Discussion: L'archipel de Spartel
Afficher un message

  #4 (permalink)  
Vieux 15/07/2008, 11h35
Christian Navis
 
Messages: n/a
Par défaut Re: L'archipel de Spartel

"abourick" <bourrique_ane***yahoo.br> a écrit dans le message de
news:e_adnast06XZZebVRVn_vwA***giganews.com...

> Une cité il y a 11000 ans ? Une cité de chasseurs-cueilleurs ? Tu veux
> peut-être dire une installation temporaire ?


Pas forcément.
A partir du moment où des gens disposent de la suffisance alimentaire,
d'assez de temps pour l'art et la métaphysique, et d'une organisation
sociale suffisamment structurée pour ériger des monuments mégalithiques,
rien n'empêche de batir une ville.

Ainsi peut-on (travaux de Kathleen Kenyon et successeurs) affirmer
aujourd'hui que Jericho était une ville moderne il y a 9000 ans, avec
ses bâtisses, ses maisons "en dur", ses lieux de culte, ses remparts...
Considération de même nature pour les villes de l'Indus (7.500 B.P)
ou leur précurseur, la "cité de la rivière perdue" le long des berges
submergées de la Sarasvati, que l'archéologie sousmaine a révélée,
et datée de l'ordre de 9.500 à 10.000 ans (C14 pour les restes
d'artéfacts en bois et les os humains, et thermolum pour les tessons
de céramiques.
Confirmant le témoignage des textes védiques, eux même écrits
beaucoup plus tard, en fixant une culture orale.

Comme on ne parvient pas à un tel degré de sophistication (avenues,
bains privés, canaux d'irrigation, citernes, etc) d'un coup de baguette
magique, il n'y a rien d'absurde ni de provocant amha à contredire
la thèse classique qui ne veut voir que des nomades chasseurs-cueilleurs
il y a 11.000 ans.
Comme si des civilisations de niveau différent ne pouvaient coexister.

> Ces Tartessos qui construisirent les mégalithes, sait-on quelle langue ils
> parlaient ? Le basque ou vascon ?


Sur la question de la possibilité d'inscrire à la fois Tartessos et les
habitants de l'archipel Spartel, mais aussi les Guanches,
dans les extensions de la civilisation basque, voici une synthèse
de diverses théories paraissant a priori compatibles...
Sans prétendre en aucune façon détenir l'unique vérité !

Les Basques sont les plus anciens occupants de l'Europe. Ils étaient déjà
contemporains des Néandertaliens. Nul ne peut dire d'où ils viennent.
Il étaient là, c'est tout ce qu'on peut affirmer avec certitude.
Construisant des forteresses de pierre surplombant les vallées ou renforçant
les nids d'aigle naturels (des pierres énormes ne se disposent pas en
cercle toutes seules) tandis que leurs contemporains erraient dans
les forêts au pied des glaciers.
Ciselant des statuettes d'ivoire (Brassempouy) et inventant la musique
(flutes de Isturitz) que le musée de St germain en Laye conserve
pieusement. Et créant une arithmétique élémentaire à base d'encoches
dans les os et de tas de petits cailloux, douze mille ans et plus avant
les peintres de Lascaux, admirables certes mais un peu en retard
en comparaison tout de même...

La langue basque ne se rattache à aucune racine connue. Elle se perd dans la
nuit des temps. Mais les traces retrouvées dans le Sud-Ouest de la France
permettent de dire qu'ils approchaient du stade pré-civilisationnel il y a
déjà vingt sept mille ans (à la différence des vénus callipyges d'époque,
les statuettes de Brassempouy sont des sortes de Modigliani avant l'heure)

On peut supposer qu'ils ne se sont pas arrêtés en si bon chemin.
D'ailleurs, on a retrouvé dans des abris rupestres des deux côtés
de la frontière franco-espagnole des céramiques et des perles de verre
anachroniques, légèrement antérieures aux peintures d'Altamira, ce qui
confirme la coexistence sur un même territoire de plusieurs groupes de
niveau de développement très différent. Que sont-ils devenus ?

Une étude sur les mutations du gène basque nous donne peut-être une
indication précieuse sur le déroulement des évènements passés. Ses auteurs
principaux en sont Peter Foster, généticien à l'université de Cambridge, et
sa consœur allemande Elisabeth Hamel. Ces scientifiques sont parvenus à des
conclusions surprenantes. Etayées par les recherches du linguiste Theo
Vennemann, professeur à l'université de Munich.

Il faut savoir qu'aujourd'hui les théories de Darwin ont évolué. On les
considère désormais comme une possibilité parmi d'autres. Sans plus. Elles
ont perdu leur prétention à tout expliquer. Les évolutions lentes des êtres
vivants les plus susceptibles de s'adapter aux changements de leur milieu,
et qui auraient fixé leur « bonus génétique » en le transmettant à leurs
descendants, ne sont plus la seule hypothèse retenue.

Ainsi le paléontologue Stephen Jay Gould, professeur à l'université de
Harvard, a-t-il expliqué dans ses ouvrages que les nombreux chaînons
manquants pourraient avoir pour origine des mutations génétiques aussi
inattendues que rapides, et dont l'utilité est contestable.

L'étude faite en 2001 par les généticiens sur les mutations observées dans
l'ADN mitochondrial (celui hérité uniquement de la mère) des Européens
parvient à la conclusion que 75% de la population européenne pourrait être
d'origine basque ! Des modifications chromosomiques appelée « mutation V »
seraient apparues il y a vingt mille ans entre la Gironde et les Asturies.
Là où résidaient les descendants des sculpteurs de Brassempouy et des
flûtistes d'Isturitz, des individus particulièrement évolués, notablement en
avance sur leur temps.

A partir de là, cette mutation aurait commencé à se propager dans toute
l'Europe il y a environ seize mille ou dix sept mille ans. On la retrouve en
Scandinavie et jusqu'en Laponie, en Europe centrale et sur les bords de la
mer noire là où apparaîtront 10.000 ans plus tard les « vrais »
proto-Européens, c’est-à-dire les seuls qu’il soit permis d’évoquer
quand on a assimilé la vulgate…
Mais cette mutation se répand également en Afrique du Nord et au proche
Orient où le taux descend à 50%. du fait d'invasions ultérieures.
Et, aussi chez certains peuples amérindiens où il remonte à 70%.

Autre élément troublant : le sang des Basques se distingue par une très
forte fréquence du groupe O comme chez les Amérindiens. Une coïncidence,
sûrement. Une de plus... Comme celles qui font que les Aztèques et les Mayas
comptaient en base vingt comme les Basques, et jouaient eux aussi à la
pelote basque, bien avant d’avoir vu le premier conquistador...

La toponymie vient appuyer les constatations de la génétique. Au cours de
leur immense pérégrination, les Basques ont nommé les lieux où ils
s'installaient. Des endroits favorables à une implantation humaine durable
tels que les embouchures de fleuves, ibar en euzkara, ou les vallées qui se
disent aran. Eh bien, en Europe on a recensé plusieurs centaines de lieux
utilisant ces anciennes racines comme préfixes, plus rarement comme
suffixes. Avec, évidemment, de légères modifications apportées par les
prononciations locales. Ainsi eber en Allemagne et en Russie, iver en
France, ebr en espagnol. Ou encore arun en Angleterre, arandal dans les pays
scandinaves, aren ou arn en Allemagne.

Contrairement à ce qu'on croyait jusqu'à une époque récente, les noms de
lieux désignés depuis des millénaires n'ont pas été renommés par des
envahisseurs proto-indo-européens il y a huit ou neuf mille ans.
Et la raison en est plus simple qu'il n'y paraît.
Les nouveaux venus étaient peut-être, tous simplement, des descendants
de l'ancienne civilisation proto-historique.
Leurs locuteurs n'avait pas oublié toutes leurs racines et leurs chromosomes
étaient porteurs de la même mutation génétique.

--
http://christian.navis.free.fr/





Réponse avec citation
 
Page generated in 0,19062 seconds with 9 queries