Re: Chronique de Pierre Villepreux C'est bizarre... Je n'ai jamais trop apprécié Villepreux. Jamais vraiment
compris ses propos (la clarté n'est pas son fort), jamais vraiment aimé son
côté un peu poseur et donneur de leçons.
Avec toutes les responsabilités qu'il a eu dans sa vie dans l'oval français,
on ne le sent guère porté dans l'auto-critique...
Perso, je radote toujours la même chose. Le rugby français a beaucoup changé
et très vite : budgets infiniment plus importants qu'il y a encore seulement
10 - 15 ans. Pléthore d'étrangers et pas les moindres : souvent
d'authentiques stars du rugbgy mondial. Entraîneurs étrangers avec leurs
assistants.
A y regarder simplement, le rugby français ressemble étrangement au monde
qui est le notre : du fric en pagaille, de la course au fric, des médias
gourmands, des joueurs mercenaires qui changent de clubs quand ça leur
chante, etc, etc... Et tous les autres championnat connaissent peu ou prou
cette évolution. On est bien dans un monde globalisé ;-)
Il y a les conséquences fâcheuses que l'on sait : beaucoup d'étrangers
forcément nuisent à l'épanouissement des talents locaux. En France,
certaines équipes sont allées déjà beaucoup trop loin dans cette démarche.
Pour moi, ce n'est pas un problème de talent seulement, c'est surtout une
solution de facilité qui permet à l'argent d'acheter vite et pas toujours
bien. Le fiasco monumental d'Agen l'année dernière est là pour le rappeler.
Le rugby, c'est pas une somme de stars à gros salaires gérée comme une
entreprise.
Il y a des conséquences positives malgré tout. Une ouverture d'esprit qui
permet aux Français de découvrir d'autres façons de jouer avec des étrangers
et vice et versa. Beaucoup se sont réjoui, comme une symbole, des larmes de
Kelleher en finale du championnat. Beaucoup de Français se sont améliorés au
contact de ces mêmes étrangers. Clermont en est un bon exemple. Avec leur
entraîneur modèle.
J'ai trouvé le top 14 très vivant cette année. Très animé. Inégal parfois en
raison du calendrier loufoque réservé aux gros. Mais le public est bien là
dans les tribunes et il y a du monde aussi qui regarde les matches à la
télé.
Le rugby français est comme les autres : il est "mondial" et médiatique.
Pour moi, les craintes viennent du tout-argent qui, de fait, corrompt et
dénature tout sport qui ne met pas de limite dans ce domaine. Si le rugby
devient comme le foot, on ne sera plus très nombreux sur ce NG je le
crains...
Faut aussi faire attention au nombre max d'étrangers par équipe : ça
dénature également l'identité des clubs et l'intérêt du jeu. Le foot est de
nouveau le parfait contre-exemple dans le domaine.
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