai rien contre les etrangers joueurs ou
> entraîneurs, mais je crois que le rugby français est en
> mauvaise passe et cela principalement parcequ'il ne recrute pas
> suffisament là où il faut.
> Tout simplement dans nos banlieues, dans les milieux issus de
> l'immigration, là où les gens ont "faim", pas de pain bien sûr
> mais de réussite.
>
>
> Immaginons le foot, sans ses joueurs issus des banlieues (ua
> sens large).
> On va avoir les jeux olympiques dans quelques semaines,
> regardons les origines sociologigues et ethniques de la grande
> majorité de nos réprésentants !
>
> On a le tour de France et la totale absence des français au
> plus haut niveau (une place dans les 20 premiers serait un
> exploit pour un français).
> Interrogons-nous : D'où viennent les cyclistes, de quel milieu ?