PPDA : l'autotressage de lauriers
PPDA : l'autotressage de lauriers
[...] En attendant septembre et la sortie d'un livre racontant son éviction
de TF1, PPDA a indiqué, hier [jeudi] à France Inter, avoir reçu sa lettre de
licenciement. Il s'était rendu il y a deux semaines à son entretien
préalable au licenciement accompagné de... Jean-Pierre Pernaut. Eh oui, le
présentateur du 13 heures est délégué CFTC (le syndicat majoritaire de la
Une) du personnel à TF1. S'il ne trouve pas de boulot tout de suite (« De
toute façon, le mercato est fini », sifflent de mauvaises langues au sein de
la Une), PPDA devrait avoir de quoi se retourner. Depuis l'annonce de son
départ, le montant de ses indemnités tournoie sous forme de millions dans
tout Paris, au point que son avocat s'est cru obligé de faire une mise au
point à l'AFP pour démentir. « Il aura 22 mois, pas plus, confie un
journaliste, comme Mougeotte. » C'est un peu plus que l'indemnité
conventionnelle des journalistes : un mois de salaire par année
d'ancienneté. Soit, vu que le salaire de PPDA tourne autour de 100 000
euros, une petite poire pour la soif de 2,2 millions d'euros. « Il dit que
l'argent ne l'intéresse pas », rigole une journaliste de TF1. Non, c'est sa
légende qui intéresse PPDA. Son partenaire presse, Paris Match, en est à sa
quatorzième couverture sur le grand homme. La semaine dernière, interviewé
sur la dune du Pilat par Irène Frain (transbahutée par avion privé, selon le
site Backchich), Poivre s'y livrait à son sport favori : l'autotressage de
lauriers. « Les audiences de mon JT n'ont jamais été aussi bonnes que cette
année ». « De l'avis de tous les observateurs ou statisticiens, je suis au
sommet de ma popularité ». « Comme les animaux que j'aime : les jaguars, les
léopards, les albatros, je n'aime pas être rattrapé par les lassos de toutes
sortes, les conventions, les obligations. » Ahem... Et la fausse interview
de Castro ? Et la condamnation pour recel d'abus de biens sociaux dans
l'affaire Botton ? Passons... Pour ce qui est de son audience, comme celle
de TF1, elle a baissé : environ 34 % de parts de marché, loin des 38 à 40 %
qui étaient autrefois son ordinaire. C'est là la principale cause de son
éviction par Nonce Paolini, le patron de TF1 depuis un peu plus d'un an et
qui, depuis, s'emploie à déboulonner l'organisation mise en place par ses
prédécesseurs, Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte. Un à un, les anciens
barons passent à la trappe, PPDA étant le plus emblématique d'entre eux,
installé au 20 heures de TF1 sitôt la chaîne privatisée en 1987. [...]
Libération, vendredi 11 juillet |